http://etudiant.lefigaro.fr/stage-emploi/actu/detail/article/galere-des-bac-5-les-jeunes-diplomes-sans-emploi-temoignent-20351/
«Plus de 150 candidatures et toujours rien...Ah si, 3 entretiens».
Comme la culture, la communication est un secteur difficile. Et même avec un diplôme obtenu dans une école prestigieuse, la quête d’un travail se révèle compliquée. Marlène* 23 ans est titulaire d’une licence en communication obtenue à Sciences Po ainsi que d’un master professionnel en communication internationale passé au Celsa. «La majorité des offres demandent 3 à 5 ans d’expérience. Je suis diplômée depuis décembre 2015 , et depuis janvier je cherche un boulot...en vain. J’ai envoyé 150 candidatures et toujours rien...Ah si, 3 entretiens». La jeune femme comprend que la recherche d’emploi est délicate, mais plus qu’à la conjoncture, c’est à son école qu’elle en veut. «L’école nous a dit que l’on commencerait à 2000 euros net, c’est dur de voir la vérité en face. La vérité c’est 1700 euros brut par mois pour 5 ans d’études , parfois moins... Pour ne pas rabaisser leur diplôme, ils nous font miroiter des choses, je ne suis pas la seule dans ce cas» fulmine Marlène.
«Mes parents ont payé près de 20 000 euros de frais de scolarité»
Les diplômés des grandes écoles de commerce ne sont pas épargnés, même s’ils sont statistiquement moins touchés par le chômage que les diplômés de l’université. A 25 ans, Hugo est diplômé d’une licence de management international et d’un master de management obtenu à Skema business school. Il lui est de plus en plus difficile d’accepter sa situation. Au manque d’argent, il faut souvent allier la honte. «Franchement ça devient insupportable. Le matin je cherche, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour trouver mais je ne peux pas rester caché chez moi! Parfois, je me dis que ça serait la bonne solution car dès que je mets un pied dehors et que je m’amuse je me sens coupable. Mes parents ont payé près de 20 000 euros de frais de scolarité. Ce n’est pas pour me voir errer dans la rue. J’ai honte, ça me fait de la peine pour eux».
«J’hésite à aller faire ma vie à l’étranger, en Espagne ou à Cuba»
Pour reprendre confiance en lui, Hugo pense à une décision radicale. «J’hésite à aller faire ma vie à l’étranger, en Espagne ou à Cuba. Il n’y a pas forcément plus de boulot là-bas mais au moins je me sentirai libre. Je serai prêt à être serveur ou autre, mais je veux juste ne plus me sentir coupable d’une situation contre laquelle je ne peux rien... Passer de 6 mois d’échecs répétés à l’aventure, franchement il n’y a pas photo!», se convainc Hugo. Il n’est pas le seul à y penser. Selon l’enquête menée par la plateforme qapa.fr, les diplômés sont toujours plus nombreux à vouloir s’expatrier. Un quart des sondés souhaitant travailler à l’étranger ont au moins un niveau master. Un chiffre en augmentation, puisqu’ils n’étaient que 20% en 2014.