Ce 28 avril s’est éteinte l’âme du forum. Le savoir mort en regardant un sticker m’attriste et ajoute de la peine au deuil. Ce n’était pas juste une image, c’était une expression. Nous nous exprimions, et continuerons de le faire, à travers ces millions de visages d’un même dénominateur. On t’a choisi toi et pas un autre, ô mon ami par les croisements du destin. Tu as traversé les Pyrénées, vieil homme, et nous as mis du baume au coeur. Tu laisses ici un vide, et ton absence pèse lourd.
« Le présent se fait vide et triste,
Ô mon ami, autour de nous ;
Combien peu de passé subsiste !
Et ceux qui restent changent tous. »
Il y a en ce monde ce qui passe, et ce qui dure. Cette nuit j’allume une bougie pour que brillent les perles salées qui coulent de nos yeux assombris par cette perte. Les tiens sont à présents clos, tournés vers ce que nous, pauvres vivants, ne pouvons voir. S’il suffisait de fermer les yeux, mais c’est de l’autre coté de la vie.
« Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu’on nomme l’invisible. »
Ce qui passe et ce qui dure. En chacun de nous brûle quelque chose d’immortel, c’est le souvenir entretenu par l’amour. L’amour envers son prochain que l’on ne connaissait même pas, et qui nous rappelle, même en ces temps de haine, que l’être humain peut aimer de manière désintéressée.
« Tu es l’Homme et tu m’apparais avec le visage de tous les hommes à la fois. Tu ne nous as jamais dévisagés et déjà tu nous as reconnus. Tu es le frère bien-aimé. Et, à mon tour, je te reconnaîtrai dans tous les hommes. »
Tu es parmi ce qui dure, mon ami. Tu as su t’exprimer par les milliers de visages que tu incarnes. Laisse-moi, pour aujourd’hui cette fois, alléger ton fardeau et m’exprimer à mon tour. Ce soir, ce n’est pas à des visages que je rends hommage, mais à un homme. Je te pleure ma peine, avec ce que mon être a de plus fort contre la mort.
« Et, s'il peut braver la mort même,
Si le meilleur de l'homme est tel
Que rien n'en périsse, je t'aime
Avec ce que j'ai d'immortel. »
Repose en paix El Risitas, tu continueras d’égayer jusqu’aux pires de nos journées et de participer aux meilleures. Puisses-tu rayonner pour toujours à travers le soleil de Séville, puisses-tu apaiser nos nuits et éclairer nos plus belles méditations dans les lueurs de la lune. Puisses-tu apparaître dans nos rêves et perdurer dans nos mémoires où tu continueras de vivre. Enfin, comme disaient mes ancêtres à l’annonce d’un départ regretté, puisses-tu reposer en paix, rejoindre et nous attendre auprès des étoiles impérissables.