Attention aux anthropomorphismes. Ce que l'on savait déjà, c'est que des moeurs plus que douteuses étaient prêtées, à tort ou à raison, à ce pauvre animal, le phoque, dont on ne respecte même pas la simple existence en son milieu naturel. Voici désormais qu'on le soupçonne également d'êre un "junkie". Par contre, l'élément intéressant concerne le sens de l'humour. Figurez-vous qu'il s'agit d'une question décisive et pour le moins... tranchante. Le rire est le propre de l'Homme, disait Aristote. Naguère, la question fut posée de l'Homme envers l'Homme. Suite à la découverte du "nouveau continent", et des premiers massacres qui s'en sont suivis, les savants de l'époque ont longuement débattu afin de savoir si les indiens avaient une âme. Ce fut la controverse de Valladolid. Un intervenant plus perspicace que les autres comprit alors qu'il suffisait de déclencher le rire chez le sujet étranger enchaîné. Après de multiples efforts, il y est parvenu, tout en comprenant que l'indien ne riait pas des mêmes choses, et ce fut alors une première esquisse de compréhension de la différence culturelle, avortée par les autorités de l'époque, car il n,'était pas question de reconnaître la même chose pour les blacks, qui pouvaient être esclavagisés à outrance. Bref, pour en revenir à l'animal, nous savons qu'il peut partager avec nous de manière sensible, ce qui est déjà beaucoup. Ceci dit, en forçant le trait, quitte à le faire avec un bulldozer, serait il enclin à rire de nos blagues, et de tout ce qui peut nous faire rire par ailleurs ? .Pourrait-il prendre au sérieux la condition humaine ? L'animal est en quelque sorte compatissant et peut s'attacher à l'Homme même s'il ressent que ce dernier est fondamentalement "freak".