Essaie la correspondance d'Afrique, l'auteur, c'est poignant. Je conseille les Œuvres Complètes chez Bouquin, tu pourras ainsi t'offrir le le luxe d'en lire quelques-unes et de revenir, ça et là, lorsque la lassitude se fait sentir, sur quelque poème. Tu liras les peines de son existence en Afrique et quelques passages où il relève, sans jugement moral car il a laissé tout cela derrière lui et est parvenu à l’égoïsme total, toute l'absurdité de la présence européenne en Afrique. Surtout, tu verras son désir puéril d'échapper au manque d'argent ("quand je serai grand, je serai rentier" est un leitmotiv d'une rédaction, un des plus anciens textes qu'on ait de lui) croitre jusqu'à devenir une avarice pathologique, au point qu'il refusera de quitter son poste à Harrar pour se faire traiter lorsqu'il sent sa jambe s'infecter. Avec la douleur commence le retour du refoulé. Il écrit une mercuriale enflammée, très écrite, à un marchand qui tente de le gruger. Quelques autres passages d'une grande beauté mais, surtout, à Marseille, deux ou trois mois avant sa mort, une longue et poignante lettre à sa sœur où il décrit l'évolution de sa maladie
Et ce retour du sublime dans cette vie prosaïque qu'il a choisie est beau comme l'Antique.