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Liste des sujets

Le docteur

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
12 mars 2020 à 16:49:11

Bonjour à tous. Je vous propose un texte sur lequel je travaille actuellement. Il s'agit d'un projet de SF élaboré voilà bien longtemps à présent, et que je voulais reprendre afin de l'étoffer, et d'exercer ma plume dans un univers différent de celui utilisé pour le cycle confédéré. Je ne vais pas détailler plus longtemps. A vous de vous faire votre propre avis. Avec toute ma reconnaissance pour le temps que vous allez y consacrer et l’attention que vous y porterez, je vous souhaite une excellent lecture.

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
12 mars 2020 à 16:49:36

LE DOCTEUR

1.

Arthur tira sur la cigarette, jusqu’au filtre. Le gout amer emplit sa bouche. Dépité, il lança le mégot incandescent vers un cendrier. Qu’il manqua. Il grogna. La place était grande, long rectangle de pelouse grillée que protégeait quelques acacias rachitiques. Le cendrier paraissait ridicule, incongru. Un peu comme sa présence, ici, dans la lumière crue du matin. Il se retint de rire.
Le cabinet ne devait ouvrir qu’à dix heures, mais déjà, plusieurs patients se présentaient à la porte. Des habituels, qu’il connaissait bien. Arthur resta encore quelques instants face au grand vide de la Faille, prenant soin de ne lancer aucun regard vers eux. Car alors, la journée commencerait. Et ce ne serait plus que cela : la valse des consultations, des malades à recevoir, ausculter, diagnostiquer, et si possible, traiter. Etre médecin ne l’enchantait guère plus depuis de longues années. Mais cela payait bien, et même très bien, les factures.
Il ferma les yeux. Au loin, bien en dessous du Plateau, au beau milieu de la Faille, à distance raisonnable de la paroi verticale des grandes falaises lisses comme du verre, les oiseaux lyres planaient. Lentement, leur chant emplirait l’espace contraint, formidable caisse de résonnance de leurs vocalises. La saison des amours. Une plainte joyeuse et mélancolique, des trilles qui laissaient à deviner l’immensité de la Faille. Une porte vers un ailleurs. Vers la Mer. L’horizon sans fin, mille mètre plus bas que le Plateau.
Désert. Falaises. Jungle. Mer. Une géographie à l’emporte-pièce, sans nuance. Quelque chose d’irréel dans la topographie du lieu. Seule la ville venait perturber cette dynamique inhumaine.
La chaleur écrasait déjà la place. Les pourpres de l’aurore s’accrochaient encore aux longs traits horizontaux du Plateau, loin vers l’infini de l’horizon. La Faille restait baignée de la pénombre et de la fraicheur nocturne, qui remontait au pied de la ville. Le désert, lui, se drapait doucement de ce voile torride qui déformait tout. Dans l’air, l’odeur entêtante des cèdres et des pins maritimes recouvrait celle, plus âcre, de la poussière. Il inspira longuement, les yeux fermés. Imaginer, un instant, qu’il n’était plus dans la ville. Mais le soleil mordait. La chaleur envahissait tout. Même les odeurs les plus fortes. Et tout s’oubliait, tout se masquait derrière cet été qui ne voulait pas s’achever.
Si l’on prenait le temps de regarder vers l’astroport, longue dalle de béton zébré de fissures, le groupe radar de la Grande Doline semblait ne plus tenir en place. Par la rue de la Fondation, la vue depuis la place fondait droit dessus. Arthur aimait souvent à regarder cette construction diaphane, dans l’air du midi, quand le soleil obligeait l’habitant moyen de Port-Sacramento à se cloitrer chez lui. Il n’y avait plus personne. Que la fournaise, la lumière, la rue, les antennes lointaines, et lui. Il pouvait, l’espace d’un instant, se croire, s’envisager seul. Sans la constellation des relations humaines. Sans la poix visqueuse de son histoire.
Il songeait à retourner à la Grande Doline depuis près de dix jours. Au bord de l’étendu d’eau tiède, quelques constructions sommaires, qui tenaient presque du bricolage hasardeux. Une cabane à lui. Personne n’osait venir le déranger là-bas. A trois kilomètres des Limites. A portée de vue. Juste assez pour tous les narguer, et se réjouir du silence. Oui, ce soir, pourquoi pas… Il suffisait d’y aller une heure avant la tombée de la nuit. Dans l’eau claire, la chaleur du désert s’estompait. Et la nuit venue, la morsure du froid pouvait reprendre ses droits. Sur la terrasse, la vue s’ouvrait sur l’astroport. Pas de transports la nuit : on pouvait y dormir en paix, jusqu’à l’aube.
- Arthur ?
Le terminal com’ lui rappela avec déplaisir que la journée n’avait pas encore commencé. La voix chaude et presque râpeuse de la secrétaire le rattrapa dans ses rêveries.
- Oui, Maria ?
- Madame Pacho voudrait un rendez-vous avant midi.
- Et il reste des créneaux ?
- Non.
Il se pinça l’arête du nez.
- Mets là à midi. Je mangerais sur le pouce.
- Tu es sûr ?
- Oui. De toute façon, ça ne changera pas du programme habituel. Ce sera vite expédié.
A l’autre bout de la ligne, il entendit son rire, discret, profond. Il songea que, sans doute, elle ne regardait depuis son bureau, à travers les vitres qui se couvraient lentement de la poussière rouge du Plateau. Une silhouette face au soleil du matin. Une silhouette instable.
- Tu sais Arthur, tu as le droit de dire non.
- C’est son seul plaisir.
« Et puis, elle paye à chaque fois. Sans délai. Sans passer par la Mutualité. », pensa-t-il.
- Bien. Je lui dirais.
- Maria ?
- Oui Arthur ?
- Ils sont combien devant la porte.
Il pouvait presque l’entendre se lever, écarter subrepticement les lames du store vénitiens, épier les malheureux qui se plantaient dans l’ombre malingre de la véranda.
- Trois.
- Les habituels du mardi, n’est-ce pas ?
- Pas de vacances pour les malades.
- Bien, j’arrive.
La communication s’interrompit, lorsque la secrétaire raccrocha. De son côté à lui, la longue tonalité sans saveur du hors service. Au loin, la cloche de l’horloge sonna. La brise chaude charriait les éclats de bronze jusqu’ici. Il souffla de dépit.
En remontant l’allée de gravier qui menait jusqu’au bord de la place, il remarqua Alfred, le teint olive et les yeux mi-clos, qui le dévisageait. Il lui adressa un signe de tête poli, continua sans tarder. Il songea qu’il aurait dû longer le Promontoire sur quelques dizaines de mètres, pour prendre la ruelle qui contournait le cabinet. Derrière la maison, la porte dérobée lui aurait évité des salutations qu’il n’aimait pas. Supporter les malades dans sa blouse passait encore, mais en dehors… Il rentra la tête dans les épaules, voulant se faire discret, mais impossible de le manquer.
Madame Higbarre le remarqua la première, et le héla. Elle souriait, comme à l’accoutumée, l’interpellant bruyamment. Derrière son maquillage outrancier, presque vulgaire, et ses habits impeccables, il savait combien la misère l’avait ravagé. Elle vivait près des limites, sur la route de l’astroport. Attendant un fils qui ne reviendrait pas. Veillant un mari que la maladie des Dockers dévorait. Et elle, que le cancer, lentement, rongeait. Elle pouvait bien faire semblant avec les autres, mais avec lui. Toutes les semaines, il renouvelait la prescription de morphiniques, augmentant inexorablement les doses. Madame Higbarre, toxicomane légale, souriait, mes ses yeux ne montraient plus que la mort lente, la chute silencieuse d’une vie hypocrite, à l’ombre de son mari, trésorière de l’amicale des anciens élèves du cours secondaire public de Port-Sacramento.
Il la détestait. Cordialement. Parce qu’elle aussi, elle avait perdu un enfant, et qu’elle espérait sans cesse son retour, quand sa raison lui hurlait de baisser les mains ? Parce qu’elle continuait de donner le change à bien des gens, et qu’elle s’accommodait sans trop de dommages collatéraux de cette hypocrisie, qui l’emportait lui aussi ? Parce qu’elle lui renvoyait sans cesse sa propre médiocrité, lui qui s’acharnait à rester dans cette petite notabilité bourgeoise provinciale, un statut qui sentait la nostalgie et le remord ? Arthur ne savait pas si elle l’avait mis à jour. Si, par mégarde, il l’avait laissé deviner ce qui couvait sous la cendre des apparences convenables.
Abandonner ses rêves. Se résigner au réel. Se lever chaque jour, avec le poids juste assez pesant des regrets, de l’espérance mise en sourdine. Des idéaux rangés au placard de l’habitude et de la conformité.
Madame Higbarre était bien celle qui, chaque fois qu’il la croisait, lui faisait sentir qu’il n’était pas à sa place. Imposteur dans cette ville qui ne l’avait pas vu naitre, ni grandir, et encore moins s’effondrer.
- Bonjour Docteur.
Elle parlait avec cette voix ni douce, ni amère. Une voix neutre qui évoquait les années passées. Le silence du souvenir, qui hurlait, muet, dans le vent du temps. Elle passa une main près de ses cheveux, remonta une mèche fantôme. Ses cheveux courts la vieillissaient davantage.
- Bonjour madame Higbarre. Je m’installe et je vous vois juste après.
- Prenez votre temps.
Sourire. Comme une gifle. Il pouvait presque sentir son angoisse. Fin d’ordonnance. Angoisse du manque, peur du craving.
La porte se ferma sur ses pas. Elle eut la délicatesse d’attendre un peu. La main sur la poignée, il resta là deux longues secondes, comme interpellé par le cours de ses pensées. Arthur était médecin. Il était venu pour cela, uniquement cela : faire son travail. Pas pour penser à la place de ses clients.
- Arthur ?
- Bonjour Suzanne.
Elle passa la tête par la porte du secrétariat. Assise dans son fauteuil, maquillée de frais. Une note délicate dans la chaleur du jour montant. Elle était encore jeune, et belle. Il s’approcha, l’embrassa sur la joue.
- J’espère que tu as bien dormi.
- Pas plus que d’habitude.
Elle sourit, expression ironique sur son visage.
- Tu devrais prendre des vacances.
- Le semestre d’Ulysse n’est pas encore réglé. Il faudra que ça attende.
- Tu es crevé Arthur… Ce n’est pas raisonnable.
- Je sais.
Elle soupira, comme vaincue. Ils avaient déjà eu cette conversation si souvent. Bien trop à son gout à lui. Dix ans qu’elle travaillait pour lui. Sans poser de question. Sans se plaindre jamais. Toujours de bonne humeur, quoiqu’il arrive. Il n’avait découvert que l’année précédente la disparition de sa fille, lorsqu’elle habitait à Antirion. Elle n’en avait plus jamais parlé. Il n’avait pas insisté.
- Un café ?
- Oui, je veux bien s’il te plait.
Elle se leva, se dirigea vers la cuisine, à l’arrière de la maison occupée par le cabinet. Il entendit l’eau couler.
- La Mutualité m’a envoyé plusieurs ordonnances non signées tamponnées à ton nom. J’ai tout mis dans un dossier, à part. Ce qui m’étonne, c’est qu’il s’agisse bien de ton écriture, mais que je ne retrouve aucune trace dans l’ordinateur de ces ordonnances-là.
- Pendant tes vacances, peut-être ?
- Je ne suis parti que quatre jours.
- C’est le temps nécessaire pour que je transforme le secrétariat en champ de bataille.
Il l’entendit rire. Dans la cuisine, la machine à café chuintait, sous pression.
- T’en fais pas. Il faudra juste signer. J’envoie tout ça, et demain on n’en parle plus.
- Je ne comptais pas m’angoisser pour si peu.
La machine distilla la musique de l’eau chaude qui giclait dans la tasse. Six secondes, à peine, puis le pas de Suzanne, qui revenait vers le couloir.
- Tiens.
- Merci.
Le café lui brûla la bouche. Il toussa.
- Fais attention. L’eau bouillante, c’est chaud.
A son tour à lui de sourire.
- Si tu piques les phrases de Psylvia, on ne va pas s’en sortir.
- Elle va comment ?
Il nota qu’elle s’était bien gardé de dire « bien ». Arthur n’osait plus croire que Psylvia irait bien, un jour. Il ne la voyait plus sourire qu’en cas de nécessité. Lorsque les circonstances l’exigeaient. Il n’osait plus lui demander le matin, lorsqu’il se levait, comme elle allait. Vingt-et-un an de mariage pour en arriver là.
- Elle se repose.
Un silence passa, court et profond. Voile pudique sur la dépression de sa femme, qu’il tendait de tendre, vain et dérisoire. Suzanne n’était pas dupe. Il le savait.
- On a une grosse journée, tenta-t-il, maladroit, pour couper court.
- Oui. Une grosse journée. Et la pluie n’a pas l’air de vouloir venir. Il n’y a même pas un souffle d’air.
- Tant mieux. Je déteste la pluie quand il a fait beau le matin.

Barbebarde
Barbebarde
Niveau 32
13 mars 2020 à 12:55:41

Je ne suis pas fort en orthographe mais je crois que dans

long rectangle de pelouse grillée

Le verbe "griller" se rapporte à "rectangle" (masculin)???
Parce que si je prends une phrase similaire en changeant le genre des mots:

Une torche de bois éteinte

Me semble plus correct que

Une torche de bois éteint

D'où mon interrogation, griller ne se rapporterait-il pas à rectangle plutôt qu'à pelouse ?

Le désert, lui, se drapait doucement de ce voile torride qui déformait tout.

J'aime beaucoup.

Les descriptions du début me rendent un peu confus. Tu parles deserts, de crevasses, de jungle... Y'a un peu de tout, et j imagine que c est voulu dans cet habitat futuristes aux multiples binômes mais j'aurais préféré une vue un peu plus "macro" de tout ça, qui détaillé vraiment pourquoi cet habitat a des binômes différents, pourquoi ils ont choisit d installer une jungle et un désert aux abords de la ville etc...

Il songea que, sans doute, elle ne regardait depuis son bureau

Le regardait.

Parce qu’elle aussi, elle avait perdu un enfant, et qu’elle espérait sans cesse son retour, quand sa raison lui hurlait de baisser les mains ? Parce qu’elle continuait de donner le change à bien des gens, et qu’elle s’accommodait sans trop de dommages collatéraux de cette hypocrisie, qui l’emportait lui aussi ? Parce qu’elle lui renvoyait sans cesse sa propre médiocrité, lui qui s’acharnait à rester dans cette petite notabilité bourgeoise provinciale, un statut qui sentait la nostalgie et le remord ?

Je suis dubitatif sur l'utilisation des "?", n y aurait il pas un autre moyen de montrer que ton personnage s'interroge ?

qu’il tendait de tendre,

Tentait

Voila pour ce qu'il y a à redire. J'ai beaucoup aimé les descriptions (celle du désert notamment), d'autres comme le silence gênant après qu'il est parlé de sa femme etc...

Seul le côté brouillon de la descriptions des biomes de la ville m'a posé problème dans l immersion de l univers, j ai bien aimé le reste sinon.

Revoltin
Revoltin
Niveau 9
13 mars 2020 à 14:46:24

Je partage l'avis de barbiche, c'est fort touffu.

Barbebarde
Barbebarde
Niveau 32
13 mars 2020 à 16:14:12

Mon correcteur qui me fait passer pour un illettré en mettant "binômes" au lieu de "biome."...

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
13 mars 2020 à 18:33:09

Merci beaucoup pour ces retours, cela m'est d'une grande aide.
Je me permets d'y ajouter quelques éclaircissements.

Le 13 mars 2020 à 12:55:41 Barbebarde a écrit :
Je ne suis pas fort en orthographe mais je crois que dans

long rectangle de pelouse grillée

Le verbe "griller" se rapporte à "rectangle" (masculin)???
Parce que si je prends une phrase similaire en changeant le genre des mots:

Une torche de bois éteinte

Me semble plus correct que

Une torche de bois éteint

D'où mon interrogation, griller ne se rapporterait-il pas à rectangle plutôt qu'à pelouse ?

Je parle bien d'un rectangle dont l'herbe est grillée. La forme que je propose me parait correct, mais j'en suis pas sûr à 100%. J'irai vérifier

Le désert, lui, se drapait doucement de ce voile torride qui déformait tout.

J'aime beaucoup.

Les descriptions du début me rendent un peu confus. Tu parles deserts, de crevasses, de jungle... Y'a un peu de tout, et j imagine que c est voulu dans cet habitat futuristes aux multiples binômes mais j'aurais préféré une vue un peu plus "macro" de tout ça, qui détaillé vraiment pourquoi cet habitat a des binômes différents, pourquoi ils ont choisit d installer une jungle et un désert aux abords de la ville etc...

La ville est construite au bord d'un désert, et juste au dessus d'une énorme vallée type canyon, couverte de végétation luxuriante, qui s'appelle, dans le récit, la Faille. Visiblement, ce n'est pas clair du tout. Je vais retravailler ça. Quant à la ville en elle-même, ne t'imagine pas quelque chose de trop futuriste. Pense plutôt à de vieilles maisons en bois de style victorien, quelques constructions en béton avec un influence Art Déco, etc.

Il songea que, sans doute, elle ne regardait depuis son bureau

Le regardait.

Exact.

Parce qu’elle aussi, elle avait perdu un enfant, et qu’elle espérait sans cesse son retour, quand sa raison lui hurlait de baisser les mains ? Parce qu’elle continuait de donner le change à bien des gens, et qu’elle s’accommodait sans trop de dommages collatéraux de cette hypocrisie, qui l’emportait lui aussi ? Parce qu’elle lui renvoyait sans cesse sa propre médiocrité, lui qui s’acharnait à rester dans cette petite notabilité bourgeoise provinciale, un statut qui sentait la nostalgie et le remord ?

Je suis dubitatif sur l'utilisation des "?", n y aurait il pas un autre moyen de montrer que ton personnage s'interroge ?

J'avoue ne plus savoir si c'était intentionnel ou pas.

qu’il tendait de tendre,

Tentait

Exact

Voila pour ce qu'il y a à redire. J'ai beaucoup aimé les descriptions (celle du désert notamment), d'autres comme le silence gênant après qu'il est parlé de sa femme etc...

Seul le côté brouillon de la descriptions des biomes de la ville m'a posé problème dans l immersion de l univers, j ai bien aimé le reste sinon.

J'ai pas voulu surchargé de descriptions, et j'ai - vu ton avis- sans doute trop allégé la chose. Je vais donc retravailler ça, car l'ambiance de ce monde - un immense désert, un océan, quelques vallées luxuriantes et inaccessibles- doit pser beaucoup dans l'intrigue. Merci de ton retour en tout cas.

Message édité le 13 mars 2020 à 18:34:32 par --crazymarty--
Mandoulis
Mandoulis
Niveau 27
14 mars 2020 à 10:26:23

J'ai pas voulu surchargé de descriptions, et j'ai - vu ton avis- sans doute trop allégé la chose.

WHAAAT??? Pour moi c'est bien trop fourni au contraire. Y'a trop de noms, trop de détails balancés sur l'univers en un seul chapitre je trouve. Faut diluer davantage parce que là c'est pas facile de suivre...
J'ai vu quelques fautes ou tournures moches, mais dans l'ensemble ça se lit bien. (Sans doute parce que je suis habitué à ton style maintenant :noel: ) J'étais bien imprégné dans le texte, ça s'annonce intéressant. J'aurais peut-être voulu un peu plus de détails sur Arthur, afin d'avoir un point d'ancrage réel dans ce monde qui semble si vaste.

Message édité le 14 mars 2020 à 10:26:42 par Mandoulis
Revoltin
Revoltin
Niveau 9
14 mars 2020 à 14:16:14

Pareil que Mandou, d'ailleurs c'est ce que barbiche disait ; que c'etait beaucoup trop fourni :oui:

Barbebarde
Barbebarde
Niveau 32
14 mars 2020 à 18:00:15

Le 14 mars 2020 à 14:16:14 Revoltin a écrit :
Pareil que Mandou, d'ailleurs c'est ce que barbiche disait ; que c’était beaucoup trop fourni :oui:

Non, je n'ai pas dit que c'était trop fourni, juste que c'étais un peu fouillis, nuance. Les descriptions ne me gênent pas au contraire, je suis moi-même adepte de longues descriptions.

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
16 mars 2020 à 09:45:07

C'est noté. Merci de ta lecture Mandoudou.

Collateral11
Collateral11
Niveau 27
16 mars 2020 à 15:15:21

Hello :hap:

Alors moi, je ne trouve pas du tout ça trop fourni :hap:
Enfin c’est assez fréquent dans les romans de science-fiction que les premiers chapitres bombardent un peu le lecteur d’infos avant que l’univers ne s’affine au gré des chapitres. Pareil pour quelques éléments un peu flous qui prennent sens assez rapidement. Je pense que si c’est ici le but recherché, cet aspect descriptif est tout à fait cohérent, en plus d’être fort bien exécuté (t’écris super bien).
Après peut-être que la manière dont s’enchaînent les descriptions est légèrement confuse (difficile d'avoir quelque chose de précis en image "global")mais ce ne sont pas les descriptions en elles-mêmes qui sont problématiques.
Alors sinon, je me sens toujours un tantinet mal placé pour commenter des gens qui écrivent mieux que moi donc si tu trouves mes remarques un peu inutiles, je ne m’en vexerais pas le moins du monde haha :hap:
Etant donné que ton écriture est vraiment d’un très bon niveau, je vais être un peu tatillon et offrir quelques propositions totalement subjectives sur une poignée de mots ou d’autres tournures qui pourrait être encore meilleurs. Mais c’est vraiment pour aller dans le détail hein :hap: .

“Le cabinet ne devait ouvrir qu’à dix heures, mais déjà, plusieurs patients se présentaient à la porte”

Alors c’est tout bête, mais vu que tu as un vocabulaire très riche et que tu as tendance à décrire l’univers par le prisme de la lassitude de ton héros, le mot “présentaient” est un peu simple non ? Se bousculaient, s’accumulaient, ça donnerait mieux peut-être ?

“Il ferma les yeux. Au loin, bien en dessous du Plateau, au beau milieu de la Faille, à distance raisonnable de la paroi verticale des grandes falaises lisses comme du verre, les oiseaux lyres planaient. Lentement, leur chant emplirait l’espace contraint, formidable caisse de résonnance de leurs vocalises. La saison des amours. Une plainte joyeuse et mélancolique, des trilles qui laissaient à deviner l’immensité de la Faille. Une porte vers un ailleurs. Vers la Mer. L’horizon sans fin, mille mètre plus bas que le Plateau.
”La chaleur écrasait déjà la place. Les pourpres de l’aurore s’accrochaient encore aux longs traits horizontaux du Plateau, loin vers l’infini de l’horizon. La Faille restait baignée de la pénombre et de la fraicheur nocturne, qui remontait au pied de la ville. Le désert, lui, se drapait doucement de ce voile torride qui déformait tout. Dans l’air, l’odeur entêtante des cèdres et des pins maritimes recouvrait celle, plus âcre, de la poussière. Il inspira longuement, les yeux fermés. Imaginer, un instant, qu’il n’était plus dans la ville. Mais le soleil mordait. La chaleur envahissait tout. Même les odeurs les plus fortes. Et tout s’oubliait, tout se masquait derrière cet été qui ne voulait pas s’achever.

Ca défonce, j’adore. Le vocabulaire, l’image, c’est vraiment bien écrit et bien décrit. C’est super.

“Le terminal com’ lui rappela avec déplaisir que la journée n’avait pas encore commencé”

Tu répètes “la journée-commencer”, tu l’as déjà dit il y a quelques paragraphes. D’ordinaire je ne m’en serais pas aperçu mais étant donné la richesse du vocabulaire du texte la réutilisation de l’expression saute aux yeux. Je sais, je chipote, mais bon :hap:

“Il pouvait presque l’entendre se lever, écarter subrepticement les lames du store vénitiens, épier les malheureux qui se plantaient dans l’ombre malingre de la véranda.”

J’aime cette phrase, c’est tout bête, beaucoup s’en ficherait mais je trouve que y’a vraiment une ambiance tangible qui transpire de tes descriptions.

“ Attendant un fils qui ne reviendrait pas. Veillant un mari que la maladie des Dockers dévorait. Et elle, que le cancer, lentement, rongeait. “

Le choix du participe présent pose un peu question, ça ne marcherais pas mieux avec de l’imparfait ? Attendait un fils qui ne reviendrait pas, veillait un mari etc. De plus, je trouve que la transition avec son cancer à elle est un peu maladroite/pas très fluide même si je dois t’avouer que je ne sais pas trop comment fluidifier ceci...A refléchir peut-être.

“l la détestait. Cordialement. Parce qu’elle aussi, elle avait perdu un enfant, et qu’elle espérait sans cesse son retour, quand sa raison lui hurlait de baisser les mains ? Parce qu’elle continuait de donner le change à bien des gens, et qu’elle s’accommodait sans trop de dommages collatéraux de cette hypocrisie, qui l’emportait lui aussi ? Parce qu’elle lui renvoyait sans cesse sa propre médiocrité, lui qui s’acharnait à rester dans cette petite notabilité bourgeoise provinciale, un statut qui sentait la nostalgie et le remord ?”

Pareil que les autres, l’utilisation des points d’interrogation est superflue je pense.

“Ils avaient déjà eu cette conversation si souvent.”

Là encore je cherche la petite bête mais je pense qu’enlever le “si souvent” augmenterait l’impact.

Voilà sinon pour les petites remarques, c’est tout. J’aime beaucoup ton écriture et tes descriptions, pour l’intrigue, les personnages et l’univers, il faudra attendre un peu que la narration se déploie. Attention tout de même à ce que tes personnages ne soient pas trop stéréotypés, il est évidemment trop tôt pour que je puisse statuer dessus mais le risque lorsqu’on prend un personnage malheureux/las c’est d’en faire un cliché de film noir, sois bien prudent là-dessus ;)

Je lirai la suite ;)

Message édité le 16 mars 2020 à 15:15:33 par Collateral11
--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
16 mars 2020 à 22:15:18

Merci beaucoup de ton commentaire très étoffé !

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
18 mars 2020 à 09:34:21

2.

« Chéri ? »
« Oui. Tu vas bien ? »
Soupir.
« Salomé a fini de faire le ménage il y a une heure. J’ai cru qu’elle ne partirait jamais. Elle est arrivée juste après que tu sois partie. A croire qu’elle en fait exprès. »
Rire.
« Oui, on dirait bien… Bon, écoute chérie. Je pars à la Grande Doline ce soir. Je repasse à la maison chercher des affaires juste après ma dernière consultation, et je file. »
« J’aimerais que tu restes avec moi ce soir. »
« J’ai besoin d’aller souffler un peu au désert. Ça fait longtemps que je n’y suis pas allé ».
« Ça fait dix jours à peine… »
« Oui, donc ça fait longtemps. Pour moi. »
Silence. Le bruit d’un briquet. Un long soupir.
« Psylvia, il serait peut-être temps que tu arrêtes… »
« Je n’y arrive pas. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Et puis maintenant que Diane et Ulysse sont partis de la maison, à quoi bon ? »
« J’ai arrêté pour les enfants. Quand tu étais enceinte. Toi aussi, tu avais arrêté, à ce moment-là. »
« Et puis j’ai repris. C’est la vie. »
« Psylvia, j’ai vraiment envie que tu prennes soin de toi. »
« Arthur. S’il te plait. Ne me dit pas qu’on va encore avoir cette discussion ».
« Je suis médecin. »
« Peut-être. Mais tu es d’abord mon mari. Je m’attendais à un peu de soutien. »
Silence. Une sonnerie, dans le lointain du téléphone.
« Emmène-moi avec toi. Comme avant. »
« J’ai du travail. Un patient. Je dois y retourner. Je t’aime. »
« Moi aussi je… »
Sonnerie de fin d’appel.
« Moi aussi je t’aime, Arthur ».

Collateral11
Collateral11
Niveau 27
19 mars 2020 à 13:43:43

Le 18 mars 2020 à 09:34:21 --crazymarty-- a écrit :
2.

« Chéri ? »
« Oui. Tu vas bien ? »
Soupir.
« Salomé a fini de faire le ménage il y a une heure. J’ai cru qu’elle ne partirait jamais. Elle est arrivée juste après que tu sois partie. A croire qu’elle en fait exprès. »
Rire.
« Oui, on dirait bien… Bon, écoute chérie. Je pars à la Grande Doline ce soir. Je repasse à la maison chercher des affaires juste après ma dernière consultation, et je file. »
« J’aimerais que tu restes avec moi ce soir. »
« J’ai besoin d’aller souffler un peu au désert. Ça fait longtemps que je n’y suis pas allé ».
« Ça fait dix jours à peine… »
« Oui, donc ça fait longtemps. Pour moi. »
Silence. Le bruit d’un briquet. Un long soupir.
« Psylvia, il serait peut-être temps que tu arrêtes… »
« Je n’y arrive pas. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Et puis maintenant que Diane et Ulysse sont partis de la maison, à quoi bon ? »
« J’ai arrêté pour les enfants. Quand tu étais enceinte. Toi aussi, tu avais arrêté, à ce moment-là. »
« Et puis j’ai repris. C’est la vie. »
« Psylvia, j’ai vraiment envie que tu prennes soin de toi. »
« Arthur. S’il te plait. Ne me dit pas qu’on va encore avoir cette discussion ».
« Je suis médecin. »
« Peut-être. Mais tu es d’abord mon mari. Je m’attendais à un peu de soutien. »
Silence. Une sonnerie, dans le lointain du téléphone.
« Emmène-moi avec toi. Comme avant. »
« J’ai du travail. Un patient. Je dois y retourner. Je t’aime. »
« Moi aussi je… »
Sonnerie de fin d’appel.
« Moi aussi je t’aime, Arthur ».

Pas grand chose à dire sur cette petite séquence. Juste petite coquille "A croire qu'elle en fait exprès".
Sinon, ce n'est pas parce que quelques personne à reprocher à ton texte d'être trop fourni qu'il fallait supprimer toute description :hap:

Blague à part, je me doute qu'il ne s'agit là que d'un petit dialogue transitionnel (même s'il nous en apprend un peu plus sur la relation qui semble lier les deux amants). J'attend la suite :oui:

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
19 mars 2020 à 22:18:00

Merci beaucoup.
Alors... Non, ce chapitre était déjà écrit avant les commentaires reçus sur le précédent. C'est volontairement lunaire comme dialogue, avec à peine quelques indications en guise de précisions. Je voulais retranscrire, derrière un simple échange téléphonique, la tension qu'il peut y avoir dans un couple, avec tout le poids du non-dit, etc. La nature et la complexité de la relation qui lie les deux personnages (i.e, le héros et son épouse) sera approfondi par la suite.

Collateral11
Collateral11
Niveau 27
19 mars 2020 à 23:59:34

Le 19 mars 2020 à 22:18:00 --crazymarty-- a écrit :
Merci beaucoup.
Alors... Non, ce chapitre était déjà écrit avant les commentaires reçus sur le précédent. C'est volontairement lunaire comme dialogue, avec à peine quelques indications en guise de précisions. Je voulais retranscrire, derrière un simple échange téléphonique, la tension qu'il peut y avoir dans un couple, avec tout le poids du non-dit, etc. La nature et la complexité de la relation qui lie les deux personnages (i.e, le héros et son épouse) sera approfondi par la suite.

Oui je présume que ce n’était pas une intention de ta part d’enlever les descriptions, c’était une boutade.^^

En tout cas ça me parait être une bonne introduction à la relation des deux personnages !

Ostramus
Ostramus
Niveau 33
20 mars 2020 à 07:57:48

Tu me fais un enfant dans le dos ?

C'est hôntêûx.

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
20 mars 2020 à 09:19:07

Le 20 mars 2020 à 07:57:48 Ostramus a écrit :
Tu me fais un enfant dans le dos ?

C'est hôntêûx.

Point d'enfant dans le dos... C'est le texte dont nous avions discuté et dont j'avais posté quelques extraits dans le topic idoine.
Pensez-donc, cher ami, qu'il n'est point question ici d'enfant adultérin. Seulement de bâtard :) ...

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