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Romans noirs
SoleildeDiogene
Niveau 3
29 avril 2020 à 15:34:34
Des romans noirs à me conseiller ? Une envie soudaine de découvrir un genre que j'ai peu lu. Je crois que c'est Bolaño qui a attisé ma curiosité.. De mémoire, Rage Noire de Thompson et Gavelston de Pizzolatto sont à peu près les seuls que j'ai lu. Et Vian aussi, sous pseudonyme.
YourHostGuru
Niveau 10
29 avril 2020 à 15:42:33
Les romans de James Hadley Chase, l'abominable pardessus par exemple.
Les romans de Burnett, dont plusieurs ont été édités chez laffont en Romans.
Carter Brown.
Les classiques de Chandler.
Brautigan a travaillé le genre plusieurs fois en le pastichant, dans Le Privé à Babylone notamment, comme Bukowski dans Pulp.
Everlasting
Niveau 22
29 avril 2020 à 16:38:33
Manchette (j'ai lu La position du tireur couché)
La même personne qui m'a recommandé Manchette m'a récemment recommandé Je m'en vais de Echenoz.
YourHostGuru
Niveau 10
29 avril 2020 à 17:17:02
Jean-Bernard Pouy sinon pour du noir contemporain
Desarticule
Niveau 9
29 avril 2020 à 18:06:47
Les Simenon et les San Antonio, on se marre bien. Sinon on m'a souvent conseillé Dragon Rouge mais je sais pas ce que ça vaut, ni si c'est vraiment du "roman noir".
SoleildeDiogene
Niveau 3
29 avril 2020 à 20:50:23
YourHostGuru : J'ai déjà lu le Buko, je vais me prendre le Brautigan (Un privé à Babylone), en espérant que ce soit bien différent de ce j'ai lu de lui. Et merci pour Pouy, je ne connaissais pas mais ce type m'inspire confiance !
Desarticule : J'avais pas pensé a Simenon. C'est si bien que ça ?
Pseudo supprimé30 avril 2020 à 01:38:15
Le 29 avril 2020 à 20:50:23 SoleildeDiogene a écrit : YourHostGuru : J'ai déjà lu le Buko, je vais me prendre le Brautigan (Un privé à Babylone), en espérant que ce soit bien différent de ce j'ai lu de lui.
Je trouve ça bien mieux que Bukowski, que je n'aime pas. C'est un poète à la base Brautigan. Il y a du rêve éveillé dans son matériau.
SoleildeDiogene
Niveau 3
30 avril 2020 à 06:09:31
Le 30 avril 2020 à 01:38:15 CharlesMarlow a écrit :
Le 29 avril 2020 à 20:50:23 SoleildeDiogene a écrit : YourHostGuru : J'ai déjà lu le Buko, je vais me prendre le Brautigan (Un privé à Babylone), en espérant que ce soit bien différent de ce j'ai lu de lui.
Je trouve ça bien mieux que Bukowski, que je n'aime pas. C'est un poète à la base Brautigan. Il y a du rêve éveillé dans son matériau.
Ouais mais j'ai en partie découvert la littérature avec Bukowski, donc pas touche ! Haha Non, plus sérieusement, je pense que c'est plus une affaire d'affinité dans ce cas là. La poésie de Brautigan ne me parle pas des masses, alors qu'avec Bukowski je me marre depuis mes 15 ans. J'aime cette espèce de tendresse grasse que dégagent certains de ses poèmes.
Après, j'espère être agréablement surpris avec Un privé à Babylone, sinon je ne le commanderais pas. Je ne suis pas fermé.
Pseudo supprimé30 avril 2020 à 15:05:09
Envoie-moi au ciel, Scotty - Guinzburg Population 48 - Sternbergh La reine des pommes - Chester Himes Les racines du mal - Dantec Un tueur sur la route - James Ellroy
Pseudo supprimé30 avril 2020 à 15:30:14
Ah oui faudra que je tente Himes ça a l'air fun.
Banjdetec
Niveau 10
02 mai 2020 à 00:26:34
Ouais il est sympa ce Himes. Et ses œuvres sont intéressantes à lire pour avoir un point de vue d'un noir américain (la question de la race est très présente). Par contre Carter Brown j'ai jamais lu un truc aussi mauvais, je crois. Chase c'est loin d'être le meilleur (je juge sur ce que j'ai lu, et ces types, Brown, Chase, pondaient des tonnes de bouquins) Chandler top, peut être Irish ? Dashiell Hammett ? Le privé à Babylone, c'est tordant, mais à lire après initiation auprès de Chandler. Le Bukowski j'en garde pas un grand souvenir... J'ai bien aimé Pour venger pépère, français et singulier. Le narrateur assumant ses positions droitardes. Ça ne manque pas d'humour.
YourHostGuru
Niveau 10
02 mai 2020 à 00:29:38
Je souhaite à beaucoup de monde de n'avoir jamais eu l'occasion d'explorer assez pour pas trouver pire que Carter Brown, je donnerais beaucoup pour oublier pas mal de lectures.
Message édité le 02 mai 2020 à 00:29:58 par YourHostGuru
Banjdetec
Niveau 10
02 mai 2020 à 09:28:30
Le pire lu cette année, alors! Histoire de meurtre dans une maison hantée par le souvenir d'une aïeule... j'ai tenu quelques dizaines de pages. Mais peut-être que la traduction était en dessous tout. Va savoir. Beigbeder c'était bien naze aussi.
Aurevilly
Niveau 10
02 mai 2020 à 09:54:52
Après, je vais pas te dire non plus que j'en tape un tous les soirs et que c'est un écrivain qui a changé ma vie, c'est clair.
Mais c'est un très bon représentant du noir grinçant, et ça me fait un peu chier qu'on se coupe de cette origine essentiellement populaire du genre. Le noir c'est rien d'autre qu'une réécriture cheap du feuilleton XIXe d'un point de vue génétique, c'est du Eugène Sue de giga-mall, et c'est fait pour être fauché, bas de gamme, sériel, leste au niveau du cul même si c'est vraiment le pan du genre avec lequel j'ai le plus de mal.
Vian, Brautigan, Bukowski, tout ça, c'est de la littérature de branleur fondamentalement, comme tous les pasticheurs. Je dis pas ça mal parce que les deux derniers je les ai mentionnés spontanément et que - sur ces livres-là - je les aime bien mais ça n'a pas de sens de lire Un privé à Babylone, pour moi, sans avoir une connaissance minimale des Carter Brown-like, et ça implique de les lire pour ce qu'ils sont, pour ce qu'ils cherchent à être, en distinguant ce qui relève du gars et ce qui relève de la production et du genre. Le problème en littérature c'est que la plupart des lecteurs intéressés ne lisent presque que des littérateurs consacrés. C'est très bien pour tout un corpus de problématiques bourgeoises diverses, mais quand on veut approcher un genre qui a autre chose à dire pour un autre public ça ne marche pas. Tu files un Brautigan à un gars qui achetait sa série noire avec la pub au dos pour le paquet de Gauloises interdites maintenant il te l'aurait jeté dans la gueule. (HS autobiographique : ça me fait rire en fait parce qu'il y a disons quarante ans, mes parents représentaient très bien cette opposition. Mon daron c'est l'artisan franc du collier qui lisait du noir, ma daronne c'était la bobo future institutrice qui lisait La Pêche à la truite parce que c'était à la mode dans cette jeunesse-là, pas étonnant qu'ils pouvaient pas se blairer les deux)
Pour moi, lire du noir, c'est fondamentalement pas lire un intello qui s'amuse avec l'idée du noir - et je dis ça alors que ce que j'adore chez Pouy c'est la pire branlette du monde, la série Spinoza encule. Hegel, mais bon pour ce message vous allez être aimables et me laisser le droit à la contradiction. Lire du noir, c'est accepter l'idée du privé californien gouailleur qui se fait péter la gueule et qui arrive pas à coucher avec sa secrétaire sur fond de petits assureurs véreux qui se retrouvent à commanditer des meurtres pour le compte du mafieux local qui bossera toujours en pair avec un notable quelconque, souvent de la magistrature.
Et pour Chase franchement je m'inscris complètement en faux, lui il a un vrai talent. Il a quelques personnages un peu en-dessous genre Mark Girland qui lorgne du côté de l'espionnage 60s de manière balourde, mais pour tout ce qui est polar à intrigue de mœurs aux EUA - alors que c'est un british qui a écrit dessus sans jamais y foutre les pieds - il est très bon. Il ramène ce qui a toujours été depuis les années 1850 l'objectif du proto-noir : il parle de la ville, il parle de la manière dont les quartiers, les environnements, modèlent les hommes qui les habitent, il parle des codes de classe, de la classe moyenne et de ses espoirs émergents dans une société de sur-consommation, et il paque le tout avec un goût pour l'énigme et les chutes bien vues qui viennent certainement de sa tradition culturelle d'anglish. C'est de la bonne came.