Yo ! J'ai décidé de me lancer dans un espèce de “journal de bord“ de ma vie. Genre ce que je fais, ce qui s'y passe, les trucs marrants que je vois, etc...Le tout sur un ton assez cynique. J'ai commencé depuis le début de la semaine, y'a déjà quelques articles sur mon blog (que j'enverrai en MP pour les intéressés histoire de pas juste faire un topic de pub) et je posterai les nouvelles entrées ici.
Je poste un de mes premier article, si vous avez des retours, je prends avec plaisir ! Celui là s'appelle “Le repas de Noël“, parce qu'il parle, et bien, d'un repas de Noël.
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J’ai été à mon tout premier diner de Noël entre collègues jeudi dernier. Enfin plutôt, diner entre étudiants chiants qui organisent des diners de Noël. Isadora m’a forcé à y aller sous prétexte qu’elle est membre du BDE, à savoir un club de gens relou qui organisent des soirées emmerdantes. J’ai compris l’entourloupe dès les dix premières secondes : il y avait un maximum de 15 personnes attablées à une table, un gosse d’environs 14 ans faisait tourner une playlist sur un MacBook Pro et le barman fumait des cigarettes au bar en jouant au Spider Solitaire sur son téléphone.
Isadora fait partie du BDE de psychologie. Elle en est assez fière, ce que je trouve ridicule étant donné que les associations étudiantes m’ont toujours semblé être de grosses arnaques. Elle est en deuxième année de psychologie, et vu que je suis en Lettres, la plupart de nos disputes consistent à savoir qui aura le meilleur stage non payé une fois sa licence terminée. Elle portait une robe de soirée et des collants, et je portais une chemise à carreaux qui me faisait ressembler à un alcoolique anonyme ou à un jeune actif dépendant du Lexomil. La plupart du temps, Isadora traine dans le canapé en pyjama.
“Tu vas t’habiller aujourd’hui ?“
“Je ne pense pas, il est déjà 16 heures et je n’ai pas de raison de sortir“
“Très bien. J’aimerai bien te voir habillée des fois“
“On économise de la lessive comme ça“
“Si un jour tu venais à mourir d’un cancer du sein, je me marierai avec une fille qui est prête dès 9 heures du matin“
“Je n’ai pas de cancer du sein“
“T’as pas vraiment de sein non plus donc si on devait faire une ablation personne ne verrait vraiment de différence“
“Ferme là, j’essaye de comprendre la TV“
Quand on est arrivé dans le bar, elle a fait ce qu’elle fait de mieux : me planter tout seul avec une vingtaine d’inconnus. C’était déjà arrivé au repas de Noël de 2014. J’avais passé une trentaine de minutes entre des oncles et des tantes que je ne connaissais pas et qui sentaient le magasin Noz. Son père me regardait d’un mauvais oeil et je suis persuadé que sa mère avait essayé de m’étouffer avec un coq au vin. Un de ses cousins avec un piercing à l’arcade m’avait demandé pour qui je comptais voter aux présidentielles, et la discussion était partie en débat politique. N’y connaissant rien, j’avais joué au Spider Solitaire sur mon iPhone. Plus tard dans la soirée, le père d’Isadora lui avait dit qu’il me trouvait “emmerdant“ et m’avait demandé de lui installer un antivirus sur son PC. À la soirée du BDE, je me suis naturellement dirigé vers le bar, où j’ai demandé la bière la moins chère. Le barman ne c’est même pas donné la peine de me donner un verre. J’ai attendu un peu et quelques personnes sont venues me voir, lançant ses fausses conversations qui n’intéressent personne.
“He, mec, tu fais partit du BDE ?“
“Non non, je suis avec une fille qui est dedans“
“Cool. Tu fais quoi comme étude ?“.
La prochaine fois que quelqu’un me demandera ce que je fais comme étude avant de me demander mon prénom, j’envisage sérieusement de ne pas répondre et de sortir mon téléphone comme font les gens mal à l’aise dans une conversation où ils n’ont rien à dire. Quand j’étais petit, j’arrivais à esquiver cela en me barrant dans une chambre voisine sous prétexte qu’“il est jeune et timide“, mais maintenant je ne peux plus faire ça, donc je réponds un peu n’importe quoi pour voir jusqu’où ça peut mener.
“Je travaille à la fonderie“
“Il y a une fonderie en ville ?“
“Oui, celle vers la sortie de la ville. J’y vais demain à 5h donc je ne pense pas rester très longtemps“
“Ah, très bien. Et tu sors avec Isadora ?“
“Non non, c’est une de mes cousines“
“Oh“
Quand j’avais 14 ans, on partait tous les ans dans un chalet à la montagne avec ma cousine Ashley, qui en avait 16 à l’époque. Un soir, alors qu’elle rentrait d’une session de ski (où je n’allais évidemment pas, ma participation à ces excursions familiales consistant essentiellement à se plaindre du WiFi et de l’absence de baignoire), elle s’était déshabillée devant moi alors que j’étais dans mon lit en train de lire. Je ne pense pas qu’elle m’ait remarqué. Mon ami Victor m’avait dit, quand je lui avais raconté l’anecdote, que j’aurais dû “tenter quelque chose“. Quand j’avais rétorqué qu’on portait le même sang, il m’avait traité de fiotte et avait lancé la rumeur au collège comme quoi j’avais sucé un mec contre une cartouche de cigarette, ce qui était inconcevable vu que je ne fumais même pas à l’époque. J’avais lancé la rumeur au lycée que son père le doigtait pendant la nuit. Les services sociaux avaient débarqué chez lui un matin à l’aube et avaient trouvé sur le disque dur de son père 120go de photos d’enfants nus déguisés en lutins. Je n’ai pas revu Victor depuis qu’il a changé de lycée, mais d’après son fil Facebook il a un enfant et vit dans une caravane immobilisée dans le sud de la France.
“Tu t’ennuies“
“Non non, je m’amuse comme un fou“
“Tout ce que tu as fait depuis qu’on est arrivé c’est te plaindre du prix des boissons et dire à des gens que je faisais l’étoile de mer quand on faisait l’amour“
“Ça me fera un prétexte pour porter le T-Shirt “I’m dating a star“ que tu m’as acheté en dehors des dimanches après-midi“
“Ces gens me connaissent. Je pourrai avoir des ennuis avec les gérants de l’asso“
“Alors pourquoi tu as renchéri en disant que j’avais un disque dur externe dédié aux pornos cachés sous mon bureau“
“Parce que c’est la vérité“
“Je crois qu’il y a des photos de l’anniversaire de ta soeur dessus aussi“