Salut à tous ! ![]()
Je vous propose l'histoire d'un ado qui tente de survivre dans un pays envahi par un groupe terroriste ![]()
J'espère qu'elle vous plaira !
Voici le premier chapitre de Black-out :
1. Prochain arrêt
Le tramway glisse sur les rails et fend silencieusement la ville de son acier poli. A travers ses larges vitres, on voit la ville se réveiller. Les premiers rayons de soleil font rougeoyer les façades. Quelques rares fenêtres sont allumées. On est samedi, il est encore tôt pour se lever. Le ciel dégagé promet une journée magnifique. Les quelques passagers sont plongés dans une léthargie compréhensible, bercés par le défilement des stations et le ronronnement des moteurs électriques.
Paul fait le tour de ses notifications. Il est parti en hâte ce matin, pas le temps de consulter son téléphone. S'il s'est levé aussi tôt aujourd'hui, malgré le fait qu'il n'ait pas cours, c'est parce qu'il va passer le week-end à pratiquer son activité favorite : les jeux vidéos en compétition. A l'autre bout de la ville, ce sont déjà plusieurs centaines de geeks qui sont à l'œuvre. Il a emporté avec lui son matériel de guerre : un ordinateur portable, son casque, sa souris gaming, un sac de couchage, deux packs de Red Bull et des paquets de chips.
La compétition doit commencer à midi, mais avec son clan "The Fallen Angels", Paul a prévu de passer la matinée à peaufiner leurs stratégies, un aspect primordial sur son jeu de prédilection. Il aurait préféré arriver la veille, mais ses notes étant déjà au plus bas, ses parents lui avaient seulement autorisé d'y aller samedi et dimanche. Qu'à cela ne tienne, il irait aux aurores et repartirait le lendemain le plus tard possible. Le voilà donc avachi dans le tram, entre un groupe de jeunes revenant de soirée et un SDF endormi.
Sur son téléphone, Paul fait défiler les actualités. Élections à venir, attentats qui se multiplient, tensions avec la Russie exacerbées, défilé de mode à Paris, prix du chat le plus mignon décerné à un chat robotisé... Enfin une info intéressante. La vidéo montre un chat en boule sur un coussin, tout ce qu'il y a de plus attachant, auquel on remet une médaille. L'image de la vidéo se fige, le petit cercle indiquant le chargement de la suite apparaît. Paul soupire, son téléphone n'a jamais été très performant, surtout depuis que ses parents lui ont pris un forfait low-cost.
Au bout de quelques secondes d'attente, Paul remarque que son téléphone ne capte en fait plus aucun réseau téléphonique. Il pouvait attendre aussi longtemps qu'il le voulait, la vidéo ne risquait pas de se charger.
Privé de son divertissement, Paul redresse la tête et regarde les autres passagers. A priori, ils sont tous comme lui. Les uns après les autres, ils lèvent le nez et se cherchent du regard. Tous, sauf bien sûr le SDF qui est resté recroquevillé dans sa position initiale. Paul l'envie l'espace d'un instant. En voilà un qui n'est pas accroc aux nouvelles technologies, et pour qui les perturbations téléphoniques ne sont pas une nuisance.
Après avoir activé et désactivé plusieurs fois le mode avion dans l'espoir de capter une fréquence GSM, Paul se résigne et range son téléphone dans sa poche. Par la vitre, il observe la ville. Sur le coup, quelque chose l'intrigue, mais il n'arrive pas à dire quoi.
Les fenêtres sont toutes éteintes ! Souffle-t-il.
Comme si tout les habitants s'étaient recouchés. Un autre passager du tram l'a aussi remarqué, il se lève pour en parler à ses amis.
Au mauvais moment.
En quelques secondes, les lumières de la ville et les enseignes lumineuses s'éteignent. Plus que quelques faibles rayons du soleil éclairent péniblement la rue. Paul regarde sa montre : il est 6 heures. Les néons du tramway se coupent : la rame est quasiment plongée dans le noir. Automatiquement, le freinage d'urgence se déclenche, plaquant Paul contre le dossier de son siège. Le passager qui s'était levé est propulsé en avant, il n'a pas le temps de se rattraper et s'écrase violemment la tête contre une barre verticale, puis s'effondre sur le sol. Il porte les mains à son visage et les ressort couvertes de sang : il s'est cassé le nez.
Le tram est à présent arrêté, un groupe se forme autour du blessé. Paul se tourne vers la cabine du chauffeur, il en est sorti et vient à leur rencontre.
- Messieurs dames bonjour, je suis désolé mais le tramway s'est arrêté tout seul. Il n'y a plus de courant et les freins se sont donc activés de façon automatique.
Le chauffeur jette un œil inquiet au jeune homme couvert de sang qui se comprime le nez avec un mouchoir. Il poursuit.
- J'ai essayé d'appeler le Central Opérations mais personne ne répond. Et je n'ai plus de réseau sur mon téléphone portable. Est-ce que quelqu'un peut appeler le samu pour ce jeune homme ?
Le silence répond à la question du chauffeur. Il essaye de garder le contrôle de la situation.
- Bon écoutez, vous là, continuez à veiller sur le blessé. Je vais retourner dans la cabine et voir si je peux appeler le CO. Le courant va revenir d'ici quelques minutes et nous pourrons repartir.
Paul pensait intérieurement que le chauffeur n'en savait rien, et qu'il voulait simplement éviter un mouvement de panique. Pendant ce temps, le SDF était sorti de sa torpeur et essayait d'ouvrir les portes.
- Monsieur, restez calme, on ne peut pas sortir du tramway. Je dois d'abord avoir l'aval du Central Opérations.
Le SDF ne s'est même pas retourné. Il commence à taper sur l'ouverture avec ses poings.
- Je m'en branle ! Je veux sortir ! Tu m'emmerdes ! Ouvrez la porte !
Alors que le chauffeur s'approche du SDF pour tenter de le raisonner, un grondement se fait entendre.
L'onde de choc fut si puissante que les vitres de tous les bâtiments alentours explosèrent simultanément. Paul sentit l'onde lui traverser le corps, comme s'il venait de prendre une claque monumentale.
Au loin, une explosion gigantesque venait de frapper la ville.
Je trouve le premier paragraphe un peu cliché dans la manière dont tu exposes cette ville qui se réveille. Mais rien de bien méchant, c'est juste qu'il y a énormément de récits qui commencent par une approche similaire. C'est un petit gimmick sympathique qui me fait sourire à force de l'avoir rencontré. ![]()
Sinon, ça se voit que tu t'appliques. Mais autant on ton trouves dans ton texte quelques images inspirées, d'autrefois certaines fonctionnent moins bien comme "Les quelques passagers sont plongés dans une léthargie compréhensible". Je trouve ce choix mon harmonieux.
Mais continue, t'es sur la bonne voie. Ça s'apprend au fur et à mesure.
Par contre, je ne trouve pas les réactions particulièrement réalistes. ![]()
En cas d'incident, le chauffeur a l'obligation de fermer sa gueule. Il ne doit pas dire qu'il n'y a plus de courant, ni que personne ne répond à ses appels. C'est une règle. ![]()
Et le truc du clodo est intéressant, mais à creuser à mon avis. Continue ![]()
Salut, merci de ton commentaire ! C'est vrai que l'intro est assez "déjà-vu". Pour l'instant j'essaye d'écrire au maximum sans penser au style, et si ça ne passe pas alors je corrige ![]()
Voici la suite :
2. Panique
Paul a les oreilles qui sifflent. Il est sonné. La secousse a fait tomber à la renverse le chauffeur, le clochard et la plupart des autres passagers. C'est la première fois qu'il est confronté à une explosion, et il a le sentiment que celle-ci était exceptionnellement forte. Il se passe les mains sur le corps pour chercher une éventuelle trace de blessure. Il n'a rien.
L'adrénaline aidant, Paul reprend rapidement ses esprits et réalise ce qui est en train de se produire. Une explosion. Dans sa ville. Pourquoi ? Ses proches ont-ils été touchés ? Par pur réflexe, il sort son téléphone de sa poche. Toujours pas de réseau. A travers les vitres intactes du tram, il voit un nuage noir massif s'élever au-dessus des toits. L'explosion a eu lieu derrière la ligne d'immeubles qui borde les voies du tramway.
Après avoir débloqué le système de fermeture des portes avec une clé spéciale, le chauffeur et le SDF sont à présent en train de forcer sur les battants pour qu'ils s'ouvrent. Plus question de rester ici une minute de plus. Paul sort de sa torpeur et va leur prêter main forte.
Une deuxième explosion retentit, un peu moins forte que la première. La dizaine de passagers du tram se met à crier.
Tirant de toutes leurs forces sur le battant, les trois hommes parviennent à ouvrir la porte qui cède d'un coup. La voie est libre. Le clochard se jette en premier au-dehors, alors qu'on entend une sirène hurler au loin.
- Faites attention quand vous descendrez sur la route ! crie le chauffeur à l'attention des passagers.
Paul fonce à l'arrière du tram récupérer son sac à dos et sa sacoche d'ordinateur portable. Une fois fait, il court vers l'ouverture, derrière le jeune homme au nez cassé qui tient toujours sur sa figure son mouchoir sanguinolent.
Au moment de sortir, Paul sent quelqu'un le retenir par le col de sa veste.
- Attention !
Une ambulance lancée à pleine vitesse le frôle de justesse. Au même moment, il entend un bruit sourd suivi d'un crissement de pneus.
Son prédécesseur venait de se faire percuter.
Il se retourne pour voir son sauveur qui n'est autre que le chauffeur du tram. Trop choqué pour pouvoir le remercier, Paul descend sur la route.
Les trottoirs et l'asphalte de la rue se révèlent être parsemés de milliers de débris de verre. Paul lève les yeux et devine quelques silhouettes hagardes derrière les fenêtres éventrées.
A sa gauche, l'ambulance s'est arrêtée. Quelques mètres plus loin gît le corps du jeune homme. Les brancardiers, sortis de leur véhicule, se prennent la tête entre les mains, ne laissant aucun doute sur le sort de la victime.
C'est la première fois que Paul voit un cadavre. Cela lui glace le sang.
Il tourne la tête, et aperçoit le SDF claudiquer sur le trottoir. Derrière le mendiant, au loin, un pick-up entre sur le boulevard. Surplombant l'arrière du véhicule, une perche soutient un immense drapeau rouge et noir qui claque dans les airs. Des hommes sont postés sur la partie arrière du pick-up, mais à cette distance Paul ne peut pas les discerner correctement. Il a un mauvais pressentiment.
A l'approche du SDF, le pick-up ralentit. Paul comprend que le clochard a pris le parti d'invectiver les hommes postés sur le pick-up. Il fait de grands gestes conclus pas un bras d'honneur. Leur réponse ne se fait pas attendre.
Un des hommes dégaine une arme et tire une rafale sur le misérable, qui s'effondre immédiatement.
Paul est pétrifié. D'autant plus que le pick-up a repris sa marche en avant, et se dirige vers eux.
La scène n'a pas échappé aux autres passagers, qui se mettent à crier et à courir dans tous les sens.
Dans le pick-up, un des hommes aperçoit l'attroupement et hurle en les pointant du doigt.
- Je dois fuir, se dit Paul. Je ne veux pas mourir ici !
Paul fait demi-tour et part en courant le long du tramway arrêté.
Les hommes armés les mettent en joue et commencent à leur tirer dessus. Paul entend les coups de feu et le sifflement des balles près de lui. Son ordinateur en bandoulière lui tape sur la cuisse et le ralentit. Il n'hésite pas une seconde et s'en sépare, l'abandonnant sur la route. Il allonge sa foulée et passe près de l'ambulance. Les coups de feu redoublent d'intensité.
Paul aperçoit le chauffeur du tramway agenouillé près du jeune percuté. Il ne semble pas avoir compris ce qui était en train de se jouer.
- Barrez-vous ! Lui hurle Paul de toutes ses forces. Ils nous tirent dessus !
Le chauffeur lève la tête, et la seconde d'après se prend une balle dans le cou. Il porte vainement les mains à sa gorge et disparaît derrière un flot de sang.
Paul est terrifié. Il a envie de vomir, mais il n'arrête pas sa course pour autant.
Il entend de nouveaux coups de feu mais ne veut pas regarder en arrière de peur de perdre du terrain. Il doit quitter le boulevard, sinon c'en est fini de lui.
Une rue s'ouvre sur sa droite. Sans réfléchir, il s'engouffre dedans. Le bruit des coups de feu en est immédiatement atténué. Pris de panique, il s'enfonce plus profondément dans la ville, et tourne dans chaque ruelle dès qu'il en a l'occasion.
Au bout de quelques minutes de course effrénée, il aboutit dans une impasse. A bout de souffle, son sac à dos lui sciant les épaules, il s'arrête et prend quelques instants pour réfléchir à sa situation. Que faire maintenant ?
Sa première idée est de rentrer chez lui, mais comment traverser la ville alors que des milices tirent à vue sur les passants ? Il serait une cible bien trop vulnérable. Il évacue cette idée.
Il réalise que sa priorité absolue est de se cacher. Mais où ?
Il retourne dans la rue pour voir où il se trouve. Immédiatement, il reconnaît les lieux. L'impasse donne sur un cyber-café qu'il a l'habitude de fréquenter après les cours. Paul regarde sa montre : il est 6h15. Le cyber doit être fermé, inutile de s'y rendre. Il faut qu'il trouve un autre endroit.
En passant en revue le quartier dans sa mémoire, un flash illumine son esprit.
Mais oui, bien sûr ! C'est juste à côté, et aujourd'hui il n'y aurait personne à déranger.
Comme pour le sortir de sa rêverie, de nouveaux coups de feu retentissent, dans une autre direction cette fois-ci. Paul entend des cris, puis une nouvelle explosion.
Il n'y a pas une minute à perdre. Paul reprend sa course, il connaît sa destination.
Deux rues plus loin, il s'arrête devant un petit portail en fer. Il l'escalade d'un bond et traverse une cour déserte jusqu'à des bâtiments. Tout lui semble beaucoup plus petit que dans ses souvenirs.
Arrivé devant un large portail qui lui semble familier, il pose son sac à terre.
Au-dessus des portes en bois à la peinture écaillée, des lettres capitales bleues indiquent :
Groupe Scolaire Notre-Dame des Anges - Ecole élémentaire