Bonjour,
Petite nouvelle en prose poétique, plutôt légère je trouve.
Merci d'avance pour vos commentaires
L'exil
La tête reposant contre la vitre, mon corps s'engourdit. Le soleil couchant s'immisce par les interstices, et baigne le train d'une torpeur envoûtante. Des effluves fruitées bercent mes narines.
Et pourtant, que ces voyageurs semblent ternes : pas un bruit, pas un geste ; tous sont affairés et solitaires.
L'engin de métal pourfend les airs depuis de longues heures. Mon passif douloureux semble s'effriter, tomber et disparaître à mesure que les rails défilent. Je suis monté d'un pas véhément, et pourtant : peut-être descendrai-je sereinement ?
Las de cette nonchalance, mes yeux bifurquent : une plaine verdoyante s'offre à moi, et en retrait se dresse l'orée d'une forêt impassible. Toujours le même cadre mouvant et hypnotisant que je scrute avec délice. Paisibles, les hommes et les bovins me content leur histoire : la pièce se joue sous mon regard intrigué.
Où diable ce train va-t-il me déposer ? Ailleurs. C'est la seule chose qui m'importe. J'espère trouver dans l'exil la place qui me faisait défaut auparavant. Soudain, le train émet un sifflement différent, et la butte que nous traversions s'abaisse lentement ; une ville démesurée à la découpe nette me fait face. Noble et fière, cette mer de béton s'est déversée à outrance. Quelques îlots insolents parviennent à irriter les cieux.
Tandis que je reste bouche bée, le train s'immobilise complètement ; ainsi je foule la terre de ce pays inconnu qui me semble déjà si familier.
Message édité le 13 novembre 2015 à 22:15:58 par Arkanis86