Bonjour à tous, je voudrais en savoir plus sur la solution grande allemande, l’Autriche a t’elle réellement loupé au parlement de Francfort l’occasion d’unifier l’Allemagne et d’en prendre la tête comme semble le souligner Wikipedia?
Pour définir les limites du nouvel État deux solutions étaient en concurrence : la petite-allemande et la grande-allemande. La première prévoyait une Allemagne sans l'Autriche dominée par la Prusse, la seconde prévoyait l'intégration de l'ensemble de l'empire autrichien dans le nouvel État. Cette dernière solution posant le problème des peuples non-germanique et du trop grand pouvoir de l'Autriche, une solution intermédiaire où ses territoires germaniques auraient été incorporés au nouvel État et où sa domination sur ses autres territoires se serait limitée à des unions personnelles était celle défendue par les députés pro-autrichien61.
Les radicaux de gauche étaient majoritairement favorables à la solution grande-allemande, car comme Carl Vogt, ils ne voulaient pas tomber dans une « guerre sainte de la culture occidentale contre les barbares de l'estcitation 19,62 » à savoir les hongrois et les polonais63.
Le centre libéral lui soutenait plutôt une solution plus pragmatique. Le 27 octobre 1848 le parlement vote à une large majorité pour la solution grande-allemande à condition qu'elle ne concerne que les parties germaniques de l'empirecitation 20,64.
L'empereur autrichien Ferdinant Ier n'était pas prêt à dissoudre son empire et il laissa son ministre-président Felix zu Schwarzenberg déclarer le 27 novembre, seulement quelques jours avant la passation de pouvoir à François joseph Ier, que l'Autriche n'était pas divisible. Cela rendit clair aux yeux du parlement que la seule solution réaliste était la solution petite-allemande65. La formation Casino partisane jusqu'alors de la solution grande-allemande, comprend son impossibilité, la solution petite-allemande s'imposa alors aux yeux du parlement. En décembre 1849 la décision est entérinée. Gagern succéda mi décembre à Schmerling, qui était autrichien et portait à la solution grande-allemande66. Schwarzenberg a beau demander le 9 mars 1849 l'intégration complète de l'Empire autrichien ainsi qu'une augmentation considérable de son pouvoir dans l'union, il est trop tard.
Rétrospectivement ça paraît assez dingue de renoncer à une telle occasion, perdre les territoires non allemands de Voivodine, Pologne, Transylvanie (assez mineurs) et de Hongrie (sans doute seul point problématique), essentiellement agricole et peu industrialisé et qui supportent mal la domination autrichienne (révolte pendant la guerre de 30 ans, pendant la grande guerre turque /guerre de la ligue d’augsbourg, guerre d’indépendance de Racokzi et révolution de 1848 (et connaissant à peine l’histoire de la hongrie je dois en louper)) contre l’intégration de peuples allemands.
Mais je me doute qu’un tel projet s’il venait à être concrétisé aurait sucité d’énormes oppositions, à commencer par celle des Prusses et que risquer le démembrement pour un projet hypothétique est à tous le moins hasardeux...
Quel sont les peuples allemands prêt à intégrer l’Allemagne autrichienne avec suffisamment d’enthousiasme pour chasser les princes (les bavarois sont sans doute plus favorable à leur coreligionnaire et voisins tant géographique que linguistique que les habitants du Mecklenbourg à l’autre bout de l’allemagne)? Quelle aurait été l’attitudes des Français, du Piedmont (on peut penser que l’Autriche aurait pu céder la Lombardie Vénetie contre son soutien) et des Russes?