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🔥 Combustion Spontanée

gatogato
gatogato
Niveau 7
21 juin 2026 Ă  17:50:27

https://www.estrepublicain.fr/meurthe-et-moselle/2013/11/03/un-mystere-sans-cle

Toul : Un mystère sans clé
Stéphanie CHEFFER
45 minutes

Chacun y est allé de son hypothèse. Avançant une tentative d’explication. Sans pouvoir aboutir à aucune certitude. À tel point que 36 ans après les faits, le voile du mystère recouvre toujours la mort de Ginette Karzmierczak, survenue dans la nuit du 11 au 12 mai 1977 à Uruffe, village du Toulois.

Ce 12 mai, peu avant 4 h du matin, la voisine de palier de cette sexagénaire, laquelle réside en réalité quelques jours dans l’appartement de son fils (parti chez sa fiancée cette nuit-là), se prépare pour aller prendre son service aux verreries de Vannes-le-Châtel. Intriguée par une odeur de fumée et des crépitements, elle alerte les pompiers. À leur arrivée, ces derniers découvrent, dans le couloir d’entrée, le corps de Ginette Kazmierczak sans vie et en partie calciné : tout le tronc, une bonne partie du visage et le bras gauche. Le droit, ainsi que les jambes (et même les collants qui les enserrent) sont intacts.

Nommé par le juge d’instruction chargé de l’affaire, André Laurain, alors sapeur-pompier et expert honoraire près la cour d’appel de Nancy, a participé aux investigations. Il se souvient comme si c’était hier du mur d’interrogations auquel les enquêteurs se sont heurtés, gendarmes et experts scientifiques confondus. « On note de nombreux éléments troublants dans cette affaire », souligne celui qui coule aujourd’hui une retraite paisible à Vandœuvre-lès-Nancy. « Des traces de carbone ont été relevées à plusieurs endroits de l’appartement, aux murs et aux plafonds. Mais surtout, le parquet en chêne était totalement détruit sous la partie calcinée du corps, mais absolument intact sous les jambes et le bras, non touchés. La démarcation est nette, parfaite ; il n’y a donc pas eu propagation comme dans un feu classique. »
3.000°C pendant 2 heures

Le classicisme n’est de toute façon pas la caractéristique première de ce sinistre fait divers, y compris au sujet des habitudes de vie de la victime, habituellement réglées comme du papier à musique. « Selon son fils, chaque soir vers 20 h, sa mère suivait le même rituel : elle faisait sa toilette, enfilait une chemise de nuit, dînait et regardait la télé avant d’aller se coucher. » Or, les enquêteurs retrouveront la chemise de nuit pliée à la tête du lit, ainsi qu’une robe marron en bon état, mais jetée dans la poubelle. « Personne ne sait ce qui a pu chambouler ses habitudes », reprend André Laurain.

« Par ailleurs, un jeune homme, avait frappé à la porte de l’appartement vers 19 h 30, il voulait voir le fils de Mme Kazmierczak. Celle-ci avait alors ouvert. Elle avait, selon ce témoin, le visage livide et indéfinissable. »

La victime, en proie à certaines angoisses obsessionnelles, s’aspergeait par ailleurs régulièrement d’un produit aérosol anti-puces. Une des pistes explorées à l’époque, analyses chimiques à l’appui. Sans résultat. « On a aussi cherché du côté du fuel, mode de chauffage, mais ça ne collait pas, il y aurait eu d’autres dégâts, au moins la propagation d’un feu. Là, ce n’est pas ça. »

« Scientifiquement parlant », ça s’appelle de la calcination : selon les légistes, pour obtenir une telle destruction du corps, il faut une température d’environ 3.000 degrés durant deux heures.

« De toute façon, dans tous les cas pour qu’il y ait combustion il faut trois éléments », résume André Laurain. « Un combustible, qui ici est donc le corps ; de l’oxygène, là celui présent dans l’appartement ; et une énergie de démarrage. C’est le chaînon manquant : comment ce’’feu’’ est-il parti ? Et pourquoi ne s’est-il pas étendu ? »

Des questions encore sans réponse à ce jour. Et à jamais, sans doute.

gatogato
gatogato
Niveau 7
21 juin 2026 Ă  17:55:02

https://www.lemonde.fr/realites-biomedicales/article/2026/06/01/la-combustion-humaine-dite-spontanee-histoire-d-un-phenomene-deroutant-vieux-de-pres-de-trois-siecles_6695933_6579630.html

Tout commence - ou presque - le 14 mars 1731, dans la petite ville italienne de Cesena. Ce matin-là, la servante de la comtesse Cornelia Zangheri Bandi, aristocrate de 62 ans réputée pour sa piété, découvre avec horreur le corps de sa maîtresse.

Le spectacle est hallucinant : le corps est presque entièrement calciné, réduit à une masse noircie et friable, tandis qu’une moitié du crâne, une partie des jambes et quelques doigts restent intacts. Il semble avoir été consumé de l’intérieur. Chanoine à Vérone, Giuseppe Bianchini est appelé sur les lieux. Il confirme que « les jambes de la comtesse, encore gainées de leurs bas, sont intactes, tandis que la tête, le cerveau et une partie du crâne sont réduits en cendres ».

Le lit n’a pas brûlé. Les meubles alentour sont à peine endommagés, seulement maculés d’une suie noire et grasse. L’odeur pestilentielle imprègne la chambre et gagne les pièces voisines. Les cendres atteignent même la cuisine, où elles recouvrent murs, meubles et ustensiles. Un morceau de pain, noirci par la suie, est proposé à plusieurs chiens, qui refusent d’y toucher.

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La portée médicolégale de ce phénomène apparaît clairement dans l’affaire dite Millet. En 1725, à Reims, les restes calcinés de Jeanne Lemaire Millet, épouse de l’aubergiste Jean Millet, sont découverts dans la cuisine, près de l’âtre. Il ne reste que les jambes, une partie de la tête, quelques vertèbres dorsales et quelques autres os volumineux. Le reste du corps n’est plus qu’une masse noircie et graisseuse, alors que le sol et les meubles alentour sont à peine touchés.

Le mari est accusé de meurtre et condamné, mais l’affaire est portée en appel. C’est là qu’intervient Claude-Nicolas Le Cat, chirurgien, naturaliste et académicien. Dans un mémoire argumenté, il défend l’idée que la mort pourrait être due à une combustion dite spontanée. La juridiction supérieure est convaincue : Millet est innocenté. Le Cat rapportera l’affaire plus tard dans le Mémoire posthume sur les incendies spontanés de l’économie animale (1813).

Millet meurt peu après, consumé par la tristesse.

Pour Le Cat, la combustion résulterait d’un « fluide caustique » qui en se combinant à la graisse corporelle serait rendu plus inflammable par la consommation d’alcools forts. Il postule même l’existence d’un « phosphore humain », capable de s’embraser spontanément, notamment chez les personnes âgées, sédentaires ou alcooliques. Aucune preuve expérimentale ne vient toutefois étayer cette hypothèse.

Pierre-Aimé Lair, dans son Essai sur les combustions humaines, produites par un long abus des liqueurs spiritueuses (1800), insiste sur le rôle de l’alcool, censé imprégner les tissus. Il décrit des corps « spongieux », principalement féminins, plus susceptibles d’absorber les spiritueux.

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