Le vitrail
Un vitrail sublime dans la cité du lys
Divisait les couleurs, les étendait au sol,
Éclaboussait les murs, appelait les délices
Et par la lumière projetait ses symboles.
Cette œuvre de couleur trouvait son absolu
Dans un verre brisé, qui ne répandait plus
La couleur d'un drapé, mais préférait laisser
Passer la pureté d'une lueur dorée.
Ce rayon solaire échouait sur des poignets,
Caressant ces deux mains se serrant fortement,
Les doigts étaient croisés, dévoués, ils priaient.
La chaleur du soleil réchauffait cette enfant
À genoux en compagnie d'un jeune garçon.
Tous deux étaient absorbés dans leur communion.
Ces deux êtres, dont la beauté n'avait d'égal
Dans ce doux instant où se rencontrait le pâle
De la main d'une enfant et ces ondes célestes,
Imploraient avec les plaintes des jours funestes
Que le lien de soie qu'ils avaient sus nouer,
Malgré les hommes, ne serait jamais tranché.
Des pas rapides, des voix se faisaient entendre.
Des armes, des bottes, on venait pour les prendre.
Des frissons parcouraient la frêle jeune fille
S’en remettant à Dieu sans que se voix vacille.
Le garçon l’écoutait, silencieusement,
La regardait quelques fois, subrepticement,
Comme s'il n'eut pût vivre sans la regarder,
Où que ce fut l'ultime fois pour l'admirer.
Il oyait leur malheur qui montait l'escalier,
Vit un fragile pleure rouler sur ses joues,
Enlaça celle qui ne cessait de prier,
Se préparait à subir des hommes leur joug.
Jeune amour empêché, n'est jamais délié,
Beni par un rayon qui sut se faufiler,
Deux âmes innocentes, pour l'éternité,
Vinrent s'unifier.
Déjà ces deux-là. Soyez sans pitié.
Message édité le 10 mai 2023 à 22:14:09 par PubliusOvidius