Chapitre X






Alors que l'agitation règne encore dans le Donjon Rouge, vous vous retrouvez seul, avec Erryk Sand, Mannis Belmore et Aenar Velaryon, dans la Salle du Trône. Le Trône de Fer se dresse dans toute sa hauteur, face à vous, et étend son ombre au bout de la salle.
- Ce bon vieux trône avait presque fini par me manquer. Pas vous ?
- Il n'y a que vous qui en rêviez jour et nuit, Sand. 
- Rabat joie.
- Il n'y a pas matière à se réjouir. Nous sommes toujours en guerre. L'Usurpateur marche toujours sur Port-Réal. Et nous avons perdu notre roi. 
- Alors, qui va gouverner, maintenant ? Ce n'est pas Aemon, si ?
- Non. En vertu de nos lois, la régence échoit à la reine mère Maerena. 
- E-et est-ce que c'est une bonne chose ?
- Eh bien ...
- En fait ... Que dire ...
- Elle a de la chance d'avoir de bons conseillers. 
- Silence. Ne remettez plus en question les capacités de la reine régente en ma présence.
- Bref. Combien de prisonniers avons nous capturé, lord Erryk ?
- Des tas. Pour la plupart, des chevaliers et des nobles du Bief et des Terres de l'Orage. Notamment lord Caswell, lord Torth, et lord Rowan. Lord Tarly a été tué au cours des combats, semble-t-il, de même que lord Connington. Les plus puissants seigneurs sont en route aux côtés de lord Andréas, cela dit. D'après ser Judas Whent, lord Swann - le commandant de la garnison - détient des informations profondément confidentielles sur la conduite des opérations de l'Usurpateur.
- Il faudra l'interroger.
- Un travail pour le futur Maitre des Lois.
- C'est exact. Messieurs, vous pouvez disposer. Quartier libre, jusqu'à l'arrivée de la reine.
Chacun vacant à ses occupations, vous décidez de vous rendre dans les appartements d'Aenar, qui s'est arrogé les quartiers du Maitre des Navires.
- Lord Noirécume ! Entrez, je vous en prie. vous vouliez me dire un mot ?
- Oui.
- Quoi donc ?
- Eh bien ... comment, dire ... Avec tous les évènements, je suis un peu perdu. Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?
- Maintenant ? on pille les réserves de vin et d'abricots du Donjon Rouge. On se tourne les pouces, on attend que nos hommes aient fini de saccager la ville, que la reine arrive. Ce qui compte, c'est ce qui se passera après.
- Et qu'est-ce qui se passera après ?
- La guerre reprendra. Pas seulement celle que nous devons mener contre les Baratheon.
- Celle qui vous oppose les uns aux autres.
- Oui. Un équilibre avait fini par se trouver, sous le roi Aegon, entre les différentes factions qui se disputaient la prédominance au conseil. A la fin, les choses étaient assez simples. Il y avait Erryk d'un côté, moi de l'autre. Mais le roi est mort, et cet équilibre est rompu. Lord Erryk va tenter d'accroître encore son influence sur la reine, de nommer ses pions au conseil et de faire sa loi à la Cour.
- Parce que vous n'allez pas faire la même chose ?
- Le pouvoir ne m'intéresse pas. La gloire me suffit.
- Dans ce cas, qu'est-ce qui vous pousse à vous opposer à lord Erryk ? Vous pourriez vous allier: à lui le pouvoir, à vous les honneurs et ...
- Erryk ne veut pas d'alliés. Il n'a que des ennemis et des pions. S'il parvenait à obtenir l'emprise absolue qu'il souhaite sur la couronne, nous serions tous deux menacés. Je serai en première ligne, parce que j'ai 20 000 hommes dans Port-Réal et les faveurs du Conseil. Mais vous êtes le Seigneur de la Treille, c'est un titre important. Une fois qu'il en aura fini avec moi, il veillera à vous soumettre ou à vous éliminer à votre tour. Mais vous devriez ne pas vous mêler de ça, c'est trop dangereux. J'en fais mon affaire. J'ai une ... un informateur auprès de lui, je serai averti. Veillez sur vous. Ne vous laissez pas approcher par des hommes dont vous ne soyez certains de la loyauté. 
A > Très bien, messire, j'y veillerai. 
B > Y'a rien que je puisse faire pour vous aider ?
C > C'est étrange, lord Erryk aussi vous dépeint comme un danger public. 