D'un côté, j'ai envie de te dire que les deux se servent mutuellement.
On peut te citer des livres qui frisent le génie mais qui sont célèbres parce qu'ils sont illisibles. Certains ont d'ailleurs acquis la notoriété par la qualité de l'histoire, je pense au Seigneur des Anneaux dont la lecture est très difficile, tandis que d'autres ont acquis la notoriété par la difficulté à être lue et là, je pense à l'Assommoir de Zola par exemple (Par honnêteté, je dirais qu'à l'époque, il a surtout acquis sa notoriété en raison de son naturalisme , mais aujourd'hui c'est pour ses descriptions ardues à lire).
D'un autre côté, j'ai envie de dire que le monde de l'écriture a évolué. Des dizaines de métiers se sont créés autour de l'édition, et finalement un éditeur peut, s'il voit le potentiel d'une histoire, utiliser des services particuliers pour traiter le fond et réparer la forme. Par exemple, tu as des gens qui sont spécialisés dans la retouche de la ponctuation.
Est-ce qu'une histoire de génie a une chance d'avoir du succès sans la forme ? Non.
Est-ce qu'un auteur peut espérer acquérir la notoriété sans travail de la forme ? Oui, mais il aura beaucoup de chance. Il faudrait que son histoire passe plusieurs filtres : un éditeur complaisant, des intervenants secondaires suffisamment talentueux et en adéquation avec l'auteur pour en faire quelque chose.
C'est comme trouver un bon combiné gagnant aux Paris Sportifs.
Pas impossible, mais très très très difficile.
La forme sert le fond.
Toujours.