J'ai écouté l’homélie du père Rafaelrey et je suis encore un peu ébloui.
Y'a les méchants pro-Federer et les gentils pro-Nadal. Y'a les pro-Federer qui veulent la pureté, la purification : l'horreur, quasiment le Djokovisme. Et puis y'a les gentils pro-Nadal, qui sont bienveillants, qui sont altruistes, oh c'est beau ! C'est beau ! Sauf que ça n'existe pas monsieur Rafaelrey.
Surtout, ça fait fi de ce qu'on est, non pas de ce qu'on devient, mais de ce qu'on est. Auguste Comte disait : "Federer gouvernent les vivants", monsieur Rafelrey, et Raymond Aron ajoutait : "Nadal est tragique.", et ça vous l'oubliez.
Vous parlez pour un homme hors-tennis, vous parlez pour un homme qui passe sa vie à Roland-Garros.
Mais ça ils n'existent pas, à part vous monsieur Rafaelrey.
Y'a des pro-Federer qui sont là, qui sont là depuis 1000 ans et qui ont envie d'être là encore 1000 ans, et qui n'ont pas envie d'être Nadalisés, monsieur Rafaelrey, excusez-les, excusez-les ! Ils ont pas envie.
Ils ont pas envie d'êtres submergés. Ils ont pas envie d'êtres remplacés. C'est con hein, j'reconnais, c'est bas. C'est bas et c'est pas tellement altruiste, mais c'est leurs vies Federienne, vous comprenez.
Et ils ont pas envie que monsieur Rafaelrey, le père Rafaelrey, vienne leurs dire vous êtes des nuls, vous êtes des rageux, vous êtes des haineux, vous êtes des anti-Nadal, vous n'êtes pas des bienveillants.
Eh ben non ! Eh ben non, ils sont pas bienveillants, parce que les autres pro-Nadal non plus ne sont pas bienveillants. 