Je comprends la question de l'auteur en ces termes : est-ce que la façon de mesurer le temps, soit ce qui est relatif aux instruments de mesure temporelle, change notre façon de percevoir le temps et subséquemment de vivre le temps ?
Ma réponse est clairement oui. Une mesure plus exacte du temps affecte notre perception du temps et notre façon de le vivre. Une façon de définir l'époque moderne peut se faire par l'invention incessante depuis le Moyen-Âge d'instruments de mesure du temps toujours plus précis et plus miniaturisés de sorte que le temps soit toujours accessible et gérable. En effet, c'est durant l'industrialisation de la société au XIXème siècle que l'innovation des instruments de mesure a connu un fort progrès. C'est notamment Taylor qui inventa, il me semble le chronomètre, afin de mesurer la durée d'une opération manuelle de l'ouvrier dans le but de diviser le travail et de l'organisation de façon économique. Auparavant, la société vivait au rythme des clochers et de façon bien plus ancienne selon les cadrans solaires. Cela suffisait pour organiser l'agriculture et le commerce. À l'Antiquité par exemple, la journée comprenait douze heures et lorsqu'on se donnait un rdv, on se le fixait approximativement plus ou moins sur deux ou trois heures. De même, à la fin du Moyen-Âge ou à l'âge classique, on ne dormait pas une nuit complète mais on se réveillait vers deux ou trois heures du matin pour une collation et autres activités avant de se rendormir.
Aujourd'hui, avec une conscience plus aiguë de l'écoulement du temps, l'anticipation et la planification des tâches obsèdent la vie psychique des individus. Avec la mesure exacte du temps, c'est la technique qui a connu un essor sans précédent dans nos société de sorte qu'on pense que tout est mesurable. On a assiste donc à u n quantification de la vie, parfois dans ses dimensions les plus qualitatives, cela afin de toujours anticiper plus en avant dans un souci de gestion. Cela engendre du stress, de la fatigue et une lassitude de l'existence pour ne pas dire parfois de la déprime.