Avant de répondre à ta question, faudrait interroger ses présupposés, à savoir qu'il y a une âme, qu'elle est le support de qualités sur lesquelles on peut émettre un jugement moral, qu'elle change au cours de la vie, qu'il y a un bien et un mal, qu'on puisse en évaluer les proportions dans un individu... enfin, bien des choses qui sont déjà très loin d'aller de soi.
Mais pour te répondre plus directement, je dirais que l'''âme'' (admettons le terme) naît innocente mais farouche, innocente à la façon des bêtes qui ne "pensent pas à mal" mais se laissent simplement porter par les impulsions généralement égoïstes de l'instinct, puis qu'avec l'acquisition de l'expérience, de la pensée réfléchie et surtout de la conscience qu'autrui existe comme moi j'existe, il devient possible soit de passer sciemment outre pour faire primer son intérêt (ce qu'on pourra appeler ''vice'' ou ''mal'') soit d'en tenir compte et de désirer alors régler ses actions de façon à ne pas nuire autour de soi (ce qu'on pourra appeler ''moralité'' ou ''bien'').
Pour le dire encore plus simplement, je crois que la distinction entre moralité et immoralité est aussi inappropriée pour un enfant qu'elle l'est pour un animal. L'enfant est capable d'actes cruels sans intention cruelle ; il est amoral. Avec la conscience de ses responsabilités vient plus tard seulement la possibilité pour lui de devenir un être moral ou immoral.
Message édité le 30 mars 2015 à 19:29:12 par trineor