Chapitre XI
- Il n'y a vraiment rien que je puisse faire pour vous aider ? 
- Une seule chose. Vous entrainez le roi au maniement de l'épée, il me semble.
- C'est exact.
- Mettez-le en garde au sujet d'Erryk. Un jour viendra où mon combat sera le sien. 
- J'y veillerai. 
Deux jours plus tard ...




- Mon bichon ! Regarde, c'est Port-Réal ! Nous sommes arrivés ! 
- Comment est-ce que vous m'avez appelé ? 
- E-excuse-moi, c'est l'émotion ... 
- Moins tolérant que moi vous aurait cousu les lèvres pour moins que ça. Je ne suis pas votre bichon. Je suis le roi. 
- ...
La reine contemplait son fils avec béatitude, le regard embué, mais empli de joie.
- Comme je suis fière de toi ! Tu feras un grand roi, je le sais. Comme ton père. 
- Il faudra d'abord gagner la guerre. 
- C'est en cours. Ne t'en soucie pas, ta mère va s'occuper de tes ennemis pour toi, et te laisser un royaume uni et prospère de Dorne jusqu'au Mur ! 
- Avez-vous lu les rapports que Port-Réal nous a envoyé ?
- Non, mais je vais me pencher dessus dès que ...
- Ils ne sont pas très optimistes. 
Le roi fixait l'horizon, où se précisaient les rivages de la Baie de la Néra, et les contours du Donjon Rouge.
- Au fait, qui est cette demoiselle un peu laideronne qui voyage avec nous vers Port-Réal ? Je t'ai vu lui parler, dans les jardins, à Peyredragon.
Il ne répondit pas, mais laissa s'échapper un soupir de lassitude.
- Tu as un succès fou auprès des filles pourtant ! Même pour s'amuser, tu devrais trouver mieux qu'elle ! 
- Mère ? 
- Oui ? 
- Vous n'allez pas débarquer à Port-Réal dans cet accoutrement ? Allez vous préparer. Nous tiendrons une séance du Conseil dès mon arrivée.




L'arrivée du roi et de la reine régente à la capitale fut célébrée avec autant de pompe que les évènements le permettaient. Le peuple, se remettant tout juste du pillage qu'il venait de subir, brilla par son absence; il fut remplacé par la chevalerie et la soldatesque du roi. Des régiments entiers, portant fièrement les étendards de leurs seigneurs, étaient présents pour accueillir leur souverain. Mannis Belmore, Aenar Velaryon et Erryk Sand s'étaient déplacés pour honorer la reine mère et le roi, suivis par de nombreux seigneurs et chevaliers, au nombre desquels vous êtes évidemment.
Très vite, la reine déclare vouloir tenir une séance du Conseil Restreint. Elle proclame que son fils y assistera, et ordonne à ses membres de se rendre immédiatement dans la salle du conseil. Une heure plus tard, la séance était achevée, mais la reine vous cherchait partout avec un grand sourire, pour vous annoncer:
- Lord Noirécume, félicitations, vous êtes notre nouveau Maître des Lois ! 
- M-merci, Votre Grâce ...
Abasourdi, vous écoutez la reine déverser sur vous un flot d'informations et de recommandations.
- La prochaine réunion se tiendra dans deux jours. Et n'oubliez pas que vous êtes toujours le maitre d'armes du roi ! Aemon est content de vous avoir ! Aenar, je vous prie, indiquez à lord Célestin les appartements du Maitre des Lois. 
- Tout de suite, Majesté. 
Vous prenez congé de la reine, et marchez avec le Maitre des Navires vers vos futurs appartements.
- Eh bien ! Vous voici membre du Conseil Restreint, à présent. Formidable ascension. 
- Qui est-ce qui a proposé ma nomination ?
- Moi. Lord Erryk et lord Mannis y voyaient un inconvénient, mais la reine mère a jugé mon idée appropriée.
- Vous m'aviez dit de rester à l'écart. 
- Avant d'apprendre que la reine voulait modifier la constitution du Conseil. Et puis, ce n'est pas plus mal. Plus vous êtes dans la lumière, plus il est difficile de vous porter atteinte. Restez dans la proximité de la reine, quelle se souvienne de vous, faute de quoi tout ce qui pourra vous arriver sera vu comme anecdotique par elle.
- Et ... Maitre des Lois, est-ce que c'est un poste important ?
- En fait, non, c'est complètement inutile. Le plus risible des postes du Conseil. Tout ce que vous avez à faire, c'est enregistrer les lois et conseiller la reine. Ah, et vous nommez également les gardiens des prisons et la Justice du Roi; mais cela n'a pas grand intérêt. C'est toujours un petit peu mieux que rien du tout, vous me direz. 
- ... 
- La seule chose que vous ayez à faire pour le moment, c'est de torturer lord Swann pour lui soutirer les informations sur les intentions de l'ennemi. Voici vos appartements, lord Noirécume. Bonsoir ! 
Aenar vous laisse devant une porte entr'ouverte, à travers laquelle vous pouvez deviner le luxe de vos prochains appartements. Vous pénétrez dans la pièces, admirant votre nouvelle chambre, votre nouveau bureau, votre nouveau lit, les tapisseries qui décorent vos murs, les plantes exotiques et le parfum enivrant qu'elles exhalent... Et la fille que vous trouvez étalée par terre, prise d'incontrôlables sanglots.
- Ehm ... mademoiselle ?
La jeune fille relève la tête, pour voir à qui elle a affaire. Ses traits sont faméliques, son ossature saillante, et vous devinez qu'elle a passé plusieurs jours sans manger mais elle garde une beauté qui ne manque pas de vous troubler. Dans son regard se mêlent crainte et désespoir.
- ...
A > T'es chez moi, bouge de là en vitesse.
B > Qui es-tu ? Qu'est-ce que tu fais là ? Qu'est-ce qui t'es arrivé ?
C > Tu as l'air d'avoir faim ... 