« Mademoiselle le temps presse, ouvrez grandes vos oreilles, écoutez moi et entendez moi bien - ça y est, enfin j’y suis, la créature rencontre son Créateur – tout ce que Vous voyez n’est pas réel, c’est un rêve, Vous rêvez Mademoiselle ! » s’exclama-t-il avec véhémence.
Elle acquiesça poliment puis continua sa route. Il semblerait qu’à Londres comme ailleurs le monde ait son lot d’extravagants.
« Oh Mademoiselle Vous ne comprenez pas, c’est un rêve, tout ça ! Vous pouvez le maîtriser, que je suis content d’enfin vous rencontrer ! Grattez je vous prie, dit-il en même temps qu’il lui donnait à toucher le tissu de son veston, grattez le et voyez, vos ongles n’en éprouvent pas la moindre sensation. N’est-ce pas là bien une preuve ? Vous n’êtes pas convaincue, Voyez alors.»
Et il s’éleva tranquillement au dessus du sol, écarta largement ses bras et reprit de plus belle : « N’ayez crainte et considérez ainsi la chose ; ne serait-ce pas gage d’évidence que, si naissait en Vous la simple volonté de me faire tomber je tombai, votre Esprit est créateur de toute chose en cette terre ? Et comment cela se pourrait-il autrement qu’en songeant ?»
Et comme une tasse que l’on fait tomber et qui, sans qu’on ait à peine le temps de dire aïe, se retrouve brisée en mille morceaux, il sentit que le retour en arrière serait impossible car maintenant Elle savait, il le ressentait jusque dans son corps qui se mit à vaciller en même temps que l’architecture d’alentour perdait de ses couleurs. Il se posât alors en un temps infime des tonnes de questions sur ce que serait le monde dès lors, [...]
« Oh, j’ai fait ce qu’il fallait ! Et il est bien lâche d’opprimer comme ils l’ont fait le marionnettiste qui ignore les ficelles qu’il tient en main. Mais si… Satan se déguise souvent en ange de lumière et ses apôtres en ministres de la justice... Oh je ne suis qu’un misérable, et ces malotrus que je blâmais tantôt ne le verront que trop vite.