Sujet 7
dimanche 26 mars 2017
Une Espèce
HelpingFr vs Kiko_Warlok
Des cendres de l’humanité, nous nous sommes élevés.
Si je me souviens de la vie d’avant ?
Je fais partie des veinards qui s’en rappellent encore.
Il fut un temps où j’aurais regretté l’ancien temps, celle où j’étais planté derrière un bureau, à fixer mollement un écran, à répondre à quelques appels, à me perdre dans la très lente course des aiguilles de l’horloge.
Ce fameux jour s’était déroulé comme les autres. Après une interminable journée de travail, je rentrais chez moi avec un paquet encore chaud du fast-food et j’avais allumé la télé pour regarder je ne sais quelle bêtise à la télé. Au lieu de ça, j’avais eu droit à un flash spécial. Ce jour-là, la terreur n’était encore contenue que dans cette boîte rectangulaire et nous étions beaucoup à espérer que ce qu’il se passait dans la télé n’arriverait jamais à nos portes. Visiblement, on continuait de donner raison aux médias, même quand ils se trompaient de plus en plus. Finalement, la vie sans eux n’est pas plus mal.
En gobant quelques frites chaudes et salées, je regardais les policiers affronter leurs premiers zombies, perçant leur poitrine de balles sans que ça ne leur fasse rien. Le lendemain, c’était les militaires qu’on nous montrait. On avait appris rapidement comment les tuer. Un tir en pleine tête et c’était fini. Comment les humains ont fait pour perdre le monde aussi rapidement ?
Déjà, on ne savait pas encore qu’il ne s’agissait pas d’un virus… Enfin, du point de vue humain, on disait que c’était le virus qui réanimait tous les macchabés, mordus ou pas. Et puis, on ne s’attendait pas aux djinns qui pullulaient à la moindre étincelle, et les pays froids devaient gérer les liches… Sans succès.
Finalement, les médias conseillaient à tout le monde de se concentrer dans les grandes villes. Je savais que c’était une terrible erreur, et ça s’était confirmé lorsque, une ou deux semaines plus tard, ces mêmes médias confirmaient que Washington, New York, Los Angeles, Atlanta, et pleins d’autres villes, étaient tombées aux mains des morts-vivants.
J’étais bien content d’être resté dans mon trou paumé quand j’avais vu ça. Les morts-vivants ne nous avaient pas encore trouvés et peut-être qu’il en resterait ainsi, que je pensais à l’époque.
Jusqu’à ce jour où un petit groupe de survivant avait déboulé en panique. Ils étaient sales, exténués, tout le temps stressés, je voyais dans leurs yeux qu’ils en avaient bavé. Ils avaient beaucoup de gosses avec eux et tous hurlaient et pleuraient. Nous leur avions proposé de rester, en leur proposant le toit de ceux qui avaient eu le malheur d’écouter les médias. Hélas, ils étaient pressés de partir et nous avaient conseillés de faire de même.
S’ils avaient précisés pourquoi, nous aurions sans doute écouté, et j’avais eu la « chance » de m’être éloigné de la ville le jour où la horde qui poursuivait ce groupe de survivants était arrivée à nos portes. J’étais allé sur une colline, avec Alice. J’étais un homme célibataire, je la désirais et l’apocalypse rendait mes sentiments réciproques. Nous étions en train de faire l’amour lorsque c’est arrivé. Et nous étions aux premières loges. On aurait cru qu’un poison s’injectait dans les veines de notre ville. Et les hurlements arrivaient à nos oreilles. Impuissant, nous avions vu notre foyer se faire dévorer par une véritable force de la nature. Nous nous retrouvions d’un coup sans maison et il ne nous restait plus que la route.
Nous avions tous les deux vus des choses incroyables pendant notre périple. Nous avions rapidement compris que le monde avait définitivement changé et que tout retour en arrière était impossible. Certaines villes étaient le foyer d’entités lumineuses qui se promenaient de rues en rues, et gare à ceux qui foulaient leur territoire. Du feu s’élevaient les silhouettes terrifiantes des Djinns. La nature reprenait ses droits là où l’humanité lui avait fait le plus de mal. C’était nouveau à l’époque, terrifiante, et merveilleuse.
Et que devenaient les hommes dans tout ça ? Ils sombraient dans la folie, la haine, le vice et la peur. Il y avait encore des optimistes, mais ils étaient bien trop rares. Une fois, Alice et moi étions tombés sur une bande qui voulait nous faire des choses… Ils auraient réussis si un monstre n’était pas sorti des bois pour les emmener Dieu sait où. Clairement pas pour leur faire du bien.
Et après ça, nous avions continué, oubliant déjà notre mésaventure pour une toute nouvelle. Nous avions fini par perdre notre voiture mais par « chance », nous avions rencontré une communauté de survivants, bien installés, avec l’eau courante, le chauffage, l’électricité. Mais leur survie ne se basait que sur leur bonne fortune. Une petite horde suffit à les balayer sans problème.
Pendant l’attaque, Alice s’était fait mordre à plusieurs reprises. Moi aussi. Et il ne nous restait qu’une seule balle dans un vieux revolver que nous avions récupéré dans la maison abandonnée dans laquelle les zombies nous avaient piégés. Aujourd’hui, j’aurais préféré que cette balle n’ait jamais existé. J’aurais tant aimé qu’Alice soit toujours là. Elle me manque terriblement, même si j’aime beaucoup ta mère.
Après qu’Alice se soit fait exploser la cervelle, je m’adossais au mur d’en face. Mon regard se perdait dans la fleur sanglante qui s’était formée au-dessus de sa tête, comme une auréole. Je n’attendais plus que la mort. Les morts-vivants s’étaient énervés après avoir entendu le coup de feu et avaient réussi à pénétrer la maison. Tu peux deviner la suite.
Puis une chose merveilleuse s’est produite pendant mon « sommeil ».
J’ai entendu sa voix. Celle d’Oméga. Elle m’a guidé dans les ténèbres dans lesquelles je m’étais assoupi après avoir succombé à mes blessures, puis je me suis réveillé. Peu à peu, je retrouvais mes sens. Mon corps putréfié se recouvrait d’une peau rouge écailleuse derrière laquelle il se reconstruisait. Et je n’étais pas le seul, d’autres morts-vivants changeaient en quelque chose d’autre.
J’étais dans une horde lors de mon « réveil ». Et nous étions très nombreux. Nous devenions plus forts, plus intelligents, nos corps devenaient moins exigeants. Nous partagions nos connaissances. Bien sûr, ce n’était pas aussi facile. Beaucoup d’entre nous avions perdus beaucoup de choses dans la mort. Des souvenirs, du savoir. Pour beaucoup, ils ne se souvenaient plus de qui ils étaient. Bien sûr, nous perdions aussi notre « humanité ». Nous devenions quelque chose de nouveau.
Hélas, les humains n’acceptaient pas la nouvelle de la même façon.
Oméga et ses Alphas, ceux qui avaient été totalement reconstruits, ont décimés les communautés hostiles avant de les intégrer dans la Grande Horde. D’autres communautés se sont montrées plus conciliantes, notamment la communauté de Paris, d’où Omega venait.
Il faut comprendre que pour les humains, c’était difficile. Au départ, ils se pensaient menacés, et par miséricorde, beaucoup avaient achevés leurs proches pour leur épargner une vie d’errance sans but. La nouvelle de la… « Résurrection »… Ça leur faisait un choc.
Certains humains, cependant, ont pu retrouver leurs proches. D’autres nous ont rejoints de leur plein gré. Bien sûr, il y avait ceux qui ne voulaient plus vivre du tout, ou qui ne voulaient pas voir des visages vaguement familiers dans notre peuple.
Pour nous aussi, finalement, ça a été dur. Enfin, pour ceux qui avaient encore des souvenirs de leur ancienne vie. La mort définitive d’Alice, qui m’avait rassuré avant que je ne me transforme, m’accablait. Nous aurions pu être ensemble dans ce nouveau monde. Les choses auraient sans doute été différentes. Mais j’ai pu faire le deuil, grâce à Omega qui donnait un but à chacun. J’ai aidé à la construction des navires pour permettre à la Grande Horde de pouvoir aller chercher nos frères et sœurs sur les autres continents. Puis j’ai rencontré ta mère en Europe, après la guerre contre les monstres de l’hiver, nos « cousins ». Nous sommes rentrés sur ce qui fut autrefois mon pays natal, les Etats-Unis, que vous appelez désormais la République Papillon. Nous avons tout reconstruit et nous avons accueilli les petites hordes perdues qu’Oméga nous envoyait depuis l’Europe. Encore aujourd’hui, certains individus demeurent seuls, endormis, menacés par ce que l’humanité a laissé de pire et qui s’accroche encore à l’existence.
Et bientôt, l’humanité cèdera sa place à son héritier. La Terre entière nous appartiendra quand nous aurons chassé les liches qui se sont emparés de l’Asie, et, en nous inspirant du meilleur de ce que nous avons été autrefois, nous bâtiront un meilleur monde.
Tu n’as pas idée, fils, de la chance que tu as d’être né à cette époque merveilleuse et j’espère que tu aideras à en faire une époque encore meilleure. Pour nos aînés et pour nos générations futures.
Premièrement, je m'excuse de ne pas pouvoir participer, je me suis laissé déborder par le sujet et j'ai vu beaucoup trop grand. Du coup j'ai rien d'abouti et il me faudra surement du temps avant d'y arriver. Donc de facto tu remportes le Duel sur ce thème . Maintenant le commentaire :
De base je suis pas fan du tout des histoires de zombies. Je trouve ça fade et pas du tout original. Mais je dois reconnaitre que ce n'est pas le cas de ton texte, qui a su transcender l'idée pour l'intégrer dans un principe d'évolution qui rend l'histoire bien plus intéressante ! Personellement j'avais pensé au principe de la mutation pour ce thème mais j'avais aucune idée viable à développer, donc j'étais partie sur un truc plus classique (fantasy avec naissance vie et mort de l'espèce traitée), bien loin de ton texte !
Pour la forme c'est plutôt agréable, c'est pas super fluide non plus et il y a quelques coquilles par-ci par-là, mais rien de dérangeant. Je trouve l'utilisation de la première personne peu exploitée pour rendre les sentiments vivants. Je ne sais pas trop pourquoi mais on dirait que ce n'est pas "incarné" par le personnage ce qu'il raconte. Par contre la deuxième partie plus à la troisième personne qui fait un compte rendu des évènements pour la race humaine est un peu trop concise mais meilleure à mes yeux.
Je trouve par contre que tu es très évasif et expéditif dans les explications que suscite ce changement : la mère en question, d'où viennent les zombies, ce que sont réellement les liches et les djinns, etc. C'est plutôt un reproche à la première lecture, mais au vu des conditions d'écriture (que je peux mieux juger maintenant u_u) c'est assez logique. La question que je me pose, c'est est-ce que tu as prévu de rebondir sur ce texte pour écrire une vraie histoire ou est-ce juste pour l'exercice ?
Par contre au niveau du thème, je suis partagé. Peut-être que c'est parce que je m'y suis frotté et que je l'ai pas vu pareil. Mais dans ton texte je ne vois que la chute d'une espèce, pas son histoire. Et encore il reste des humains à la fin, si ça se trouve ils vont pas disparaitre. Mais c'était tellement compliqué de réussir à raconter quelque chose d'intéressant en accord avec le thème que je pense que t'es quand même dedans.
Bref : bravo d'avoir réussi à sortir quelque chose !
Sur ce je participerai peut être au prochain DdP, mais avec un thème beaucoup plus "simple" cette fois-ci ><
Helping : Ce texte est sublime, la meilleure compo de ce DDP selon moi
C'est original et bordel, ça soulève tellement de questions ![]()
Les humains qui regrettent d'avoir tué leurs familles et ceux qui regrettent d'avoir tué les zombies. Ceux qui leurs en veulent, ceux qui les jalousent et ceux qui les accueille. Les zombies qui se souviennent de leur vie passé et regrette et ceux qui ont tout oublié et pourront recommencer leur vie... enfin c'est très interéssant, je suis presque jaloux de pas avoir eu l'idée
+ désolé mais j'ai pas pu m'empêcher de rapprocher ton texte à TWD (d'ailleurs ton texte ressemble à une théorie) en mode "Et si Hershel avait raison de garder les zombies dans sa grange + la gosse qui nourrissait les zombies était-elle sur la bonne route ?", comment les survivants réagiraient ?
Kiko : c'est vide ![]()
Enfin bref je vote Helping
Choco +0
Sauf les quelques répétitions, j'ai trouvé ton texte JUSTE ENORME ![]()
Quoi dire d'autre à part que tu as fait plaisir à quelqu'un en lui offrant une histoire originale et bien écrite.
Je tuerai pour que tu en fasses un roman putain ![]()
Cimer donc pour ta nouvelle, décidément une excellente fournée ce DDP ![]()
Je ne supporte pas les zombis...
Mais après, je trouve le texte clair et fluide. Forcement tu pars dans pleins de directions sans vraiment pouvoir aller au bout de tes idées ( Liches, Djiin...), mais c'est le format des DdP qui veut ça.
En tout cas, je pense que l'histoire gagnerait à avoir une suite, maniére de pouvoir développer l’univers :D
J'ai lu!
Je suis un peu mitigé, d'un coté le sujet rend plutôt bien: montrer l'évolution des morts-vivants est une bonne idée, de l'autre j'ai eu du mal à m'accrocher au récit.
Je m'explique: tu es souvent assez évasif (" Nous devenions quelque chose de nouveau"), du coup difficile d'avoir une idée claire, notamment sur les linches et les djinns. L'histoire avance un peu rapidement, même si le format des Ddp ne s'y prête pas, pose un peu plus.
Par contre tu as une jolie plume, c'est fluide et ça se lit facilement!
C'est un excellent, texte, même si je l'ai principalement compris lors de ma seconde lecture, et effectivement comme l'a souligné Eksan, ça soulève bon nombres de points!
J’ai d’abord lu le texte sans prêter attention à qui l’avait écrit, et au bout de quelques paragraphes je me suis dit « c’est du Helping ». Tu commences à être reconnaissable, dans le bon comme dans le moins bon. Beaucoup de personnes ont des textes qui sont ni bon ni mauvais, et tu arrives à faire des textes qui ont à la fois beaucoup de qualités et beaucoup de défauts.
Au niveau des qualités, c’est merveilleusement foutraque. On imagine souvent l’invasion de l’humanité par une autre espèce, rarement par plusieurs dizaines. Le texte joue pas mal sur l’euphémisme (« ils voulaient nous faire des choses ») et l’absence de description des monstres rajoutent à leurs mystères : tu convoques les liches et les djinns, qui sont à peine cités aux entournures du texte, mais à mon sens ça leur donne encore plus de valeur. Le texte semble prendre pour acquis une fin du monde complétement délirante, ce qui donne un sentiment presque onirique, au final. Et puis t’as ton univers et ton esthétique, qui sont bien là, même si j’ai quand même senti une influence de Je Suis une Légende. Donc vraiment, thumbs up, je me suis pas ennuyé une seconde
Au niveau des défauts… Déjà, le style est parsemé de maladresses stylistique et de fautes. Les informations jetés un peu en bazar peuvent être un avantage, mais c’est parfois des inconvénients, parce que tes explications, quand il y en a, deviennent difficiles à saisir, du genre (« Oméga et ses Alphas, ceux qui avaient été totalement reconstruits, ont décimés les communautés hostiles avant de les intégrer dans la Grande Horde. D’autres communautés se sont montrées plus conciliantes, notamment la communauté de Paris, d’où Omega venait. »). Le retournement brutal de situation au milieu est trop soudain, c’est quasimment un changement de narrateur. C’est difficile de se dire qu’il a soudain du mal à comprendre une situation qu’il vient de raconter au PASSE.
Par ailleurs
> Elle me manque terriblement, même si j’aime beaucoup ta mère.
Je suis le seul à m’être demander si c’était pas un énorme troll et à avoir crié « EH TOI TA MERE » ?
Donc voilà, toujours un plaisir de te lire, ça me motivera à lire l’Esprit de l’Ecole si j’ai le temps.
Je suis assez perplexe. Le rythme est bon, le style aussi, c’est très agréable à lire. Mais j’ai une impression de fouillis. Je m’attendais à lire l’histoire d’une espèce, et en fait j’ai droit aux réactions d’un humain face à une invasion zombie, y’a aussi d’autres nouvelles espèces (liches, djinns, être de lumière) et puis lui-même semble se transformer en un autre truc encore nouveau même pour les nouveaux… Enfin bref, j’ai pas trop capté quelle était l’espèce ciblée du coup… Et pis la fin avec les histoires de résurrection, j’ai pas capté non plus ![]()
Peut-être plus se concentrer sur les alphas et leur évolution, la guerre en Europe, que tu expédies malheureusement trop vite, et le reste de leur histoire.
Y’a de quoi écrire un roman en tout cas.
Helping +1
Choco +0
Merci à tous pour vos comm's ![]()
Je sais que je poste très très tard et en effet, ça prend place dans un univers que j'avais construit vers la fin du lycée et qui est un de mes projets sérieux, c'est juste que l'Esprit de l'Ecole et ce qui va suivre a ralenti un peu tout ça, et en plus, je manquais un peu de confiance
Et c'est également connecté à deux autres textes que j'avais publiés sur le forum (Le Dieu dans la Tour Écarlate et le Wendigo)
A la base, j'hésitais entre Nation et Espèce, et finalement, j'ai préféré espèce, vu que les morts-vivants changent en une autre forme de vie, certes proche des humains, mais perfectionnée ![]()
Merci à tous pour votre lectures et vos "votes" ![]()