Salut à tous 
Etant au chômage ces derniers temps, et fatigué de ne rien faire de mes dix doigts, je me suis lancé dans le projet d'écrire un petit roman.
Voilà le pitch, dites-moi si l'histoire vous semble intéressante, ce que vous changeriez, quelles perspectives narratives vous privilégieriez... N'ayant aucune expérience dans la matière, je suis preneur de tous les conseils ! Ce serait dans un registre fantastique/horreur, mais avec des décors et personnages très quotidiens, pour faire apparaître un fort contraste entre l'étrangeté des situations vécues par le personnage, et la banalité du cadre (lieu de vie, emploi...) dans lequel il évolue.
Intrigue :
C’est l’histoire d’un homme ordinaire, en couple depuis deux ans avec la même fille. Il la trouve moyennement jolie. Son quotidien s’organise autour de son travail (dans un bureau, où sa présence est fantomatique, et où lui-même ne sait pas vraiment ce qu’il y fait), de sa copine (qui lui parle toujours d’elle, mais avec qui il ne communique jamais réellement), de ses amis (leurs discussions et loisirs prennent pour base des choses assez superficielles), et du sport (il va s’enfermer dans une sombre salle de musculation tous les soirs, où il répète mécaniquement les même gestes). Il s’enlise dans un état contemplatif, où il n’a de prise sur rien (travail, amitié, amour…). Tout lui apparaît comme vide de sens, mais il n’accorde que peu d’importance à cet état de néant intérieur. Il se dit à lui-même que ça passera.
Quelques signes incohérents apparaissent au quotidien (il croise épisodiquement des individus difformes, à l’apparence mi-animale; des objets qu’il était certain de posséder disparaissent…), mais trop insignifiants pour qu’il y paye une réelle attention.
Un beau jour, il voit sa copine de profil pour la première fois de sa vie. Il l’avait toujours considéré de face, où elle lui semblait assez jolie. Mais la vue de son profil l’horrifia. Il la trouva extrêmement laide. Son nez crochu, ses petits yeux enfoncés à l’intérieur de son crâne trop large lui donnaient l’apparence d’une bête de foire hideuse et terrifiante.
Cette image, cet instant le saisit si puissamment qu’elle fit éclater sa vision des choses. L’absurdité du monde dans lequel il vit, où, en apparence, tout semble fonctionner, mais où l’anarchie et l’incohérence règnent en maître, le frappe de plein fouet. Il se sent alors plongé dans un monde fantastique, qui hier lui était si familier (ou plutôt indifférent). Tout ce qu’il avait négligé par habitude, et par l’état végétatif dans lequel il se trouvait, est désormais limpide. Il se sent prisonnier d’un mauvais rêve. Comme dans un songe, ce n’est qu’une fois qu’on se rend compte qu’il n’est pas réalité que son étrangeté nous saisit.
Cet homme va alors tenter de s’échapper de cette réalité. Diverses tentatives pour s’extirper de ce mauvais rêve (coupe la plupart de ses relations sociales d’avant, s’écarte de plus en plus de la société, côtoie d’autres marginaux, considérés comme fous; puis il franchit un cap : crimes et déviance les plus désespérées, …). Ayant perdu la plupart de ses repères mentaux, n’ayant plus conscience du bien et du mal, de la morale et de la vertu, il cherche à repousser son psychisme, et son schéma de penser le plus loin possible, dans l’espoir que le choc soit à nouveau si violent qu’il lui permette de se réveiller. Comprenant que la raison, telle qu’on le lui a enseignée, ne lui sera d’aucune aide, Il décide de se livrer à diverses expériences, toutes plus tordues et incohérentes les unes que les autres, dans l’espoir de détruire toutes les censures et les barrières mentales ancrées en lui, qu’il considère comme responsables de son aveuglement passé. Il se trouve alors enfermé dans cet entre-deux, où toute l’absurdité du monde dans lequel il avait jusqu’alors évolué le saisit, mais où il ne peut qu'entre-apercevoir des bribes de la vérité pure.
Internement forcé en hôpital psychiatrique où l’homme est déclaré fou. Le sens du réel, ainsi que la distinction entre ce qu’il croit être la vérité (un monde cohérent, où tout fait sens), et l’espace-temps qu’il cherche à fuir (le monde dans lequel il était jusqu’alors plongé) se fait de plus en plus trouble. Pendant son internement, son ancienne copine lui rend souvent visite, ce qui ne fait qu'aggraver son état mental. A chaque visite, il la trouve encore plus effrayante que la dernière. A la fin de l’histoire, l’homme, ne trouvant aucun moyen de sortir de l’impasse, regrette sa prise de conscience, et se dit qu’il aurait préféré rester ignorant et spectateur de la vie. Il met alors fin à ses jours.