Depuis plusieurs mois, Christophe Lenain patron et fondateur de la librairie Hayaku Shop, dans le Vème arrondissement de Paris, ressent nettement cette baisse de volumes des ventes. En cause d'abord, la crise du papier, lié à la guerre en Ukraine, qui force les imprimeurs et in fine les éditeurs à augmenter leurs prix. La barre psychologique des 6,99 € a largement été franchie et certains mangas se vendent désormais aux alentours de dix euros. Conséquence, explique le libraire, "alors que le panier moyen se situait à huit mangas et deux autres que l'on n'avait pas prévu d'acheter, les clients se limitent désormais à cinq exemplaires et pas un de plus".
Grande amatrice de manga et étudiante en langue et civilisation japonaise, Emma, 21 ans, confirme être aujourd'hui contrainte à des arbitrages pour assouvir sa passion : "Chaque mois, je dépense entre 100 et 150 euros de mangas. Avec la hausse des prix, je suis obligée d'en acheter trois ou quatre en moins." Elle est contrainte également d'étaler ses achats, quitte à devoir attendre pour découvrir le nouvel épisode d'une série.
Car si les ventes sont en baisse, la production, elle, ne faiblit pas : "Environ 160 nouveautés par mois, c'est de la folie" se désole le libraire Christophe Lenain, qui voit parfois de nouveaux mangas partir au pilon avant même que ses clients aient pu les feuilleter.