D'après ce que je me souviens des cours, Robespierre est le symbole de la Terreur durant la Révolution française. Quant à savoir si il en est le seul responsable, c'est autre chose et c'est à vérifier. Il est certain qu'il est d'abord un homme avec ses idées (lesquelles ?), membre de la petite bourgeoisie, arrivant à Versailles lors des Etats-Généraux de 1789. L'image du "dictateur" qu'on lui soumet est a chercher dans la radicalisation de la Révolution qui envenime les débats, les orientations, la violence, les exécutions. Robespierre n'est pas venu en député sanglant aux EG de 1789, il l'est devenu comme nombre de ses partisans.
Ce n'est pas le seul à se radicaliser, loin s'en faut. Il fait partis des membres de la Montagne. Ces députés qui siégeaient en haut de l'estrade de l'Assemblée nationale (ou de la Constituante je sais plus). A cette époque, il n'y a pas et, c'est vrai jusqu'à la deuxième moitié du XIXe siècle, de partis politiques. Les députés sont versatiles, peuvent changer d'un bloc à l'autre, être influencé, et plus la Révolution se radicalise, plus la peur et la violence les poussent dans un ou l'autre camp. Il n'y a pas véritablement de ligne politique et de cohésion au sens où on l'entend aujourd'hui dans un parti politique. Bref, la Montagne ou la Gironde sont des ''tendances et des affinités politiques" plus que des "programmes et des convictions". Il faut pas oublier que entre 1789 et 1793, la participation politique de cette petite-bourgeoisie est nouvelle et encore brouillonne. Néanmoins, des tendances existent. Les Girondins se préoccupent plus de la liberté de propriété privée par exemple, du petit artisans ou du boutiquier, alors que les Montagnards en sont moins sensibles (à moins que c'est l'inverse, juste pour donner une idée mais j'ai oublié mes cours^^). Toutefois, les intérêts des Montagnards et des Girondins sont plus proches que leurs différends : donner une constitution à la France, et si je me trompe pas, se débarrasser du roi après Varennes (la Révolution ne se fait pas contre le roi au départ sauf quand elle se sent trahie par lui).
Lors de la Terreur, et après avoir éliminé les Girondins, les Montagnards dont Robespierre est le plus influent (d'après mes souvenirs), comprend la Terreur ainsi : un moindre mal pour un grand bien. Pour Robespierre et pour nombre de révolutionnaires, inspirés des Lumières, l'homme n'est plus l'image sacré religieuse du moyen-âge et du début de l'époque moderne, bref de l'Ancien Régime. L'homme, est un matériau influençable et remplaçable. Sa chaire n'est pas celle du Christ sur le chemin de croix. L'homme n'est pas sacré. C'est très important de comprendre cela pour la Révolution. Et ce n'est pas anodin si on a souvent comparé la Révolution comme le modèle des régimes totalitaires en Europe. Dieu n'est plus le centre du monde, entre le XVI et le XVIIIe, une transformation mentale des pensées a opéré chez les élites européennes et ici françaises. Ca explique la Terreur révolutionnaire. Pour Robespierre, l'homme est un matériau périssable qu'on doit éduquer pour la République. On doit lui faire avaler les valeurs de la République contre son gré, et paradoxalement, pour son bien. Ainsi, les fêtes révolutionnaires, les changements de nom des calendriers, les jours de plantation des arbres de la Liberté sont autant de symbole de rassemblement républicain pour transformer les hommes. Car ils sont des matériaux, cher aux philosophes des Lumières et aux progrès de la médecine, qui font l'apologie des sens, du sensualisme, c'est à dire que l'homme entend, voit, goûte et touche, il est transformé dans sa chaire parce qu'il l'entoure (peut-être un prémice à la sociologie ??). De fait, tout homme doit être moulé et est malléable. Désormais, tout homme qui s'oppose aux valeurs de la République est un corps inutilisable, dangereux, à abattre car il n'est pas bon, pire, il ne peut pas comprendre le bonheur qui passe par la République et ses valeurs.
Je cite Anatole France dans son livre Les dieux ont soif :
Vous voyez là, dit-il en reprenant son fardeau, des pantins que je vais de ce pas livrer à un marchand de jouets de la rue de la Loi. Il y en a ici tout un peuple : ce sont mes créatures ; elles ont reçu de moi un corps périssable, exempt de joies et de souffrances. Je ne leur ai pas donné la pensée, car je suis un Dieu bon.
Bref, pour comprendre un petit peu Robespierre, qui est loin d'être seulement l'homme de la Terreur même si l'histoire l'a retenu ainsi, je ne peux pas aller plus loin car je me souviens plus de tout !