Le -e final de "ange" compte, comme tu l'as compris, mais l'accentuation (l'accent tonique) ne portera pas sur lui, mais sur le "an" (c'est peut-être ce que tu entends par "faire une pause avant la dernière syllabe du mot ange" ?). Ce qui pose souci, si je comprends bien, c'est qu'à cause de la virgule on pourra avoir tendance à dire le groupe "mon ange" comme un élément isolé entre deux pauses, mais où le -e final prononcé réclamerait d'être "vraiment" prononcé, comme le veut la métrique, de façon à éviter son flottement induit par la pause, sa disparition qui ampute le vers d'une syllabe.
Je pense que cela dépend d'abord de la manière dont tu veux interpréter le vers, on va dire, car selon l'expressivité que tu y mets (plus de naturel, d'oralité, ou au contraire une lecture serrée au plus près de son rythme propre), tu prononceras le tout différemment (mise en valeur ou non de "mon ange" avec une pause plus longue, par exemple, au moment de la virgule). Mais il faut écarter la prononciation "mon angeuh", même si tu fais la pause, si par cette transcription tu entends la prononciation d'un "euh" comme dans "enjeu" ; dans le cas d'une pause, tu essaies de garder la prononciation "habituelle" des -e muets devant consonne, qui est plus légère qu'un "euh". Et si tu ne marques pas spécialement la pause, il n'y a pas de problème.