GK a fait un retour assez complet sur le VR je me permets donc de faire la transcription:
En VR, ça se passe comment ?
Vous en avez peut-être entendu parler, ou l’avez peut-être observé directement en action dans un trailer : pour la première fois depuis le lancement de la nouvelle trilogie en 2016, HITMAN est jouable en réalité virtuelle. Uniquement sur PlayStation 4 via PSVR (la joie des contrats d’exclusivité), mais avec une promesse conséquente, celle de pouvoir jouer à tous les niveaux des trois jeux à la première personne sans aucun compromis sur les possibilités de jeu. Ça signifie qu’on pourrait en théorie faire l’ensemble des défis, intrigues et missions exactement comme on le ferait sur une version classique du jeu, tout en redécouvrant ce dernier sous un angle nouveau.
C’est effectivement le cas. En lançant la version PS4, un bouton “activer la VR” apparaît dans le menu principal et permet de passer immédiatement en réalité virtuelle pour jouer n’importe lequel des niveaux de la trilogie, de HITMAN à HITMAN 3. Les niveaux sont exactement les mêmes, se jouent de la même façon et proposent le même nombre d’intrigues et de challenges. C’est “le même jeu”. La prouesse technique est impressionnante, évidemment, mais cache en réalité quelques changements dans la façon d’incarner l’Agent 47.
Déjà, comme vous vous en doutez, ça passe d’abord par de sévères compromis graphiques. HITMAN en VR, ça tourne beaucoup moins bien sur le matériel déjà un peu daté du PSVR, avec ce que ça sous-entend en matière d’ajustements visuels. Moins de finesse dans les personnages, des décors vidés de leurs détails, une distance d’affichage bien réduite, des cheveux modélisés “comme à l’époque” sur PlayStation 3 et quelques animations qui se mettent soudainement à planter lorsqu’un personnage sort du cadre, ça a vite tendance à nous sortir de l’ambiance du jeu. Si vous avez le malheur de bouger la tête un peu trop rapidement, vous pourrez même voir les PNJ d’un niveau apparaître et disparaître à la volée, simplement parce qu’ils sont codés pour disparaître lorsqu’ils ne sont plus dans notre champ de vision. Heureusement que le moteur Glacier a un rendu des textures impeccable et une bonne gestion des lumières, sans quoi HITMAN en VR ressemblerait sans doute à Resistance: Burning Skies. Oui, celui sur PSVita.
L’autre point noir de cette version VR de HITMAN, c’est tout bêtement le PSVR lui-même. Tributaire d’une grille de pixels bien moins dense que la concurrence et d’une installation physique plus que chaotique (des kilomètres de câble, une caméra à poser devant soi et une détection des mouvements moins précise), le système de réalité virtuelle de Sony n’est pas véritablement adapté à un jeu comme HITMAN, d’autant que les contrôles se font exclusivement à la manette. C’est la détection de mouvements de la DualShock, couplée à la caméra, qui font bouger les mains de 47 en jeu, tandis que le reste du jeu répond quasiment au même schéma de commandes. Les touches sont exactement les mêmes que sur une manette classique, à l’exception du maniement des objets qui se fait désormais grâce à L1/R1 et via une “poche” dans laquelle on range tout son inventaire. On s’y retrouve rapidement, c’est un fait, mais la détection de mouvements assez limitée de la DualShock donne malheureusement lieu à des situations où le bras de 47 se balade à l’écran dans une position bizarre, ou d’autres cas de figure plus dramatiques où on mettra une claque à un personnage sans le faire exprès, risquant ainsi de se faire repérer et de devoir recharger une sauvegarde récente. Il nous est même arrivé de tuer un PNJ qui nous parlait, juste parce que la PS4 avait détecté un mouvement de bras qui n’existait pas.
Le déplacement du personnage se fait à l’aide du stick gauche, tandis que le stick droit sert à faire pivoter la caméra d’un certain nombre de degrés (30 par défaut), réglable dans les paramètres.
En fait, on a surtout affaire au même syndrome que GTA V : on a l’impression que la caméra a simplement été transposée à la première personne, avec quelques chouettes idées sur l’intégration des informations à l’écran (sur la manche de 47, par exemple) mais les niveaux sont exactement les mêmes que ceux d’une version classique. Ça signifie donc que tous les objets qu’on aperçoit dans le décor sont solidement attachés à celui-ci et que vous ne pourrez interagir qu’avec les objets affublés d’une petite icône. L’environnement n’est pas assez organique, et aurait sans doute mérité quelques ajustements supplémentaires pour accroître son degré d’interactivité. On ne peut même pas serrer les doigts pour jeter un arrosoir sur quelqu’un, c’est dire.
Cela étant, la détection des mouvements peut également permettre de vivre des choses que la licence ne pouvait pas offrir jusqu’à présent : le lancer de pièce à la main, tapoter sur l’épaule d’un personnage pour le faire se retourner, casser une vitre d’un unique coup de crosse, bousculer des gens en marchant ou étranger quelqu’un à la corde à piano, il faut avouer que toutes ces choses sont assez bien retranscrites en VR et peuvent donner naissance à de nouvelles situations de jeu propres à la réalité virtuelle. Les angles de caméra, l’observation et l’écoute se vivent différemment, et c’est un mode de jeu qui a le mérite de rafraîchir la formule en voyant des choses que l’on n’avait pas vues auparavant. Ça mérite le coup d’oeil pour les joueurs équipés du matériel adéquat, mais n’espérez pas claquer vos meilleurs scores en Master SASO 100% en jouant exclusivement en réalité virtuelle. Ce n’est clairement pas assez précis pour ça.
Jouer l’Agent 47 en VR, ça fonctionne donc relativement correctement à condition de n’être pas très regardant sur la qualité du rendu et la finesse des mouvements. Pouvoir redécouvrir la trilogie avec ce regard nouveau, et ce avec les mêmes possibilités que dans le jeu de base, ça fait de HITMAN VR l’un des titres les plus complets du marché VR mais après la finesse de détection d’un Oculus Quest et le degré d’interaction d’un Half-Life Alyx, ça fait mal.