Et les plans où la caméra filme mal les visages et bouge dans tous les sens, c'est un parti pris prnoncé
?
Oui je pense. Je l'ai vu y'a un certain temps mais c'est un artifice de mise en scène super classique pour signifier une situation qui dérape.
Sinon j'ai plus l'impression que tu me décris le premier chapitre du film (que j'ai trouvé plutôt bon) qui parle de l'amour entre 2 jeunes femmes.
Le deuxième chapitre parle plus des inégalités de classes sociales et c'est fait d'une telle manière qui n'est tellement pas subtile "Oh tiens, les riches ils mangent des huîtres, les pauvres ils mangent des pâtes" ou alors la scène où le daron fait des huîtres pour sa belle-fille lesbienne: putain c'est pas subtil !
La deuxième partie c'est la vie de couple et la séparation et c'est au contraire ce qui m'a le plus marqué du film. Après oui dans la filmo de Kechiche il est toujours fait mention des rapports de force entre classes sociales et de la capacité de l'art, du goût, à servir potentiellement de transfuge.
En l'occurrence t'as pas compris les scènes de cuisine qui sont là pour signifier l'éveil d'Adèle, à la fois sa compréhension qu'elle n'est pas à sa place et qu'elle est en train de se faire dominer - c'est peut-être la première fois qu'elle prend conscience de sa classe -, et en même temps le démarrage de son apprentissage, par le goût, par l'esthétique, par de nouvelles sensations (gustatives) qui l'éveillent et pourraient lui permettre à terme de se rebeller.
Le film est pessimiste et montre qu'Adèle échoue et que leurs différences de classes sociales ont raison de leur relation mais je trouve pas que ça manque de subtilité, la reproduction des élites c'est une réalité.