Bonjour à tous! Je poste mon texte ici, car je crois que c'est le seul endroit du net encore actif! N'hésitez pas à donner votre avis, gentil ou non!
28 Ciquimo 694
J’étais seul, allongé au milieu d’une épaisse végétation, la pluie ruisselait sur mon visage marqué par les nombreuses années passées sur les champs de bataille. J’entendais au-dessus de moi le bruit des oiseaux qui allaient et venaient à travers le feuillage touffu des arbres centenaires. Tout était calme, le brouhaha des lances et des épées qui s’entrechoquent avait cessé, il ne restait plus que le son mélodieux des gouttes d’eau qui tombent sur les feuilles.
J’avais donc survécu à ma chute, j’étais toujours vivant.
Sur ma droite, cachés sous les fougères, j’apercevais mes deux étendards, ces longues lances sur lesquelles trônaient un drapeau symbolisant mon rang au sein du Royaume d’Ombral. Les fines stries dorées présentent sur celui du Feu reflétant les faibles rayons du soleil qui arrivait à percer le ciel vert créé par les arbres. Un épais brouillard m’empêchait de distinguer correctement l’environnement qui m’entourait, je ne reconnaissais rien de ce que j’avais pu voir au cours de ma vie, ni les arbres à baie bleue de Lancolia, ni la brume si particulière des marais de Dnobirom, j’étais seul, dans un endroit qui m’était totalement inconnu.
Je réussis à me relever en prenant appui sur un bloc de pierre qui se trouvait à côté de moi, et sans vraiment savoir comment, je trainais mon corps, encombré par l’armure de l’Armée Noire jusqu’à mes étendards. La lame, translucide et incrustée d’émeraude à l’extrémité de celui du Vent était fissurée, prête à rompre au moindre choc, tandis que celle du Feu, scintillait toujours de milles nuances de rouge, prête à laisser s’abattre un véritable brasier sur l’ennemi. Chacune des lances avaient une bannière et une broderie qui lui était propre, des cercles blancs imbriqués les uns dans les autres sur l’étendard de Léria l’Aérien alors qu’un triangle doré sur fond pourpre ornait celui de la Déesse Sombrall.
Où suis-je ? Que s’est-il passé ? Ou sont les autres membres de l’Armée Noire ? Tant de questions que je me posais pendant que je desserrais les sangles en cuir brut de mon armure. Quand j’eus terminé et que le lourd métal noir de mon plastron heurta le sol, je vis que du sang s’échappait par les fines ouvertures de ma cotte de maille et former de minuscule flaques sur la mousse fraîche. Je sentais ma fin arriver, Azael, le Dieu Noir viendrait bientôt reprendre mon âme comme nous l’avions convenu plusieurs années auparavant. Ma lignée s’éteindrait ici, affalé contre arbre. Je serai donc le dernier Solaris.
Je n’avais pas de regret, en dépit de mon jeune âge, j’avais vécu comme je le souhaitais étant enfant. J’accueillerai la mort les bras ouverts quand il sera temps pour moi de quitter ce monde. Ma seule déception était de n’avoir pas eu la chance de traverser l’Océan qui sépare Syndarel et Elysio. Je me souviens encore du Grand Maître de l’Angelus qui, les soirs de la Saison des pluies, me contait les récits des héros qui avaient atteint les rives des terres Orientales. Je m’endormais alors, des étoiles plein les yeux, m’imaginant voguer durant des mois pour finalement fouler les vertes prairies de l’autre continent.
Je fus tiré de mes pensées par le bruit des branches sèches qui craquent sous des pas. Ce bruit venait dans ma direction, sans pour autant que je puisse déceler le moindre mouvement aux alentours. Je ne pouvais être plus vulnérable qu’à cet instant précis. Quelque chose ou quelqu’un m’observait, tapis dans le brouillard de la forêt.
Mes mains tremblantes attrapèrent l’étendard du Feu et dans un dernier effort, j’essayais de le maintenir droit, prêt à attaquer. Je n’eus pas le temps de réagir qu’une aiguille me piquait le cou, mes paupières se fermaient petit à petit, et je ne vis qu’une silhouette sortir d’un buisson avant de m’effondrer sur le sol.
Tout devint noir, je n’entendais et ne sentait rien, les sons qui rendaient la forêt si vivante avaient disparu, l’odeur de la pluie sur l’herbe ne me parvenait plus. Pourtant, jamais je ne m’étais senti aussi libre qu’à cet instant. Tout immatériel que j’étais, je ne ressentais plus les contraintes physiques de mon corps ni la douleur de ma blessure au flanc. Il n’existait plus qu’une légèreté infinie.
Cette sensation me rappelait les moments passés avec ma mère lorsque j’étais encore un enfant. Les soirs d’orage où j’allais me réfugier dans ses bras, tétanisé par la peur que la foudre frappe le toit de notre maison.
Est-ce donc ça la mort, celle qui fait si peur aux hommes ?
Un flash blanc vint éclairer l’obscurité totale dans laquelle je me trouvais. Il ne dura qu’un instant, mais provoqua une foule d’émotion en moi. Je n’étais pas mort. La sensation de légèreté qui m’habitait laisser place peu à peu à l’étouffement, je retrouvais ma prison corporelle. Je sentais l’air emplir mes poumons alors que mon cœur battait de plus en plus vite. J’eus l’impression d’être un nouveau-né qui, respirant pour la première fois, se mettait à pleurer tant la douleur était atroce.
P.S: Pavé César un peu...
P.S.2: Il y aura surement des fautes, mes excuses!
P.S.3: Console de merde