Le 14 novembre 2016 à 23:30:04 SuperAsgard2 a écrit :
Ne confond pas histoire et mythologie drsavage. Canaan descend de Cham pour la Bible alors que les Cananéens avaient une langue sémitique. 
Il ressort clairement du récit biblique que les Cananéens sont des Chamites, mais la majorité des ouvrages de référence leur donnent une origine sémite. Cette classification est fondée sur le fait que les Cananéens parlaient une langue sémitique. L’argument le plus souvent avancé est le grand nombre de textes trouvés à Ras Shamra (Ougarit), textes rédigés dans une langue ou un dialecte sémitique et qui remonteraient aussi loin que le XIVe siècle av. n. è. Toutefois, il semble qu’Ougarit se situait en dehors des limites bibliques de Canaan. Un article de A. Rainey (publié dans The Biblical Archaeologist, 1965, p. 105) précise que sur la base d’éléments ethniques, politiques et probablement linguistiques, “ il est désormais évident qu’il est faux de qualifier Ougarit de ville ‘ cananéenne ’ ”. Il avance d’autres faits montrant qu’“ Ougarit et le pays de Canaan étaient des entités politiques distinctes et séparées ”. Par conséquent, ces tablettes ne fournissent aucune règle précise permettant de définir la langue des Cananéens.
Bon nombre d’entre les Tablettes d’el-Amarna découvertes en Égypte proviennent bien de villes cananéennes, et ces tablettes, qui datent d’avant la conquête israélite, sont rédigées essentiellement en babylonien cunéiforme, une langue sémitique. Cependant, il s’agissait de la langue diplomatique de tout le Proche-Orient de l’époque, si bien qu’on l’employait même quand on écrivait à la cour d’Égypte. Ainsi, c’est avec le plus grand intérêt qu’on remarquera la déclaration suivante tirée de The Interpreter’s Dictionary of the Bible (par G. Buttrick, 1962, vol. 1, p. 495) : “ Les Lettres d’el-Amarna renferment des preuves à l’appui de l’opinion selon laquelle des groupes ethniques non sémitiques se sont établis en Palestine et en Syrie à une époque assez reculée, car un certain nombre de ces lettres trahissent une influence notable de langues non sémitiques. ” (C’est nous qui soulignons.) Le fait est le suivant : L’incertitude plane encore quant à la langue originelle parlée par les premiers habitants de Canaan.
Il est néanmoins vrai que le récit biblique indique qu’Abraham et ses descendants pouvaient converser avec les habitants de Canaan sans l’aide d’un interprète ; on notera également que, même si certains noms de lieux de type non sémitique furent utilisés, la plupart des villes prises par les Israélites portaient déjà des noms sémitiques. De plus, des rois philistins au temps d’Abraham et aussi, apparemment, aux jours de David s’appelaient “ Abimélek ” (Gn 20:2 ; 21:32 ; Ps 34:sus), nom (ou titre) tout à fait sémitique, alors qu’il n’est nulle part affirmé que les Philistins étaient de race sémite. Il semblerait donc que, sur une période de quelques siècles après la confusion du langage à Babel (Gn 11:8, 9), les tribus cananéennes aient abandonné leur langue chamitique originelle au profit d’une langue sémitique. Ceci, peut-être parce qu’en raison de la domination mésopotamienne subie pendant un temps elles fréquentaient étroitement les habitants de la Syrie qui parlaient l’araméen, ou pour d’autres raisons encore inconnues. Un tel changement ne serait pas plus exceptionnel que ceux opérés par d’autres nations de l’Antiquité, comme les Perses, qui, bien que d’origine indo-européenne (japhétique), adoptèrent par la suite la langue et l’écriture araméennes, donc sémitiques.
“ La langue de Canaan ” mentionnée en Isaïe 19:18 devait être à l’époque (VIIIe siècle av. n. è.) la langue hébraïque, la langue principale du pays.