Méta le seul à apporter de la substance au topic
Amen
Le 28 décembre 2018 à 19:19:17 Metatron a écrit :
Bon, c'est pas tout ça, mais vu l'absence scandaleuse de trolls durant la période des fêtes, je me dois de relancer le niveau. Je poste ici ma première version de mes réflexions de mon expérience d'entrepreneur, que j'ai partagée jusqu'ici uniquement avec quelques proches. Je les ai nommées, comme tout bon manifeste du parti communiste chinois, les "sept toujours".Principe #1 : Toujours viser le plus haut possible (tier 1)
La première raison est que l'effort requis pour réaliser de grandes choses est le même que pour un projet mineur. J'en ai fait le constat avec ma startup, que je présentais dès l'origine dans mes pitchs comme un projet medium-risk, medium-reward. Au terme de 18 mois de sacrifices, on l'a vendu pour quelques millions d'euros -- un montant effectivement modeste. Si c'était à refaire, j'aurais conçu un projet de bien plus grande ampleur.
L'autre raison pour laquelle il faut toujours viser très haut est que ce qui nous paraît inaccessible ne l'est souvent pas, quand on se donne la peine d'essayer. L'autocensure est sans doute l'une force les plus importantes de notre univers mental. Par exemple, quand j'ai écris mon livre, je n'imaginais pas du tout trouver un éditeur de premier plan comme Dunod. Je ne connaissais personne dans l'édition, le manuscrit n'avait écrit qu'en deux mois et j'étais critique à l'égard de mon propre style. J'ai failli accepter un contrat d'un éditeur de second rang, juste avant que Dunod ne réponde
La troisième raison est que souvent, la loi du winner takes all prévaut. La prime au numéro un est colossale. Par exemple, HEC est loin devant le reste des écoles de commerce. Les MBB sont loin devant les autres cabinets de conseil. Travailler à Goldman Sachs ou à BNPP n'a rien à voir. Et ainsi de suite.
La dernière raison, qui s'applique à la vie professionnelle plus qu'entrepreneuriale, est souvent, les acteurs de tier-2 sont aigris : comme les médaillés d'argent des JO, ils vivent très mal leur seconde place sur le podium. Tandis que les acteurs de tier 1 ont une confiance tranquille dans leur statut, qui se traduit par une mentalité plus saine. Ainsi, les pires cabinets de conseil sont ceux de tier 2, qu'ils soient de grosses institutions allemandes qui maltraitent leurs employés, ou des boutiques dépressives. On pourrait même dire que cela s'applique aux Etats, quand on voit le sentiment de déclassement omniprésent en France.
Principe #2 : Toujours privilégier la marque
Mes trois ans dans une boutique de conseil, pourtant renommée, ont été trois ans de perdus. Aucun investisseur ne connaissait la marque et j'aurais aussi bien pu avoir été étudiant fraîchement émoulu de l'école ou chômeur de longue durée. Quand j'ai retrouvé un emploi dans un cabinet de conseil bien connu, j'ai été réintégré à un grade très junior, à peine un grade au-dessus d'analyste, pour cette même raison. Et quand j'ai postulé à un célèbre fond de private equity, j'ai été débouté au dernier tour, malgré des avis enthousiastes, parce qu'à part quelques français, personne ne connaissait ma boutique.
La marque employeur est cruciale, même si vous voulez devenir entrepreneur ou si vous ne recherchez qu'un petit job tranquille. C'est un passage obligatoire qui fait qu'on vous prend au sérieux où que vous alliez.
Quand vous créez votre entreprise, la marque que vous réussissez à bâtir est votre actif le plus important. C'est ce que j'ai fait avec ma propre boîte, en multipliant les interventions dans la presse, les salons, le marketing... et ça a certainement contribué à une bonne part de notre valorisation.
Principe #3 : Toujours chercher de l'argent
Voici un conseil spécifique aux entrepreneurs : si vous voulez lancer une startup, la levée de fonds est le principal facteur de succès.
Même des idées idiotes peuvent réussir parce qu'elles sont très bien financées (regardez Ledger). Même des entreprises très mal-gérées peuvent s'en sortir grâce à des financements massifs (regardez Fidor, une néobanque inférieure à ses concurrents, dont la BPCE a fait les frais). Mais sans fonds, rien n'est possible. Et si vous n'êtes ni stupide, ni fainéant, alors, avec des fonds, vous ne pouvez que réussir.
Le meilleur exemple est celui de Carlyle, qui a réussi a devenir la plus grande société de Private Equity du monde alors qu'elle s'est lancée plus tardivement que tout le monde -- et à Washington, et non à New-York, qui plus est ! Cette réussite doit tout au génie de Rubinstein, qui a focalisé tous ses efforts sur la levée de fonds -- qui était à l'époque anecdotique.
C'est pour ça que je déconseille de créer sa startup en France, où les fonds sont si rares -- à moins d'avoir des relations privilégiées qui permettent de lever des fonds. Il faut aussi, dès le premier jour de la création de la startup, se mettre en quête de fonds et concevoir toutes les premières années comme un long pitch.
Principe #4 : Toujours travailler avec les meilleurs
Ma première équipe de cofondateurs étaient diplômés d'une obscure école d'ingénieur -- sauf un, qui était diplômé d'une école de tier 2. A l'époque je pensais avoir absolument besoin de développer mon produit rapidement, parce que l'un des clients chez qui j'étais consultant m'avait promis de l'acheter rapidement. In fine, je n'ai jamais entendu parlé de ce client après cette date et je lui souhaite de végéter dans sa carrière minable. Mais c'est une autre histoire. Pressé par le temps, je me suis donc empressé de rassembler l'équipe et de lancer le projet, même si je n'était pas impressionné ni par les performances intellectuelles de mes associés, ni par leur éthique de travail.
Finalement, lesdits associés ont essayé de me faire un coup en traître. J'ai du, au terme d'une longue bataille, les exclure et racheter leur parts pour une bouchée de pain. Je me suis ensuite associé avec un ancien de l'ESSEC que j'avais brièvement connu, une association qui s'est révélée bien plus profitable.
Par les meilleurs, je n'entend pas nécessairement l'excellence académique, mais soyez sûr que, dans son domaine, chacun des fondateurs soit dans le top 0.1%. Ce n'est pas qu'une question de compétences -- bien que ça soit essentiel -- mais aussi d'éthique de travail. Seul quelqu'un qui a su se hisser au sommet de son domaine, aura les épaules pour mener un projet entrepreneurial.
Principe #5 : Toujours être dans l'action
Ce conseil vaut particulièrement pour la France, où tout est si lent. Il est facile de s'abandonner à la frustration, tant tout s'écoule à la vitesse de la dérive des continents. Dans le domaine de ma startup, le B2B avec des banques, rien n'advenait à moins d'un an. Et c'est sans compter l'administration. Cela vaut même l'édition: entre ma première prise de contact avec mon éditeur et la signature de mon contrat, il s'est écoulé six mois. Quant à la revente de mon entreprise, ça a également pris six mois.
Le seul moyen de supporter cette frustration sans devenir fou, c'est d'avoir plusieurs fers aux feu. J'ai écrit mon livre d'abord comme un moyen de m'aérer l'esprit en attendant que le long processus de revente parvienne à son terme. L'attente conduit immanquablement à la dépression. Seule l'action perpétuelle permet de tenir le coup psychologiquement.
Principe #6 : Toujours douter
Dans la vie de tous les jours, il vaut mieux répéter la doxa ambiante. Il n'y a aucun mal à avoir tort avec tout le monde. Parfois, ça ressert même les liens : en partageant son abattement à la machine à café le lendemain de l'élection de Trump ou du Brexit, par exemple. A l'inverse, avoir raison contre la majorité n'est pas nécessairement une issue heureuse. Certes, on peut avoir son heure de gloire après les événements, mais il faut d'abord subir l'ostracisme. Et, surtout, on prend le risque d'avoir tort contre la majorité, le châtiment ultime.
Par contre, il y a un domaine où il faut faire preuve d'indépendance d'esprit et se forger ses propres opinions, c'est la manière dont on mène sa propre carrière et, plus encore, ses projets entrepreneuriaux. C'est une chose de répéter avec ses collègues en happy hour que Trump est un idiot dangereux, mais si vous pensez en fait que sa politique économique va relancer la croissance, alors investissez dans des actions américaines.
Personnellement, c'est là où j'ai totalement échoué dans ma startup. L'opinion commune dispose que les gens veulent mieux investir leur épargne. C'est pour cela que des startups développant des algorithmes d'investissements ou de profilage client ont vu le jour. C'est malheureusement totalement faux. Une étude détaillée de la littérature scientifique montre que les gens sont très irrationnels quant à leur épargne. Pour des raisons mystérieuses, la logique de portefeuille leur échappe complètement. La seule chose qui les incite à être moins irrationnels est quand on leur propose un choix par défaut intelligent.
C'est pour ça que l'idée de départ de ma startup était mauvaise. J'ai du pivoter et in fine, malgré une idée moyenne, j'ai réussi à en faire quelque chose de correct grâce à une très bonne exécution. Mais j'ai cédé à la facilité en croyant l'histoire dominante et ça m'a coûté cher. Si j'avais compris cette vérité profonde, qui est que nous sommes tous stupides par rapport à notre épargne et que nous voulons continuer à l'être, j'aurais créé une tout autre startup -- et peut-être qu'on serait sorti pour plusieurs centaines de millions au lieu de notre sortie modeste.
Toujours raconter sa propre histoire
Quand j'ai reçu les premières marques d'intérêt de rachat de mon entreprise, je n'avais aucun autre process en cours. Ca ne m'a pas empêché de faire croire que j'avais déjà une offre de rachat sur le point d'aboutir, pour augmenter la désirabilité de l'entreprise. Sans ce bluff, le rachat ne se serait sans doute pas fait. Une belle illustration du "désir mimétique" de René Girard, on ne veut que ce que les autres veulent aussi.
Quand j'ai passé mes entretiens en Private Equity et dans le conseil, le rachat était tout sauf acquis -- ce n'était qu'une simple idée évoquée lors d'un déjeuner. Ca ne m'a pas empêché de le présenter comme un fait accompli lors de tous mes entretiens. Sans ça, mon parcours entrepreneurial aurait été vu comme un échec et non le succès qu'il allait devenir.
Nous autres être humains adorons les histoires. On ne peut s'empêcher de voir le monde à travers elles. Il faut toujours raconter son histoire comme un succès, sans mentir, mais sans se tirer des balles dans le pied par excès de candeur non plus. Personne ne tolère les échecs, même dans les cultures qui disent les accepter comme aux Etats-Unis. L'échec n'est acceptable que quand il est éclipsé par un succès plus grand encore. Alors seulement son aveu devient-il une marque d'humilité et de persévérance. Ma Yun (Jack Ma) aime à raconter qu'il n'avait enchaîné que les échecs avant de lancer Alibaba. Mais, lorsqu'il pitchait Goldman Sachs (son premier investisseur), il est certain qu'il présentait son histoire comme une succession de succès.
Tu t'es fait du mal pour rien et pour des légions d'étudiants qui nous lisent et qui finiront en flop 10 (ce qui fera plaisir à tante Monica).
Stylé Meta ! T'as un lien pour acheter ton livre ?
La dernière partie (histoire) me rappel le livre "Sapiens" de Harari
il dit la même chose.
Le 28 décembre 2018 à 19:19:17 Metatron a écrit :
Bon, c'est pas tout ça, mais vu l'absence scandaleuse de trolls durant la période des fêtes, je me dois de relancer le niveau. Je poste ici ma première version de mes réflexions de mon expérience d'entrepreneur, que j'ai partagée jusqu'ici uniquement avec quelques proches. Je les ai nommées, comme tout bon manifeste du parti communiste chinois, les "sept toujours".Principe #1 : Toujours viser le plus haut possible (tier 1)
La première raison est que l'effort requis pour réaliser de grandes choses est le même que pour un projet mineur. J'en ai fait le constat avec ma startup, que je présentais dès l'origine dans mes pitchs comme un projet medium-risk, medium-reward. Au terme de 18 mois de sacrifices, on l'a vendu pour quelques millions d'euros -- un montant effectivement modeste. Si c'était à refaire, j'aurais conçu un projet de bien plus grande ampleur.
L'autre raison pour laquelle il faut toujours viser très haut est que ce qui nous paraît inaccessible ne l'est souvent pas, quand on se donne la peine d'essayer. L'autocensure est sans doute l'une force les plus importantes de notre univers mental. Par exemple, quand j'ai écris mon livre, je n'imaginais pas du tout trouver un éditeur de premier plan comme Dunod. Je ne connaissais personne dans l'édition, le manuscrit n'avait écrit qu'en deux mois et j'étais critique à l'égard de mon propre style. J'ai failli accepter un contrat d'un éditeur de second rang, juste avant que Dunod ne réponde
La troisième raison est que souvent, la loi du winner takes all prévaut. La prime au numéro un est colossale. Par exemple, HEC est loin devant le reste des écoles de commerce. Les MBB sont loin devant les autres cabinets de conseil. Travailler à Goldman Sachs ou à BNPP n'a rien à voir. Et ainsi de suite.
La dernière raison, qui s'applique à la vie professionnelle plus qu'entrepreneuriale, est souvent, les acteurs de tier-2 sont aigris : comme les médaillés d'argent des JO, ils vivent très mal leur seconde place sur le podium. Tandis que les acteurs de tier 1 ont une confiance tranquille dans leur statut, qui se traduit par une mentalité plus saine. Ainsi, les pires cabinets de conseil sont ceux de tier 2, qu'ils soient de grosses institutions allemandes qui maltraitent leurs employés, ou des boutiques dépressives. On pourrait même dire que cela s'applique aux Etats, quand on voit le sentiment de déclassement omniprésent en France.
Principe #2 : Toujours privilégier la marque
Mes trois ans dans une boutique de conseil, pourtant renommée, ont été trois ans de perdus. Aucun investisseur ne connaissait la marque et j'aurais aussi bien pu avoir été étudiant fraîchement émoulu de l'école ou chômeur de longue durée. Quand j'ai retrouvé un emploi dans un cabinet de conseil bien connu, j'ai été réintégré à un grade très junior, à peine un grade au-dessus d'analyste, pour cette même raison. Et quand j'ai postulé à un célèbre fond de private equity, j'ai été débouté au dernier tour, malgré des avis enthousiastes, parce qu'à part quelques français, personne ne connaissait ma boutique.
La marque employeur est cruciale, même si vous voulez devenir entrepreneur ou si vous ne recherchez qu'un petit job tranquille. C'est un passage obligatoire qui fait qu'on vous prend au sérieux où que vous alliez.
Quand vous créez votre entreprise, la marque que vous réussissez à bâtir est votre actif le plus important. C'est ce que j'ai fait avec ma propre boîte, en multipliant les interventions dans la presse, les salons, le marketing... et ça a certainement contribué à une bonne part de notre valorisation.
Principe #3 : Toujours chercher de l'argent
Voici un conseil spécifique aux entrepreneurs : si vous voulez lancer une startup, la levée de fonds est le principal facteur de succès.
Même des idées idiotes peuvent réussir parce qu'elles sont très bien financées (regardez Ledger). Même des entreprises très mal-gérées peuvent s'en sortir grâce à des financements massifs (regardez Fidor, une néobanque inférieure à ses concurrents, dont la BPCE a fait les frais). Mais sans fonds, rien n'est possible. Et si vous n'êtes ni stupide, ni fainéant, alors, avec des fonds, vous ne pouvez que réussir.
Le meilleur exemple est celui de Carlyle, qui a réussi a devenir la plus grande société de Private Equity du monde alors qu'elle s'est lancée plus tardivement que tout le monde -- et à Washington, et non à New-York, qui plus est ! Cette réussite doit tout au génie de Rubinstein, qui a focalisé tous ses efforts sur la levée de fonds -- qui était à l'époque anecdotique.
C'est pour ça que je déconseille de créer sa startup en France, où les fonds sont si rares -- à moins d'avoir des relations privilégiées qui permettent de lever des fonds. Il faut aussi, dès le premier jour de la création de la startup, se mettre en quête de fonds et concevoir toutes les premières années comme un long pitch.
Principe #4 : Toujours travailler avec les meilleurs
Ma première équipe de cofondateurs étaient diplômés d'une obscure école d'ingénieur -- sauf un, qui était diplômé d'une école de tier 2. A l'époque je pensais avoir absolument besoin de développer mon produit rapidement, parce que l'un des clients chez qui j'étais consultant m'avait promis de l'acheter rapidement. In fine, je n'ai jamais entendu parlé de ce client après cette date et je lui souhaite de végéter dans sa carrière minable. Mais c'est une autre histoire. Pressé par le temps, je me suis donc empressé de rassembler l'équipe et de lancer le projet, même si je n'était pas impressionné ni par les performances intellectuelles de mes associés, ni par leur éthique de travail.
Finalement, lesdits associés ont essayé de me faire un coup en traître. J'ai du, au terme d'une longue bataille, les exclure et racheter leur parts pour une bouchée de pain. Je me suis ensuite associé avec un ancien de l'ESSEC que j'avais brièvement connu, une association qui s'est révélée bien plus profitable.
Par les meilleurs, je n'entend pas nécessairement l'excellence académique, mais soyez sûr que, dans son domaine, chacun des fondateurs soit dans le top 0.1%. Ce n'est pas qu'une question de compétences -- bien que ça soit essentiel -- mais aussi d'éthique de travail. Seul quelqu'un qui a su se hisser au sommet de son domaine, aura les épaules pour mener un projet entrepreneurial.
Principe #5 : Toujours être dans l'action
Ce conseil vaut particulièrement pour la France, où tout est si lent. Il est facile de s'abandonner à la frustration, tant tout s'écoule à la vitesse de la dérive des continents. Dans le domaine de ma startup, le B2B avec des banques, rien n'advenait à moins d'un an. Et c'est sans compter l'administration. Cela vaut même l'édition: entre ma première prise de contact avec mon éditeur et la signature de mon contrat, il s'est écoulé six mois. Quant à la revente de mon entreprise, ça a également pris six mois.
Le seul moyen de supporter cette frustration sans devenir fou, c'est d'avoir plusieurs fers aux feu. J'ai écrit mon livre d'abord comme un moyen de m'aérer l'esprit en attendant que le long processus de revente parvienne à son terme. L'attente conduit immanquablement à la dépression. Seule l'action perpétuelle permet de tenir le coup psychologiquement.
Principe #6 : Toujours douter
Dans la vie de tous les jours, il vaut mieux répéter la doxa ambiante. Il n'y a aucun mal à avoir tort avec tout le monde. Parfois, ça ressert même les liens : en partageant son abattement à la machine à café le lendemain de l'élection de Trump ou du Brexit, par exemple. A l'inverse, avoir raison contre la majorité n'est pas nécessairement une issue heureuse. Certes, on peut avoir son heure de gloire après les événements, mais il faut d'abord subir l'ostracisme. Et, surtout, on prend le risque d'avoir tort contre la majorité, le châtiment ultime.
Par contre, il y a un domaine où il faut faire preuve d'indépendance d'esprit et se forger ses propres opinions, c'est la manière dont on mène sa propre carrière et, plus encore, ses projets entrepreneuriaux. C'est une chose de répéter avec ses collègues en happy hour que Trump est un idiot dangereux, mais si vous pensez en fait que sa politique économique va relancer la croissance, alors investissez dans des actions américaines.
Personnellement, c'est là où j'ai totalement échoué dans ma startup. L'opinion commune dispose que les gens veulent mieux investir leur épargne. C'est pour cela que des startups développant des algorithmes d'investissements ou de profilage client ont vu le jour. C'est malheureusement totalement faux. Une étude détaillée de la littérature scientifique montre que les gens sont très irrationnels quant à leur épargne. Pour des raisons mystérieuses, la logique de portefeuille leur échappe complètement. La seule chose qui les incite à être moins irrationnels est quand on leur propose un choix par défaut intelligent.
C'est pour ça que l'idée de départ de ma startup était mauvaise. J'ai du pivoter et in fine, malgré une idée moyenne, j'ai réussi à en faire quelque chose de correct grâce à une très bonne exécution. Mais j'ai cédé à la facilité en croyant l'histoire dominante et ça m'a coûté cher. Si j'avais compris cette vérité profonde, qui est que nous sommes tous stupides par rapport à notre épargne et que nous voulons continuer à l'être, j'aurais créé une tout autre startup -- et peut-être qu'on serait sorti pour plusieurs centaines de millions au lieu de notre sortie modeste.
Toujours raconter sa propre histoire
Quand j'ai reçu les premières marques d'intérêt de rachat de mon entreprise, je n'avais aucun autre process en cours. Ca ne m'a pas empêché de faire croire que j'avais déjà une offre de rachat sur le point d'aboutir, pour augmenter la désirabilité de l'entreprise. Sans ce bluff, le rachat ne se serait sans doute pas fait. Une belle illustration du "désir mimétique" de René Girard, on ne veut que ce que les autres veulent aussi.
Quand j'ai passé mes entretiens en Private Equity et dans le conseil, le rachat était tout sauf acquis -- ce n'était qu'une simple idée évoquée lors d'un déjeuner. Ca ne m'a pas empêché de le présenter comme un fait accompli lors de tous mes entretiens. Sans ça, mon parcours entrepreneurial aurait été vu comme un échec et non le succès qu'il allait devenir.
Nous autres être humains adorons les histoires. On ne peut s'empêcher de voir le monde à travers elles. Il faut toujours raconter son histoire comme un succès, sans mentir, mais sans se tirer des balles dans le pied par excès de candeur non plus. Personne ne tolère les échecs, même dans les cultures qui disent les accepter comme aux Etats-Unis. L'échec n'est acceptable que quand il est éclipsé par un succès plus grand encore. Alors seulement son aveu devient-il une marque d'humilité et de persévérance. Ma Yun (Jack Ma) aime à raconter qu'il n'avait enchaîné que les échecs avant de lancer Alibaba. Mais, lorsqu'il pitchait Goldman Sachs (son premier investisseur), il est certain qu'il présentait son histoire comme une succession de succès.
Hello Meta, merci pour ce post.
Alors je te rejoins sur l'ensemble des points sauf un en particulier en ce qui concerne la levée de fonds.
Pourquoi faire de ce point une priorité absolue ?
Je veux dire par là pour certains business model, tu n'as pas forcément de gros coûts à l'entrée ou un BFR à alimenter, et lever des fonds au début est un risque de céder beaucoup de parts / contrôle pour une somme peut-être trop faible. Dans ce cas, pourquoi ne pas privilégier une levée de fond plus tardive et rester sur un peu de love money tant que tu n'as pas atteins un certains CA par exemple ?
En général, je trouve que les gens reconduisent trop souvent le succès d'une startup à celui du montant de sa levée de fond, c'est quand même un raccourci dangereux et encore une fois suivant l'activité le besoin en capital est quand même moins important.
Une idée stricto sensu ne vaut rien, ce qui compte c'est la qualité de la team et de l’exécution. ![]()
Qu'en penses-tu ?
Enfin, je suis également fondateur mais j'ai une expérience de seulement quelques mois, j'aimerais bien échanger avec toi sur ton expérience à l'occasion si ça te branche, of course. ![]()
Complètement d'accord sur la frustration des gens en tiers 2 (certains que je connais se sentent mal avec l'ESCP)
Complètement d'accord avec la nécessité de rester en action pour supporter l'attente
Ton point 1 m'a donné envie de postuler à Goldman, roro, lazard & co
C'est quoi une école d'ingé tiers 2 pour toi Metatron ?
Bon les tiers 3, on a bien compris que vous parliez à Meta, pas besoin de citer son message de 400 lignes à tout bout de champ
Le 28 décembre 2018 à 22:27:01 pussowantsnaomi a écrit :
Bon les tiers 3, on a bien compris que vous parliez à Meta, pas besoin de citer son message de 400 lignes à tout bout de champ
Le tier 3 (ou pas d'ailleurs mais bon c'est un autre sujet
) a bossé un an dans une BB top 3 mais bon change pas avec ta suffisance à deux balles ![]()
Le 28 décembre 2018 à 22:46:53 Lwii2boo a écrit :
Le 28 décembre 2018 à 22:27:01 pussowantsnaomi a écrit :
Bon les tiers 3, on a bien compris que vous parliez à Meta, pas besoin de citer son message de 400 lignes à tout bout de champLe tier 3 (ou pas d'ailleurs mais bon c'est un autre sujet
) a bossé un an dans une BB top 3 mais bon change pas avec ta suffisance à deux balles
Moi aussi tiens ![]()
Le 28 décembre 2018 à 23:07:15 Metatron a écrit :
@Lwii2boo: c'est vrai si tu crées un bar à céréales ou un cabinet d'experts comptables. Si tu crées une startup, tu fondes une boîte conçue pour la croissance. Croissance pour laquelle tu as besoin de fonds. Sinon, tes concurrents, français ou internationaux, vont te dépasser et tu perdras ton avantage compétitif. En outre, de nombreuses startups vivotent parce qu'elles lèvent peu de fonds ou trop tard. Quant à la dilution, normalement, pour un premier tour, tu ouvres 20% du capital -- c'est standard avec des gens sérieux. Enfin, le mieux est de lever de l'argent quand tu n'en as pas besoin, tu as plus de levier de négociations.Le discours "il ne faut pas juger une startup à ses levées de fonds", on le trouve beaucoup en France -- mais c'est surtout que beaucoup de startups n'ont pas le choix.
@pusso: Ah, pour mon ex-associé, c'était centrale lyon. Ma soeur à fait cette école, donc je sais que c'est pas pourri, mais c'est pas ouf non plus.
Pour ta 1ère levée de fond tu as commencé les process au bout de combien de temps après la création ? Tu as signé des premiers contrats avec des clients avant ou pas ? Quel a été l’élément déclencheur en gros ?
Tu as démarré comment ta boite, une SAS de 1000 à 5000€ en capital social par exemple ? Tu as reçu combien pour ta 1ère levée de fond si c'est pas indiscret ?
( MP si tu préfères )
Ma soeur à fait cette école, donc je sais que c'est pas pourri, mais c'est pas ouf non plus.
Vous êtes durs, c'est pas facile à intégrer centrale Lyon ... ![]()
Le 28 décembre 2018 à 23:16:47 Metatron a écrit :
La principale raison pour laquelle cet argument ne tient pas, c'est que le montant d'une levée n'a rien à voir avec ton burn rate. Tu peux lever 40 millions sans pour autant tout flamber (c'était le cas d'Alibaba).De toute façon, si tu crois au ROI de ta boîte, il faut lever le plus possible. J'ai l'impression que le ROI n'est pas un concept vraiment compris en France. Ca me rappelle quand j'étais consultant et qu'à chaque fois que je présentais un budget à des clients, j'avais honte de montrer le montant des investissements. Je pense que c'est un gros déficit de confiance qui fait que tout le monde pense qu'une projection financière n'est pas fiable, parce qu'elle est trafiquée. Alors que dans d'autres cultures, ce n'est pas le cas. On te challenge sur ton BP, mais si on y croit, on va investir ce qu'il faut.
Lever le + possible le + tôt possible, donc être dilué le + possible, donc perdre les reines de ton projet au moindre pépin, sachant que tu risques d'avoir des financiers au conseil d'administration qui exigeront une forte rentabilité à court terme, au détriment de tes ambitions ![]()
Alors ok tes 1% vaudront cher, mais sur le long terme, je ne suis pas fan de cette vision. Tu me répondras que sans levée de fonds, tu crèves, ce qui est surement vrai. ![]()
D'ailleurs, la revente du projet est peut être synonyme d'un manque d'ambition, non? ![]()
Hello les kheys !
Certains d'entre vous ont-ils des lettres de motivation en audit/strat' à partager ?
C'est pour un ami ![]()
Le 29 décembre 2018 à 02:03:57 SmashThat a écrit :
Le 28 décembre 2018 à 23:22:23 Metatron a écrit :
Pour ta 1ère levée de fond tu as commencé les process au bout de combien de temps après la création ? Tu as signé des premiers contrats avec des clients avant ou pas ? Quel a été l’élément déclencheur en gros ?
Tu as démarré comment ta boite, une SAS de 1000 à 5000€ en capital social par exemple ? Tu as reçu combien pour ta 1ère levée de fond si c'est pas indiscret ?( MP si tu préfères )
J'ai pas levé, j'ai vendu avant. J'étais en discussion pour du seed. Ce qui m'a convaincu de vendre, c'était que j'avais besoin de beaucoup plus de fonds pour passer à la vitesse supérieure. Il aurait fallu un vrai seed entre 2 et 5 millions d'euros, à l'américaine ou à l'allemande. Mais avec un seed à quelques centaines de K qu'on nous proposait, la valorisation post-money correspondait à ce qu'on nous proposait pour racheter la boîte, aucun intérêt.
tu as quel age maintenant et ou en sont tes projets ?
26, je pars chez les bleus faire mes classes et me faire payer un MBA. Mon projet c'est de faire un topic "diplômé de harvard toujours puceau"
En vrai, je veux m'expatrier aux US dans quelques années, le MBA me semble une tactique.
nice le MBA, en france ya pas grand chose a faire niveau entreprise et start up tu peux pas devenir milliardaire en partant de rien ici faut aller au us.
Ce genre de phrases à la con sérieux.
Comme si t’avais des milliardaires partout aux États Unis. Comme si « devenir milliardaire » pouvait être un but en soit.
![]()
Salut les kheys !
J´ai le bac S depuis 2015 et j´aimerais intégrer une bonne prépa hec a la prochaine rentrée et j´ai quelques questions.
D´abord est-ce que le fait que j´ai le bac depuis bientôt 4 ans va faire que je passerais après les nouveaux bacheliers ?
Ensuite est-ce que le fait d´aller avec mon dossier directement dans les lycées peut servir a quelque chose (sachant que j´ai eu la mention très bien au bac) ?
Voila c´est les deux principales questions que je me pose mais si vous avez des remarques a faire qui pourrait m´être utiles n´hésitez pas.
Le 29 décembre 2018 à 17:05:00 Pleinlesfouille a écrit :
Salut les kheys !J´ai le bac S depuis 2015 et j´aimerais intégrer une bonne prépa hec a la prochaine rentrée et j´ai quelques questions.
D´abord est-ce que le fait que j´ai le bac depuis bientôt 4 ans va faire que je passerais après les nouveaux bacheliers ?
Ensuite est-ce que le fait d´aller avec mon dossier directement dans les lycées peut servir a quelque chose (sachant que j´ai eu la mention très bien au bac) ?
Voila c´est les deux principales questions que je me pose mais si vous avez des remarques a faire qui pourrait m´être utiles n´hésitez pas.
Go ast
Le 29 décembre 2018 à 17:39:26 finalwar a écrit :
Le 29 décembre 2018 à 17:05:00 Pleinlesfouille a écrit :
Salut les kheys !J´ai le bac S depuis 2015 et j´aimerais intégrer une bonne prépa hec a la prochaine rentrée et j´ai quelques questions.
D´abord est-ce que le fait que j´ai le bac depuis bientôt 4 ans va faire que je passerais après les nouveaux bacheliers ?
Ensuite est-ce que le fait d´aller avec mon dossier directement dans les lycées peut servir a quelque chose (sachant que j´ai eu la mention très bien au bac) ?
Voila c´est les deux principales questions que je me pose mais si vous avez des remarques a faire qui pourrait m´être utiles n´hésitez pas.
Go ast
pourquoi c´est mort pour une prepa ?
Le 29 décembre 2018 à 17:44:31 Pleinlesfouille a écrit :
Le 29 décembre 2018 à 17:39:26 finalwar a écrit :
Le 29 décembre 2018 à 17:05:00 Pleinlesfouille a écrit :
Salut les kheys !J´ai le bac S depuis 2015 et j´aimerais intégrer une bonne prépa hec a la prochaine rentrée et j´ai quelques questions.
D´abord est-ce que le fait que j´ai le bac depuis bientôt 4 ans va faire que je passerais après les nouveaux bacheliers ?
Ensuite est-ce que le fait d´aller avec mon dossier directement dans les lycées peut servir a quelque chose (sachant que j´ai eu la mention très bien au bac) ?
Voila c´est les deux principales questions que je me pose mais si vous avez des remarques a faire qui pourrait m´être utiles n´hésitez pas.
Go ast
pourquoi c´est mort pour une prepa ?
C'est déjà hyper rare d'avoir de rentrer en prépa 1 an après d'autres études post-bac mais alors 4 ans c'est mort de chez mort.
effectivement mieux vaut tenter l'AST
Le 29 décembre 2018 à 17:56:30 luciensampaix4 a écrit :
Le 29 décembre 2018 à 17:44:31 Pleinlesfouille a écrit :
Le 29 décembre 2018 à 17:39:26 finalwar a écrit :
Le 29 décembre 2018 à 17:05:00 Pleinlesfouille a écrit :
Salut les kheys !J´ai le bac S depuis 2015 et j´aimerais intégrer une bonne prépa hec a la prochaine rentrée et j´ai quelques questions.
D´abord est-ce que le fait que j´ai le bac depuis bientôt 4 ans va faire que je passerais après les nouveaux bacheliers ?
Ensuite est-ce que le fait d´aller avec mon dossier directement dans les lycées peut servir a quelque chose (sachant que j´ai eu la mention très bien au bac) ?
Voila c´est les deux principales questions que je me pose mais si vous avez des remarques a faire qui pourrait m´être utiles n´hésitez pas.
Go ast
pourquoi c´est mort pour une prepa ?
C'est déjà hyper rare d'avoir de rentrer en prépa 1 an après d'autres études post-bac mais alors 4 ans c'est mort de chez mort.
effectivement mieux vaut tenter l'AST
non mais en fait mon but c´est pas tant d´intégrer une école de commerce je voulais vraiment faire une prépa.
Mais la tu viens de me mettre KO...