Premier texte :
"J’aimais mon aimée. Je la chérissais plus que tout. J’aimais ses tendres sourires, ses tendres sanglots, ses tendres je t’aime, ses tendres je te hais. Je croyais que jamais l’amour ne finirait, j’avais tord. C’était une douce âme qui croyait en la bonté de l’amour, en la tombée de la nuit, à la levée du jour, à l’immense lever de rideaux, la pauvre ! La pauvre qui croyait en la bonté de l’âme humaine alors qu’elle se faisait violer et battre par son père, la pauvre qui croyait au pardon de Dieu alors qu’il l’avait abandonnée. La volonté d’aimer toujours, sous la réserve de ne point perdre son être dans les volutes de l’amour consacré, était la plus forte dans ce couple. Derrière elle suivait les caresses, les bisous enflammés, les mots doux, les bonjours enthousiastes et les aurevoirs teintés de tristesse mais toujours laissant en suspend la perspective de nouvelles retrouvailles. Oui, voilà de quoi raviver un cœur meurtri d’amour, de sombres idées, de tristesses renouvelables. Oh, ses jolies sourires, ses tendres joues qui sous le ciel semblaient comme un ruissellement de couleur. Voilà l’épopée du triste héros et son âme sanglante, accompagnée de remords à peine cachés, non juste dissimulés sous un verre d‘incompréhension. "
Deuxième texte :
J’écris mal quand je vais bien et là sonne la catastrophe. Voilà plus de vingt et une années que je me lasse à décrire les états d’âme. Et voilà que sous la discorde d’un public, dirais-je amateur, je me dirige, la paix entre mes doigts, entrelacés les fils de mon écriture. J’ai bravé les tempêtes, écumé les mers, les océans, voyagé en file avec des voyous, couché avec des vierges avec lesquelles je n’ai pas couché. Mais voyons où tout s’enflamme, où tout se dérobe, où tout se cache derrière les voiles mystiques d’un temps que l’on attend plus, réfractaire à tout jugement, à toute calamité. Voilà l’éclat d’une lame. Petit je lisais. Grand, je lis toujours. Mais il n’en est pas ainsi de mes songes, de mes rêves, de mes mélancolies. Ils se sont fondus avec le temps, ramenant, amers, les fruits des récoltes. Amers sont les âmes qui voguent vers la terre immortelle, douce est leur saccade, des pirogues voguant sur la mer. Voilà tout ce que j’avais à dire, si tant est qu’il fut une chose à dire, de ce périple littéraire, de ce voyage de l’âme. Adieu donc mes frères.