Avant l’affrontement moderne entre AMD, Intel et NVIDIA, le paysage informatique des années 1980 était dominé par le duel entre la plateforme Motorola 68000 (68k) et l'alliance Wintel.
Dans ce paysage, l’Amiga tirait particulièrement son épingle du jeu. Son processeur Motorola 68000 surpassait largement les puces Intel de l'époque, non seulement en matière de puissance brute, mais aussi sur le plan de la programmation et de la stabilité. Grâce à une architecture moderne avant-gardiste, des registres 32 bits et un adressage mémoire linéaire, il offrait un confort de développement sans équivalent.
L’Amiga était tout simplement la machine la plus avancée de sa génération. Au-delà des performances du 68k, son architecture s'appuyait sur trois co-processeurs dédiés (les puces custom) chargeant respectivement l'affichage, l'audio et la gestion des graphismes. En libérant le processeur central de ces tâches lourdes, l'Amiga offrait une expérience visuelle et sonore à des années-lumière de ses rivaux, devenant la référence incontestée du jeu vidéo et du multimédia dans les années 80.
Si l’histoire a finalement consacré Intel dans le domaine des processeurs, c’est avant tout parce qu’IBM l’a choisi à la hâte pour concevoir son PC, s'imposant ainsi face au trio pionnier formé par Commodore, Apple et Atari.
Du côté des systèmes d'exploitation, Windows s'est imposé en reprenant très largement les concepts de Mac OS. Pourtant, AmigaOS proposait déjà à l'époque du multitâche préemptif réel, une gestion graphique fluide et une architecture système bien plus robuste, contrastant fortement avec la fragilité des PC sous DOS qui plantaient continuellement.
Dans le fond, Microsoft n'a pas révolutionné le secteur par l'innovation technique : la firme s'est appuyée sur le rachat de QDOS (largement inspiré de CP/M) et le modèle visuel de Mac OS, tout en nouant une alliance stratégique avec le géant IBM. Paradoxalement, ce pacte « Wintel » a fini par évincer IBM lui-même de son propre marché.
L'histoire de l'informatique le prouve souvent : ce n'est pas nécessairement le produit le plus abouti techniquement qui gagne, mais celui qui maîtrise la stratégie commerciale et l'écosystème pour s'imposer.