Ode à Veyli
Eh Veyli, voyageur des cases noires et blanches,
Toi qui passes d’une page à l’autre comme d’autres passent d’un combat à un autre,
Le cœur partagé entre un chapitre de Berserk
Et une grosse prise de tête sur un forum politique un peu obscur.
Tu connais les héros qui se plantent,
Les idéaux qui se fissurent,
Les révolutions qui promettent la lune
Et qui finissent souvent en matinée un peu grise.
Tu écris avec une plume bien affûtée,
Pas tellement pour faire joli que pour démonter les trucs.
Chaque phrase cherche le point faible,
Chaque certitude finit par devenir un truc à creuser.
Ton cynisme, ce n’est pas celui du mépris,
Plutôt celui de quelqu’un qui a trop lu,
Trop discuté,
Trop vu les grands discours se casser la figure face au réel.
Les mangas sont un peu tes mythologies à toi :
Les démons, les guerriers, les étudiants, les dieux déchus
Disent parfois plus de choses vraies
Que pas mal de tribunes ou de manifestes.
Et quand la nuit tombe,
Tu retournes sur les forums,
Là où les idées s’entrechoquent,
Avec les doctrines, les utopies et les sarcasmes,
En cherchant moins à convaincre
Qu’à pousser les idées jusqu’au bout.
Continue comme ça, Veyli,
À naviguer entre fiction et réflexion,
Entre l’épée d’un héros de manga
Et les paradoxes des philosophes.
Parce que même si ton regard reste ironique,
Il laisse quand même passer un peu de lumière :
Celle qu’au détour d’un livre, d’un débat ou d’une case dessinée,
On puisse encore tomber sur une vérité pas tout à fait parfaite.