Merci d'avance les Kheys, votre aide me permettra d'écrire la suite 
Chapitre un.
Le tout commencerait par une discussion chiante pour ne pas dire pénible, avec des pleurs et peut-être même des assiettes pétées, pas du sang, ça ferait cliché, des accusations peut-être, des pardons en demi-teintes avoués à demi-mots comme des injures, comme des couteaux c’est-à-dire à mots complets pour finir, un demi-mot dans certains cas, c’est déjà un mot. Pour faire ce bouquin faudrait que le mec voyage, qu’il s’ouvre au monde qu’on lui dit, y t’faut des projets, pas besoin de voyager qu’il glousserait, lui qui s’est rendu compte tout seul sur sa chaise, regardait-il un porno ça il ne nous l’avouera jamais, lui qui s’est rendu compte l’autre jour que vieillir en fait, c’est pas si grave, que vieillir en fait, c’est beau. Il fera la morale à un sexagénaire (Dieu qu’il aime ce mot), le mec lui dira : « putain, vieillir c’est beau », et le vieux dira : « quoi ? » en réglant son appareil pour les oreilles, si tant est qu’il aura amassé assez de thunes dans sa vie pour en avoir un (ouais je prends pas en compte la sécu’, c’est mon bouquin t’as qu’à en écrire un tu mettras la sécu’ dedans), et le gosse de vingt-trois lui dira que l’important c’est pas d’entendre, qu’on peut vivre sans entendre regarde les aveugles, et le vieux lui dira : « quoi ? ».
Ça se passerait dans un appart’, celui qu’on a et qu’on est content d’avoir grâce aux APL, heureusement qu’on les a ceux-là, et la scène n’aurait aucune saveur, une vieille scène de rupture moisie comme on voit au théâtre, au mauvais, celui que je ne vais pas voir, celui q ue je ne joue pas c’est pour ça que je sais qu’il est mauvais, c’est pour ça qu’il va pas le voir l’auteur qui parle de lui à la troisième personne dans son bouquin, eh oui, c’est son bouquin, et les critiques diront « c’est inouï ! », ou alors « c’est d’la merde », vous avez vu le mec il sait même pas où il va avec son roman « qui fera cinq cents pages », il patine à la première et il pense déjà aux critiques, peut-être qu’il pense au pognon, au sandwich triangle qu’il pourra s’acheter avec ses gains, avec un peu de chance il pourra se prendre un maxi, avec un peu de chance, il se prendra même un coca et il aura une pièce à filer au clodo de devant le magasin, celui qu’on dit qu’y fait que boire donc qu’on lui donne pas de sous, enfin c’est ce qu’on dit aux repas où on parle de politique, je les aime pas trop ceux-là parce qu’après je suis souvent malade parce que j’ai trop bu, et quand je vomis je pense au clodo, y pourrait tenir les cheveux de l’auteur qui les a fort longs, pour pas les salir, et le clodo dirait : « toi, t’as acheté de l’alcool », « oui mais du bon, tu peux pas comprendre ». Alors maintenant quand je donne une pièce au clodo de devant le magasin je me dis qu’il va prendre une des bières qu’est bien notée dans mon livre de bières bien notées, et je déculpabilise, et lui aussi, et on vit dans un monde de déculpabilisés, c’est beau… Ça y est le bouquin fait une page, sauf peut-être pour vous si vous lisez après la mise en page de l’éditeur, vous êtes peut-être à la page cinq, c’est con ça fait comme quand les voix sont décalées dans les films que je télécharge, c’est pour ça m’a dit un pote, regarde les films en VO. Le bouquin fait une page et l’auteur va faire une pause whisky maintenant. A bientôt si vous en avez dans le falzar. (Dieu qu’il aime ce mot).