Lilith
Dans les flammes enchantées, elle regarde pensive
Cet oiseau, cette oisiveté, et sa missive
Aux lettres vaines, sur son sein dessinées
Au lait blanc, épanché, sur son sang enfanté
Ô Lilith, mère de mère, amour de mon amour
Ploie ta chevelure, dans cette nuit que tu savoures
Danse, avec la glaise dont tu émanes, tes doigts
Sur mes côtes, s'agrippant... A nos propres affections
Elle sourit, d'un rictus, catastrophe d'un fantasme
Tout induit... impuissant sous sa poigne, marasme
De ses gestes, de sa pestilence, de son silence
Elle brûle... D'un lubris, d'un désir engouffrant
Je m'oublie ! Dans le plaisir, dans l'épouvante
De nos cris, hébétés... En une malédiction
En un secret, dans l'inverse rédemption
De mon poids sur le sien, et en Sion
L'on enterrera mon cadavre