27 novembre 2016, le monde politique tremble. La France découvre avec stupeur le candidat de la droite républicaine aux élections présidentielles de l'année 2017. Alain Juppé, notre cher président, désignait par l'hystérie médiatique depuis déjà des mois, n'aura finalement su rassembler à ses côtés que la légion de soutiens qu'il a amassé au cours de sa campagne. Comment diable aurait-on pu prévoir qu'une élection de droite se verrait au final désigner un candidat de droite ? En ce soir du 27 novembre, le centre est en deuil, un roi est mort, vive le roi.
16 novembre 2016, quelques jours avant le choc, Emmanuel Macron, grande figure du socialisme des années 15, annonce sa candidature à l'élection présidentielle. Depuis cette date, en passe de rester gravé à jamais dans l'histoire de France et du Monde, le roi est en marche. Déterminé, implacable, avec un charisme incontestable et un vibrato à faire pâlir le plus entrainé des chanteurs de métal, il est bien le roi, le nouveau roi au centre de classe politique française.
Quelle aubaine mes aïeux, que les candidats les plus centristes des partis d'oppositions s'embourbent dans des primaires. Disparition tragique d'un Juppé, nouveau cadre du Modem le temps d'une campagne éclairée, éviction programmé d'un Valls, dont le passé gouvernemental le poussera à s'incliner devant la renaissance du socialisme français, incarné avec grandeur par de fier frondeurs. Même un Bayrou, à qui l'échiquier politique n'aura pourtant jamais été aussi favorable, préférera curieusement renoncer sans combattre, surement encore trop affecté par le deuil de son roi défunt. Quelle aubaine encore, que notre nouveau président d'hystérie collective, à peine sortie de sa grâce, commence déjà à crouler sous les affaires. Quelle aubaine enfin, que le programme idéaliste du probable candidat d'un parti socialiste mourant, tende plus vers les électeurs de Mélenchon qu'à inquiéter notre fier Macron.
Une gauche divisée, dont certains cadres pourraient vite être tenté de fuir au centre pour leurs saluts, une droite forte et pourtant déjà affaiblie, des petits candidats qui montent partout sauf au centre. Le couple royal se dessine peu à peu à l’encre dans le paysage politique français et dans un match où la reine ne peut sortir gagnante, le roi est en grâce.