One night. La fatigue me poigne la bouille. Mes yeux lorgnent sur le néant qui me hante. Allons jouer à Overwatch, mes amis. Oublions ces conneries infinies. Dieu, allez vous faire foutre. Je veux égorger des gorilles binoclards. Je veux danser mes flèches sur le dos des dragons, je veux partir un peu plus loin dans le passé, un peu avant ce moment où j'ai décidé que je ne serais rien. Un peu avant ce moment où l'on sût pour moi que je n'étais rien. Je veux repartir au royaume des nains et des spectres, où seul je suis le héros.
Je suis le héros ! Sonnez les trompettes, dressez les drapperies, allongez la tapisserie, et sortez moi un putain de rôti. Je veux un poulet saignant, et un sanglier huilé, avec Obélix qui se fait plaisir. Je vous laisse les Astérix, et les Circonflex. Je me prends Obélix, et on est parti pour la nuit, on va se faire péter le menhir.
Il fût un temps où j'étais inspiré. J'eus alors l'âme et l'ardeur pour enchanter les pucelles de mes mots enchanteurs. Je leur disais : Mademoiselle, il est vrai que je n'ai rien, et que mon porte-monnaie est plus vide encore que mon cercle social, mais je promet que si vous venez avec moi, dans une ruelle sombre et étroite, je ne vous ferai pas crier trop fort.
C'est ainsi que ma jeunesse se défila, messages après messages, à rêver secrètement des gros menhirs de Obelix. Jamais ces filles, elles ne m'eûent mérité. Je promets que cela s'écrit comme cela, ou que cela devrait. Je suis l'as, l'expert de comment cela se devrait de s'écrire, et de comment cela se devrait d'être. Je suis un homme, Dieu, je sais ! Alors taisez-vous.
Je sais ce que vous devez faire. Nous ferons ceci, et ceci, et vous arrêterez de vous morfondre et de couiner comme des truies, vous arrêtez donc d'écrire toutes ces milliards de pages de héros et de monstres, et de fausses vies, dans ce monde de fausse vie. Nous irons dehors, jouer à la marelle et à 1 2 3 Soleil, et là nous serons les écrivains de notre glorieux futur.
C'est ainsi que je suis le prophète d'une aube nouvelle. Sortez-moi le Coran, brûlez-moi cette putain de Bible, et je vous écrirai, un jour, quand je serai motivé, les vrais écrits sacrés de l'âme sacrée qui baigne en moi dans cette putain de débaucherie céleste et nauséabonde. C'est fini ce bordel. J'ai le gêne suprème. Suivez-moi, et baisez comme des lapins. Nous irons à la Terre sacrée, en dégager tous les bâtards qui nous font chier.
On les brûlera à des poteaux, et on dansera la Macarena et des danses de Maracas entre deux bouffées de sanglier. Croyez-moi, nous serons heureux alors. One day. Another day.