Par rapport à la naissance d'une civilisation ou d'une époque, peut-être. Décadence générale de l'humanité entière ou décadences particulières, civilisation par civilisation ?
La décadence renvoie à l'idée d'apogée, et l'apogée suppose une naissance.
Autant l'apogée est le parfait développement de l'esprit et des caractéristiques qui fondèrent une société, autant la décadence en est l'éloignement.
Ainsi, la décadence de l'Empire Romain est-il l'avachissement de ses élites et l'abandon de l'esprit militaire qui fonda l'Empire.
Quant à notre société, pour juger s'il y a une décadence, il faut réfléchir quelle en est l'origine. A moins de considérer qu'elle est une société nouvelle, neuve, à l'image des premieres fondations médiévales post-romaines. Mais il y a trop d'histoire accumulée sur notre Vieux Continent pour l'affirmer : il faudrait tout raser pour recommencer. Nous sommes plutôt les lointains héritiers, à la fois des Barbares et des Romains christianisés. C'est avec cet alliage qu'a été fait notre civilisation. Nous serions décadents si nous nous éloignions de l'esprit de nos ancêtres. Et c'est malheureusement la triste réalité : nous avons abandonné la foi de nos pères, renversé l'équilibre politique ancien, trahi la morale traditionnelle, nos anciennes institutions, nous avons introduit sur notre sol des populations extra-européennes qui diluent notre héritage dans un magema cosmopolite corrosif. Nous ne sommes pas les dignes héritiers des Gallo-romains, des bâtisseurs de cathédrale, des soldats de Louis XIV, et c'est dans cette infidélité que tient notre décadence. Nous ne sommes plus fidèles à notre héritage. Et je crois que c'est dans cette infidélité, à un idéal, à une vision du monde, que tiennent toutes les décadences.