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Kelkincomca
Kelkincomca
Niveau 59
25 janvier 2026 à 18:45:40

Le 25 janvier 2026 à 15:59:45 :
Peu de personne cherche a se rendre dans des pays communistes pour mieux vivre. Par contre a l'inverse de nombreuses personnes risquent leur vie pour fuir les pays communistes

Et bien sur ca n'a rien a voir avec l'instabilité que des nations capitalistes elle même entretiennent via des sanctions, des coups d'Etat(directes ou indirectes). Bien sur le capitalisme a toujours été tel qu'il est aujourd'hui et n'est pas passé par des guerres coloniales, des millions de mort, le vol de la propriété d'autrui, ect.... Le communisme est jeune et n'a jamais pus fleurir dans de bonnes conditions, et même quand un regime est democratique(Chili sous Alliende, Venezuela de Chavez, ect) il est attaqué. Comme d'habitude le double standard habituel, le communisme serait mauvais par defaut indépendamment du contexte geopolitique, le capitalisme serait indépendant du contexte geopolitique qui le concerne et des crimes lié a ce contexte...lol...

Message édité le 25 janvier 2026 à 18:47:24 par Kelkincomca
NBT-x-Spawn
NBT-x-Spawn
Niveau 58
25 janvier 2026 à 23:29:27

Le 25 janvier 2026 à 18:45:40 :

Le 25 janvier 2026 à 15:59:45 :
Peu de personne cherche a se rendre dans des pays communistes pour mieux vivre. Par contre a l'inverse de nombreuses personnes risquent leur vie pour fuir les pays communistes

Et bien sur ca n'a rien a voir avec l'instabilité que des nations capitalistes elle même entretiennent via des sanctions, des coups d'Etat(directes ou indirectes). Bien sur le capitalisme a toujours été tel qu'il est aujourd'hui et n'est pas passé par des guerres coloniales, des millions de mort, le vol de la propriété d'autrui, ect.... Le communisme est jeune et n'a jamais pus fleurir dans de bonnes conditions, et même quand un regime est democratique(Chili sous Alliende, Venezuela de Chavez, ect) il est attaqué. Comme d'habitude le double standard habituel, le communisme serait mauvais par defaut indépendamment du contexte geopolitique, le capitalisme serait indépendant du contexte geopolitique qui le concerne et des crimes lié a ce contexte...lol...

Je suis pas capitaliste pour un sou par contre. Mais l'URSS était pratiquement a niveau égal avec les US et pourtant cest le modèle américain qui a finit par l'emporter avec encore une fois plus de détections de l'est vers l'ouest qu'inversement. Le communisme ne peux marcher qu'à une échelle local (village ou petite ville) à mon sens

dreamonette
dreamonette
Niveau 69
26 janvier 2026 à 00:12:07

Le 25 janvier 2026 à 18:45:40 :

Le 25 janvier 2026 à 15:59:45 :
Peu de personne cherche a se rendre dans des pays communistes pour mieux vivre. Par contre a l'inverse de nombreuses personnes risquent leur vie pour fuir les pays communistes

Et bien sur ca n'a rien a voir avec l'instabilité que des nations capitalistes elle même entretiennent via des sanctions, des coups d'Etat(directes ou indirectes). Bien sur le capitalisme a toujours été tel qu'il est aujourd'hui et n'est pas passé par des guerres coloniales, des millions de mort, le vol de la propriété d'autrui, ect.... Le communisme est jeune et n'a jamais pus fleurir dans de bonnes conditions, et même quand un regime est democratique(Chili sous Alliende, Venezuela de Chavez, ect) il est attaqué. Comme d'habitude le double standard habituel, le communisme serait mauvais par defaut indépendamment du contexte geopolitique, le capitalisme serait indépendant du contexte geopolitique qui le concerne et des crimes lié a ce contexte...lol...

This

dreamonette
dreamonette
Niveau 69
26 janvier 2026 à 00:19:43

Le 25 janvier 2026 à 23:29:27 :

Le 25 janvier 2026 à 18:45:40 :

Le 25 janvier 2026 à 15:59:45 :
Peu de personne cherche a se rendre dans des pays communistes pour mieux vivre. Par contre a l'inverse de nombreuses personnes risquent leur vie pour fuir les pays communistes

Et bien sur ca n'a rien a voir avec l'instabilité que des nations capitalistes elle même entretiennent via des sanctions, des coups d'Etat(directes ou indirectes). Bien sur le capitalisme a toujours été tel qu'il est aujourd'hui et n'est pas passé par des guerres coloniales, des millions de mort, le vol de la propriété d'autrui, ect.... Le communisme est jeune et n'a jamais pus fleurir dans de bonnes conditions, et même quand un regime est democratique(Chili sous Alliende, Venezuela de Chavez, ect) il est attaqué. Comme d'habitude le double standard habituel, le communisme serait mauvais par defaut indépendamment du contexte geopolitique, le capitalisme serait indépendant du contexte geopolitique qui le concerne et des crimes lié a ce contexte...lol...

Je suis pas capitaliste pour un sou par contre. Mais l'URSS était pratiquement a niveau égal avec les US et pourtant cest le modèle américain qui a finit par l'emporter avec encore une fois plus de détections de l'est vers l'ouest qu'inversement. Le communisme ne peux marcher qu'à une échelle local (village ou petite ville) à mon sens

L'URSS a échoué parce qu'elle a remplacé la bourgeoisie par l'administration, en d'autres termes elle n'a pas changé de système productiviste et ne s'est pas souciée de ses citoyens pour tenter de remporter un concours de bite contre le parangon du capitalisme et selon ses termes :hum:

Le communisme doit être une alternative citoyenne éclairée, pas une vague copie édulcorée à coup de democrature :hum:

Kelkincomca
Kelkincomca
Niveau 59
26 janvier 2026 à 11:37:04

Le 25 janvier 2026 à 23:29:27 :

Le 25 janvier 2026 à 18:45:40 :

Le 25 janvier 2026 à 15:59:45 :
Peu de personne cherche a se rendre dans des pays communistes pour mieux vivre. Par contre a l'inverse de nombreuses personnes risquent leur vie pour fuir les pays communistes

Et bien sur ca n'a rien a voir avec l'instabilité que des nations capitalistes elle même entretiennent via des sanctions, des coups d'Etat(directes ou indirectes). Bien sur le capitalisme a toujours été tel qu'il est aujourd'hui et n'est pas passé par des guerres coloniales, des millions de mort, le vol de la propriété d'autrui, ect.... Le communisme est jeune et n'a jamais pus fleurir dans de bonnes conditions, et même quand un regime est democratique(Chili sous Alliende, Venezuela de Chavez, ect) il est attaqué. Comme d'habitude le double standard habituel, le communisme serait mauvais par defaut indépendamment du contexte geopolitique, le capitalisme serait indépendant du contexte geopolitique qui le concerne et des crimes lié a ce contexte...lol...

Je suis pas capitaliste pour un sou par contre. Mais l'URSS était pratiquement a niveau égal avec les US et pourtant cest le modèle américain qui a finit par l'emporter avec encore une fois plus de détections de l'est vers l'ouest qu'inversement. Le communisme ne peux marcher qu'à une échelle local (village ou petite ville) à mon sens

T'es au courant que le capitalisme a au moins 5 siècle d'existence, le communisme 1 siecle et demi environ? Et les conditions de mise en place des deux systèmes n'a rien a voir. Le capitalisme a été nettement avantagé. C'est d'ailleurs logique que les deux système soient antagoniste, l'un mit en place par la force des plus aisés(et expropriation des paysants, artisants, ect), l'autre au contraire par des revolutions plutot paysannes contre la bourgeoisie.

L'URSS c'était l'échelle locale? Cuba aussi? Encore debout après 60 ans de sanctions economiques.

Message édité le 26 janvier 2026 à 11:39:31 par Kelkincomca
NBT-x-Spawn
NBT-x-Spawn
Niveau 58
28 janvier 2026 à 14:48:53

Le 26 janvier 2026 à 11:37:04 :

Le 25 janvier 2026 à 23:29:27 :

Le 25 janvier 2026 à 18:45:40 :

Le 25 janvier 2026 à 15:59:45 :
Peu de personne cherche a se rendre dans des pays communistes pour mieux vivre. Par contre a l'inverse de nombreuses personnes risquent leur vie pour fuir les pays communistes

Et bien sur ca n'a rien a voir avec l'instabilité que des nations capitalistes elle même entretiennent via des sanctions, des coups d'Etat(directes ou indirectes). Bien sur le capitalisme a toujours été tel qu'il est aujourd'hui et n'est pas passé par des guerres coloniales, des millions de mort, le vol de la propriété d'autrui, ect.... Le communisme est jeune et n'a jamais pus fleurir dans de bonnes conditions, et même quand un regime est democratique(Chili sous Alliende, Venezuela de Chavez, ect) il est attaqué. Comme d'habitude le double standard habituel, le communisme serait mauvais par defaut indépendamment du contexte geopolitique, le capitalisme serait indépendant du contexte geopolitique qui le concerne et des crimes lié a ce contexte...lol...

Je suis pas capitaliste pour un sou par contre. Mais l'URSS était pratiquement a niveau égal avec les US et pourtant cest le modèle américain qui a finit par l'emporter avec encore une fois plus de détections de l'est vers l'ouest qu'inversement. Le communisme ne peux marcher qu'à une échelle local (village ou petite ville) à mon sens

T'es au courant que le capitalisme a au moins 5 siècle d'existence, le communisme 1 siecle et demi environ? Et les conditions de mise en place des deux systèmes n'a rien a voir. Le capitalisme a été nettement avantagé. C'est d'ailleurs logique que les deux système soient antagoniste, l'un mit en place par la force des plus aisés(et expropriation des paysants, artisants, ect), l'autre au contraire par des revolutions plutot paysannes contre la bourgeoisie.

L'URSS c'était l'échelle locale? Cuba aussi? Encore debout après 60 ans de sanctions economiques.

Si le système fonctionnerait il se suffirait a lui meme et n'aurait pas peur des sanctions economique d'autres pays. Continuer a vénérer un système qui ne marchera jamais a grande échelle. Mais qui peux l'être seulement localement. C'est pour rien si le communisme n'est present authentiquement sur terre dans de petites tribus avec des faible population.

OpiumRedbull
OpiumRedbull
Niveau 21
28 janvier 2026 à 16:00:00

Le 28 janvier 2026 à 14:48:53 :

Le 26 janvier 2026 à 11:37:04 :

Le 25 janvier 2026 à 23:29:27 :

Le 25 janvier 2026 à 18:45:40 :

Le 25 janvier 2026 à 15:59:45 :
Peu de personne cherche a se rendre dans des pays communistes pour mieux vivre. Par contre a l'inverse de nombreuses personnes risquent leur vie pour fuir les pays communistes

Et bien sur ca n'a rien a voir avec l'instabilité que des nations capitalistes elle même entretiennent via des sanctions, des coups d'Etat(directes ou indirectes). Bien sur le capitalisme a toujours été tel qu'il est aujourd'hui et n'est pas passé par des guerres coloniales, des millions de mort, le vol de la propriété d'autrui, ect.... Le communisme est jeune et n'a jamais pus fleurir dans de bonnes conditions, et même quand un regime est democratique(Chili sous Alliende, Venezuela de Chavez, ect) il est attaqué. Comme d'habitude le double standard habituel, le communisme serait mauvais par defaut indépendamment du contexte geopolitique, le capitalisme serait indépendant du contexte geopolitique qui le concerne et des crimes lié a ce contexte...lol...

Je suis pas capitaliste pour un sou par contre. Mais l'URSS était pratiquement a niveau égal avec les US et pourtant cest le modèle américain qui a finit par l'emporter avec encore une fois plus de détections de l'est vers l'ouest qu'inversement. Le communisme ne peux marcher qu'à une échelle local (village ou petite ville) à mon sens

T'es au courant que le capitalisme a au moins 5 siècle d'existence, le communisme 1 siecle et demi environ? Et les conditions de mise en place des deux systèmes n'a rien a voir. Le capitalisme a été nettement avantagé. C'est d'ailleurs logique que les deux système soient antagoniste, l'un mit en place par la force des plus aisés(et expropriation des paysants, artisants, ect), l'autre au contraire par des revolutions plutot paysannes contre la bourgeoisie.

L'URSS c'était l'échelle locale? Cuba aussi? Encore debout après 60 ans de sanctions economiques.

Si le système fonctionnerait il se suffirait a lui meme et n'aurait pas peur des sanctions economique d'autres pays. Continuer a vénérer un système qui ne marchera jamais a grande échelle. Mais qui peux l'être seulement localement. C'est pour rien si le communisme n'est present authentiquement sur terre dans de petites tribus avec des faible population.

Le communisme n'est pas à résumer en un bloc hein. La dialectique évolue au fil de l'histoire et le capitalisme ne fait que s'écrouler sur lui-même on le voit très bien aujourd'hui.

Kelkincomca
Kelkincomca
Niveau 59
28 janvier 2026 à 16:04:49

Le 28 janvier 2026 à 14:48:53 :

Le 26 janvier 2026 à 11:37:04 :

Le 25 janvier 2026 à 23:29:27 :

Le 25 janvier 2026 à 18:45:40 :

Le 25 janvier 2026 à 15:59:45 :
Peu de personne cherche a se rendre dans des pays communistes pour mieux vivre. Par contre a l'inverse de nombreuses personnes risquent leur vie pour fuir les pays communistes

Et bien sur ca n'a rien a voir avec l'instabilité que des nations capitalistes elle même entretiennent via des sanctions, des coups d'Etat(directes ou indirectes). Bien sur le capitalisme a toujours été tel qu'il est aujourd'hui et n'est pas passé par des guerres coloniales, des millions de mort, le vol de la propriété d'autrui, ect.... Le communisme est jeune et n'a jamais pus fleurir dans de bonnes conditions, et même quand un regime est democratique(Chili sous Alliende, Venezuela de Chavez, ect) il est attaqué. Comme d'habitude le double standard habituel, le communisme serait mauvais par defaut indépendamment du contexte geopolitique, le capitalisme serait indépendant du contexte geopolitique qui le concerne et des crimes lié a ce contexte...lol...

Je suis pas capitaliste pour un sou par contre. Mais l'URSS était pratiquement a niveau égal avec les US et pourtant cest le modèle américain qui a finit par l'emporter avec encore une fois plus de détections de l'est vers l'ouest qu'inversement. Le communisme ne peux marcher qu'à une échelle local (village ou petite ville) à mon sens

T'es au courant que le capitalisme a au moins 5 siècle d'existence, le communisme 1 siecle et demi environ? Et les conditions de mise en place des deux systèmes n'a rien a voir. Le capitalisme a été nettement avantagé. C'est d'ailleurs logique que les deux système soient antagoniste, l'un mit en place par la force des plus aisés(et expropriation des paysants, artisants, ect), l'autre au contraire par des revolutions plutot paysannes contre la bourgeoisie.

L'URSS c'était l'échelle locale? Cuba aussi? Encore debout après 60 ans de sanctions economiques.

Si le système fonctionnerait il se suffirait a lui meme et n'aurait pas peur des sanctions economique d'autres pays. Continuer a vénérer un système qui ne marchera jamais a grande échelle. Mais qui peux l'être seulement localement. C'est pour rien si le communisme n'est present authentiquement sur terre dans de petites tribus avec des faible population.

Il a toujours etait mit en place a l'échelle de pays d'une part, donc pas a petit échelle, si le système est mauvais par essence alors t'as pas besoin de sanctions economiques et de coup d'Etat pour le torpiller, et Cuba est toujours la 60 ans après. Les capitalistes ont peur de voir ce genre de régime réussir, c'est eux qui flippent. Accessoirement certains de ces pays comme le Venezuela ont du petrole donc ca intéresse les US.
Mais c'est tellement facile de nier l'impact de l'ingerence, des menaces externes et interne par la bourgeoisie, sur l'orientation politique de ces pays et sur l'autoritarisme qui en découle.
Par contre le capitalisme qui s'est forgé litteralement sur le vol et l'expropriation de centaines de milliers de paysants, artisants, pour les forcer a travailler pour des proprietaires, a c'est sur ca marche la violence, les lois qui criminalisaient le vagabondage, et j'en passe...... C'est sur que quand ce sont les plus forts qui imposent leur système, c'est plus simple....

KarmaAkaban
KarmaAkaban
Niveau 4
30 janvier 2026 à 06:41:46

Le 26 janvier 2026 à 00:19:43 :

Le 25 janvier 2026 à 23:29:27 :

Le 25 janvier 2026 à 18:45:40 :

Le 25 janvier 2026 à 15:59:45 :
Peu de personne cherche a se rendre dans des pays communistes pour mieux vivre. Par contre a l'inverse de nombreuses personnes risquent leur vie pour fuir les pays communistes

Et bien sur ca n'a rien a voir avec l'instabilité que des nations capitalistes elle même entretiennent via des sanctions, des coups d'Etat(directes ou indirectes). Bien sur le capitalisme a toujours été tel qu'il est aujourd'hui et n'est pas passé par des guerres coloniales, des millions de mort, le vol de la propriété d'autrui, ect.... Le communisme est jeune et n'a jamais pus fleurir dans de bonnes conditions, et même quand un regime est democratique(Chili sous Alliende, Venezuela de Chavez, ect) il est attaqué. Comme d'habitude le double standard habituel, le communisme serait mauvais par defaut indépendamment du contexte geopolitique, le capitalisme serait indépendant du contexte geopolitique qui le concerne et des crimes lié a ce contexte...lol...

Je suis pas capitaliste pour un sou par contre. Mais l'URSS était pratiquement a niveau égal avec les US et pourtant cest le modèle américain qui a finit par l'emporter avec encore une fois plus de détections de l'est vers l'ouest qu'inversement. Le communisme ne peux marcher qu'à une échelle local (village ou petite ville) à mon sens

L'URSS a échoué parce qu'elle a remplacé la bourgeoisie par l'administration, en d'autres termes elle n'a pas changé de système productiviste et ne s'est pas souciée de ses citoyens pour tenter de remporter un concours de bite contre le parangon du capitalisme et selon ses termes :hum:

Le communisme doit être une alternative citoyenne éclairée, pas une vague copie édulcorée à coup de democrature :hum:

Ce raisonnement est séduisant parce qu’il est simple, mais justement : il est trop simple pour être vrai. Dire que l’URSS a échoué parce qu’elle aurait “remplacé la bourgeoisie par l’administration” et conservé un productivisme inchangé, c’est confondre cause, contrainte historique et dérive réelle, le tout emballé dans une morale rétrospective très confortable.

D’abord, l’URSS ne naît pas dans un laboratoire idéologique propre. Elle émerge d’un pays ravagé par la guerre mondiale, la guerre civile, l’encerclement militaire et un retard industriel massif. Le productivisme soviétique n’est pas un fétiche idéologique choisi par plaisir, c’est une réponse de survie. Sans industrialisation accélérée, il n’y a ni autonomie politique, ni capacité à résister à l’Allemagne nazie, ni même existence étatique durable. Juger ce choix comme une simple “obsession de performance” revient à ignorer le contexte matériel réel.

Ensuite, réduire l’administration soviétique à une “bourgeoisie de remplacement” est une analogie paresseuse. La bureaucratie soviétique a bien constitué une couche dominante, personne de sérieux ne le nie. Mais elle n’était ni une classe propriétaire au sens capitaliste, ni une bourgeoisie classique. Elle ne transmettait pas légalement les moyens de production, elle ne fonctionnait pas par accumulation privée du capital, et elle restait dépendante de l’État et du plan. Ce n’est pas la même logique d’exploitation, même si elle a produit domination, inertie et aliénation. Dire “c’est pareil mais en rouge” empêche justement de comprendre ce qui a réellement dysfonctionné.

Troisièmement, l’idée que l’URSS aurait “ignoré ses citoyens” pour jouer à la compétition viriliste avec l’Occident est factuellement bancale. L’État soviétique a massivement investi dans l’éducation, la santé, le logement, l’emploi, la culture scientifique. Le problème n’est pas l’absence de souci pour la population, mais la hiérarchisation des priorités dans un contexte de guerre froide permanente. Le citoyen soviétique n’a pas été sacrifié pour le fun, mais intégré dans un projet étatique où la sécurité collective primait sur l’autonomie individuelle. On peut critiquer ce choix, mais le caricaturer n’aide pas à penser.

Quant à l’idée que “le communisme doit être une alternative citoyenne éclairée”, elle est séduisante sur le papier… mais historiquement floue. Aucune transformation radicale d’un mode de production ne s’est faite par simple illumination civique. Les révolutions ne naissent pas d’un consensus éclairé, mais de conflits sociaux, de ruptures violentes et de contraintes matérielles. Imaginer un communisme qui émergerait sans appareil de pouvoir, sans État, sans affrontement avec le capital mondial, c’est projeter un idéal normatif hors-sol, pas proposer une stratégie.

Enfin, parler de “démocrature” comme si c’était la clé explicative ultime, c’est encore esquiver le fond. La question n’est pas seulement le déficit démocratique, mais l’articulation entre démocratie, planification et complexité économique. Comment décider collectivement dans une société industrielle avancée sans retomber soit dans la technocratie, soit dans le marché ? L’URSS a répondu par la centralisation bureaucratique. Mauvaise réponse, sans doute. Mais la remplacer par une abstraction citoyenniste ne résout rien.

L’URSS n’a pas échoué parce qu’elle aurait “mal copié le capitalisme”.
Elle a échoué parce qu’elle a tenté de construire une alternative dans des conditions historiques extrêmes, avec des outils imparfaits, face à un système mondial hostile, et sans réussir à dépasser la contradiction entre planification, pouvoir et démocratie.

Si tu veux penser un communisme crédible aujourd’hui, commence par comprendre ces contradictions au lieu de les réduire à une fable morale sur le “vrai communisme citoyen”. Sinon, tu ne proposes pas une alternative : tu écris une utopie confortable depuis l’après-coup.

OpiumRedbull
OpiumRedbull
Niveau 21
30 janvier 2026 à 09:27:08

Non mais on est bien d'accord qu'on ne peut jamais refaire l'histoire, c'est juste que si l'URSS s'inscrit bien dans la suite de la dialectique historique, elle a développé et fait avancer une forme nouvelle de capitalisme bureaucratique dans ses propres contradictions, dont le capitalisme actuel a hérité en partie, mais qui ne peut donc plus être actuelle et pertinente.
Et le virilisme soviétique c'est pas du tout une connerie : le régime stalinien était ultraconservateur et tenait à figer son modèle, conserver le modèle traditionnel de la famille russe, et le prônait par le culte du travail et de la guerre.
Même si l'accumulation du capital n'est plus au profit extirpé d'une bourgeoisie, on a bien une autre forme, on a bien un modèle économique qui repose sur l'accumulation du capital et le fétichisme de la marchandise, dont le mystique repose sur l'idéalisation abstraite totale du culte de l'autorité et du régime, Guy Debord l'explique très bien ici :

64
Le spectaculaire concentré appartient essentiellement au capitalisme bureaucratique, encore qu'il puisse être importé comme technique du pouvoir étatique sur des économies mixtes plus arriérées, ou dans certains moments de crise du capitalisme avancé. La propriété bureaucratique en effet est elle-même concentrée en ce sens que le bureaucrate individuel n'a de rapports avec la possession de l'économie globale que par l'intermédiaire de la communauté bureaucratique, qu'en tant que membre de cette communauté. En outre la production des marchandises, moins développée, se présente aussi sous une forme concentrée: la marchandise que la bureaucratie détient, c'est le travail social total, et ce qu'elle revend à la société, c'est sa survie en bloc. La dictature de l'économie bureaucratique ne peut laisser aux masses exploitées aucune marge notable de choix, puisqu'elle a dû tout choisir par elle-même, et que tout choix extérieur, qu'il concerne l'alimentation ou la musique, est donc déjà le choix de sa destruction complète. Elle doit s'accompagner d'une violence permanente. L'image imposée du bien, dans son spectacle, recueille la totalité de ce qui existe officiellement, et se concentre normalement sur un seul homme, qui est le garant de sa cohésion totalitaire. A cette vedette absolue, chacun doit s'identifier magiquement, ou disparaître. Car il s'agit du maître de sa non-consommation, et de l'image héroïque d'un sens acceptable pour l'exploitation absolue qu'est en fait l'accumulation primitive accélérée par la terreur. Si chaque Chinois doit apprendre Mao, et ainsi être Mao, c'est qu'il n'a rien d'autre à être. Là où domine le spectaculaire concentré domine aussi la police.

La Société du Spectacle, Guy Debord

KarmaAkaban
KarmaAkaban
Niveau 4
30 janvier 2026 à 12:38:10

Le 30 janvier 2026 à 09:27:08 :
Non mais on est bien d'accord qu'on ne peut jamais refaire l'histoire, c'est juste que si l'URSS s'inscrit bien dans la suite de la dialectique historique, elle a développé et fait avancer une forme nouvelle de capitalisme bureaucratique dans ses propres contradictions, dont le capitalisme actuel a hérité en partie, mais qui ne peut donc plus être actuelle et pertinente.
Et le virilisme soviétique c'est pas du tout une connerie : le régime stalinien était ultraconservateur et tenait à figer son modèle, conserver le modèle traditionnel de la famille russe, et le prônait par le culte du travail et de la guerre.
Même si l'accumulation du capital n'est plus au profit extirpé d'une bourgeoisie, on a bien une autre forme, on a bien un modèle économique qui repose sur l'accumulation du capital et le fétichisme de la marchandise, dont le mystique repose sur l'idéalisation abstraite totale du culte de l'autorité et du régime, Guy Debord l'explique très bien ici :

64
Le spectaculaire concentré appartient essentiellement au capitalisme bureaucratique, encore qu'il puisse être importé comme technique du pouvoir étatique sur des économies mixtes plus arriérées, ou dans certains moments de crise du capitalisme avancé. La propriété bureaucratique en effet est elle-même concentrée en ce sens que le bureaucrate individuel n'a de rapports avec la possession de l'économie globale que par l'intermédiaire de la communauté bureaucratique, qu'en tant que membre de cette communauté. En outre la production des marchandises, moins développée, se présente aussi sous une forme concentrée: la marchandise que la bureaucratie détient, c'est le travail social total, et ce qu'elle revend à la société, c'est sa survie en bloc. La dictature de l'économie bureaucratique ne peut laisser aux masses exploitées aucune marge notable de choix, puisqu'elle a dû tout choisir par elle-même, et que tout choix extérieur, qu'il concerne l'alimentation ou la musique, est donc déjà le choix de sa destruction complète. Elle doit s'accompagner d'une violence permanente. L'image imposée du bien, dans son spectacle, recueille la totalité de ce qui existe officiellement, et se concentre normalement sur un seul homme, qui est le garant de sa cohésion totalitaire. A cette vedette absolue, chacun doit s'identifier magiquement, ou disparaître. Car il s'agit du maître de sa non-consommation, et de l'image héroïque d'un sens acceptable pour l'exploitation absolue qu'est en fait l'accumulation primitive accélérée par la terreur. Si chaque Chinois doit apprendre Mao, et ainsi être Mao, c'est qu'il n'a rien d'autre à être. Là où domine le spectaculaire concentré domine aussi la police.

La Société du Spectacle, Guy Debord

Ton raisonnement est cohérent en apparence, mais il repose sur un glissement conceptuel majeur qui finit par tout fausser : tu appelles « capitalisme » ce qui n’en est précisément pas, et tu confonds accumulation matérielle, bureaucratie et rapports sociaux de production.

D’abord, dire que l’URSS aurait développé une « forme nouvelle de capitalisme bureaucratique » revient à vider le concept de capitalisme de son contenu matérialiste. Le capitalisme n’est pas défini par l’accumulation en général, ni par le fétichisme abstrait, ni par l’autoritarisme, mais par un rapport social précis : la propriété privée des moyens de production, la production de valeur par le travail salarié et l’appropriation privée de la plus-value. Or en URSS, malgré toutes ses contradictions, ce rapport est brisé. Il n’y a ni bourgeoisie propriétaire des moyens de production, ni marché du travail libre, ni concurrence du capital, ni transformation directe de la force de travail en capital privé. Parler de capitalisme sans capitalistes, c’est faire de la métaphore morale, pas de l’analyse matérialiste.

Ensuite, ton usage de Debord est éclairant, mais à double tranchant. Debord parle de « spectaculaire concentré », pas de capitalisme au sens strict. Il décrit une forme de domination idéologique et politique, pas un mode de production autonome. La bureaucratie soviétique n’accumule pas du capital pour sa valorisation élargie sur un marché mondial, elle administre un surplus social dans une logique de reproduction étatique sous contrainte géopolitique permanente. La différence est décisive. Assimiler cela à une simple variante du capitalisme, c’est nier le rôle central de l’encerclement impérialiste, de la course à l’industrialisation forcée et du fait que l’URSS n’évolue jamais dans des conditions « normales » de développement.

Sur le virilisme soviétique et le conservatisme social, tu as raison sur le constat, mais tu tires la mauvaise conclusion. Ce conservatisme n’est pas l’expression d’un « mysticisme capitaliste », mais une régression politique liée à la défaite de la dynamique révolutionnaire initiale, à l’isolement international et à la cristallisation d’un appareil d’État défensif. Le stalinisme n’est pas la vérité du socialisme, c’est sa déformation historique sous pression, exactement comme le bonapartisme est une déformation de la Révolution bourgeoise, pas son accomplissement logique.

Enfin, dire que ce modèle « ne peut plus être actuel et pertinent » est une évidence… mais une évidence triviale. Aucun socialiste sérieux ne propose de « refaire l’URSS ». La vraie question n’est pas de disqualifier le passé à coups de concepts extensifs, mais de comprendre ce qui, dans l’URSS, relève d’une rupture réelle avec le capitalisme, et ce qui relève de ses échecs politiques concrets. En réduisant tout à une continuité capitaliste abstraite, tu fais exactement ce que tu reproches aux autres : tu neutralises l’histoire réelle au profit d’une catégorie totale qui explique tout et donc plus rien.

Oui, l’URSS était traversée de contradictions, oui elle a produit une domination bureaucratique violente, oui elle a figé un imaginaire autoritaire. Mais non, ce n’était pas du capitalisme sous une autre forme. C’était une tentative historique de sortie du capitalisme, avortée, déformée, vaincue politiquement, et c’est précisément pour ça qu’elle mérite une analyse rigoureuse, pas une relabellisation commode.

dreamonette
dreamonette
Niveau 69
30 janvier 2026 à 21:15:59

Le 30 janvier 2026 à 06:41:46 :

Le 26 janvier 2026 à 00:19:43 :

Le 25 janvier 2026 à 23:29:27 :

Le 25 janvier 2026 à 18:45:40 :

Le 25 janvier 2026 à 15:59:45 :
Peu de personne cherche a se rendre dans des pays communistes pour mieux vivre. Par contre a l'inverse de nombreuses personnes risquent leur vie pour fuir les pays communistes

Et bien sur ca n'a rien a voir avec l'instabilité que des nations capitalistes elle même entretiennent via des sanctions, des coups d'Etat(directes ou indirectes). Bien sur le capitalisme a toujours été tel qu'il est aujourd'hui et n'est pas passé par des guerres coloniales, des millions de mort, le vol de la propriété d'autrui, ect.... Le communisme est jeune et n'a jamais pus fleurir dans de bonnes conditions, et même quand un regime est democratique(Chili sous Alliende, Venezuela de Chavez, ect) il est attaqué. Comme d'habitude le double standard habituel, le communisme serait mauvais par defaut indépendamment du contexte geopolitique, le capitalisme serait indépendant du contexte geopolitique qui le concerne et des crimes lié a ce contexte...lol...

Je suis pas capitaliste pour un sou par contre. Mais l'URSS était pratiquement a niveau égal avec les US et pourtant cest le modèle américain qui a finit par l'emporter avec encore une fois plus de détections de l'est vers l'ouest qu'inversement. Le communisme ne peux marcher qu'à une échelle local (village ou petite ville) à mon sens

L'URSS a échoué parce qu'elle a remplacé la bourgeoisie par l'administration, en d'autres termes elle n'a pas changé de système productiviste et ne s'est pas souciée de ses citoyens pour tenter de remporter un concours de bite contre le parangon du capitalisme et selon ses termes :hum:

Le communisme doit être une alternative citoyenne éclairée, pas une vague copie édulcorée à coup de democrature :hum:

Ce raisonnement est séduisant parce qu’il est simple, mais justement : il est trop simple pour être vrai. Dire que l’URSS a échoué parce qu’elle aurait “remplacé la bourgeoisie par l’administration” et conservé un productivisme inchangé, c’est confondre cause, contrainte historique et dérive réelle, le tout emballé dans une morale rétrospective très confortable.

D’abord, l’URSS ne naît pas dans un laboratoire idéologique propre. Elle émerge d’un pays ravagé par la guerre mondiale, la guerre civile, l’encerclement militaire et un retard industriel massif. Le productivisme soviétique n’est pas un fétiche idéologique choisi par plaisir, c’est une réponse de survie. Sans industrialisation accélérée, il n’y a ni autonomie politique, ni capacité à résister à l’Allemagne nazie, ni même existence étatique durable. Juger ce choix comme une simple “obsession de performance” revient à ignorer le contexte matériel réel.

Elle a choisi de faire la même chose que le capitalisme et c'est bien là le problème.

Ensuite, réduire l’administration soviétique à une “bourgeoisie de remplacement” est une analogie paresseuse. La bureaucratie soviétique a bien constitué une couche dominante, personne de sérieux ne le nie. Mais elle n’était ni une classe propriétaire au sens capitaliste, ni une bourgeoisie classique. Elle ne transmettait pas légalement les moyens de production, elle ne fonctionnait pas par accumulation privée du capital, et elle restait dépendante de l’État et du plan. Ce n’est pas la même logique d’exploitation, même si elle a produit domination, inertie et aliénation. Dire “c’est pareil mais en rouge” empêche justement de comprendre ce qui a réellement dysfonctionné.

La finalité est restée la même : produire. Sauf que chez les capitalistes ça sert à faire du pognon, en urss a rien. Ou alors à faire la guerre à son petit voisin avec les stocks accumulés.

Troisièmement, l’idée que l’URSS aurait “ignoré ses citoyens” pour jouer à la compétition viriliste avec l’Occident est factuellement bancale. L’État soviétique a massivement investi dans l’éducation, la santé, le logement, l’emploi, la culture scientifique. Le problème n’est pas l’absence de souci pour la population, mais la hiérarchisation des priorités dans un contexte de guerre froide permanente. Le citoyen soviétique n’a pas été sacrifié pour le fun, mais intégré dans un projet étatique où la sécurité collective primait sur l’autonomie individuelle. On peut critiquer ce choix, mais le caricaturer n’aide pas à penser.

Le citoyen a été sacrifié pour un concours de bite. Elle a échoué parce qu'elle n'a jamais réussi à convaincre, et elle n'a jamais réussi a convaincre parce qu'au final, elle faisait la même chose que les capitalistes.

Quant à l’idée que “le communisme doit être une alternative citoyenne éclairée”, elle est séduisante sur le papier… mais historiquement floue. Aucune transformation radicale d’un mode de production ne s’est faite par simple illumination civique. Les révolutions ne naissent pas d’un consensus éclairé, mais de conflits sociaux, de ruptures violentes et de contraintes matérielles. Imaginer un communisme qui émergerait sans appareil de pouvoir, sans État, sans affrontement avec le capital mondial, c’est projeter un idéal normatif hors-sol, pas proposer une stratégie.

Les choix binaires c'est ceux des capitalistes en temps normal, ça s'appelle marche ou crève. L'urss a eu sa réponse.

Enfin, parler de “démocrature” comme si c’était la clé explicative ultime, c’est encore esquiver le fond. La question n’est pas seulement le déficit démocratique, mais l’articulation entre démocratie, planification et complexité économique. Comment décider collectivement dans une société industrielle avancée sans retomber soit dans la technocratie, soit dans le marché ? L’URSS a répondu par la centralisation bureaucratique. Mauvaise réponse, sans doute. Mais la remplacer par une abstraction citoyenniste ne résout rien.

Quand on ne croit pas dans les citoyens, effectivement.

L’URSS n’a pas échoué parce qu’elle aurait “mal copié le capitalisme”.
Elle a échoué parce qu’elle a tenté de construire une alternative dans des conditions historiques extrêmes, avec des outils imparfaits, face à un système mondial hostile, et sans réussir à dépasser la contradiction entre planification, pouvoir et démocratie.

Et pour dépasser ces contradictions, il aurait fallu qu'elle ne cherche pas à lutter contre le capitalisme avec ses outils : production et domination.

Si tu veux penser un communisme crédible aujourd’hui, commence par comprendre ces contradictions au lieu de les réduire à une fable morale sur le “vrai communisme citoyen”. Sinon, tu ne proposes pas une alternative : tu écris une utopie confortable depuis l’après-coup.

Utopie, c'est le mot valise pour ceux qui ne veulent pas vraiment changer.

dreamonette
dreamonette
Niveau 69
30 janvier 2026 à 21:31:36

Le 30 janvier 2026 à 12:38:10 :

Le 30 janvier 2026 à 09:27:08 :
Non mais on est bien d'accord qu'on ne peut jamais refaire l'histoire, c'est juste que si l'URSS s'inscrit bien dans la suite de la dialectique historique, elle a développé et fait avancer une forme nouvelle de capitalisme bureaucratique dans ses propres contradictions, dont le capitalisme actuel a hérité en partie, mais qui ne peut donc plus être actuelle et pertinente.
Et le virilisme soviétique c'est pas du tout une connerie : le régime stalinien était ultraconservateur et tenait à figer son modèle, conserver le modèle traditionnel de la famille russe, et le prônait par le culte du travail et de la guerre.
Même si l'accumulation du capital n'est plus au profit extirpé d'une bourgeoisie, on a bien une autre forme, on a bien un modèle économique qui repose sur l'accumulation du capital et le fétichisme de la marchandise, dont le mystique repose sur l'idéalisation abstraite totale du culte de l'autorité et du régime, Guy Debord l'explique très bien ici :

64
Le spectaculaire concentré appartient essentiellement au capitalisme bureaucratique, encore qu'il puisse être importé comme technique du pouvoir étatique sur des économies mixtes plus arriérées, ou dans certains moments de crise du capitalisme avancé. La propriété bureaucratique en effet est elle-même concentrée en ce sens que le bureaucrate individuel n'a de rapports avec la possession de l'économie globale que par l'intermédiaire de la communauté bureaucratique, qu'en tant que membre de cette communauté. En outre la production des marchandises, moins développée, se présente aussi sous une forme concentrée: la marchandise que la bureaucratie détient, c'est le travail social total, et ce qu'elle revend à la société, c'est sa survie en bloc. La dictature de l'économie bureaucratique ne peut laisser aux masses exploitées aucune marge notable de choix, puisqu'elle a dû tout choisir par elle-même, et que tout choix extérieur, qu'il concerne l'alimentation ou la musique, est donc déjà le choix de sa destruction complète. Elle doit s'accompagner d'une violence permanente. L'image imposée du bien, dans son spectacle, recueille la totalité de ce qui existe officiellement, et se concentre normalement sur un seul homme, qui est le garant de sa cohésion totalitaire. A cette vedette absolue, chacun doit s'identifier magiquement, ou disparaître. Car il s'agit du maître de sa non-consommation, et de l'image héroïque d'un sens acceptable pour l'exploitation absolue qu'est en fait l'accumulation primitive accélérée par la terreur. Si chaque Chinois doit apprendre Mao, et ainsi être Mao, c'est qu'il n'a rien d'autre à être. Là où domine le spectaculaire concentré domine aussi la police.

La Société du Spectacle, Guy Debord

Ton raisonnement est cohérent en apparence, mais il repose sur un glissement conceptuel majeur qui finit par tout fausser : tu appelles « capitalisme » ce qui n’en est précisément pas, et tu confonds accumulation matérielle, bureaucratie et rapports sociaux de production.

D’abord, dire que l’URSS aurait développé une « forme nouvelle de capitalisme bureaucratique » revient à vider le concept de capitalisme de son contenu matérialiste. Le capitalisme n’est pas défini par l’accumulation en général, ni par le fétichisme abstrait, ni par l’autoritarisme, mais par un rapport social précis : la propriété privée des moyens de production, la production de valeur par le travail salarié et l’appropriation privée de la plus-value. Or en URSS, malgré toutes ses contradictions, ce rapport est brisé. Il n’y a ni bourgeoisie propriétaire des moyens de production, ni marché du travail libre, ni concurrence du capital, ni transformation directe de la force de travail en capital privé. Parler de capitalisme sans capitalistes, c’est faire de la métaphore morale, pas de l’analyse matérialiste.

Ensuite, ton usage de Debord est éclairant, mais à double tranchant. Debord parle de « spectaculaire concentré », pas de capitalisme au sens strict. Il décrit une forme de domination idéologique et politique, pas un mode de production autonome. La bureaucratie soviétique n’accumule pas du capital pour sa valorisation élargie sur un marché mondial, elle administre un surplus social dans une logique de reproduction étatique sous contrainte géopolitique permanente. La différence est décisive. Assimiler cela à une simple variante du capitalisme, c’est nier le rôle central de l’encerclement impérialiste, de la course à l’industrialisation forcée et du fait que l’URSS n’évolue jamais dans des conditions « normales » de développement.

Sur le virilisme soviétique et le conservatisme social, tu as raison sur le constat, mais tu tires la mauvaise conclusion. Ce conservatisme n’est pas l’expression d’un « mysticisme capitaliste », mais une régression politique liée à la défaite de la dynamique révolutionnaire initiale, à l’isolement international et à la cristallisation d’un appareil d’État défensif. Le stalinisme n’est pas la vérité du socialisme, c’est sa déformation historique sous pression, exactement comme le bonapartisme est une déformation de la Révolution bourgeoise, pas son accomplissement logique.

Enfin, dire que ce modèle « ne peut plus être actuel et pertinent » est une évidence… mais une évidence triviale. Aucun socialiste sérieux ne propose de « refaire l’URSS ». La vraie question n’est pas de disqualifier le passé à coups de concepts extensifs, mais de comprendre ce qui, dans l’URSS, relève d’une rupture réelle avec le capitalisme, et ce qui relève de ses échecs politiques concrets. En réduisant tout à une continuité capitaliste abstraite, tu fais exactement ce que tu reproches aux autres : tu neutralises l’histoire réelle au profit d’une catégorie totale qui explique tout et donc plus rien.

Oui, l’URSS était traversée de contradictions, oui elle a produit une domination bureaucratique violente, oui elle a figé un imaginaire autoritaire. Mais non, ce n’était pas du capitalisme sous une autre forme. C’était une tentative historique de sortie du capitalisme, avortée, déformée, vaincue politiquement, et c’est précisément pour ça qu’elle mérite une analyse rigoureuse, pas une relabellisation commode.

En gros tu nous dit que c'est pas grave si le type est écrasé parce que c'est par une lada, c'eut été une ford c'était mal.

0xm0pucin0
0xm0pucin0
Niveau 35
30 janvier 2026 à 22:14:00

Je ne vois pas pourquoi vous vous laissez faire et reprenez cette phrase que "l'URSS a échoué"....
Mais l'URSS a échoué à quoi ??? à vaincre les blancs ? à vaincre la coalition internationale ? à vaincre la droite ? à vaincre Hitler ? à vaincre les USA ?
En 50 ans à peine le régime socialiste a fait plus qu'en 2000 ou 500 ans de capitalisme... l'URSS a envoyé un satellite dans l'espace, un animal dans l'espace, un homme dans l'espace, une femme dans l'espace... ils ont réussi tout ce qu'ils voulaient...
Le problème ça a été le changement générationnel... quand un demeuré comme Gorbi qui n'a jamais connu le capitalisme est arrivé au pouvoir, il a cru pouvoir améliorer le socialisme en le capitalisant... :nonnon: tu m'étonnes que ça a tout foiré !
Le problème c'est comment un Teletubbies comme Gorbi est arrivé là... et là on en revient à Staline... la déstalinisation s'est écartée du socialisme en supprimant les purges et le goulag. Le régime ne pouvait plus se défendre contre la droite. Ce n'était donc qu'une question de temps avant que ça tombe. Avec des purges et un goulag, Gorbi ne serait jamais monté. D'ailleurs sa famille avait été classé comme droitiste... mais il a profité de la déstalinisation et de la droitisation du régime.

L'URSS a montré au contraire que le socialisme était possible et souhaitable. Qu'il n'y avait pas de meilleur régime. Que c'est la seule alternative pour le progrès.

Message édité le 30 janvier 2026 à 22:15:16 par 0xm0pucin0
ougrioum
ougrioum
Niveau 47
30 janvier 2026 à 22:47:03

L'URSS a échoué sur plein de choses.

Quand les bolchéviques ont décidé de détruire les soviets, au début des années 20, c'était déjà plié.

Le problème c'est la Question de la révolution avec un grand Q. Comment on fait pour maintenir un système anti capitaliste quand on a tous les capitalistes du monde qui se liguent pour te détruire ?
Ben c'est pas simple.

Les régimes révolutionnaires se sont bunkerisés pour consolider leur pouvoir, considérant que si ils tombaient, rien ne serait possible.
Malheureusement ca conduit à des dérives complètement innacceptable. L'URSS a créé un système carcéral encore pire que l'empire tsariste, et elle a pas attendu Brejnev pour ca. Ne parlons même pas de la Corée du Nord.
La Chine est un peu particulière mais elle a aussi succombé à la dictature capitaliste pour consolider son régime au nom de bonnes intentions futures.

Message édité le 30 janvier 2026 à 22:49:33 par ougrioum
Kelkincomca
Kelkincomca
Niveau 59
31 janvier 2026 à 11:00:46

Le 30 janvier 2026 à 22:47:03 :
L'URSS a échoué sur plein de choses.

Quand les bolchéviques ont décidé de détruire les soviets, au début des années 20, c'était déjà plié.

Le problème c'est la Question de la révolution avec un grand Q. Comment on fait pour maintenir un système anti capitaliste quand on a tous les capitalistes du monde qui se liguent pour te détruire ?
Ben c'est pas simple.

Et c'est un des principaux problème auquel doit faire face tous les regimes communistes. D'autant que les bourgeoies renversés ne vont pas se laisser faire.

Les régimes révolutionnaires se sont bunkerisés pour consolider leur pouvoir, considérant que si ils tombaient, rien ne serait possible.
Malheureusement ca conduit à des dérives complètement innacceptable. L'URSS a créé un système carcéral encore pire que l'empire tsariste, et elle a pas attendu Brejnev pour ca. Ne parlons même pas de la Corée du Nord.

En terme de repression helas ca a degenere, mais ça restait meilleur en terme de niveau de vie. Après je sais pas si a Cuba ou d'autres pays communistes ou socialistes la repression est aussi forte que ça. Même si y a des restrictions de liberté clairement.

La Chine est un peu particulière mais elle a aussi succombé à la dictature capitaliste pour consolider son régime au nom de bonnes intentions futures.

Oui ben du coup le problème c'est bien que les capitalistes ne laissent aucun regime communiste ou socialiste en paix et que donc on a pas vraiment d'idées de ce qui se seraient passé si, par exemple, il n'y avait pas eu de guerre civile a cause de la bourgeoisie, et sans la menace d'Hitler, ect.... Ou sans les sanctions économiques dans d'autres pays, ect..... Quand t'es censé développer un regime économique, après une révolution, en etant constamment menacé a l'extérieur et a l'intérieur, c'est difficile de développer un joli regime democratique.

De toute façon même quand un regime arrive a etre democratique,(Venezuela, Kerala, Chili d'Alliende) ca l'empêche pas de se faire attaquer et saboter. Comme quoi la nature autoritaire ou non du regime communiste n'a pas de lien avec le fait d'etre agressé en permanence.
D'ailleurs de toute façon si les élections ne donnent pas la victoire a un libéral, les résultats seront toujours contestés par les pays capitalistes....

ougrioum
ougrioum
Niveau 47
31 janvier 2026 à 11:34:41

Ben ouaip, c'est l'éternel problème.

Même en imaginant que les capitalistes des autres pays ne vont pas "réagir", c'est à dire qu'ils ne vont envahir ton pays comme ils l'ont fait en URSS, ni financer grassement les oppositions réactionnaires comme ils le font partout où un régime à peine à gauche arrive au pouvoir, ca resterait extrêmement difficile.

Comment tu commerces avec un voisin capitaliste ? Selon quelles règles ?
C'est pas simple.

Mais bon, une telle situation n'arriverait jamais.
On aurait plutôt des coups d'Etat financés par l'étranger, des oppositions équipées, renseignées et financées, des sanctions économiques pour t'étrangler et pouvoir dire : "vous voyez bien que ce système ne marche pas !"
(ce qui se passe au Venezuela ou à Cuba par exemple).

Résultat : un gouvernement qui voudrait sortir du capitalisme, il ferait comment ?
Rien que pour survivre et pouvoir faire quoi que ce soit, il serait obligé de se militariser pour contrôler les tentatives permanentes de le renverser. Et donc de réduire en miettes ses volontés démocratiques et anti autoritaires.

C'est un écueil impossible.

Message édité le 31 janvier 2026 à 11:36:13 par ougrioum
OpiumRedbull
OpiumRedbull
Niveau 21
31 janvier 2026 à 16:08:08

Le capitalisme n’est pas défini par l’accumulation en général, ni par le fétichisme abstrait, ni par l’autoritarisme, mais par un rapport social précis : la propriété privée des moyens de production, la production de valeur par le travail salarié et l’appropriation privée de la plus-value.

Justement, la base matérielle fondamentale du capital est une forme de richesse, produit accumulé du travail salarié pour être échangé, mais la forme légale ou formelle que cela prend, que ce soit par un profit privé extirpé ou non, est superficielle. Il faut remettre aussi Marx dans son contexte, à son époque seul le capitalisme bourgeois existait (et il a justement critiqué par exemple la théorie de Proudhon idéaliste qui se concentrait sur la forme de la propriété pour cette même raison), le modèle productiviste de suraccumulation aussi ne s'était pas encore mis en place.
Donc dans le socialisme soviétique on a bien une économie basée sur le capital comme richesse et valeur accumulée à fin d'échange, avec une organisation toute nouvelle, mais qui correspond bien à la définition du capitalisme (d'où le nom).
Et le fétichisme de la marchandise est justement indispensable à ce modèle de production. L'autorité et le contrôle en question l'est tout autant pour le contrôle de l'aliénation au travail des masses, détournées du résultat de leur travail.

Aucun socialiste sérieux ne propose de « refaire l’URSS ».

Même si les ML ne veulent pas une machine à remonter le temps, ils se veulent dans la continuité de ce modèle, alors que cette concurrence et contradiction entre ces deux modèles capitalistes a montré sa conclusion : le passage au néo-libéralisme et une intégration mariée des deux éléments dans leur héritage, à savoir une concentration toujours plus forte d'un capital répressif aux mains de l'état, pour protéger un excès croissant du capital permanent (moyens de production) qui mène actuellement à la contradiction de la baisse tendancielle du taux de profit, ce qui justement pousse à la militarisation et autoritarisme des états renforcés.
L'ennemi historique s'est donc révélé être le modèle productiviste, qui ne fait qu'épuiser à la fois les ressources et les forces de travail en plus de les détruire, qui est donc voué à la contradiction et l'échec.

ougrioum
ougrioum
Niveau 47
31 janvier 2026 à 19:50:54

Votez PCF

Ca par contre c'est pas possible aujourd'hui.
Roussel est plus intéressé par draguer la droite en parlant de saucisses que par les questions sociales.

KarmaAkaban
KarmaAkaban
Niveau 4
04 février 2026 à 15:00:19

Le 30 janvier 2026 à 21:31:36 :

Le 30 janvier 2026 à 12:38:10 :

Le 30 janvier 2026 à 09:27:08 :
Non mais on est bien d'accord qu'on ne peut jamais refaire l'histoire, c'est juste que si l'URSS s'inscrit bien dans la suite de la dialectique historique, elle a développé et fait avancer une forme nouvelle de capitalisme bureaucratique dans ses propres contradictions, dont le capitalisme actuel a hérité en partie, mais qui ne peut donc plus être actuelle et pertinente.
Et le virilisme soviétique c'est pas du tout une connerie : le régime stalinien était ultraconservateur et tenait à figer son modèle, conserver le modèle traditionnel de la famille russe, et le prônait par le culte du travail et de la guerre.
Même si l'accumulation du capital n'est plus au profit extirpé d'une bourgeoisie, on a bien une autre forme, on a bien un modèle économique qui repose sur l'accumulation du capital et le fétichisme de la marchandise, dont le mystique repose sur l'idéalisation abstraite totale du culte de l'autorité et du régime, Guy Debord l'explique très bien ici :

64
Le spectaculaire concentré appartient essentiellement au capitalisme bureaucratique, encore qu'il puisse être importé comme technique du pouvoir étatique sur des économies mixtes plus arriérées, ou dans certains moments de crise du capitalisme avancé. La propriété bureaucratique en effet est elle-même concentrée en ce sens que le bureaucrate individuel n'a de rapports avec la possession de l'économie globale que par l'intermédiaire de la communauté bureaucratique, qu'en tant que membre de cette communauté. En outre la production des marchandises, moins développée, se présente aussi sous une forme concentrée: la marchandise que la bureaucratie détient, c'est le travail social total, et ce qu'elle revend à la société, c'est sa survie en bloc. La dictature de l'économie bureaucratique ne peut laisser aux masses exploitées aucune marge notable de choix, puisqu'elle a dû tout choisir par elle-même, et que tout choix extérieur, qu'il concerne l'alimentation ou la musique, est donc déjà le choix de sa destruction complète. Elle doit s'accompagner d'une violence permanente. L'image imposée du bien, dans son spectacle, recueille la totalité de ce qui existe officiellement, et se concentre normalement sur un seul homme, qui est le garant de sa cohésion totalitaire. A cette vedette absolue, chacun doit s'identifier magiquement, ou disparaître. Car il s'agit du maître de sa non-consommation, et de l'image héroïque d'un sens acceptable pour l'exploitation absolue qu'est en fait l'accumulation primitive accélérée par la terreur. Si chaque Chinois doit apprendre Mao, et ainsi être Mao, c'est qu'il n'a rien d'autre à être. Là où domine le spectaculaire concentré domine aussi la police.

La Société du Spectacle, Guy Debord

Ton raisonnement est cohérent en apparence, mais il repose sur un glissement conceptuel majeur qui finit par tout fausser : tu appelles « capitalisme » ce qui n’en est précisément pas, et tu confonds accumulation matérielle, bureaucratie et rapports sociaux de production.

D’abord, dire que l’URSS aurait développé une « forme nouvelle de capitalisme bureaucratique » revient à vider le concept de capitalisme de son contenu matérialiste. Le capitalisme n’est pas défini par l’accumulation en général, ni par le fétichisme abstrait, ni par l’autoritarisme, mais par un rapport social précis : la propriété privée des moyens de production, la production de valeur par le travail salarié et l’appropriation privée de la plus-value. Or en URSS, malgré toutes ses contradictions, ce rapport est brisé. Il n’y a ni bourgeoisie propriétaire des moyens de production, ni marché du travail libre, ni concurrence du capital, ni transformation directe de la force de travail en capital privé. Parler de capitalisme sans capitalistes, c’est faire de la métaphore morale, pas de l’analyse matérialiste.

Ensuite, ton usage de Debord est éclairant, mais à double tranchant. Debord parle de « spectaculaire concentré », pas de capitalisme au sens strict. Il décrit une forme de domination idéologique et politique, pas un mode de production autonome. La bureaucratie soviétique n’accumule pas du capital pour sa valorisation élargie sur un marché mondial, elle administre un surplus social dans une logique de reproduction étatique sous contrainte géopolitique permanente. La différence est décisive. Assimiler cela à une simple variante du capitalisme, c’est nier le rôle central de l’encerclement impérialiste, de la course à l’industrialisation forcée et du fait que l’URSS n’évolue jamais dans des conditions « normales » de développement.

Sur le virilisme soviétique et le conservatisme social, tu as raison sur le constat, mais tu tires la mauvaise conclusion. Ce conservatisme n’est pas l’expression d’un « mysticisme capitaliste », mais une régression politique liée à la défaite de la dynamique révolutionnaire initiale, à l’isolement international et à la cristallisation d’un appareil d’État défensif. Le stalinisme n’est pas la vérité du socialisme, c’est sa déformation historique sous pression, exactement comme le bonapartisme est une déformation de la Révolution bourgeoise, pas son accomplissement logique.

Enfin, dire que ce modèle « ne peut plus être actuel et pertinent » est une évidence… mais une évidence triviale. Aucun socialiste sérieux ne propose de « refaire l’URSS ». La vraie question n’est pas de disqualifier le passé à coups de concepts extensifs, mais de comprendre ce qui, dans l’URSS, relève d’une rupture réelle avec le capitalisme, et ce qui relève de ses échecs politiques concrets. En réduisant tout à une continuité capitaliste abstraite, tu fais exactement ce que tu reproches aux autres : tu neutralises l’histoire réelle au profit d’une catégorie totale qui explique tout et donc plus rien.

Oui, l’URSS était traversée de contradictions, oui elle a produit une domination bureaucratique violente, oui elle a figé un imaginaire autoritaire. Mais non, ce n’était pas du capitalisme sous une autre forme. C’était une tentative historique de sortie du capitalisme, avortée, déformée, vaincue politiquement, et c’est précisément pour ça qu’elle mérite une analyse rigoureuse, pas une relabellisation commode.

En gros tu nous dit que c'est pas grave si le type est écrasé parce que c'est par une lada, c'eut été une ford c'était mal.

Ah non, là tu fais exactement le coup classique du type qui n’a plus d’arguments et qui transforme une analyse en punchline débile pour éviter d’y répondre. Personne n’a dit que « ce n’est pas grave » parce que c’est une Lada au lieu d’une Ford. Ce que je dis, et que tu refuses de comprendre, c’est que si tu veux expliquer pourquoi quelqu’un s’est fait écraser, tu dois regarder le véhicule réel, pas coller une étiquette au hasard parce que ça t’arrange moralement.

Dire « capitalisme bureaucratique » pour l’URSS, c’est comme dire « féodalisme moderne » ou « esclavage administratif » : ça donne l’illusion de comprendre, mais ça mélange tout. Le problème soviétique n’était pas qui écrasait les gens, mais dans quel rapport social précis ça se produisait. Et ce rapport n’était pas celui du capital privé, du marché du travail libre et de la valorisation du capital. Si tu refuses ça, tu fais de la morale, pas de l’analyse.

Ton image de la voiture est révélatrice : tu veux juger, pas comprendre. Moi je te parle du moteur, du carburant, de la route et des contraintes qui ont conduit à l’accident. Toi tu cries juste « écrasé = capitalisme », comme si ça réglait tout. Résultat : tu ne peux ni expliquer pourquoi l’URSS a tenu aussi longtemps, ni pourquoi elle a échoué, ni ce qui la distingue réellement du capitalisme occidental.

Et le plus ironique, c’est que ta métaphore se retourne contre toi. Si tu refuses de distinguer une Lada d’une Ford, alors tu ne comprendras jamais comment éviter de te refaire écraser demain, parce que tu ne sais même pas ce qui t’a roulé dessus aujourd’hui.

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