Bonjour,
Dans ce poème j'ai voulu me mettre dans la peau d'un jeune adulte effectuant tant bien que mal son service militaire. Je crois que c'est assez explicite, mais je précise que le protagoniste est plus cérébral que manuel 
Merci pour vos retours
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Soldat malgré moi
Voilà déjà trois mois
Que les officiers m'ont emmené
Loin du royaume où j'étais roi.
En trois mois, je suis devenu une recrue confirmée.
L'âge fatidique atteint,
Il fallait que j'affronte cette réalité.
Longtemps je m'y suis substitué,
Mais désormais mon alibi prend fin.
Bien loin d'être un pacha,
On a volé mon confort familial,
En me laissant qu'un semblant de matelas,
Assorti à l'ambiance des tentes collégiales.
Je retrouve en ma garnison
Tout ce pourquoi j'ai fui cet Univers :
Précarité, insalubrité, subordination,
Un miracle que je puisse écrire ces quelques vers.
Quand nous n'écumons pas les étendues vertes,
C'est chez les supérieurs que nous tremblons.
Nos futiles révoltes causeront notre perte,
Mais je ne peux suivre aveuglément ces chefs tatillons.
Qui sont ces gens, si méritants et hauts placés,
Pour me dicter mes actions ?
Est-ce vraiment ça l'armée,
Se contenter d'obéir comme des moutons ?
Heureusement, tout le monde
Ne hoche pas simplement la tête :
Beaucoup se dressent avec moi contre ceux qui grondent.
Et ce, même si les autres trouvent ça bête.
Nous sommes des miséreux,
Des hommes aux capacités physiques insuffisantes.
Me concernant, j'ai toujours pensé qu'il était mieux
De préférer la culture aux péripéties harassantes.
On ne saurait dresser un profil type
Du parfait partisan de notre cause,
Mais obèses et anorexiques y sont à forte dose.
Ajoutez-y bien sûr les habitués de la grippe !
Je ne leur en tiens pas rigueur,
Je ne serais pas bien placé.
Moi-même désavantagé,
Je ne comprends que trop bien leur douleur.
Aussi éprouvante cette épeuvre soit-elle,
Elle aura eu le don de m'ouvrir les yeux.
Mes tourments ne sont qu'une bagatelle
Face à l'âpreté que la vie abat sur eux.
Seulement voilà,
Nous ne rentrerons pas de sitôt.
Je maudis celui qui, un jour, décréta,
Que le service doit s'éterniser jusqu'à vous courber le dos.
Mais envers et contre tout,
Je suis heureux de pouvoir l'effectuer.
Enfin, après ce supplice fou,
Je serai devenu un homme aux yeux de mes pairs arriérés.