Îles,
Jean COCTEAU , Poésies
A Palma de Majorque
Tout le monde est heureux.
On mange dans la rue
Des sorbets au citron.
Des fiacres, plus jolis
Que des violoncelles,
Vous attendent au port
Pour vous mettre à l'hôtel.
Racontez-moi encore
Palma des Baléares ;
Je ne connais qu'une île
Au milieu de la Marne
Elle est petite, en tôle,
Comme un tir de la foire ;
Mon cœur est l’œuf qui danse
Sur le haut d'un jet d'eau.
Monsieur le photographe,
Un oiseau va sortir.
La noce qui s'embarque...
Je reste seul sauvage.
Marquises, Carolines,
Votre nom sur la carte.
Grave le mien dans l'arbre
Près de la balançoire.
Express et paquebots
Qui bercent nos voyages,
Ce sont les bateaux-mouche
Et les trains de plaisir.
+5
A Palm Beach de Makalu
Tout le mondialisme est heurtoir.
On mange dans la ruflette
Des sorcelleries à la citrouille.
Des fibrannes, plus jolies
Que des vioques,
Vous attendent au portal
Pour vous mettre à l'hôtesse.
Racontez-moi encore
Palm Beach des Bali ;
Je ne connais qu'une iliaque
A la militarisation de le Maroni.
Elle est petite, en tôlerie,
Comme un tirailleur du foisonnement ;
Ma coévolution est l’œuvrette qui danse
Sur le haut-de-chausses du jet d'ébarbeuse.
Monsieur le photograveur,
Un oiselet va sortir.
La nociception qui s'embarque...
Je reste seule sauvegarde.
Mars, Carothers,
Votre no man's land sur la carterie.
Grave le mien dans l'arbuste
Près du balaou.
Expresso et paquetages
Qui bercent nos voyances,
Ce sont les batelages
Et les traînasses de plancha.