Animaux : Veinnes vs Veyli
J'ouvre donc le bal avec un poème très niais mais qui me tenait à cœur 
Je me suis relu environs 18 fois, donc s'il reste des fautes... Je me flagelle
Le clebs
Il était écroulé comme un buisson pourrissant
Ses longues côtes écorchées côtoyaient le ciment.
Les mouches avaient sans doute rempli leur office,
Pénétrant la chaire, profitant du sacrifice.
Je le vit un matin comme on voit la mort :
Il fit couler mes larmes, il fit trembler mon corps.
Ne détourne pas les yeux ! Regarde bien en face :
Cette leçon la, on ne l’apprend pas en classe.
Il fut emporté par une maladie banale
Qu’on a pourtant tendance à oublier
Dans nos pays où plus rien n'est sale,
Où on est à l’abri du froid et du danger.
Mais ici c’est le désert, il n’y a rien d’assuré
D’un coté la mer, de l’autre la lande brûlée.
L’homme y est venu il y a des millénaires
Pour finalement n’y répandre que plus de misère.
Maintenant même les bêtes absorbent le progrès,
Pour elles c’est marche ou crève, de force ou de grés.
Les brebis on les engraisse avec du carton,
On lapide les chats, on égorge vif les moutons.
Mais lui c’était un chien de la pire espèce !
Celle qui aboie pour rien, veux te mettre en pièce.
Sans doute s’était-il fait exclure de sa bande
Pour se retrouver assis là, seul sur la lande.
Ensuite qui sait, peut-être une pierre jetée ?
Ou une voiture en ruine quand il a traversé.
Une petite blessure anodine sans rien de fatale
Qui l’handicapait juste, lui faisant un peu mal.
Vite il eut faim, il lui fallait trouver à manger !
En trainant la patte sous quarante huit degré.
Mais les bidons villes n’étaient pas son territoire,
Il n’avait plus de meute, plus d’envie, plus espoir.
Seul, abandonné du monde, l’estomac hurlant,
Il errait sans but, aboyait de temps en temps.
Les jours lui passèrent impitoyablement dessus
Comme on écrase un mégot, sans aucune retenu.
Finalement une nuit qu'il voulu un peu profiter
De l’air frais que la nuit avait soudain apportée
Il fut trop faible et s’écroula sous son poids.
Ne pouvant plus bouger son destin se scella.
Il leva les yeux vers les astres, vers la lune
Ses aboiements se perdirent entre les dunes.
Personne n’est jamais venu, il est resté seul
Le ventre affreusement tordu, l’écume à la gueule.
Il est mort en solitaire, abattu par la faim.
Personne ne parlera plus jamais de ce chien.
Simplement les oiseaux vont continuer de voler
Sans que la bête ne les écoute plus chanter.