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L'anneau de commandement

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
22 juin 2016 à 22:02:32

Le 22 juin 2016 à 19:24:41 Vinmole a écrit :
Si ça peut rassurer, de mon côté j'avais bien saisi pour l'anneau et le manteau.

A bah c'est cool en effet, parce que niveau "scénario" c'était bien la "le problème" souligné par mes autres lecteurs :)

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
02 août 2016 à 15:47:38

La suite, centrée sur Libéria et ce qu'il s'y passe :)

V.

La capitale grouillait d'activité en cette belle après-midi d'été. La grande place, qu'il devait traverser pour accéder au château, voyait un drôle de duo fasciner l'assemblée. Un cercle se forma autour des deux saltimbanques, l'un tournant autour de l'autre sur un vieux balai a tête de canasson. Plus le cercle se refermait, plus le cavalier donnait de la voix. Il s’arrêta, amusé par ce qu'il venait d'entendre. Voir ainsi son noble paternel grimé par les gens du spectacle ne pouvait que l'amuser.

— C'est bien de toi dont je parle, vil brigand ! Regarde, regarde ! Admire la lame qui s’apprête a te raccourcir de quelques pieds !

Resserrant le cercle tout en invectivant la foule, le comédien échangea une passe d'arme fictive avec son compère. Celui-ci tomba lourdement sur le sol, lâcha son épée d'apparat et se mit à supplier pour sa vie.

— Qui, ici, n'a jamais entendu parler de moi ? S'écria le cavalier en s'adressant à la foule. Qui, ici, n'a jamais entendu parler du chevalier au Lion ? Je suis le feu qui protège notre cité, je suis l'homme de justice de Libéria ! Commandant de l'armée la plus puissante du monde civilisé, scandez mon nom, jeunes gens !

Sa voix puissante conquit la foule, qui se mit a chanter le nom de son père. Drôle de sensation. Un père qui avait cru bon de disparaître du jour au lendemain, ne laissant comme indication à son second, qui était également son plus jeune fils, qu'un message pour le moins confus. Je suis parti pour une durée indéterminée. Garde la ville. Remplace moi au conseil. Surveille la fouine. Tout un programme, en somme. La délicatesse de lui en dire un peu plus ne dut certainement pas lui traverser l'esprit. On ne changerait plus le vieux.

— Qu'allons-nous faire de ce misérable, ô peuple de Libéria ?

La foule, prise dans un délire contagieux, se mit à insulter l'homme de peu qui rampait maintenant sur le sol. Celui incarnant Kräal Nibelungen, toujours agrippé fermement à ses rênes imaginaires, stoppa la foule d'un simple geste, descendit de sa monture et se dirigea d'un pas lent, autoritaire, vers sa victime. A qui il tendit la main.

— A l'heure d'aujourd'hui, la peine de mort est interdite dans notre chère Libéria. La mort, dans cette cité, appartient à la justice des dieux ! Vive Libéria !

Le public reprit en cœur, le paysan à ses cotés hurlant sa joie directement dans son crâne. Amusant, juste, bien que romancé. Il consentit à applaudir, puis traversa la foule comme une anguille. Le temps des réjouissances ne perdurait jamais bien plus longtemps que celui des roses. Kadoc Nibelungen était de ceux qui considéraient le temps comme un acteur secondaire. Vivre, mourir, aimer, rire, pleurer. Tout ça était éphémère, se passait dans l'instant. Là, une scène burlesque, sans intérêt. Dans l'heure, une séance du conseil. Demain, si demain il devait y avoir, d'autres choses encore. C'est sur ces pensées positives, caractérisant son être profond, qu'il pénétra dans la salle du conseil. En dernier, semblait-il. Ömuur Krastak, l'air impassible, se contenta de le gratifier d'un lever de menton. Miri, dont l'ample habit de soie verte cachait les plaies, le regarda d'un oeil inquisiteur. Même Maynar était présent, ce qui ne lui arrivait pas bien souvent. La grande équipe au complet. Entre le doyen, la fouine et le sale gosse ingérable, Kadoc ne sut déterminer celui qui l’insupportait le plus.

— Je remplacerai mon père aujourd'hui, qui vous fait part de son regret de n'être en mesure d'assister à cette réunion.
— Et peut-on savoir ce qui retient votre père, Seigneur Kadoc ? lui lança ironiquement Miri.
— Je n'ai pas plus d'information à ce sujet. En tant que commandant de la garde royale, je me vois dans l'obligation de remplacer le chef des armées lors de cette joyeuse petite sauterie. Un chef des armées qui se trouve être mon géniteur. Si vous désirez en savoir plus sur ses occupations, je vous suggère de vous adresser directement a la personne concernée, seigneur Miri.

Krastak, sans attendre que la situation dégénère en une bataille d'ego sans intérêt, recentra la discussion. Peu lui importait que cet idiot de vieil ours coure après dieu savait quelle lubie. Un Nibelungen en valait bien un autre.

— D’inquiétantes rumeurs me viennent des royaumes du Nord. Les différents clans se rassembleraient, prêts à mettre de coté leurs vieilles rancunes pour fondre sur les terres du Sud. Si ces barbares décidaient de s'allier, alors la pérennité de la cité lumière serait en danger. Ce que je ne saurais accepter. Nous devons agir et tenter de les couper dans leur élan, de quelque manière que ce soit.
— Que proposez-vous ? Lui demanda Kadoc, bien heureux que la conversation s'attarde sur autre chose que sur l'absence remarquée de son paternel.
— Nous devrions pouvoir les frapper fortement chez eux, cassant leur marche en avant. Une fois la zizanie installée, bien malin sera le chef de clan qui pourra maintenir un semblant d'ordre. Les chef des clans du Nord sont braves, puissants, tenaces. Extrêmement primaires et dénués de tout sens logique. Une force en tant qu'envahisseurs, une faiblesse en tant qu'envahis. Je ne peux me permettre, en l'absence de Kräal, de quitter la cité. Mes hommes ont balisé le terrain, préparé l'assaut. Ils ne pourront pas le faire seul.

Miri se laissa aller dans son fauteuil, posant ses pieds sur la table de pierre. D'un regard, il fit comprendre à Krastak de chercher de l'attention ailleurs. Tout ça ne le concernait que très peu, de plus, cinq de ses meilleurs éléments avaient perdu la vie avant hier.

— J'irai.

Surpris, Krastak tourna son regard vers Maynar, qui le fixait d'un air amusé. Le jeune homme à la tignasse si particulière, dressée en champs d'éclair et blanche comme la craie, se leva pour dominer la pièce. A l'habitude narquois, impertinent et peu convenable, Maynar Isenbrook se proposait pour une mission à risques. Presque impensable pour tous ces guignols qui le voyaient comme un sale môme sans morale, sans limite. Erisa, encore vivante, n'aurait pas manqué de se balader tard le soir, vagabondant comme une princesse de la nuit dans les taudis de la capitale. Des taudis qui seraient l'endroit le plus dangereux en cas d'invasion barbare.

— C'est pour le moins inattendu. Cette mission est même peut-être taillée pour un ingérable dans ton genre, reprit Krastak tout en lançant un regard insistant vers le jeune Nibelungen, qui ne put que comprendre l'intention, en l'absence de son père, du maître des lieux.
— Très bien, je l’accompagne. A voir votre satisfaction, je suppose que tout est déjà prêt ? Les bêtes, les provisions, les hommes ?
— En effet. Cela dit, il ne sera point question de grande escorte, encore moins de force de frappe par le nombre. Votre voyage doit être rapide, discret. C'est une possibilité d'enrayer un conflit majeur avant même qu'il ne prenne forme. Je vous adjoindrai mon meilleur élément. Je ne doute pas que ses capacités, couplées à la puissance que peut dégager un sale gosse en colère, ne viennent à bout d'une bande de barbares. Libéria ne peut se permettre de subir les assauts répétés d'un peuple aussi féroce, uni dans la haine et la volonté de briser notre mode de vie.
— De bien belles paroles pour un seigneur bien assis, confortablement retranché derrière les murailles du château.

Krastak ignora la provocation, se contentant de congédier les membres du conseil. Il n'avait pas confiance en Maynar, n'avait pas confiance en qui que ce soit. Mais si les Nibelungen se distinguaient bien par un trait de caractère, c'était par leur volonté inflexible d'assurer la paix et la sécurité de chaque habitant de cette immense cité. Le petit ours remplacerait le gros. Lorsque les membres du conseil quittèrent la pièce, une ombre se détacha du mur du fond, laissant apparaître un individu tout de noir vêtu. Un masque de mime cachait ses traits, ne laissant à son interlocuteur qu'une face artificielle d'un blanc de craie comme seul repère.

— Le petit ours ne te posera pas de problème. Le sale gosse, ça, c'est autre chose. Il est ingérable, idiot et redoutablement puissant.
— Une âme torturée, rien de plus, rien de moins, lui répondit l'homme en noir, dont le sourire carnassier, masqué par le masque de mime, ne cessait de grandir.
— Une âme dont tu ferais bien de te méfier.
— Je dois vous l'accorder, ce jeune homme dégage une aura hors du commun. Une odeur de souffre traîne derrière chacun de ses pas. Je ne manquerai pas de faire en sorte que la mission soit un franc succès. J'ai juste une question, maître. Une question simple et primordiale, autant pour les chances de voir cette mission être menée a bien que pour mon possible plaisir personnel.
— Parle.
— La survie de Maynar Isenbrook est-elle nécessaire a l'idée que vous vous faites d'une mission réussie ?

Krastak se dirigea vers la sortie, drapé dans son manteau de soie sombre. Libéria ne sortirait pas indemne d'une confrontation ouverte avec les peuples du Nord. La survie de la cité, du royaume, au dessus des considération des hommes. Un chemin qu'il ne faisait qu'emprunter de plus en plus. Les années passant, la cinquantaine bien assise, Ömuur Krastak ne voyait dans l'aboutissement de sa propre vie que le reflet de la grandeur de Libéria. Envers et contre tout.

— La survie d'un homme est dérisoire face à la perspective d'un pays durablement en paix. Arrange-toi pour utiliser les forces et les faiblesses de ces deux là, frappe les chefs de clans directement chez eux. Ce qui peut bien advenir de Maynar Isenbrook ou de Kadoc Nibelungen m'indiffère. 

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
09 août 2016 à 16:43:50

Merci d'avoir lu et commenté tout ca, Brad!

Pour la forme (même si tu l'as mit dans le fond), je n'ai pas grand chose a dire si ce n'est sur la forme des chapitres. On m'a souvent "reproché" que les chapitres "coupés" n'était pas ce qui avait de mieux. Moi j'aime beaucoup (question écriture) mais ca dérange souvent. Du coup j'essaye de plus en plius de me concentrer sur un seul point de vue a la fois. Comme lors de la mort d'Egar ou de la promenade en ville du dernier chapitre. J'essaye, mais je suis encore souvent tenté de passer d'un point de vue a un autre^^

Pour le fond, je vais déja te répondre sur la longueur prévue, je n'en ai aucune idée. Aucune idée parce que finalement, c'est un projet né de l'abandon d'un autre. (L'entre deux monde). Qui en me satisfaisait plus mais dont je n'avais pas envie d'abandonner certain personnages. Du coup je les ai relancé dans un autre univers, que j'ai tenté d'étoffer au fur et a mesure. Peut-être était-ce un peu trop précipité? C'est possible.

Bref, avant ma période de deux ans de page blanche, j'écrivais beaucoup, beaucoup beaucoup. La, ca fait un peu plus d'un an que je m'y suis remis. J'ai besoin de me roder, de réinventer des intrigues et des personnages. Du coup je n'ai aucune idée de ce qu'il adviendra de ce texte, mais c'est le genre de commentaire que je cherchais, en tout cas :-)

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
09 août 2016 à 18:09:12

Oui oui, j'avais bien compris^^

Mais t'es pas le premier a me dire que c'était trop brusque quoi. Qu'on avait pas assez le temps de s’imprégner d'une ambiance qu'on passait a une autre.

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
03 février 2020 à 17:54:26

Des années plus tard... Vu que j'ai repris, je vais poster. Je ne sais plus faire corriger, malgré mon insistance, donc ca doit être bourré de faute, je suppose.

---

VI.

La lune emplissait le ciel de sa présence, jetant sur les alentours une lumière fade, agréable et presque rassurante. Le feu rajoutait a l'atmosphère ses flammes et ses crépitement. Kräal avait le souvenir d'un jeune prince curieux, bavard, parfois même insolent. Le jeune homme qui se tenait a ses cotés, regardant les flammes s'agiter sans un mot, ressemblait a un étranger. Sévère, absent, triste. Tout l'opposé de sa personnalité d'autrefois, joviale et avenante. Le chef des armées de Libéria du se faire une raison, l'enfant insouciant avait disparu, définitivement noyé dans les rouages d'une vie bien plus éprouvante que prévu.

_ Auriez-vous, peut-être, l'obligeance de...

Le prince lui lança un regard noir.

_Pas de vous, pas d'égard, pas de délicatesse. Lui n'en avait pas, et c'était très bien comme ca. Lorsqu'il commença a me traiter comme une personne de sang royal, il en perdit la tête. Littéralement.

Kräal ne dut pas se questionner bien longtemps pour déterminer qui se cachait derrière ce pronom. Egar de Lys, encore et toujours. Lorsque le jeune prince daignait utiliser son art verbal pour produire plus qu'une réponse courte et sans appel, c'était invariablement pour mentionner comment l'ancien vagabond se comportait a son égard. Egar par ci, Egar par la, Kräal en avait par dessus la tête. Cela dit, ce foutu vagabond de Lys avait protégé le prince dix années durant, et donné sa vie pour protéger la sienne. Endurer l'omniprésence d'un mort lors de leur rare conversation ne lui paraissait pas insurmontable.

_ En effet, c'est ce que nous avions convenu. Vous... Tu comprendra aisément que ce n'est point chose aisée. Mais soit! Tu pourrais peut-être nous raconter comment tu l'as rencontré, ce vagabond de Lys?

Oz n'écoutait même pas la conversation, le regard plongé dans les étoiles. Quant a Kräal, il n'en avait pas grand chose à faire, de savoir comment le gamin d'autrefois avait rencontré ce rustre de Lys. Mais peut-être cela contribuerait a lui délier la langue. Il fut surpris d'apercevoir un sourire fugace traverser le visage juvénile de son interlocuteur. Même si le rictus s'effaça aussi spontanément qu'il n'était venu, c'était la première fois, depuis leur rencontre hasardeuse au Renard Doré, que le gosse arborait autre chose qu'une mine sombre et usée.

_ Mon père n'aimait pas la vie de château. Tout seigneur de Libéria qu'il était, l'appel de l'aventure ne manquait pas de le faire sortir de la ville de longues semaines durant. Un jour, il revint au château avec un drôle de bonhomme. Et une cicatrice bien marquée qui parcourait sa joue. Ma mère se catastropha, ne manquant pas de lui signifier qu'une telle effilochure, sur une figure royal, ne faisait pas très sérieux.

Kräal acquiesça en silence, amusé. Asgard le juste Maelys était un homme complexe, fascinant. Un roi du peuple, un vrai. Kräal pensait qu'aucun autre seigneur de Libéria ne pourrait jamais s'élever a sa hauteur. Le gosse continua de parler, ses yeux d'un bleu sombre, profond, se fondant dans les flammes qui voltigeaient autour du feu de fortune.

_ Cette nuit la, je suis devenu quelqu'un d'autre. Lorsque la tête de ma domestique roula a mes pieds, je compris que rien ne serait plus pareil. Le vagabond d'autre fois, qui s’acquittait de ma surveillance comme d'une lourdeur nécessaire, changea également. J'ai été un boulet, une entrave, jusqu'a la fin...

La voix de Salak se mit a vibrer. Il serra les poings, crissa des dents.

_Jusqu'a la fin, ou cette fouine verte ordonna qu'il perde la tête... Cette fouine, tout ceux qui ont participé, de près ou de loin, a la mort d'Egar de Lys seront punit !

Kräal se sentit nauséeux, lourd, attiré vers le sol. Oz venait de s'aplatir sur la terre boueuse de la clairière. Le gosse serrait ses dents de plus en plus fort.

_Salak Maelys, arrête ça de suite !

Le cri du vieux commandant le poussa a interrompre son emprise. Lui, Kräal Nibelungen, venait se poser un genoux a terre par la simple force de volonté d'un gamin... un gamin qui ne possédait même pas l'anneau, la relique des Maelys. Une relique qui permettait a son porteur, une fois sa lignée reconnue, de faire plier n'importe qu'elle forme de vie peuplant cette terre.

_ Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, c'est ce que votre père me disait toujours. Peut-être pourriez vous... peut-être pourrais-tu tenter de ne pas laisser celui-ci t'emporter dans les rouage de la démesure.

Salak continua de regarder le feu crépiter, enviant le pouvoir qu'avaient les flammes de tout faire disparaître. Oz, qui n'avait que faire d'un gamin insignifiant, fusse-t-il de sang royal, le regardait maintenant d'un oeil nouveau. Sa curiosité éveillée, il s'approcha de lui pour l'observer de plus près. Entraîner vers les îles d'été un gamin taciturne ne l'enchantait guère. Tenir compagnie a quelqu'un capable d'utiliser le pouvoir des Maelys sans artefact, c'était autre chose.

_ Fascinant... Pourrais-tu le refaire ?
_Oz ! Ce n'est pas un jeu, grogna Kräal.
_ Essaye donc une nouvelle fois sur moi, continua t-il en ignorant la remarque.

Salak se leva, leur tournant le dos. Furieux contre lui même, furieux contre ce jeune homme maniéré qui ressemblait tellement a celui qui avait prit la vie de son mentor, également. Qui lui ressemblait de trop.

_ Connais-tu Miri Naz Rhur, Oz ?

Le mage tourna un regard interrogateur vers Kräal, qui ne put masquer son désarroi.

_ Bien évidement. Je déteste Miri, je le hais, et je pense même que sa mort pourrais me réjouir. Cela étant dit, techniquement, ca reste mon frère. Je ne dirais pas que je le connais, je dirais plutot que je suis sans doute le seul a le connaître vraiment.
_ Je vois, se contenta-il de répondre.
_Cela te pose t-il un problème ?
_Non. Par contre, cette proximité pourrait m'être utile. Si tu venais a entrer en contact avec lui avant moi, de quelque manière que ce soit, délivre lui un message de ma part. Dis lui que le gamin apeuré n'existe plus, que je le délogerais tôt ou tard de sa routine d'avidité et de complot. Qu'il paiera pour la mort d'Egar de Lys. Que je ne me contenterais pas de le tuer. Que Salak Maelys, fils d'Asgard, descendant d'Anathor, lui fera regretter amèrement d'être encore en vie.

Il quitta la clairière et s’enfonça dans l'étendue sombre l'entourant de toute part. Kräal voulu s'y opposer mais ne trouva pas les mots. Oz, quant a lui, affichait un rictus amusé.

_Mon pauvre Miri... C'est un gamin remplit de haine et de détermination qui va te courir après, s'amusa t-il tout en s'allongeant de nouveau près du feu. Que pensez vous de tout ca, chevalier au lion ? Et pourquoi donc avoir accepté si aisément un voyage vers les îles d'été ? Éloigner le gamin de la capitale ne pouvait que prolonger une sécurité somme toute relative...

Kräal regarda la silhouette du jeune prince se perdre dans les ténèbres. L'enfant insouciant avait définitivement disparu. Dans peu de temps, le jeune prince réclamerait, il en était persuadé, ce qui lui revenait de droit. En tant que commandant des armées de Libéria, il se devait de rester impartial, et de ne suivre que l'autorité légitime de la grande Libéria. Une autorité aujourd'hui représentée par une marionnette de second plan. De sang royal, certes, mais dénué de toute capacité a diriger l'héritage des Maelys. Le frère de la reine d'autrefois, seul rescapé officiel de la nuit sanglante, tenait officiellement la place de souverain de Libéria.

_Salak Maelys est, pour moi, le souverain légitime de Libéria. Cela dit, je ne peux me permettre de l'imposer sur le trône sans un minimum de soutien. La capitale est corrompue jusqu’à l'os. Même Krastak n'est plus digne de confiance. J'irais chercher le soutien dont j'ai besoin ailleurs. La ou la notion d'honneur et de bravoure est encore intacte.

_ Les îles d'été seraient a même de vous fournir en bravoure, seigneur Nibelungen ? Ironisa Oz tout en se préparant a éteindre le feu.
_ Ce qui est sur, c'est que l'homme vers lequel nous nous dirigeons, lui, saura quoi faire. J'ose espérer qu'il soit encore en vie.
_ Et pourquoi ne le serait-il pas ?
_ A l'époque, il devait déjà avoir presque un siècle. Cela fait plus de dix ans que je ne l'ai plus vu... Yagami l’œil ouvert. La mémoire. L'homme au bâton. Si je suis enclin a écouter l'avis d'un conseiller, alors ca ne peut-être que lui.

Kräal écrasa lui même le reste du feu et, bon gré mal gré, se força a fermer l’œil. Le souvenir d'Asgard ne voulait pas le quitter. Un moment, il cru même l'entendre lui parler. Il finit par s'endormir, rêvant de retour victorieux a la capitale. La foule en liesse les acclamaient de toute part. Puis des explosions, des cris, des pleurs. Le vieil homme se réveilla en sursaut. La nuit, elle, continuait a englober les lieux de sa précieuse tranquillité. A quelques dizaines de mètre, Salak réalisait des passes d'arme avec un adversaire imaginaire. Concentré, appliqué, répétant les bases encore et encore, comme le lui avait apprit Egar. L'image de son mentor ne pouvait se décoller de sa rétine. Trop lent, pas assez rapide. Lors de leurs innombrables confrontations, Egar n'utilisait que son aisance naturelle a l'épée. Suffisant pour le mettre a mal, a chaque fois. Son impuissance face a ce qui s'était produit, ce jour la, au milieu d'une plaine aride gangrenée par des hommes en blancs, percuta sa mémoire. Sa propre réalité sembla vouloir fuir au loin, s'échapper des indélébiles du passé. Trop de regrets, de remords, de ressentiments, de tension, de haine. Un enfant inutile qui avait vu mourir tout ceux qu'il aimait par la simple réalité, froide et implacable, de sa propre condition. C'était un faible, un incapable.

Un éclair zébra le ciel, suivit d'un coup de tonnerre qui aurait pu réveiller un mort. Réveiller un mort. Le faire se relever. Marcher de nouveau sur les plaines aride entourant Libéria. Salak tomba a genoux, caressant la terre comme un amas d'or et d'argent. Le ciel se déchira de nouveau, laissant éclater sa fureur sur le campement de fortune. Le jeune prince sanglotait tout en riant de plus en plus fort. Les sons étranges sortant de sa bouche se fondaient dans la mélodie du tonnerre, sonnant comme deux parties d'une même symphonie. Derrière lui, Kraal, luttant contre la force qui semblait vouloir l’engloutir dans le sol devenu marécageux, avançait péniblement. Les arbres tremblaient, la foudre frappait de partout. Il ne savait plus si le responsable de cette folie était l'orage ou le jeune homme qui lui tournait le dos, les mains enfoncées dans la terre. Lorsqu'il mit sa main sur l'épaule du jeune prince en le forçant a lui faire face, il fut presque effrayé par ce regard emplit de haine, de ressentiment et de folie. Il chercha ses mots, finit par réciter le serment des chevaliers de Libéria sans trop savoir pourquoi, faisant écho a l'homme de Lys dans l'inconscient du gosse. L'étau invisible relâcha peu a peu son emprise. Son cœur retrouva de la place a l’intérieur de sa cage thoracique pour battre de nouveau la mesure sans entrave. Kräal venait d'éviter le pire. Temporairement.

Revoltin
Revoltin
Niveau 9
04 février 2020 à 16:18:19

Un grand pouvoir implique de grande responsabilité c'est dans spiderman. :rire:

Bananose
Bananose
Niveau 6
04 février 2020 à 21:28:02

Un grand pouvoir énergétique pour le coup de pompe de 11h ! :ok:

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
04 février 2020 à 23:42:13

Le 04 février 2020 à 16:18:19 Revoltin a écrit :
Un grand pouvoir implique de grande responsabilité c'est dans spiderman. :rire:

J'ignorais :o))

Revoltin
Revoltin
Niveau 9
05 février 2020 à 10:45:22

Aussi drôle qu'un mec tellement useless sur le plan litteraire qu'il utilise des repliques de spiderman dans ses recits sans même s'en rendre compte, même pas dans le cadre d'une parodie...

La gignolerie n'est jamais finie

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
05 février 2020 à 16:42:34

Mais contrairement a d'autre, je n'ai jamais prétendu être un "littéraire". Je n'ai aucune prétention que celle d'écrire des histoires, et je vois pas bien en quoi le fait qu'une phrase d'un de mes chapitres apparaisse aussi dans Spiderman soit un problème. Je doute d'ailleurs que l'origine de cette phrase soit dans un film Spiderman, c'est un "classique", la tournure change peut-être mais l'idée est vieille comme le monde.

Bref, tu peux passer ton chemin et aller déverser ta haine ailleurs, je ne t'ai rien demandé, et visiblement, ce n'est pas le bon topic pour toi. Merci d'avance :)

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
17 février 2020 à 21:57:54

Parce que je continue d'écrire, alors autant poster :)

---

VII.

La nausée, l'inconnu, le ressac, chaque sensations ressentie par son corps fragile l’incommodait au plus haut point. Plus d'une semaine qu'il traversait le monde. Un homme lancé comme un carreau d'arbalète ; inarrêtable... ou presque. Habitué a l'opulence des marchés, au confort de la réussite et, plus que tout, a la sécurité de la cité, Oz nageait dans un océan inconnu. Lorsque leur embarcation accosta, le magicien de Libéria tenta de reprendre le contrôle de sa noble personne. Oz Naz Rhur débarquait aux îles d'été. Une première étape. Prit dans une aventure a l'issue pour le moins incertaine, il se releva tant bien que mal. La traversée avait été pénible, usante, interminable.

_C'est comme ca que tu te présente a ton rêve ? Les îles d'été par ci, les îles d'été par la... tout ca pour s'y présenter la tête basse, comme un chien errant qui a perdu ses repères.

La voix se voulait ferme et dédaigneuse, mais un sourire en coin s'affichait discrètement aux coins des lèvres du jeune prince. Une semaine que les deux jeunes hommes, par un concours de circonstance pour le moins particulier, en étaient venu a se lier d'amitié bien malgré eux. Salak avait finit par enfouir sa colère et sa haine, laissant remonter a la surface son humanité d'autrefois.

_ Facile, pour un vagabond, fusse-t-il de sang royal, de traverser ce genre de péripétie sans en ressentir les désagréments, lui répondit Oz en bougonnant, reprenant petit a petit son aisance naturel.
_ C'est pas faux. Quoi qu'il en soit, lève la tête et observe, même si on ne voit pas grand chose. Les îles d'été, déclama t-il tout en balayant l'horizon d'un mouvement de bras presque théâtral. Le dernier bastion de la civilisation, perdu a des lieux et des lieux de la capitale. S'éloigner pour mieux revenir...

Kräal, resté en retrait lors de la traversée, se dirigea de manière autoritaire vers l'embarcadère. D'un signe de main, il leur ordonna de rester sur place. Une nuit noire, sans lune, recouverte d'une brume épaisse, englobait les lieux. Lorsque le vieux barbu posa lourdement le pied sur le ponton de bois, deux silhouette se détachèrent de l'ombre. D'une voix monocorde, l'une d'elle leur signifia qu'ils n'attendait aucun visiteur cette nuit ci. La deuxième, comme figée dans la pierre, avait la main droite, ferme et entraînée, posée sur la garde de son arme. Kräal, a défaut de les connaître personnellement, les reconnu de suite. Les patrouilleurs des îles d'été. Une armée sans véritable leader, assurant la tranquillité et la pérennité de leur domaine. Portant des tuniques amples et sombres, leur énorme chapeau de paille tressée représentait, pour tout arrivant belliqueux, un signal d'alarme immédiat. Rien n'y personne ne venait souiller le paradis du Sud sans en subir les conséquences.

_ C'est bien malgré moi que j'accoste de nuit, sans prévenir, et emmenant avec moi deux jeunes hommes plein de mystère. Je souhaite m'entretenir avec Yagami. Malgré l'heure et le contexte de notre arrivée, je ne doute pas qu'il sera enchanté a l'idée de me savoir ici.

Le patrouilleur qui avait prit la parole s'approcha en le dévisageant de bas en haut. Kräal ne passait pas inaperçu. Une stature imposante, rabougrie, certes, mais dégageant toujours une impression de puissance brute colossale. Des cheveux rouge comme le feu. Un manteau coloré qui l'englobait de sa superbe. Un homme fort et charismatique dont l'image restait collé sur la rétine.

_ Si je ne me trompe pas, tu es l'étranger a la crinière de feu dont parle souvent le grand sage... L'homme du dernier bastion.

Il s’avança, tendit la main vers son interlocuteur.

_Kräal Nibelungen, commandant des armées de Libéria, visiteur occasionnel et privilégié des îles d'été, venant rendre visite a un homme qui a sublimé l'art de voir et de comprendre le monde. Un sage qui n'a de nom que celui que les gens veulent bien lui donner. L'oeil ouvert, la mémoire. J'ai quelques problématique a lui soumettre.

Le patrouilleur jeta un regard furtif vers Oz et Salak, resté sur le bateau en attendant le signal. Reportant son regard perçant sur Kräal, il se retourna leur faisant signe de le suivre. Les trois étrangers lui emboîtèrent le pas sans mot dire, s’enfonçant vers le cœur du village dans le calme et le respect. La délégation surprise et inattendue de Libéria pénétra les îles d'été avec une précaution presque mystique. Nul besoin d'avertissement, de consigne et d'ordre. Chaque parcelle de cette île rejetait dans l'air ambiant une onde de sérénité et de maîtrise. De calme et d'apaisement. Les lanternes colorée garnissant les structures de bois donnait au village, de nuit, une ambiance surréaliste. Comme un havre de paix perdu au milieu de l'océan. Le patrouilleur s’arrêta près d'une imposante construction ornée de fanion ou se disputait toute sorte de forme géométrique.

_Je vais avertir le grand sage de votre présence. Et reviendrais vous informer de sa réponse. Quoi qu'il en soit, bienvenue aux îles d'été, étrangers.

Les éclats de rires tapageur du vieux barbu se répercutaient sur les rondins de bois, donnant a la chambre de leur hôte une vie sonore insoupçonnée. Une bonne dizaine d'année qu'il n'avait plus croiser la route de celui qui était considéré, ici, comme la mémoire des temps. Drapé dans une vieille tunique défraîchie, Yagami l'oeil ouvert affichait un sourire continu, tranquille et apaisant. Kräal ne put s’empêcher de se verser, et de faire verser, plus d'alcool local que de raison. Les souvenirs du passé mit de coté, le vieux sage les dévisagea a tour de rôle. Il ne put résister a l'attraction qu'il ressentait en plongeant ses yeux fermés dans ceux du jeune princes. Des yeux qui, eux, bien ouverts, affichait une détermination presque terrifiante. Yagami l’œil ouvert, un surnom pour le moins particulier pour un homme dépourvu du sens de la vue, se plongea sans le vouloir dans l'ouverture qu'il repéra dans l'âme du jeune garcon lui faisant face. Préparé a trouver un oasis, il fit face a un océan. Brisant l'emprise sans même que le gamin ne se rende compte de l'intrusion, son bras maigres et dénudé leur indiqua les lits a disposition.

_ Je ne doute pas qu'une discussion plus approfondie sur la véritable raison de ta présence ici ne soit salvatrice, mon vieil ami. Un esprit ouvert et bienveillant nécessite d'avoir pu lui offrir le recul nécessaire. Reposez vous, laissez ici toute vos angoisses et vos peurs enfouies.

L'aura du vieil homme les poussa presque inconsciemment vers les couchettes qui n'attendaient qu'un locataire épuisé. Après plus d'une semaine d'une course folle vers le dernier bastion de la civilisation, les matelas de plumes ressemblaient a des trésors cachés, inatteignable. Oz sombra de suite, couvrant les dernières discussions par un ronflement sonore presque mécanique.

Le lendemain, lorsqu'ils émergèrent d'une nuit comme ils n'en avaient plus connu depuis un moment, Oz insista pour visiter la ville. Kräal rechigna a laisser les deux gamins vagabonder sans surveillance, mais Yagami lui assura que rien, ici, ne pourrait leur arriver. La cité des îles d'été, coupée du monde, représentait pour les visiteur bienveillant un havre de paix et de tranquillité insoupçonné, bien loin des turpitudes et des troubles de la capitale. Et c'était bien pour cette raison que le vieux barbu, a court d'idée, avait mit le cap vers le Sud. Sa première mission, a savoir éloigner le jeune prince des loups de Libéria, ressemblait tout doucement a une première réussite. C'est ainsi que leur improbable duo commença a parcourir l'île a la recherche d'une boutique d'herbe dont Oz n’arrêtait pas de parler depuis leur départ mouvementée de la taverne du renard doré. Salak, peu a peu, avait apprit a apprécier la présence de ce drôle d'énergumène a ses cotés. Bien que la vue de ses traits, fin et délicat, bien trop proche de ceux de la sale fouine verte qu'il finirait par déloger, lui restait difficile a contempler, Oz Naz Rhur était un puits de connaissance qui ne semblait pas avoir de fond.

_ Dis moi, Oz, considérerais-tu que tu es l'un des hommes les plus instruits foulant cette terre ?
_ Es-ce une question rhétorique ? Il y a deux choses qui m'anime, dans cette vie. La haine de mon cher frère et l'accumulation de la connaissance, du savoir, des secrets de ce monde, lui répondit le jeune homme maniéré en faisant voltiger inconsciemment sa longue tunique de soie colorée.

Salak posa sur ce qu'il considérait comme son nouvel et son seul ami un regard amusé, bienveillant. Oz avait ses manières, pouvait se montrer pour le moins énervant par moment, mais il se dégageait de son être profond une douceur particulièrement attirante. Sur ce plan la, les deux frères Naz Rhur ne se ressemblaient en rien.

_ Dis moi... as-tu déjà tuer quelqu'un, quelque chose, Oz ? Un homme, une poule... ?
_ Je... et bien... commença t-il en balbutiant, cherchant ses mots, disons que dans le cadre de mes recherches, j'ai déja découper des cadavres d'animaux en tout genre...

Le jeune prince partit d'un rire incontrôlable, libérateur. Des années qu'il ne côtoyait, a quelques exceptions près, que des hommes froids, déterminés, puissants, particulièrement prompt a la cruauté pour la plupart. Pouvoir s'offrir un interlude de candeur dans ce tourbillon malsain ramenait a la surface, peu a peu, son humanité d'autrefois.

_ Quelle vilaine bête, découper des morts, ironisa t-il tout en continuant a observer les insulaires qui les regardaient d'un oeil curieux.
_ Je suppose qu'un vagabond comme toi s’intéresse peu aux mystères de ce monde, mais pour un homme comme moi, découper des animaux morts, bien que cela me répugne au plus haut point, est d'une nécessité absolue. C'est comme ca.
_ Il y a bien quelques un de tes mystères qui éveillent ma curiosité, je dois dire.

Oz, marquant son intérêt, l'incita silencieusement a poursuivre.

_ J'ai grandit au coté d'un homme renfermé, froid et brutal, qui n'a laissé sa véritable personnalité éclater qu'en même temps que ses entrailles. Egar de Lys. J'ai cru comprendre, au fil de nos discussions, qu'il provenait d'une sorte de village reclus, coupé du monde, dont la plupart des formes de vie sur cette terre ignorait l’existence. Je dois a cet homme ma vie, mon mental et mes maigres capacités physique.

Le jeune mage acquiesça. En effet, le village de Lys ne lui était pas tout a fait inconnu. L'un ou l'autre de ses bouquins en faisait parfois mention. Un village introuvable, perché sur le sommet d'une montagne millénaire, perdu dans la brume éternelle. Peuplé d'autochtone a qui l'ont prêtait des capacités surnaturelles. Il n'en savait pas beaucoup plus, l'existence du village caché de Lys et de ses possible habitants tenant plus de la légende urbaine que de récit daté et sourcé.

_ Hum... le village de la brume, en effet, est-ce qu'on peut décemment nommé « mystère de ce monde », déclama t-il de sa voix chantante. Je suis au grand regret de ne pouvoir t'en dire plus que tu ne sais déja.
_Et si je devais m'y rendre, m’accompagnerais-tu ?

Oz stoppa sa course maniérée vers l'avant, tournant vers son interlocuteur de grand yeux d'enfant. Bondissant comme un chevreuil tout autour de lui, Salak avait l'impression de se trouver a coté d'un gosse a qui l'ont promet une friandise inespérée. Voyager vers les îles d'été, y poser ses nobles pieds avant ceux de son frère, c'était inespéré, jamais, seul, il n'aurait pu parvenir ici en vie. Il bénissait le ciel, aujourd'hui, pour la délicatesse avec laquelle Kräal l'avait tiré de sa léthargie pour venir en aide a un gamin en détresse. Non seulement, ce gamin, en plus d'être l'héritier légitime du trône de Libéria, pouvait utiliser le pouvoir des Maelys sans même avoir a rentrer en contact avec l'anneau de commandement. Et pour couronner le tout, après l'avoir emmené vers les îles d'été, une possible aventure a la recherche de l'un des endroits les plus mystérieux au monde se profilait maintenant devant ses yeux. Au même moment, il entraperçu la boutique d'herboriste de la cité reculée. Tombant comme une feuille morte sur le sol, il agita ses bras en remuant la poussière du sol aride, partant de grands éclats de rire aigu.

_Eh... T'es pas bien ou quoi ?!
_... Salak, je crois que je t'aime...

Il continua a se rouler par terre, offrant aux insulaires un spectacle peu courant. Les enfants s'approchèrent pour danser autour de lui. Oz continua a rire de plus belle, fermant les yeux en imaginant la suite.

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
28 février 2020 à 16:52:49

Même si personne ne lit, comme c'est écrit.... :)

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VIII.

Le conseil des quatre venait de commencer. Comme d'habitude depuis un moment, sans le vieux, disparu du jour au lendemain avec des indications pour le moins hasardeuse. Revenu de son expédition dans les terres barbares, Kadoc n'avait qu'une envie. Retrouver ses appartements, prendre un bain, et analyser la situation avec un bon verre de Géordin. Pour l'heure, il dut se contenter d'un siège de pierre, entouré de regard suspicieux. Maynar n'avait pas cru bon de participer a cette petite sauterie. La façon dont les immatures avaient de fuir sans cesse leurs responsabilités commençait a l'irriter. D'abord le paternel qui lui confiait son rôle a l'intérieur de la cité, Maynar, en sale gosse mal éduquer, et l'homme qu'Omuur leur avait confié, tout ca commençait a avoir raison de sa patience légendaire.

_ ... surtout si cette mission a été problématique, seigneur Kadoc.

Il écoutait a peine. Devant lui, froid et impassible comme une statue de pierre, Omuur ne parlait que très peu. C'est Miri, en bon inquisiteur, qui tenait le crachoir. Le jeune Nibelungen se leva, se forçant a leur adresser un sourire narquois.

_ Je suis ici pour vous faire part du déroulement de la mission a laquelle j'ai prit part. Ce qui est désormais chose faite. Si vous avez d'autre questions, posez les donc aux deux hommes qui m’accompagnait, et qui brille aujourd'hui par leur absence remarquée.

Malgré les protestations énergique de Miri, Kadoc fit volte face, traversa les rues de Libéria comme un chat, et retrouva ses quartiers. Il signifia a ses hommes qu'il ne voulait plus être dérangé avant demain matin, quelle qu'en soit le prétexte. Claquant la porte de sa chambre, il alluma un feu, se dirigea vers le bar et se servit un verre de Géordin. Il se posa sur son lit, enleva ses bottes crasseuse et savoura la sensation de la liqueur qui parcourait librement son être. Kadoc aimait l'affrontement, le tintement du métal qui s'entrechoque, et même, parfois, la chaleur du sang d'un adversaire. De ce coté la, on pouvait dire que la mission avait comblé ses attentes. Pour le reste... et bien pour le reste, il serait toujours temps d'y réfléchir demain, a tête reposée. Il se servit un nouveau verre, prêt a laisser la place a Morphée. Trois coups sec retentirent sur sa porte.

_ Revenez demain, je ne veux voir personne ce soir !
_ Seigneur Nibelungen, je me vois dans l'obligation d'entrer, je n'en ai pas pour longtemps.
_ Mais qu'est ce que...

La porte s'ouvrit, découvrant un homme d'âge mur, enrobé dans de large vêtements sombres. Kadoc le reconnu sans peine. C'était l'un des informateurs de son père, un homme de confiance. Il tenait a la main une lettre frappée du sceau des Nibelungen.

_ Votre père m'a fait parvenir cette lettre. Je sais que son absence remarquée vous embarrasse autant que moi. Si je n'en connais pas les raisons exactes, je ne doute pas qu'elles soient énumérées dans cette missive.

Il lui tendit la lettre, le salua solennellement et s'en retourna. Kadoc, rompu par la fatigue, remit a plus tard son entrevue nocturne avec Morphée. Sa nature même d’optimiste, d'épicurien, ne cessait d'être attaquée de toute part. Une fois tout ce bordel résolu, et quelle que soit l'avis de son noble paternel, il s’octroierait des vacances bien méritée. Pour l'heure, il vida d'une traite son verre, le remplit une nouvelle fois, et se posa devant son bureau de chêne, remplit de paperasse et de babiole sans intérêt. Derrière lui, l'âtre de la cheminée crépitait de plus belle, consumant joyeusement les bûches. Il se retourna pour les observer, le feu, étrangement, l'ayant toujours apaisé.

 Mon fils,

Je ne doute pas que mon absence prolongée te cause probablement quelques soucis. Si je t'écris, c'est que je ne suis pas en mesure de rentrer a la capitale avant un moment. Je te confie la cité. Pour ma part... crois le ou non, mais je suis actuellement en route vers les îles d'été ! Ces derniers jour ont été pour le moins éprouvant, mais il ne sera pas dit que Kraal Nibelungen, au regard des Justes, n'a pas honoré la mémoire de l'homme a qui il a juré fidélité jusqu'au bout.

Je ne suis pas seul. Dans cette course folle vers la Justice, je me retrouve entre deux drôle de personnage. Le premier est Oz Naz Rhur, mais je ne doute pas que tu le sache déja. C'est la seule information d'importance que tu possède jusqu'ici. Le second, fils... le second n'est autre que Salak Maelys, fils d'Asgaard le Juste, descendant d'Anathor l'autoritaire, héritier légitime de l'anneau et du trône de Libéria. Prétendu mort, mais bel et bien vivant. Le gosse que tu as connu autre fois a bien changé. Voila des années que ce... ce respectable vagabond de Lys le cache au monde et lui permet de survivre. Mais la situation a changé. Egar de Lys n'est plus. Cette sale fouine de Miri leur a lâché ses Assassins aux fesses. L'homme de Lys n'y a pas survécu. Le jeune prince, par contre, est actuellement a mes cotés, taiseux, sombre et froid, mais bien en vie.

Je me vois dans l'obligation, pour l'instant, de l'éloigner de la capitale. Par contre, fils, le gosse est revanchard, et je suis sur qu'il finira par exiger un retour a la capitale. Le pouvoir de Miri n'a fait que grandir, d'année en année. Une confrontation ouverte serait une catastrophe pour la cité. Cela dit... Je ne peux laisser passer cet ultime signe du destin. J'accompagnerais le jeune prince, quoi qu'il m'en coute. En attendant notre retour, je ne peux, égoïstement, que m'en remettre a toi. Prend soin de la cité, garde un oeil sur la fouine.

Kraal Nibelungen.

Il explosa d'un rire libérateur, imaginant son père faire route vers les îles d'été, formant avec ses deux compagnons un trio pour le moins inattendu. Le gosse était donc en vie... Kadoc n'avait pas vingt ans quand le régicide éclata. Il se souvenait d'un gamin joyeux, solaire, qui trouvait source d’émerveillement en toute chose. Devenu taiseux, sombre et froid, d'après son père. Il se servit a boire, emmagasinant les informations et leur possible conséquence. Il ne lui restait qu'une chose a faire. Se préparer au retour de Salak, un retour qui ne pourra se faire que dans la douleur et le sang. A lui de limiter le nombre de victime collatérale possible. Il laissa les flammes consumer la lettre, déposa son verre, et s’allongea confortablement. Une bonne nuit de sommeil ne serait pas de trop. Kadoc Nibelungen finit par s'endormir, laissant derrière lui tout le stress de cette semaine infernale.

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Bien loin des turpitudes de la capitale, Salak se retrouvait devant une contradiction émotionnelle particulière. Oz l'avait conduit jusqu’au bout des îles d'été, ou vivait en ermite un vieil homme réputé comme le meilleur forgeron de son époque. Un vieil insulaire ronchon et un peu fou. Lorsqu'il le rencontrèrent, sa réponse fut simple et limpide. Il ne forgeait plus. Peu lui importait leur besoin, leur richesse ou leur histoire, plus une lame ne sortirait de cette forge. Salak, étrangement, en fut soulagé. L'épée qu'il portait a la ceinture n'avait rien d'une fine lame, d'un ouvrage de qualité. Elle était dans un état pitoyable, et n'importe quel guerrier digne de ce nom se serait jetté sur l'occasion. Cette épée, usée et défraîchie, représentait la dernière reliques qui le reliait au passé. La tenir dans sa main lui rappelait l'homme qui avait donné sa vie pour la sienne. Une vie dont il ne pourrait s’acquitter que lorsqu'il reprendrait ce qui lui revenait de droit.
Le vieil homme n'arrivait pas a détacher son regard du gamin. Quelque chose émanait de son être, comme une force diffuse, flottant dans l'air.

_ Attendez moi la.

Il s’enfonça dans ses forges, revenant avec un énorme coffret de bois qu'il tendit a Salak.

_ Voila la dernière lame sortie de cette forge, éteinte a tout jamais. Prend la. Et va t'en d'ici. C'est tout ce qu'un vieil homme en fin de vie consens a faire. De la lumière ou de l'obscurité, dur de dire qui l'emportera. Vos conflits, vos envies et vos démons n'ont rien a faire ici. Que votre vie soit longue et prospère... en dehors des îles d'été.

L'homme leur ferma la porte au nez. Le jeune prince s'en retourna vers le village, se permettant de faire un léger détour. Oz le suivit, mais d'un geste, Salak lui intima de rester a l'écart. Il creusa un trou, sortit sa vieille épée de son fourreau usé, et la plaça au centre. S'agenouillant, il récita le mantra des chevaliers de Libéria, comme lui l'avait fait a l'époque. Cette épée rouillée restait l'unique chose matériel qui le reliait a l'homme de Lys.

_ Je laisse une partie de toi ici, sur ces magnifiques îles d'été. Je vais te recouvrir de terre, te renvoyer a l'oubli... avant de te faire revenir. Egar de Lys, une fois l'anneau en ma possession, je ferais ce qu'aucun Maelys n'a fait avant moi. Au lieu de soumettre et d'aplatir, je ferais en sorte de te faire sortir de terre a nouveau. Je te ferais revenir, j'en fais la promesse.

Oz le vu revenir, affichant un sourire qu'il n'avait pas l'habitude de voir. Salak, le soleil dans le dos, ressemblait a une apparition divine. Un être emplit d'une confiance et d'une myriade de possibilité inatteignable.

_ Il est temps d'écouter ce que les anciens ont a nous dire. Et de leur exposé nos plans.

Sur la table basse, quatre verres de thé fumant distillaient dans l'air un parfum agréable. Oz se jeta dessus, se brûlant les lèvres en maudissant son impatience, Salak se contenta de saluer le vieux sage en silence. L'aveugle lui rendit son salut, tendant la main vers Kraal, l'invitant a commencer. Le général des armées de Libéria soupira, laissa son regard vagabonder dans la pièce, tentant d'y chercher une aide providentiel. Il finit par fixer le jeune prince.

_ S'il m'était possible d'accomplir une dernière chose, au crépuscule d'une vie bien remplie, ca serait assurément de me montrer digne, une nouvelle fois, de la mémoire d'Asgaard Maelys. Rendre a sa lignée ce qui lui appartient de droit, couronner son fils, seul héritier légitime de la cité.

Kraal serra son verre si fort qu'il failli le briser.

_ Libéria est aujourd'hui dirigée, orientée, par des personnes qui ont prit bien trop de pouvoir. Revenir a la capitale et revendiquer les droits du trône serait une mise a mort auto-programmée. J'ai préparé le terrain, mon fils est certainement, a l'heure actuel, entrain d'organiser mes hommes, de s'assurer que notre retour pourrait être bienvenu. Il faudra de la patience, nous risquons d'être dans l'impossibilité d'agir avant un moment, j'en ai bien peur.

Salak ne le regardait plus, fixant maintenant leur hôte, qui les regardait tous tour a tour, affichant un sourire satisfait, sirotant son thé, comme un vieillard contemplant sa descendance.

_ Je tenais a vous remercier pour votre hospitalité. Vos îles sont magnifiques, et paisibles a souhait. C'est un vrai réconfort, pour moi, d'avoir atterrit ici. Je n'ai entendu que des louanges sur les prodiges des îles d'été. Leurs capacités a fournir les meilleurs marins du monde, par exemple. Des hommes et des embarcations capable de voyager a travers les océans les plus cruel, pouvant se faufiler a travers les flots comme des anguilles, atteignant toujours leur destination.
_Il est vrai, jeune prince, que nous n'avons pas a rougir de notre capacité a voguer sur les flots. Votre question induirait-elle une demande particulière ?
_Il se peut, en effet. Je ne suit pas véritablement en mesure de vous demander quoi que ce soit... mais si vous consentiez a me donner une embarcation capable de rompre les flots, alors j'ai une alternative a vous soumettre.

Son regard s'était reporté sur Kraal. Salak était conscient de son état, de ses supports. Sans le vieux rouquin, jamais il n'aurait pu espérer arriver jusqu'ici. D'ailleurs, sans lui et son stupide manteau de fourrure, il est plus que probable qu'aujourd'hui, il serait aux cotés de son père, d'Egar et de tout ceux partit avant lui.

_ Si je suis en mesure de mettre la main sur une embarcation digne de ce nom, alors je voudrais tenter quelque chose. Quitte a devoir s'éloigner de la capitale, j'aimerais pousser plus loin. Rejoindre le continent oublié. Rejoindre Lys.

Yagami sourit de plus belle, riant finalement de bon cœur devant tant de détermination mêlée d'insouciance. Le vieil aveugle en avait connu, des rois, des princes, des gens a la destinée intéressante. Ce qu'il pouvait ressentir, en sondant le gamin lui faisant face, n'avait rien d'ordinaire. Une bénédiction, un danger, un océan de possibilité que même lui ne pouvait pas explorer. Lors de la prochaine lune, Yagami l’œil ouvert, la mémoire, l'homme du temps, accueillerait sa cent douzième années avec enthousiasme. Les aléas de la destinée restait manifestement ce qu'il avait vu de mieux. Le gamin lui faisant face pouvait faire de grande chose. Détruire, créer, anéantir, stabiliser. Rarement, un être aura éveillé chez lui autant d’intérêt.

_ Considère que mes bateaux sont les tiens. Je ne peux décemment pas m'opposer a la grande roue de l'Histoire. Ses rouages sont impénétrable, même pour un œil avertit. Voyager vers le continent oublié, tel est donc l’alternative que tu nous propose ?
_ Si vous n'y voyez pas d'objection.
_... Aucune, a vrai dire. Si ce n'est celle ci.

Le vieil homme se leva, se plantant devant le jeune prince comme un arbre millénaire. De ses yeux fermé a tout jamais, il fixa son interlocuteur avec une bienveillance salvatrice.

_ Cours vers des horizons inconnus, vole après tes propres chimères, renverse ce que tu considère comme injuste. Personne ne te l’enlèvera. Regarder le passé avec tendresse est une première étape vers la guérison. Pour le reste, mon enfant... ce qui est retourner a la terre doit y rester. A force de vouloir ramener ce qui est déja partit, tu finira par faire sortir autre chose. Une chose qui n'attend qu'un coup de main pour revenir a la surface. Prend les bateau, navigue vers le continent oublié... rencontre les insulaires... fais ton deuil.

Hynol
Hynol
Niveau 11
28 février 2020 à 20:17:51

J'ai pas lu, mais je te poses une question avant de le faire : tu préfèrerais avoir un avis sur tes chapitres les plus récents ou sur l'œuvre dans son ensemble ? Parce que je viens de remarquer qu'il y avait 4 ans entre les deux, donc je te demandes si tu préfèrerais avoir un avis plus pointilleux, phrase par phrase sur ce que tu travailles maintenant, ou bien si tu veux un avis plus global sur l'histoire/personnages/style etc … de cette histoire que tu t'es donc décider à continuer.

(Parce que je t'avoues que j'étais partis sur lecture du premier chapitre puis avis détaillé, mais puisque sa fait 4 ans, je crois que la question se posait :hap:)

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
29 février 2020 à 01:41:44

En effet, la question a le mérite d'être posée... :p)

En fait, j'ai reprit ce projet parce que j'ai sentit que j'avais encore des choses a raconter avec cette histoire. Du coup, oui, il y a un fameux grand écart entre l’instant ou j'ai pondu le prologue et le dernier chapitre. A toi de voir si tu te sens de lire depuis le début. A savoir que niveau orthographe et syntaxe, les cinq premier chapitre ont été corrigé a minima. Après c'est autre chose. Tout commentaire un minimum constructif serait le bienvenu, que ce soit sur un chapitre en particuier ou sur l'ensemble du récit :ange:

Hynol
Hynol
Niveau 11
04 mars 2020 à 15:06:19

Bon alors j'ai tout lu :hap:

C'est vrai qu'au niveau de la syntaxe aussi bien que de l'orthographe on sent une très nette différence avec ces 4 ans d'interludes, même si au niveau de l'orthographe je suis loin d'être au point aussi, il y en a malgré tout des assez gênantes qui apparaissent, mais c'est pas non plus flagrant pour ma part. Enfin j'en ai pas vu une tonne non plus quoi.

Tu conserves un style d'écriture assez brut globalement. Tu étoffes trop légèrement ton univers à mon goût, tes décors aussi, dans lesquels tu place des personnages qui sont, aussi, assez peu approfondis au final. Tu donnes comme une impression de vouloir presser l'action. Cherches plutôt à donner une utilité aux chapitres dans lesquels on t'a critiqué sur le fait qu'il ne s'y passe pas grand chose, sans pour autant passer par la case combat ou, par la case, faut faire avancer l'histoire.

Par exemple ton prince, Salak, j'y suis relativement imperméable. Lorsque la relation Oz/Salak est mise au premier plan dans le chapitre 7, j'ai l'impression que c'est déjà trop tard. Cette façon que tu as de directement aller au fond des choses, tu le faisais quand même, un peu, moins avant. Sachant que dès le début, on sait très bien quel genre d'histoire on lit, tu ne l'étoffes pas assez à mon goût pour lui donner une particularité suffisante pour la faire se distinguer du reste. Après, c'est sûrement dû à tes chapitres que je trouves trop court au final. Tu ne te laisses pas non plus l'espace suffisant pour faire plus qu'ébaucher les émotions ; les lieux ; ton monde au final.

J'ai lu la Belgariade récemment (EDDINGS David). Enfin j'ai essayé, j'ai stoppé à la fin du premier tome. C'est presque le même plot que ton histoire, voire presque le même déroulement, bien sûr mieux écrit et plus prenant, mais tellement cliché sur les bords et aussi animé de cette volonté de simplement mettre en scène des personnages et des lieux dans le seul but de faire avancer l'histoire que je me suis retrouvé avec un deuxième tome qui me répugnait rien qu'à la couverture. Une série Netflix de la littérature fantasy en somme. Je veux dire, même si tes personnages ont un but, qui pour le coup est identifié dès le début, ils ne peuvent pas avancer tout droit jusqu'à l'atteindre, sinon on lit un manwha ou je ne sais quel light novel sur des sites de trad. La littérature permet d'étoffer les choses, de prendre son temps, et de rendre utile un passage de description ou une figure de style bancale selon le lecteur puisqu'il a aussi le droit, en plus d'imaginer, de donner sa propre signification à ce que tu décris. C'est bien d'avoir en tête les choses, mais tu ne pourras jamais retranscrire ce que tu as dans ta tête à un lecteur, puisque il l'interprétera à sa façon. Et cette manière d'aller droit au but, qui je trouves te caractérise, en même temps que d'éviter ce problème qui n'en est pas vraiment un au final, t'empêches de réellement donner une âme à ton récit.

Aussi, tu sombres un peu plus dans le cliché et les phrases préconstruites aujourd'hui. Y'a pas que cette phrase empruntée à Spider Man pour le coup, je veux dire, la dernière réplique de N'a qu'un Œil dans le chapitre 8 elle est … vraiment redondante quoi. Si tu veux faire apparaître des notions de philosophies ou d'histoire ou de ce que tu veux dans ton récit, c'est excellent, de vouloir les simplifier pour que cela puisse être compréhensible à n'importe qui, c'est un choix, mais t'as sombré dans un récit de vérité générale tellement vite que c'en était ahurissant.

Malgré tout je trouves une certaine fluidité dans ton récit. Une fois qu'on a commencé, il est difficile de ne pas vouloir continuer et c'est tout de même un très bon point. Après, tes personnages, ils sont ce qu'ils sont, ton monde, je ne sais pas vraiment ce qu'il en est du coup, mais j'ai tout de même cette impression que tu sais ou tu veux aller avec ton histoire (encore heureux tu me diras puisque tu veux y aller au plus vite :hap:). Même si on peut s'attendre à connaître la suite, on a quand même envie de la découvrir et ce n'est pas que par politesse que je te dis sa. Après, je te conseillerais tout de même de redémarrer à zéro une nouvelle histoire, ne serait-ce que pour toi : reprendre une histoire qui date de 4 ans là ou tu l'avais laissé, je trouves que c'est une entreprise bien plus compliquée qu'il n'y paraît, surtout pour la cohérence de tes personnages ou de ton récit plus globalement, car en 4 ans tu as forcément évolué, tout comme ta façon de penser.

En vrai continue, mais avec, sinon une nouvelle histoire, en tout cas un nouveau départ avec celle-là, qui te rafraîchiras bien plus qu'il ne t'emmerderas je pense.

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
04 mars 2020 à 20:58:16

Merci pour ton retour Hynol!

Je n'ai pas grand chose a redire a tes critiques, en fait. Je trouve que c'est plutôt pertinent et je dois bien reconnaître qu'elles sont assez fondées. D'ailleurs le point positif que tu soulève est pour moi très important, et assez récurrent. La fluidité et surtout l'envie de lire la suite. C'est encourageant :)

Pour te répondre sur deux choses:

Les premiers chapitres, jusqu'au cinquième, étaient en fait corrigé en amont au niveau orthographe, ce qui explique la différence a ce niveau la avec la suite. Même si j'essaye de faire attention et de m'améliorer (et crois moi, vu d'ou je suis partit c'est déja pas mal :noel: ) j'ai un niveau assez catastrophique sur ce point la.

Pour le reste, en effet, j'ai voulu recommencer tout autre chose, en reprenant simplement des éléments de ce récit. Mais j'i eu envie de le continuer pour une raison principal; continuer a écrire. Ca me semblait plus simple de continuer, dans un premier temps, ce récit, pour tenter d'arriver a une sorte d' "instant T", qui est très clair dans mon esprit et ou l'histoire pourrait être mise en pause, de façon par exemple a faire une ellipse.

Je suis conscient que les chapitres ne sont pas géniaux, mais pour des raisons qui sont parfois très personel, j'aimerais, avant de le laisser de coté, au moins arriver jusque la. Ca me permet, aussi, de me faire la main, et d'introduire des éléments, même si mal amené-peu approfondit, qui pourront être ré utiliser plus tard.

Je te remercie en tout cas de ta lecture, je vais essayer de me souvenir des défauts que tu soulève, et m'encourager en me disant que si tu as tout lu, c'est que, sans être bon, ca se laisse lire comme on dit :)

Revoltin
Revoltin
Niveau 9
04 mars 2020 à 22:53:03

Laisse tomber celui-là, c'est trop vieux, lance-toi sur un nouveau projet :oui:

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
05 mars 2020 à 10:41:44

Comme je l'ai dis, j'aimerais, ne serais-ce que "psychologiquement", arriver a un instant T, puisque mon histoire est construite jusque la. Tout en étant conscient des défauts, surtout dans les derniers chapitre et ceux qui vont suivre (puisque j'ai presque finit le dixième). Un peu pour me dire "tu as commencé et tu as finit", ce que je ne fais presque jamais.

Mais moi qui suis si prompt a créer de nouveau projet et a laisser en plan les autres, va pas falloir me pousser beaucoup pour que je le fasse je pense... :p)

Chocobo_3
Chocobo_3
Niveau 22
07 mars 2020 à 19:25:47

J'ai décidé de poursuivre. J'ai prit beaucoup de plaisir a écrire le début du onzième chapitre cet aprem. J'ai essayé de tenir compte des remarques, d'ailleurs. Celui-ci et le prochain étaient déja écrit, alors de toute facon, autant les poster. Je suis conscient qu'il y a pas mal de défauts, mais je prend plaisir a écrire, et c'est bien la (pour le moment) le principal :)

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IX.

Leur navire traversait les flots avec une aisance déconcertante au vu des conditions climatique. Le vieil aveugle les avait mit en garde ; atteindre le continent oublié représentait déja, pour la plupart des mortels, un exploit en soi. Sur le pont, Salak luttait pour ne pas passer par dessus bord. Les patrouilleurs des îles d'été les accompagnant lui avaient intimé l'ordre de rester a l’abri, protégé des intempéries, a l'intérieur de la cabine de l'embarcation. Le jeune prince ne l'entendait pas de cette oreille, et voulait assister au déluge aux premières loges. Le bateau tangua encore, une bourrasque de vent balayant le pont comme une gifle de titan. L'orage grondait de plus belle, la foudre fendait le ciel dans un concerto de bruit sourd et de lumière éblouissante.

_ Rentre, maintenant ! Lui hurla le patrouilleur agrippé a l'une des rambardes du navire qui se soulevait dans les airs en suivant l'ondulation des vagues.

Il consentit a l'écouter. Après tout, même si défier les dieux, ruisselant de pluie, accroché a un bout de bois, lui procurait un plaisir certain, ce n'est certainement pas a la nage qu'il atteindrait son objectif. En pénétrant la cabine, son regard se posa d'abord sur Kräal, qui lui lança un regard noir en se mordant les lèvres. Le vieil homme n'avait pas pour habitude de voir ses directives sans cesse mise a mal. Il faut dire que le jeune prince ne le ménageait pas. Les deux patrouilleurs présent lui lancèrent un bref regard sans intérêt. Oz, quand a lui, ne le vu même pas rentrer. Avachi sur une couchette en paille, il maudissait les dieux d'avoir créé les océans. Les traversées de ceux ci, bien trop fréquente a son goût ces derniers temps, représentaient pour lui une épreuve insoupçonnée. Salak s’abandonna sur une couchette, laissant son esprit se fondre avec le fracas du tonnerre, qui semblait s'éloigner peu a peu. Rompu de fatigue, il finit par fermer un œil. Puis le deuxième. Lorsqu'il se réveilla, la tempête avait visiblement prit fin, l'embarcation ne valsait plus aux rythmes des flots. Un halo de lumière vive provenait de la trappe qui donnait sur le pont. C'est encore engourdit, légèrement somnolant, qu'il se dirigea vers elle. Lorsqu'il rejoignit le pont, Oz, qui avait retrouvé le sourire, lui lança un regard amusé.

_Bienvenue sur le continent oublié, seigneur Maelys...

Au milieu d'une minuscule plage de sable gris, entourée d'immense rocher de craie, un embarcadère rudimentaire se prolongeait vers des habitations sommaires. De petites huttes faites de bois et de feuilles séchées se tenaient devant l'une des ouverture de la roche, qui semblait plongé directement sous terre. L'un des patrouilleurs leur intima de rester a bord tant qu'il ne serait pas revenu. Oz et Salak tentèrent de lui emboîter le pas, mais d'une main ferme, Kräal les stoppa dans leur élan. Peu lui importait de subir les manières d'un gosse qui en avait déjà bien assez vu. Les sautes d'humeur et les personnalités pour le moins colorées des deux individu qui étaient, jusqu’à preuve du contraire, sous sa responsabilité, se devaient d'être canaliser dans certaine situation.

_ Vous êtes ici aussi loin de chez vous que possible. Si vous ne voulez pas que je vous montre pourquoi on me nomme parfois  l'inflexible, je pense que certaines règles doivent être bien établie.

Son charisme et sa voix autoritaire rendait Oz légèrement nerveux. Il n'aimait pas ça, a chaque fois, le vieil homme semblait avoir dix ans de moins, mesurer dix centimètre de plus.

_ Ici, c'est moi qui commande, lança t-il plus bruyamment que nécessaire, fixant Salak droit dans les yeux. On vous a dit d'attendre ici, alors posez vos cul sur ce rafiot. Le premier qui lève ses fesses de ce bout de bois avant que je ne l'y autorise comprendra bien trop tard qu'il n'aurait pas du.

Le patrouilleur finit par revenir. Il retira son imposant chapeau de paille, symbole de ce qu'il était censé représenter, et leur adressa un sourire carnassier. C'était pour lui aussi un moment privilégié. Une fois en route vers le village de Lys, Akihiro ne serait plus un serviteur des îles d'été. Pour un moment, il redeviendrait un homme libre. Même si cette idée n'était qu'a moitié réjouissante. La chaleur et la quiétude de sa terre se confondait avec les myriades de possibilités que lui promettaient cette aventure.

_ Les autochtones prendront soin de notre embarcation. Si j'ai bien compris l'idée, tu veux atteindre le village de Lys, chuchota Akihiro en se rapprochant du jeune prince. Je peux t'y conduire. Reste a voir si vous serez capable d'y accéder.

L'ancien patrouilleur, délivré momentanément de ses serments et de ses obligations, ne pu s’empêcher de presser le pas, obligeant les hommes du continent a le suivre. Une marche en avant, au pas militaire, leur permit de rattraper l'homme des îles d'été, qui s’enfonçait peu a peu dans une foret de bois sombre, dense et sans lumière. Seul Oz, se traînant péniblement a leur hauteur, se faisait entendre. Quand s’arrêtera cette marche endiablée ? Pourquoi avait-il fallu qu'il les suive ?

_ Je ne suis qu'un serviteur libéré de ses chaînes, mais j'aimerais savoir. Que peux-tu bien venir chercher ici ? Lui demanda Akihiro après plus d'une heure de marche. A ta place, j'aurais sans doute foncer vers la capitale, montrant a qui voulait bien le voir ma détermination.

Ouvrant la voix d'un pas rapide et précis, l'ancien patrouilleur jetait des regards interrogateur vers l'homme que son maître lui avait prié d'accompagner. Salak le regarda a son tour. Akihiro n'avait pas pour habitude de se laisser impressionner. C'était sans contestation possible l'insulaire des îles d'été qui avait le plus voyagé, tutoyé de rois et combattu diverses formes de menaces toute plus inquiétante les unes des autres.

_ Un retour a la capitale, sans soutien, reviendrait a me jeter dans la gueule du loup, laissant ma chair et mon héritage en pâture aux vautours qui lorgnent sur la viande qui marche encore. Entre deux passes d'arme, et après des heures d’indifférence, il arrivait a celui que vous nommez le vagabond de Lys de parler d'autre chose que de mon inaptitude au combat. Egar mentionnait parfois, au détour d'une conversation, l'une ou l'autre de ses anciennes connaissances. De ce que je peux savoir, Egar de Lys, de ses propres dires, n'était qu'un homme parmi tant d'autre. Ni trop mauvais que pour être sans importance, ni assez bon que pour être une tête d'affiche. La seule chose que je puisse faire, aujourd'hui, pour honorer sa mémoire, est de reprendre ce qui me revient de droit. Je suis ici parce que je n'agis pas pour moi. Ni pour mon père, ma mère, ma sœur. Je suis ici pour rendre justice au vagabond de Lys. Je suis la ou je suis censé être.

Akihiro ne parvenait pas a détacher son regard de celui du jeune prince. Ses jambes lui semblaient lourdes, tout d'un coup. Son pouls s’accéléra, il failli mettre un genoux a terre. Il se reprit, essuyant les gouttes de sueur qui perlaient sur son front.

_ Je suppose que la seule nouvelle du sort de ce vagabond suffit a justifier ta présence ici. Je préfère te prévenir. Tout prince que tu sois, tu n'es ici qu'un invité, un être de bien peu de chose comparé aux personnages qui composent ce village. Nous somme arrivé.

Il se mit de coté, et comme un serviteur, leur indiqua l'ouverture qui fendait un énorme rocher en deux partie bien distincte. Kräal du retirer son manteau pour se faufiler plus aisément a travers la roche. Arrivé de l'autre coté, ils purent observer ce que peu d'homme, jusqu'ici, pouvaient se targuer d'avoir vu. Lys. Le village fantôme. Oz ne pu s’empêcher de crier sa joie en pénétrant les lieux. Perché sur le haut d'une colline, le village, dominant la brume, semblait bel et bien réel. Oz se réjouissait d'avance de son retour a Libéria. Il allait plus que probablement pouvoir contribué aux légendes de demain. Laisser sa plume recouvrir ses aventures, enrichir le monde d'un savoir nouveau. Plongé dans une douce mélancolie, il fut ramené a la réalité par une voix stridente et impérieuse.

_ Oh... ca pour une surprise...

Akihiro leur fit signe de stopper leur marche en avant. La dernière fois qu'il visita Lys, elle ne devait pas avoir plus de quatorze ou quinze ans. Au vu de ce qu'il avait devant les yeux, la jeune demoiselle semblait avoir bien grandit. Drapée dans de fin entrelacs de tissu sombre, ses formes généreuse, celle d'une jeune femme, désormais, ne pouvait qu'attirer l'attention. Sa chevelure de jais dansait derrière elle lorsqu'elle s’avança vers eux, se plantant devant Akihiro en croisant ses bras menu sur sa poitrine généreuse.

_ Ca fait quoi ? Cinq ans, peut-être six ? Hasarda t-il.
_ Cinq ans, huit mois, douze jour. Une éternité, en somme.
_ J'aurais du revenir plus vite, concéda t-il, légèrement amusé par la vision de la gamine d'autrefois, se superposant a la jeune femme d'aujourd'hui.
_Tu aurais du, en effet. Passons, tu n'es qu'un homme, après tout. C'est qui, les trois drôles d'oiseaux que tu trimballe avec toi ?

L'ancien patrouilleur se retourna vers ses nouveaux compagnons de route. Il les désigna tour a tour.

_ De ce que j'en sais, un mage déluré, un ancien chef des armées, et... et si je ne me trompe pas, l'héritier légitime du trône de Libéria.

La jeune femme resta impassible, l'air blasée. Qui pouvait bien revendiquer le trône de Libéria était le dernier de leur soucis, ici. Lys prospérait loin de toute agitation humaine, loin des turpitudes de la capitale et de la cupidité des hommes. Les hommes et les femmes peuplant se village vivaient en autarcie, ne sortant du village que pour chasser, cueillir, et explorer le continent. Leur relation avec l'extérieur se limitait a quelque contact avec les autochtones millénaire du continent oublié. A une exception près, bien sur.

_ Et que peuvent bien nous vouloir des hommes du continent ? Libéria peut bien s’effondrer, tu devrais être au courant, Akihiro, que tout cela ne nous concerne pas.

Salak s’avança, se planta devant la femme aux formes généreuses, et prit la parole.

_ Si je suis venu jusqu'ici, c'est avant tout pour vous apporter des nouvelles d'un homme que j'ai, bien malgré moi, du laisser derrière moi. Un homme qui, lors de ses rares moment de palabre, évoquait ce qui ressemblait étrangement a une vie antérieur. Une vie passée dans un endroit oublié, bien différent de Libéria. Une douce nostalgie qui ne manquait pas d'éveillé ma curiosité. Lors de mes entraînements a l'épée, il lui arrivait de me comparer a une gamine de son village natal. Une gamine a la chevelure de jais, rieuse et pleine de vie, qui serait, selon ses dires « capable de me botter le cul avec une brindille et un foulard sur les yeux ». Mais vous avez raison, je suppose que tout ca ne vous concerne pas, finit-il par lui lancer de manière ironique, lui tournant le dos en faisant mine de repartir.

Il ne pu faire que quelques pas avant qu'une main ferme, qui lui perfora l'omoplate comme des serres acérées, ne l'oblige a stopper sa fuite simulée. Le jeune femme avait changé d 'attitude, troquant sa mine sarcastique contre un regard de braise. Kelyn de Lys semblait partagée entre l'envie d'en savoir plus et celle d'enfoncer ses griffes dans les yeux pétillant du jeune prince.

_ Viens avec moi, gamin, je crois qu'on a des choses a se dire.

Collateral11
Collateral11
Niveau 27
16 mars 2020 à 16:29:56

Petite question, j’aimerais bien t’aider à progresser et commenter ton texte mais tu préfères que je lise/rattrape tous les chapitres pour commenter celui-là (ce qui prendrait plus de temps avant que je commente) ou tu veux un avis direct sur ce chapitre-ci pour directement t’améliorer sur ces pages ?

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