Introduction
Une copie bien organisée est un moyen non négligeable d'articuler une argumentation, et donc de la rendre explicite. Les posts précédents ont évoqué les mots de liaison et les transitions. Je n'y reviendrai pas. Pourtant, ce ne sont pas les seules façons de donner du poids à ses propos.
Alors quelles sont les techniques à connaître pour donner de la valeur à une argumentation ?
La première partie s'intéressera à l'organisation visuelle de la copie.
La deuxième partie insistera sur l'importance de l'introduction et de la conclusion.
La dernière partie exposera deux méthodes pour énoncer clairement le contenu d'un point de l'argumentation.
Organisation visuelle de la copie
Une bonne copie commence par une introduction, contient un développement et une conclusion. Visuellement, les trois doivent se distinguer, sans même commencer à lire. Les parties ont visuellement la même longueur et le texte est aéré. Si l'ensemble donne une impression d'ordre, l'argumentation gagne indirectement de la valeur. Un texte organisé est le fruit d'un esprit organisé, qui devrait - on s'y attend - proposer des arguments imbattables. On marque des points avant même de placer les idées.
Pourquoi aérer le texte ? On ne fait pas de pavé d'une page parce que c'est visuellement difficile à supporter. Le prof de français enchaîne les copies et ça finit par être ennuyeux, alors pense à ne pas le démoraliser. Si tu penses à lui, il t'en remerciera. Un point de plus, ça compte. C'est pourquoi on saute une à deux lignes entre l'introduction et la première partie, puis entre la dernière partie et la conclusion.
De plus, on saute une à deux lignes entre chaque partie. On saute même une ligne entre chaque sous-partie si elles sont grosses. Il peut être opportun de placer une transition d'une à deux lignes entre les parties, et dans ce cas, on saute une ligne au-dessus et en-dessous.
Dans l'ensemble : une idée = un paragraphe.
À chaque retour à la ligne : un alinéa.
Certains font des retours à la ligne sans faire d'alinéa parce que "ça se différencie un peu mais pas trop de ce que j'ai dit avant". C'est non. Dans ce cas, soit on met un mot de liaison et on écrit à la suite, soit on fait un retour à la ligne avec alinéa.
L'introduction et la conclusion
Une argumentation explicite passe par la manière de rédiger l'introduction :
- alinéa et phrase d'accroche ;
- alinéa et présentation des documents ; recherche du thème qui lie les documents (s'il y en a plusieurs) ; si la présentation est courte, on peut la coller à la phrase d'accroche ;
- alinéa et problématique (sous forme d'une question) ; si possible, on fait une petite liaison avec la paragraphe au-dessus, sinon la problématique a l'air de tomber du ciel ;
- alinéa et annonce du plan.
Une introduction organisée permet de montrer que l'on a cerné le sujet et met le lecteur sur des rails pour la suite.
Pour faire écho à l'introduction, parlons un peu de la conclusion. Elle doit répondre à la problématique. C'est LA règle. Par ailleurs, certains profs apprécient que l'on reprennent les arguments majeurs des deux ou trois parties, d'autres non. Certains apprécient aussi une ouverture, d'autres non. À voir. Mais les parties, prises séparément dans le développement, peuvent ne porter chacune qu'un morceau de la conclusion. Il est alors utile de les confronter dans la conclusion. Les différentes parties ont aussi pu s'enchaîner linéairement. On peut alors résumer l'ensemble du développement en deux lignes pour faciliter l'assimilation du fil conducteur par le lecteur. La conclusion est un aboutissement. Le lecteur doit pouvoir y sauter juste après l'introduction et y trouver une réponse nette à la problématique. Elle doit lui donner envie de lire le développement.
Présenter une idée de façon claire
Une argumentation explicite passe aussi par la manière de placer une idée et sa (ou ses) justification(s).
J'utilise deux façons de procéder, mais lorsque j'en choisis une, je la conserve du début à la fin de la copie pour que le lecteur ne soit pas désorienté.
La première méthode, du type a + b = c :
- phrase pour annoncer la sous-partie : c'est là que j'intègre ce que j'avais choisi comme titre dans mon plan au brouillon ; par exemple : "En deuxième point, la misère sociale est plusieurs fois mentionnée dans cet extrait de Germinal" ;
- citation A et remarque ;
- citation B et remarque ;
- conclusion C : "Ces deux extraits sont le reflet de la pensée d'Émile Zola, qui attribue donc la misère sociale à la cruauté des dirigeants des industries minières."
La deuxième méthode, du type a = b + c :
- phrase pour annoncer la sous-partie ou le paragraphe : "La misère sociale est plusieurs fois mentionnée dans cet extrait" ;
- phrase A qui donne l'idée clé de ce que l'on va prouver : "Émile Zola l'attribue à la rudesse des capitalistes de l'industrie minière".
- citation B commentée ;
- citation C commentée.
Pour présenter une idée de façon claire, il importe aussi de se soucier de la longueur de ses phrases. Si le lecteur, à la fin de la phrase, ne peut plus associer le verbe au complément, et n'a pas retenu le sujet, ça ne va pas du tout. Si la phrase fait plus de trois lignes, c'est bien souvent trop. Alors, on scinde, et on met une liaison ;-)
Conclusion
En conclusion, il faut se dire qu'une argumentation explicite utilise la forme pour convaincre sur le fond.
Les propositions visuellement bien organisées les unes par rapport aux autres par le rédacteur facilitent l'assimilation des idées, mentalement, par le lecteur. Elle lui donne aussi une bonne opinion du rédacteur. Une introduction claire et organisée d'une part, et une conclusion qui lui fait écho, d'autre part, aident le lecteur à cerner de quoi on traite, et ce qu'on en conclue. Enfin, savoir ordonnancer et systématiser la présentation des idées permet de donner du poids à chaque idée séparément, et à l'ensemble du développement. N'oublions pas les mots de liaison et les transitions qui donnent de la fluidité à la mécanique.
J'ai probablement oublié certaines choses. Je n'ai pas la science infuse. Mais ce que j'ai dit fonctionne. Je l'ai testé au baccalauréat, dans mes études et dans des concours de niveau bac.
Et si vous vous posez la question : je n'ai pas lu Germinal mais je voulais un exemple simple à mettre en place.