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Topic (FIC) Rise of the Huntress

Sujet : (FIC) Rise of the Huntress

1
Xhied-
Xhied-
MP
29 août 2020 à 21:16:47

Hellllloooo there !

Une petite présentation quand même ? Flemme mais allé !

Je déménage cette Fic ici histoire de lui donner un peu de visibilité !

https://m.jeuxvideo.com/forums/42-32399-60358837-1-0-1-0-fic-rise-of-the-huntress.htm

Il s'agit de la première aventure de la progéniture de notre cher ami Batman :oui:

Le Personnage Principal de cette Fic est donc celui-ci :

https://www.noelshack.com/2019-30-6-1564189854-illustration-huntress-ii.jpg
Helena Wayne, Huntress

Je vais poster les Chapitres déjà sortis ça ne devrait pas être très long je l'espère :ok:

Bonne lecture à ceux qui tenteront l'aventure ! :cute:

Xhied-
Xhied-
MP
29 août 2020 à 21:18:14

Rise of the Huntress - Prologue

Une épaisse couche de brume prit hâtivement possession de Gotham cette nuit. Le brouillard serpentait entre les rues, se faufilant dans chaque recoins de la ville, la drapant d’un voile opaque empêchant les quelques habitants encore debout à cette heure de voir à plus de quelques mètres devant eux. Les plus hautes gargouilles de la vaste cité ne pouvaient poser leur œil vigilant sur les habitants.

Néanmoins, peu de personne peuplait les étroites routes de la ville. La visibilité était bien trop faible pour que quelqu’un ne se risque à se balader. Surtout ici à Gotham.

Parmi eux : deux jeunes hommes. Deux étudiants pour être plus précis. Ils furent surpris par la prompte arrivée de la brume, et durent se frayer un chemin à travers ce nuage pour retourner à leur domicile. Ce ne fut pas chose aisée. Ils se déplaçaient lentement et sûrement, espérant ne pas croiser subitement une âme tourmentée de la belle Gotham et redoutant plus que tout de se prendre un poteau en pleine face.

Leur chemin se fit sans encombre notable. Rien de particulier à signaler. Jusqu’à ce que leur curiosité ne soit capturée par un son. Un sifflement lointain, à peine perceptible. Mais il était assez atypique pour attirer leur attention. Une mélodie d’une étonnante beauté qui semblait leur murmurer un doux secret. « Qu’était-ce ? » se dirent-ils intérieurement. Une seconde d’hésitation. Un regard complice. Il ne leur en fallut pas plus pour partir rechercher l’origine de cette étrange musique.

Les deux petits jeunes ne réalisaient pas à cet instant que le destin n’avait pas pour plan de leur faire découvrir « quelque chose de génial » comme ils aimaient à le penser.

Les ondes sonores les amenèrent dans une ruelle à proximité.

A tâtons, ils découvrirent sur l’un des flancs de cette-dernière une ouverture. Un passage. Pas de doute. C’était bien ici. Les deux jeunes inconscients allumèrent les lampes torche de leur cellulaire. La lumière leur révéla un maigre escalier descendant dans les souterrains. La musique provenait des entrailles de Gotham.

« Bon. Prêt ? » Dit l’un.

« T’es sûr ? Vraiment je le sens pas… » Lui répondit le second.

« Si ça peut te rassurer : moi non plus. »

Son ami le regarda, interloqué, avant de se renseigner d’avantage :

« Pourquoi alors ? »

« Parce que. C’est comme quand tu regardes un film d’horreur : les sensations. C’est flippant. Mais c’est excitant en même temps ! » Expliqua le plus « téméraire » des deux.

« C’est pas un film là… »

« Ouais, mais le principe est le même. »

Son ami resta un moment indécis. Quelque chose le tracassait sans qu’il ne pût dire ce que ce fut.

« Eh mec ! On tente ! Et si jamais on voit que c’est tendu : on rentre. On se casse pas la tête. » Promit le premier.

Il sentait qu’il le regretterait. Mais le déclic se fit ailleurs, dans une zone du mental qui dit : « t’es pas cap ! Peureuse va ! Retourne faire câlin à tes peluches. ». Esclave de son image, il fit un timide signe de tête à son complice, lui indiquant de passer en premier sans oublier de mentionner à ce-dernier qu’il lui en devrait une.

Ils s’engouffrèrent alors dans le passage, chacun leur tour, troquant la pâleur des rues contre l’obscurité d’un étroit corridor inconnu. Ils ne savaient pas à cet instant qu’ils ne rentreraient pas chez eux.

Téléphone en main, ils explorèrent, toujours guidés par la musique. Leur amplitude de mouvement fut limitée par un plafond arqué, assez bas. Un timide courant d’eaux usées s’écoulait au milieu de leur chemin, les forçant à se coller aux parois fraîches et humides de ce labyrinthe à l’odeur pestilentiel. Fidèle à leur réputation, les égouts ne revêtirent par leur plus bel attirail et se contentèrent de présenter à leurs visiteurs une collection d’insectes monstrueux ainsi qu’un échantillon de leurs plus crasseux rongeurs.

Les ondes sonores s’intensifièrent au fur et à mesure qu’ils avancèrent dans l’infect décor.

« Ca va ? » Chuchota l’initiateur de l’exploration.

« C’est dégueu frère. Tu me dois des baskets et un jean. » Lui répondit son pote à voix basse.

« Il y a une légende qui dit qu’un crocodile géant habite dans les égouts de Gotham. »

Peu rassuré par la dite « légende », son acolyte lui demanda, à voix basse :

« T’entends quoi par géant ? »

« De ce qu’on m’a dit, entre 3 et 4 mèt… »

La mélodie s’arrêta brusquement.

« Merde… » Laissa échapper le premier.

« Tu pen..rgh » Un glaire entrava la sortie de sa phrase.

Il se racla la gorge sans faire attention et créa un écho se répercutant sur la pierre imbibé composant la voûte.

Un silence pesant s’installa.

La pression monta d’un cran. Ils se rendirent compte qu’ils étaient coincés au milieu de nulle part, perdus dans les méandres d’une mauvaise idée. Sans repère. Sans réseau.

Malgré le froid mortel régnant en ces sinistres lieux, ils se mirent à transpirer. La situation leur avait échappé. Ils allaient payer le prix de leur curiosité.

Le plus stressé des deux se mit à trembler, au point d’en lâcher accidentellement son téléphone qui percuta le sol avant de plonger dans le fin ruisseau qui l’emporta mollement.

La lumière étant une nécessité absolue ici, ils se précipitèrent sans réfléchir vers le halo lumineux en mouvement. L’un tenta sa chance de le récupérer. Cependant son bras ne saisit que quelques molécules d’eau.

« Putainnnn… » Pensa-t-il.

Ils reprirent leur course mal assurée. La probabilité de trébucher était non négligeable. Plus que cinq mètres. Quatre. Trois. Deux. Une main qui n’était pas leur s’empara de la lueur.

Sueur. Peur. Frayeur. Accélération des constantes. Leur cœur pilonnait si fort sa prison osseuse qu’on aurait cru qu’il cherchait à se frayer un chemin vers l’extérieur. A défaut de réussir son évasion, il pompait énormément de sang pour alimenter les membres inférieurs et permettre aux étudiants de prendre leurs jambes à leur coup. Mais le moteur, tout là-haut, n’envoya jamais la commande « mise en route de la course ».

Ils étaient tétanisés. Pris au piège.

« Qu’est-ce qu’on a la ? » Articula une voix rauque en illuminant les yeux larmoyant des deux êtres apeurés qui ne purent voir leur interlocuteur.

« Une paire de mômes… » Déclara avec aplomb un nouvel inconnu dans leur dos, leur arrachant au passage un sursaut et un cri à en réveiller les morts.

« S’il… vou… vous plaît. On veut juste ren… rentrer chez nous. » Tenta l’un des otages avec un léger bégaiement.

« Mais je me doute mon petit.»

« Personne sait qu’on est là. On dira rien, s’il vous plaît. » Ré-essaie-t-il.

Erreur. S’il y eut bien une chose à ne pas dire ce fut bien cette phrase. Aux oreilles des deux inconnus ceci sonnait comme une bénédiction pour la suite des opérations :

« T’entends ça ? Ils diront rien à personne ! » Se moqua celui tenant le téléphone en soufflant du nez.

« C’est que des gosses, laisse tomber. »

Une lueur d’espoir émana du type leur coupant toute retraite. Mais ce fut insuffisant pour raisonner son camarade :

« Non. Le patron nous a sauvés ! Il nous a tout donné ! Sans lui on n’aurait rien ! C’est trop risqué de les laisser repartir ! Ce gars a tout risqué pour nous ! On lui doit au moins ça ! On peut pas prendre le risque qu'ils balancent ! » Rétorqua-t-il avec fermeté.

L’autre ne discuta pas. Au contraire même. Il était du même avis. Les deux explorateurs savaient maintenant ce qui allait se passer.

Une légende voudrait qu’avant de mourir nous voyions notre vie défiler devant nos yeux, que nous pensions à nos proches et à ce que nous aimerions leur dire.

Ce ne fut pas le cas. Ici, ils eurent à peine le temps de se demander s’ils allaient souffrir...

Xhied-
Xhied-
MP
29 août 2020 à 21:26:57

Chapitre I – Disparitions

« Helena, un point sur ta situation ? » Interrogea une voix dans mon oreillette.

« J’ai les cibles en visuel. » Répondis-je, agacée par la question.

Cela faisait maintenant onze jours que je pistais mes proies. Onze jours de travail chronophage et peu passionnant. Ce genre de mission qui m’insupportait déjà assez sans que mon père n’y ajoute ses futiles questions de vérification. Avec toute la vermine qui peuplait Gotham, je devais m'occuper d'un trafic d'arme de petite envergure.

Tapis dans la pénombre, j’observais silencieusement la transaction, tout en enregistrant l'échange.

« Veuillez pardonnez l'absence de notre employeur. Il s'excuse de ne pas pouvoir être présent et regrette de ne pas pouvoir faire plus ample connaissance avec vous. » Expliqua un homme, avec un léger accent britannique.

Une pointe de déception vint tenir compagnie à mon impatience. Le cerveau de l’opération n’étais pas présent.

« Vous permettez que je l'examine ? » Demanda le missionnaire du commanditaire.

Le vendeur, un vieil homme, lui tendit un petit coffret boisé. L'acheteur le prit, enfila une paire de gants en cuir et ouvrit la boîte avec une grande précaution avant d'en extraire deux pièces somptueuses, uniques en leur genre, fabriquées sur mesure. Une paire de Colt Python, bicanon d’après la description du créateur.

« Vous êtes un orfèvre comme nous n'en faisons plus. Votre réputation dans la fabrication d’armes est amplement justifiée. » Complimenta l'homme pendant son inspection.

L’individu me sembla fasciné, subjugué par la dite « beauté » des créations. Il les testa sous tous leurs aspects. Lorsqu’il eut enfin finit, l’européen prit un temps infini à contempler les revolvers. Son regard était si intense qu’il était venu à mon esprit l’idée qu’il jalousait intimement son patron.

« La gravure sur le flanc est réalisée avec une précision impressionnante. Et l’or blanc a été travaillé de façon admirable. Sans parler de la crosse : le bois de rose rend l’ensemble splendide. Il va adorer. » Ajouta-t-il en caressant le canon de l'une des étincelantes armes.

Avec le plus grand des soins, il déposa les Colts dans leur réceptacle en mousse avant de refermer avec une extrême délicatesse le caisson dans lequel ils avaient été transportées.

D'un geste il ordonna à l'un de ses collègues de donner à l’homme âgé une mallette remplie de liasses. Ce-dernier les compta à plusieurs reprises. Le compte n’était pas le bon :

« Il y a plus que prévu. » Fit remarquer le fabriquant.

« Le prix que vous avez fixé ainsi qu'un bonus versé par mon patron. Un geste commercial qui, il l'espère, aboutira à une collaboration sur le long terme. Votre savoir-faire dans la fabrication d'arme l'intéresse beaucoup pour… son projet. »

J’avais maintenant tout ce qu'il me fallait pour offrir un séjour à l’ombre à ces amateurs. J’espérais alors que ça suffirait à mon vieux pour lui prouver ma valeur.

Sans attendre, je jaillis de l'obscurité, tel un spectre, et j’abattis toute ma fureur sur les trafiquants. Mon agilité féline ainsi que mes féroces techniques de combat eurent raison d’eux en moins de temps qu’il ne m’en fallut pour le dire.

Je pris ensuite soin de les ligoter solidement les uns aux autres. Enfin, j’envoyai un signal d’alerte au GCPD et laissai une enveloppe craft contenant l'enregistrement à l'attention des agents qui firent le déplacement avant de m’évanouir au cœur de la nuit.

02h11.

A bord de ma moto, je fis une entrée tonitruante au sein de la sombre caverne du patriarche, ce qui ne manqua pas d’effrayer les innombrables chiroptères la peuplant.

Je fis un stop à l'atelier pour y déposer mon équipement. D'un pas rapide, je pris la direction me menant au manoir, essayant d’éviter mon père, le vieux Bruce Wayne, bien calé au fond de son large fauteuil en cuir, le regard aspiré par l’écran de son Bat-ordinateur.

Il ne lui restait plus que ça. La cape et le masque étaient devenus beaucoup trop lourd à porter. Il y a vingt-trois ans de cela, l’Epouvantail lui arrachait une partie de son âme, condamnant celui que l’on appelât autrefois le Chevalier Noir à une éternité de tourments. Je ne connaissais pas la nature exact de ces derniers mais, d’après les crises que papa faisait régulièrement, je le soupçonnais d’avoir des visions, d’entendre des voix, ou bien les deux. Il ne m’en disait rien. Lui délier la langue était peine perdue.

« Comment ça s'est passé ? » M'interrogea Bruce à la volée sans même lever les yeux son écran.

« Ça a été. »

« Tu as prévenu le GCPD ? » Poursuivit mon géniteur.

« Oui. »

« Tu as bien transmis les preuves ? » Continua Bruce.

« Oui ! Arrête de me fliquer comme ça ! On dirait que tu n’as pas confiance ! » Lui dis-je, un brin agacée par toutes ces interrogations.

Le Batman se redressa, attrapant d'une main sa canne, taillée par ses soins dans l'ébène. De ses trois pattes, il s’approcha lentement, le regard inquisiteur :

« Il n’y a pas si longtemps tu rentrais sans même vérifier que les agents prenaient bien en charge tes colis. Alors oui, je me renseigne juste. »

Misère. Je ne l’avais pas fait.

Ma mine honteuse me trahit instantanément.

« Ecoute Helena : tu sais que je ne te confierai pas de missions plus pointilleuses si n’es pas assidue. »

« Par contre tu as confiance en Damian, malgré ce qu’il nous a fait ! » Rétorquai-je alors.

« Ca suffit avec Damian. »

« J’avais oublié : on touche au fils chéri de la Chauve-Souris. »

Mon insolence transforma alors son visage. Ce-dernier était empreint de colère et teintée d’un soupçon de tristesse :

« Tu sais bien que c’est plus compliqué que ça. J’essaie de le cadrer, pour qu’il apprenne à se maîtriser. Tout ceci est très chronophage et… » Commença Bruce.

« Ça va faire six ans maintenant ! Six ans que tu préfères rester devant ton ordinateur à essayer de revivre tes belles heures à travers lui ! Et moi tu me refiles le sale boulot comme si j’étais une incompétente. » Coupai-je pleine de rancœur.

« Ce sale boulot comme tu dis vise à te préparer, à te former. Tu dois apprendre une certaine méthodologie pour faire partie de ce monde. Ce n’est pas une compétition, encore moins un jeu, il serait temps que tu le comprennes ! »

« Si tu me faisais un peu confiance tu verrais que suis capable de faire autre chose que de m’occuper de la racaille ! »

« Ce n’est pas une question de confiance. Je connais ton potentiel. Richard t’as entraîné, ta mère t’a entraîné et je t’ai entraîné. Tu as toutes les cartes en main pour être encore meilleur que nous. Mais tu es entêté, impulsive et encore bien trop esclave de tes émotions pour t’occuper d’autres chose que de la racaille comme tu le dis si bien. Et ce sale boulot pour reprendre tes mots, reste important à faire, ce n’est pas du menu fretin. »

Sans plus de commentaires, il retourna à ses vacations, me libérant de sa présence.

Je rejoignis ma chambre à toutes jambes, suivit de prêt par mon plus fidèle compagnon, Ace, notre doberman.

Les larmes commencèrent à perler, une à une, se frayant un chemin dans le noir pelage contre lequel j’étais blotti.

« Bonso… Qu’est-ce qu’il y a ma fille ? » M'interrogea alors ma mère qui fit irruption dans mon espace personnel.

Je relevai la tête, les yeux gonflés par le chagrin :

« Je me suis disputé avec papa. » Annonçai-je en essuyant mes joues d’un geste de main.

« Je sais. Nous en avons parlé quand je suis arrivé. » Dit ma figure maternelle en s’installant prêt de moi.

« Tu rentres pas un peu tard toi au fait ? »

« Oui, j’ai dû reprendre mon rôle de Catwoman quelques instants. Trois hommes ont essayé de braquer une pharmacie, le temps de… enfin bref, ce n’est pas le sujet : dis-moi comment tu te sens ? »

« En colère. Jalouse je pense. »

« De Damian ? »

« Celui-là même. »

« Pourquoi ? »

« Parce que papa a plus confiance en lui qu’en moi. Et que papa n’ait pas confiance m’énerve au plus haut point. »

« Ce n’est pas une histoire de confiance mais de compétences. Et Damian, que tu le veuille ou non, est plus compétent que toi et ce, parce qu’il a plus d’expérience. C’est normal et il n’y a aucun mal à ça. Tu vas en acquérir aussi et au fur et à mesure tu verras d’autres choses. Et regarde, je vais être un peu dur avec toi, mais, ce que tu qualifies de « sale boulot », tu n’es pas encore capable de le faire entièrement correctement. Vrai ou Faux ? »

« Vrai… » Avouai-je, vaincue par la vérité.

« Tu sais bien que le monde dans lequel tu souhaites te faire une place est bien plus dangereux que tu ne te l’imagines. Ton père t’y prépare… »

« Lentement… »

« Je pense que tu ne mesures pas tout à fait l’étendue de la violence que se fait ton père pour te laisser filer chaque nuit. Il pense que ses parents son mort à cause de lui. Il pense que Talia n’est plus par sa faute. Il pense qu’Alfred et Barbara serait peut-être encore parmi nous s’il ne les avait pas impliqué dans sa croisade. Et pour Damian même chose. Je ne te refais pas l’histoire de ton frère, tu sais déjà tout. Tout ça pour dire, que te perdre le dévasterait. Alors il prend son temps pour bien te former et faire en sorte que tu ne brûles pas les étapes. » Argumenta Mme Kyle.

« Pourquoi est-ce qu’il me laisse faire si au fond il a peur de me perdre ? »

« Parce qu’il a confiance en tes capacités justement. »

« Mais il est déjà plutôt bien entouré non ? Entre Tim, Richard, Damian il n’a pas réellement besoin de ma présence. »

« Non c’est vrai. Mais il sait que tu débrouillerais pour faire partie de tout ce beau monde malgré ses interdictions. Au moins, en te gardant sous son aile, il peut s’occuper de ton développement. Et sache une chose, vous enseigner tout ce qu’il sait, même si il ne l’exprimera jamais comme ça, ça lui fait plaisir. » Expliqua-t-elle à voix basse.

Maman avait raison. Comme à son habitude. Je comprenais mieux. Le fait de ne plus être centrée sur ma petite personne m’avait remis les pendules à l’heure. Ça me fit mal de me retrouver devant ces quelques vérités. Je ressentais une certaine culpabilité, celle d’avoir trop jugé toutes ces situations par mon seul prisme. Ce fut idiot de ma part. J’étais bête, indisciplinée. Il fallait changer ça. Je devais devenir la plus grande prédatrice de cette jungle urbaine.

Selina m’arracha à mes songes :

« Qu’est-ce que vous avez grandi tous les deux… » Soupira l’ancienne voleuse en fixant le canidé affalé sur le matelas, abordant une allure de prince. « Ça ne me rajeunit pas tout ça. Enfin… Je vais vous laissez vous reposer, bonne nuit mon cœur. Ah et au fait, je pars passer quelques jours chez Holly demain matin, ne t’étonne pas si on ne se croise pas. » Conclut Catwoman en déposant un baiser sur mon front.

Elle tourna les talons, s’arrêta au cadre de la porte et, avant de plonger la pièce dans l’obscurité, m’adressa ses derniers mots :

« Je t’aime ma belle. N’oublie jamais : tu n’as rien à prouver, tu es la meilleure. »

Ces belles paroles balayèrent mes tracas, me permettant de divaguer le cœur léger durant de longues heures. Chaque nuit, un flux de pensées traversait mon esprit, m’empêchant de trouver la quiétude nécessaire pour que je plongeasse dans le néant.

Celle-ci ne fit pas exception.

En conséquence, la journée qui suivit démarra tardivement. Sur les coups de trois heures. Les timides éclaircis de février vinrent caresser ma rétine, m’arrachant à l’étreinte de Morphée.

Ace n’était plus là.

Je trouvai le doberman dans la grotte sous le manoir, avec Bruce, fidèle à son poste.

« Tu as quelque chose pour moi ? » Demandai-je en caressant le molosse, sans réel espoir de me mettre quelque chose sous la dent ce soir.

« Oui. »

Interloquée, je lui accordai alors toute mon attention :

« On a relevé quatre disparitions en moins d’une semaine. Je te briefe ? » Déclara mon père.

« Je t’écoute. »

Le Chevalier à la canne pressa un bouton de son immense clavier et fit apparaître une multitude de fenêtres sur son écran : des photos, des articles de journaux, des cartes d’identité et tout un tas de notes personnelles en rapport avec l’affaire.

« Donc : quatre disparitions en moins d’une semaine. Erik Franklin, étudiant en électronique et son camarade de classe Joel Irons. Nous avons aussi dans la liste, un juge, Michael Harrington et un avocat, Jeremy Edgerton. Ils ne semblent pas avoir de rapports entre eux, cependant, l’intervalle de temps séparant chacune des disparitions est trop faible pour que ces événements soient considérés isolement. Ça m’étonnerait que ça soit le hasard. Je me fie à mon expérience, j’espère ne pas me tromper. Je compte sur toi pour confirmer ou infirmer mon postulat. » Commença Bruce en prenant de le temps de bien m’exposer la situation.

En deux cliques, il mit en exergue certaines fenêtres sur l’imposant écran :

« Concernant les deux étudiants, ils sont sortis samedi soir au Pauli’s Dinner et ne sont jamais rentrés chez eux. Le dernier signal de leur téléphone a été émis depuis Otisburg. Ils n’ont pas de casier et rien qui ne les lie d’une façon ou d’une autre à la criminalité. Je te laisse lire les rapports de police et les dépositions des parents. Et lis-les ! Pas comme tes cours ! »

J’adorais la psychologie. Mon enseignant, le professeur Lightman, était une personne passionnante bien qu’étrange sur les bords. Mes escapades nocturnes m’épuisaient, si bien que j’en somnolais en classe… pour les fois à j’avais la force d’y aller.

« Edgerton c’est autre chose. Il travaillait pour le bureau de la procureure Taylor et a été sur plusieurs affaires en lien avec la pègre. Pas de gros dossier en apparence, je vais creuser de ce côté et te faire un rapport si j’ai du neuf. C’est sa petite amie qui a signalé sa disparition à la police. Ils avaient rendez-vous au restaurant. Il n’est jamais arrivé et ne répondait plus à ses appels. »

« Travaillait ? » Demandai-je, intriguée par la formulation.

« Il été licencié la semaine dernière. Motif inconnu. Tu peux essayer d’aller voir la procureure. C’est une personne de confiance. »
Papa se tut, le temps de se délecter d’une gorgée d’eau.

« Je reviens au dossier. Le juge maintenant. Il devait présider une audience mais il ne s’est pas présenté. Sa femme a pourtant affirmé qu’il était parti le matin pour s’y rendre. On sait qu’il reçoit souvent des pots de vin. Son ordinateur et son téléphone ne sont pas exploitables. Peut-être qu’un tour à son domicile pourrait être utile. Il nous faudrait un carnet de notes, un second téléphone, tout ce qui peut être utile à l’établissement d’une liste de ses contacts et relations. Voilà, je pense avoir fait le tour. »

Xhied-
Xhied-
MP
29 août 2020 à 21:28:41

(suite)

Cette longue tirade me prit au dépourvu. La veille je ne remplissais pas correctement mes objectifs et là on me confiait une mission qui, en apparence, semblait avoir de l’importance. Je ne comprenais pas. Mais je ne m’en plaignis pas. C’était l’occasion de faire mes preuves. J’étais extrêmement attentive, plus que d’ordinaire :

« Tiens moi informé des nouveautés et j’en ferai de même. As-tu des questions ? » Continua Bruce en tournant la tête vers moi.

« Oui. Comment je fais pour rencontrer la procureure ? Je ne peux pas entrer chez elle comme ça par effraction si je veux avoir une bonne entente avec elle. Et ça me paraîtrait ridicule de venir sonner chez elle et d’attendre derrière la porte qu’elle regarde dans son judas. »

« Effectivement, c’est une situation qui va te demander du tact et de la précaution. Tu trouveras une façon d’y arriver. »

Une zone d’ombre laissée volontairement pour que j’improvisasse en temps voulus. Une des méthodes d’enseignement du Batman. Ce-dernier me transféra sans tarder les données.

« Au fait papa, pour ce que j’ai dit hier… »

« C’est déjà oublié. Nous devons avancer maintenant. » Rassura Bruce avant de poursuivre : « Bon. Suis-moi. J’ai quelque chose à te montrer. Un projet sur lequel je travaille depuis plusieurs semaines. Ça te sera utile. »

Il m’emmena à l’atelier de la Batcave, là où tout notre arsenal et nos tenues sont entreposés. Il entra un code sur un énorme caisson métallisé qui s’ouvrit automatiquement, révélant tout un équipement dernier cri :

« Combinaison X9.97, une version améliorée de ta combinaison actuelle. Plus légère, plus résistante et plus extensible pour ne brider aucun de tes mouvements. Elle est plus adaptée à ton style de combat. La cape a été ajustée pour une meilleure prise au vent. Tu planeras beaucoup mieux avec ça. Toutes les pièces renforcées, masques, épaulières, coudières, avant-bras, genouillères et bottes ont été repensées aussi pour ne pas créer de limitations à tes articulations. J’ai aussi changé la matière pour plus de légèreté et accroître la résistance. Tu y trouveras aussi quelques accessoires, je te laisserai voir par toi-même. »

« Je vais faire ça. »

Plusieurs semaines ? Il travaillait là-dessus depuis plusieurs semaines. Effectivement, il avait sa façon à lui de s’exprimer. J’enfilai avec un immense plaisir la somptueuse tenue X9.97 avant de passer la fin de mon après-midi à me familiariser avec elle. J’en profitai aussi pour parfaire la maîtrise de mon arsenal.

Au crépuscule, je quittai le domaine familial et me rendis en un éclair à Otisburg, dans un petit parc, la dernière localisation des étudiants.

Là-bas je ne découvris rien qui me fit avancer, ce qui ne manqua pas de m’énerver. Aucune trace des étudiants. Aucune piste. Rien qu’un terrain vague, entièrement dépeuplé, simplement garnis de déchets çà et là. Le glacial baiser de l’hiver répandait une atmosphère morbide sur son passage, gelant les quelques timides touffes de gazon se frayant un chemin à la surface et faisant grincer de façon inquiétante les chaînes d’une balançoire qui semblait être animée par un fantôme.

Je détestais cet endroit. Néanmoins, l’idée de revenir bredouille ne m’enchantait guère plus. L’impatience me gagna. La fouille du domicile des hommes de lois ne me tentait pas. Je voulais aller vite. Trop vite.

Victime de mon impétuosité, je me tournai vers la seule solution qui, d’après mon jugement, me sortirait de cette irritante impasse.

Le Pingouin.

Rien de ce qui se passait à Gotham n'échappait à ses tympans disséminés aux quatre coins de la sinistre cité. Un informateur de luxe pour qui avait les moyens de s'offrir ses services. Bien au chaud dans l'enceinte de l'Iceberg Lounge, son établissement, il gérait son business d'une main de fer, assurant l'entrée de colossales recettes et par la même occasion une affaire pérenne.

J’entrais toujours dans le Salon de l'Iceberg par l'entrée des artistes. Un serveur, élégamment vêtu m’accueillait. J’adorais le nœud papillon bleu glacé que lui ainsi que l’ensemble des hommes de main du Pingouin portaient. J’étais ensuite conduite auprès du patron, à sa table personnelle, sur un balcon en hauteur avec vue sur la totalité du restaurant.

J’étais toujours en admiration devant la beauté de la décoration, construite autour de ce délicat matériau qu’est le verre. S'il y eut bien une chose qu'on ne pouvait pas retirer à Oswald Chesterfield Cobbelpot, ce fut bien qu'il ait été un homme de goût.

« Monsieur, vous avez de la visite. » Chuchota le serveur aux oreilles de son boss.

Ce dernier essuya grossièrement le contour de sa bouche, encrassant sans douceur la blancheur d'une serviette en soie.

« Quelle surprise ! Installe-toi. » Ordonna le Pingouin qui bondit de joie en constant cette inattendue visite.

« Désirez-vous quelque chose Madame ? » Interrogea l'aimable serveur.

Je lui signifiai que non, et le larbin d'Oswald s'éclipsa.

« Que me vaut le plaisir ? » Demanda ce-dernier en arrachant de ses dents un juteux morceau de viande mollement attaché à son insertion osseuse.

« J'aurais besoin d'informations. »

Le nabot reprit une bouchée qu'il mâcha bruyamment. Il s'astiqua la denture avec la langue, émettant un bruit répugnant.

« T’es pas comme tous ces lèche-culs qui te caressent dans le sens du poil pour obtenir ce qu’ils veulent. Tu vas droit au but. Simple et efficace. J’aime la franchise. »

Le patron du restaurant planta sa fourchette argentée dans le cœur d’un morceau de pomme de terre dorée sur toutes ses faces avant de l’engouffrer au fond de sa gorge.

« Je t’écoute. » Me dit-il après avoir avalé sa bouchée.

Je décrivis brièvement la situation.

« Les gamins, j'ai rien sur eux. »

Il fit craquer un quignon de pain tartiné de beurre entre ses molaires.

« Je sais que ton avocat a été renvoyé par la procureure il y a une semaine. J'attends plus d'infos, mais elles arrivent au compte-goutte. La proc’ sait s'entourer. Peu d'informations fuites de son bureau. »

Oswald s’arrêta un court instant, le temps de ronger un des ossements parsemant son assiette et d’en aspirer la moelle d’une façon immonde.

« Le juge c'est compliqué. Tout ce que tout le monde sait c'est qu'il fait les belles affaires d'un type, personne ne sait qui. Mais ce gars créé des emmerdes à tout le monde. » Annonça l'aristocrate.

Cobbelpot savoura d’abondantes gorgées de vin.

« Excellent » Laissa-t-il échapper avant d’essuyer son menton avec la paume de sa main. « Dis-moi. Ça fait un moment un moment qu’on collabore toi et moi n’est-ce pas ? Est-ce que tu pourrais me rendre un service ? »

D’où sa joie de me voir débarquer ce soir. D’ordinaire, il était jovial. Là, il semblait presque heureux.

« Tout dépend du dit service… »

« Tu vois tous ces types ? »

Je me penchai par-dessus le balcon pour observer toutes les personnes attablées. Elles devaient être plus d'une centaine, répartis en périphérie de deux étages circulaires, profitant du spectacle au centre de la vaste pièce.

« Tous des rats. Sans exception. Des tueurs, des voleurs, des trafiquants, des camés, des tricheurs, des arnaqueurs et j'en passe. Je connais chacun de leurs petits secrets. Tiens tu vois là-bas : Sonny, on l'appelle « les Os Noirs » parce qu'il a besoin de carboniser ses victimes. Et tu vois la femme avec qui il dîne. C'est la femme de son avocat. Et eux : le petit groupe en train de se faire servir. Des pirates informatiques. La vie privée c'est tout un concept pour eux. Ils vendent et revendent des informations. Ils se font de la maille comme ça. Et elle : plantureuse, séduisante à souhait. Le genre de créature pour laquelle on se damnerait. Elle a arnaqué des millions de dollars à de riches entrepreneurs. A son procès, ces gens étaient si couvert de honte de s'être fait avoir que personne n'est venu témoigner. Et ce n'est qu'un échantillon de ce qu'on produit de mieux à Gotham. Tout est repartit de façon à ce que chacun ait sa part du gâteau, son territoire. Mais il y en a un qui a les yeux plus gros que le ventre. Un qui veut tout le gâteau. Ce fils de pute est en train de nous baiser et ce n’est pas bon pour les affaires. Mon activité est bien trop restreinte aujourd'hui pour que je me permette de mettre tout ça en péril parce qu'un enculé ne souhaite pas rentrer dans les clous ! S’il fait fuir tout le monde de Gotham, mon affaire ne pourra pas tourner. Et ça je ne le tolèrerai pas ! » Pesta-t-il en tapant du poing sur la balustrade en verre.

Le petit être sortit un sac en cuir noir du dessous de la table qu’il déposa sur la nappe avant d’en extraire un Colt Python en or blanc.

« Un de mes gars vient de m'apporter ça. Il paraît que tu as coffré les mecs. » M’exposa-t-il sur un ton plus sérieux.

« En effet, ce pistolet m'est familier. Mais comment l'avez-vous eu ? » Lui demandai-je, curieuse de savoir comment il avait pu obtenir ces revolvers.

« J'ai quelques amis dans la police. Tu sais qui est l'acheteur ? »

« Non. »

« C'est le type que je recherche. Si jamais tu as du nouveau le concernant, viens ici, je te revaudrai ça. »

« Oswald, vous savez très bien quels sont les limites de notre coopération. Je veux bien fermer les yeux sur vos activités, temps qu’elles ne dépassent pas le cadre que nous avons fixé, contre des informations. Mais en aucun cas je ne pourrai vous livrer quelqu’un sachant que notre entente pourrait dépasser le dit cadre. »

Si mon père apprenait que j’avais une entente avec le Pingouin, j’aurais plutôt intérêt à disparaître définitivement de la surface du globe.

« Tu me rappelles la Chauve-Souris tiens. Deux rabat-joie. » Lâcha Oswald sans dissimulé son mépris.

Tel père, telle fille. Il rangea alors le bagage, l’air insatisfait.

Des sifflements retentirent, accompagnée par une marée d’applaudissements.

« Ah ! Ça commence. Profite du spectacle ! On reprend notre conversation juste après. »

La pièce fut plongée dans l’obscurité la plus totale avant qu’un projecteur ne révèle une chanteuse drapée d'un tissu écarlate, épousant avec élégance toute la finesse de son corps. La pâleur de sa peau contrastait radicalement avec sa chevelure, d’une noirceur profonde, retombant délicatement sur ses épaules.

Accompagnée par un piano, la belle entama de son exquise voix un chant. Celle-ci m’envoûta instantanément. Chaque fois que ses cordes vocales vibraient, un frisson me parcourait l’échine. J’étais suspendue à ses lèvres. Le charme de la chanteuse avait envahi la pièce et la recouvrit d'un voile de légèreté, comme si, tout était en suspens, rien n'avait plus d'importance que la mélodie.

Sans que je ne m’en fusse rendu compte, le spectacle prit fin. J’entendis à peine le tonnerre d'applaudissement qui avait retentit lorsqu’elle ponctua sa chanson qui m’avait paru durer une éternité. La chanteuse m'avait touché bien plus profondément que je ne l'aurais pensé.

« ARGHH Fantastique !!! » Brailla le propriétaire des lieux qui, de son horrible voix, tua la beauté de l’instant, bien qu’il eue raison d’employer le terme « fantastique ». « Tu sais, j’aurais bien aimé t’avoir dans mes rangs à ma belle époque. C’était le bon vieux temps. »

Il alluma alors un cigare et son regard se perdit dans les méandres de la nostalgie :

« Au début je n’arrêtais pas de me comparer à Wayne, ce fils de putain… Je les déteste tous autant qu’ils sont. » Cracha-t-il les dents serrées. « J’ai tout perdu. Et le jour où j’ai pris conscience que je m’occupais plus de lui que de moi, tout a changé. Je suis devenu le meilleur. Je suis le dernier vestige de la vieille Gotham avec ce bon vieux Maxie. A Arkham les docs disait qu’il avait des idées délirantes, mystiques, mégalomaniaques. Personne ne le prenait au sérieux. »

L’aristocrate éclata alors d’un rire mesquin avant de reprendre le cours de sa pensée :

« Avant que tu ne sois née, tout le monde se foutait ouvertement de sa gueule. Je me revois parier avec le vieux Dent qu’il ne passerait pas un an à Gotham avant que son affaire ne s’effondre. Et regarde maintenant : personne ne sait ce qu’est devenu Dent et le Mont Olympe est la boîte de nuit numéro un de Gotham. »

Une question me taraudait depuis un moment maintenant. Je le laissai cracher sa fumée avant de le questionner :

« La bouteille autour de votre œil... Comment est-ce arrivé ? »

« Je te raconterai cette histoire la prochaine fois que tu passeras. On va bientôt passer aux horaires de boîte de nuit et je constate que personne ne se magne le fion. »

D’un bond le Pingouin se leva, repoussant la table de son ventre grassouillet avant d’aller répandre sa colère dans les étroits corridors de son repaire.

Les soirées à l’Iceberg Lounge étaient toujours riches en enseignements; car Oswald et moi, d’une certaine façon, nous nous ressemblions. Bien plus que je ne voulais bien l’admettre. J’appréciai assez sa compagnie et ce bien qu’il exécrât les Wayne plus que tout autre chose.

J’empruntai le passage par lequel j’étais entrée pour quitter les lieux. Sur le chemin je rencontrai la divine chanteuse qui me lança un sourire en croisant mon regard. Une sensation étrange prit possession de mon corps.

Ma gorge se serra. Mon cœur accéléra. Mon ventre se nouât.

Ne voulant pas paraître trop perturbée, je lui dis :

« Bel... Belle prestation »

Je venais de bégayer. Putain.

Je focalisai alors toute mon attention sur les yeux noisette de l'artiste qui me répondit avec une voix suave :

« Merci. »

Le Pingouin fit subitement irruption, faisant à nouveau de la magie de cet instant rien de plus que du verre pilé.

« Teodora, merci pour ce soir. On se voit le mois prochain. » Dit-il en réalisant un baisemain.

Oswald me salua à mon tour et tourna les talons dans l’autre direction, vociférant contre son personnel en retard sur le programme.

Teodora. Ce fut ainsi qu’elle s’appelât. Bien que je l’eusse souhaité de toutes mes forces à ce moment-là, je ne m’éternisai pas.
J’avais déjà perdu trop du temps.

J’avais quelques domiciles à fouiller avant que l’aube ne pointe le bout de son nez.

Je commençais par la spacieuse maison du juge. Sa femme ainsi que ses deux garçons dormaient à poings fermés. Malgré tout, je redoublais de vigilance et de discrétion.

Mes recherches n’aboutirent pas. A son bureau personnel non plus d’ailleurs. Il n’avait laissé aucunes traces.

Je continuais donc mon enquête.

L’avocat, lui, habitait visiblement seul. Je passais chaque pièce de son appartement au peigne fin, prenant soin de tout remettre en place après mon passage.

Avant de quitter les lieux, je me mis à écouter les messages sur son répondeur, espérant qu’ils m’apprendraient quelques choses :

Bip.

Message Reçu. Jeudi 20 Février à 16h10 : Bonjour Monsieur Edgerton, ici le Chidori Maji. Nous souhaitions vous informer que votre réservation, une table pour deux personnes à 20h30 le vendredi 21 Février, a bien été retenue. Nous vous souhaitons une agréable journée.

Message Reçu. Vendredi 21 Février à 22h05 : Jeremy, c’est Nancy. Je n’arrive pas à te joindre sur ton portable. Réponds-moi s’il te plaît. Je m’inquiète.

Message Reçu. Hier à 23h12 : Jeremy, c’est encore moi. J’ai dû laisser un milliard de messages sur ton téléphone. Je suis en route, je m’inquiète beaucoup trop pour tenir en place.

Bip.

Après avoir ratissé son logis, j’appelais mon père pour lui faire part de mes récentes trouvailles :

« Papa ? J’ai du nouveau concernant Edgerton. »

Message édité le 29 août 2020 à 21:31:57 par Xhied-
Xhied-
Xhied-
MP
29 août 2020 à 21:33:09

(fin)

« Une seconde… Je suis à toi, dis-moi. »

« Comme indiqué sur le rapport, il n’y a aucune traces d’effraction, tout semble en ordre chez lui. Seulement, le rapport ne mentionne pas qu’il n’y a aucune nourriture chez lui, ni dans le garde-manger ni dans son frigidaire. Et avec ça, sa penderie et son tiroir à pharmacie sont entièrement vides. »

« Je ne pense pas que vérifier ce genre d’informations soit la priorité du GCPD. C’est pour ça qu’on doit faire nos propres recherches et être consciencieux. Le travail est parfois mal fait. »

« Je vois ça. Pourtant c’est un avocat qui a disparu, ça devrait les pousser à fouiller un peu plus. Et surtout ça me parait essentiel. » Disais-je, nageant dans l’incompréhension. « Est-ce qu’il y aurait une possibilité qu’il ait quitté Gotham de son propre chef ? »

« Non. Sa voisine l’a vu le soir de son rendez-vous. Elle disait, une seconde, je cite « bien habillé, il sentait le parfum, rien d’inhabituel ». »

« Peu probable effectivement qu’il ait décidé de partir de son plein gré. Ce qui est sûr du coup c’est que ce n’est pas lui qui a vidé son appartement. Mais une ou plusieurs autres personnes. Est-ce que tu pourrais me préparer les vidéos des caméras de surveillance de la résidence s’il te plaît ? Des tonnes de bouffes et de fringues passeraient difficilement inaperçues. » Supposais-je alors pleine de confiance dans mon raisonnement.

« Je te prépare ça. Tu as pu t’occuper du domicile d’Harrington ? »

« Oui, rien à signaler. Je suis aussi passée à son bureau au tribunal avant de rentrer. Tu pourrais me donner le ou les noms des personnes qui sont entrées dans son bureau pendant l’enquête ? Vu qu’il patauge un peu dans la merde, quelqu’un aurait pu faire disparaître des choses compromettantes, effacer des traces. »

« Je m’en charge. » M’annonça Bruce de l’autre côté de l’oreillette.

« Ah oui ! Et aussi ! Sur les vidéos de la résidence d’Edgerton, essaie d’utiliser un filtre de reconnaissance facial de tous les résidents qu’on puisse éventuellement isoler un individu qui n’habite pas le coin. Je commencerais en priorité par une tranche horaire allant de minuit à sept heure du matin. » Demandai-je en pleine réflexion sur les démarches à entreprendre.

« Je lance ça maintenant, ça risque de prendre un peu de temps. Il va falloir que tu parles à la procureure pour que nous en sachions plus au sujet de son renvoie et de ses fréquentations. »

« J’ai envoyé un message à Dick cet après-midi pour qu’il me rencarde. Ça m’évitera de paraître trop intrusif. Il me donne des nouvelles quand il en aura. »

« Habile. »

« Je me demande pourquoi quelqu’un aurait autant besoin de toutes ces choses ? »

« Parce que cette personne pourrait en avoir besoin. Pour sa propre consommation ou pour prendre soin d’Edgerton, voire même, de toutes les personnes qu’elle a kidnappé. Nous n’avons pas assez d’indices pour diminuer le champ des possibilités. Il nous faudrait plus d’informations pour pouvoir cibler d’avantage et orienter nos recherches au mieux. J’aimerais que tu rentres et que tu te reposes. »

« Oui chef. »

Je ne perdis pas plus mon temps ici.

Il était extrêmement tard. Heureusement que j’étais en période de vacances. Ce rythme de vie était compliqué à manœuvré. Mais je n’avais que peu de temps à tenir encore.

Mon cursus était bientôt fini. J’allais enfin obtenir mon diplôme après quatre ans de travail et un an à alterner les horaires de nuits et de jour. Après ça, j’avais le choix, faire un Master pour me spécialiser en sciences comportementales ou bien rejoindre l’entreprise familiale. Mais bon, l’heure du choix n’était pas encore arrivée.

Avant que je ne m’éteignisse totalement, je reçus un message du dénommé Richard « Dick » Grayson, qui m’avait obtenu une audience le soir suivant avec la procureure.

Le lendemain, après que les dernières éclaircis cessèrent d’inonder Gotham de leur lumière, je me rendis chez Cynthia Taylor.

________________________________________

Depuis combien de temps n’avais-je pas revu les douces éclaircis de l’astre ardent au-dessus de nous ? Trop longtemps sûrement. Je ne pouvais pas rejoindre la surface. Pas encore. Pas tant que je n’aurais pas trouvé la solution à leurs maux. Je faisais tout mon possible pour les héberger, leur offrir un minimum de confort et un peu de chaleur. Nous bâtîmes notre petite communauté sous terre pour échapper à la glaciale morsure de l’hiver. Au début, mes égouts furent le refuge qu’ils attendaient tous. Mais l’endroit se révéla plus tard n’être qu’un cadeau empoisonné.

La promiscuité favorisa une épidémie de grippe se compliquant de jour en jour. Leurs chances de survie s’amenuisaient et chaque minute qui passait était un pas de plus pour eux vers la grande faucheuse. Cette pensée me hantait chaque jour que dieu faisait. Le stress rythmait mes journées. Je désirais plus que toute autre chose les sortir d’ici. Ils m’avaient accordé leur confiance. Je n’avais pas le droit de les laisser tomber. Pas après ce qui leur était arrivé.

Alors je pris sur moi, bannissant mes propres besoins au profit des leurs. Mes membres peinaient à porter le peu de chair que j’avais sur les os. Je devais continuer. Au diable la fatigue et la faim. Au diable mes états d’âmes et mon incompétence. Je devais avancer. J’avais tendance à m’auto-flageller. Mais ça ne me faisais pas progresser. Je n’étais pas loin. Je touchais au but. J’avais encore quelques tests à mener pour pouvoir en finir.

Fut-ce ma rage qui me porta jusqu’ici ? Ou bien mon envie d’aider ces pauvres personnes en marge de la société ? Sûrement un peu des deux. Je savais juste que je don…

« Nous l’avons trouvé Monsieur. » M’annonça l’un des membres de mon petit groupe derrière l’épaisse porte métallique de ma chambre, m’arrachant à mes songes.

J’essuyais précipitamment mes joues pour effacer une larme s’évadant de l’enceinte de mes paupières me permettant d’éviter d’éveiller leur inquiétude. Je ne pouvais me permettre de leur montrer des signes de faiblesses. Ils comptaient sur moi.

Je lui emboîtais alors le pas. Nous passâmes au milieu d’une pièce que nous aménageâmes en dortoir. Mon estomac se noua d’un coup sec. La culpabilité d’être en bonne santé me frappa avec la même intensité qu’un éclair se jetant la gueule ouverte sur la cime des plus hauts arbres des bois bordant Gotham.

Les bien portants s’occupaient des malades qui crachaient dans des sceaux rouillés d’épaisses mucosités teintée d’hémoglobine. Leurs poumons faiblissaient trop rapidement. J’espérais qu’ils tiendraient encore un peu. Il le fallait.

Nous arrivâmes dans un coin reclus de mon antre, un coin où je pouvais mener à bien mes expériences hasardeuses.

Comment avaient-ils fait ? Comment avaient-ils pu la ramener jusqu’ici ? Peu importe en réalité. Je supposais que l’âge avancé de cette femme ne put avoir l’ascendant sur la fougue d’une meute affamée.

« RELACHEZ MOI !!!! » Hurla Catwoman, les membres solidement attachez à un énorme tuyau dont la peinture rouge s’était écaillée avec le temps.

Je m’approchai alors d’elle, brûlant intérieurement. Cette pseudo-voleuse me répugnait plus que tout. Je voulus lui arracher le cœur et le piétiner jusqu’à en faire de la bouillie. Mais, au vu des récents événements, elle ne pouvait en avoir.

« RELACH…ARRRRRRGHHHH. »

Cette immondice se tordit de douleur après que je lui eus délivré un choc électrique de mon bâton fétiche. Pendant un instant, l’idée d’en finir trotta dans mon esprit. Mais une autre arriva au grand galop : mon nouveau cobaye était arrivé. Son âge et son état actuel risquaient de fausser un peu mes résultats, cependant, je n’avais rien d’autre sous la main.

« Qu’est-ce qu… Pou… Pourquoi ? » Articula péniblement la vieille femme.

« Amenez-moi Harrington. » Ordonnai-je fermement.

Le vieux juge fut traîné jusque dans la pièce. Un autre détritus. Moins d’une semaine à dormir dans ses excréments lui suffit pour perdre la boule. Une odeur fétide émanait de son corps crasseux.

Bien accroché à ma ceinture par une sangle en cuir, mon ocarina se balançait au rythme de mes pas. Je pris l’instrument me permettant d’exercer mon pouvoir avant de lui insuffler la mélodie de la mort.
Son écho parcourut les tuyaux, se frayant un chemin au loin, avant de laisser place au silence. Puis, nous entendîmes des sons, des petits pas très rapides provenant des entrailles de ma demeure. De ses recoins les plus sombres jaillit alors subitement une nuée de rats qui se jeta sur le juge, le propulsant violemment au sol.

Ici-bas, personne ne put entendre sa souffrance.

Les rongeurs, de leurs griffes affûtées, lui arrachèrent des lambeaux de peau avant d’extraire des morceaux de chairs qu’ils grignotèrent avec appétit. De leurs immenses dents, ils perforèrent ses artères qui se vidèrent de leur précieux liquide de vie dont mes petits compagnons s’enivraient inlassablement. Les hurlements de désespoir associés aux bruitages de la succulente viande arrachée sans consentement à son propriétaire ne manqua pas de me procurer une sensation de plai…

Catwoman ne regardait pas. J’y remédiai donc, l’y obligeant de mes mains, en lui chuchotant avec une malsaine allégresse à l’oreille :

« Quand ton tour arrivera ; et il arrivera ; je leur demanderai d’y aller encore plus lentement, que tu sois consciente un maximum de temps que ce sont les rats qui mangent les chats. »

La captive ne perdit pas une miette de ce macabre spectacle. Mes rats le dévorèrent jusqu’aux os qu’ils rongèrent sans aucun scrupules. Les cris s’étaient évanouis depuis longtemps.

Lorsque mes petits compagnons furent rassasiés, j’en pris un entre mes mains, que je me mis à caresser. Le travail réalisé méritait amplement une récompense.
Mes fidèles amis. Mes alliés de toujours. Mes braves soldats. Ces-derniers étaient essentiels pour que je puisse sortir de la misère tous ces gens.

« Monsieur, on… hum… On l’emmène avec les autres ? »

Je le sentis écœuré. Je pouvais le concevoir. Catwoman l’était aussi. Cette-dernière en laissa échapper sa bile. Un flot de larmes vint se mêler au sang sur ses joues.

« Non. Laissez sa carcasse pourrir ici. » Décidai-je en plaçant mon rat sur mon épaule.

Nous quittâmes alors la pièce. Je pouvais enfin reprendre mes travaux. J’allais pouvoir faire de nouveaux tests.

Je touchais au but.

Xhied-
Xhied-
MP
29 août 2020 à 21:36:30

Chapitre II - Les Nerfs à Vif

« … le budget annoncé par la mairie de Gotham pour la rénovation du Pont des Pionniers est de 23.900.000 dollars et ceci ne comprend pas le prix du diagnostic. De nombr… »

Cynthia Taylor éteignit la télévision d’une simple pression de bouton.

« Cette mairie… Encore un investissement inutile… » Soupira la quinquagénaire avec un certain mépris.

La procureure était encore belle pour son âge, plutôt en forme.

On racontait qu’aucun avant elle n’avait tenu aussi longtemps ce poste.

Son dévouement et son expérience firent d’elle une personnalité des plus respectées dans ce milieu maudit qu’est le droit à Gotham. Sa réputation transcenda les frontières du pays. Des offres plus folles les unes que les autres se succédèrent de la part des différents états pour obtenir ses services.
Il n’en fut rien. Cynthia Taylor resta en vers et contre tout dans sa ville natale.
La procureure y côtoya les pires vermines engendrées par cette ville. J’admirais sa ténacité. Peu de personnes avaient l’endurance nécessaire pour mener à bien cette lourde entreprise.

« Un café, un thé ? » Me proposa-t-elle.

« Non merci, ça ira. » Lui répondis-je en l’observant verser du liquide noir dans un bol.

Cynthia déchira alors un sachet de sucre avant d’en noyer son contenu dans son café.

« Dites-moi, comment connaissez-vous l’officier Grayson ? » M’interrogea la procureure.

« Je lui suis venue en aide sur une affaire. »

« Un bon élément. J’aimerais avoir plus d’hommes comme lui au GCPD. »

« Cela va sans dire. »

« Expliquez-moi la raison de votre venue ? » Poursuivit mon hôte en remuant une cuillère argentée dans son récipient.

« J’aurais quelques questions à vous poser si vous n’y voyez aucun inconvénients. »

« Cela dépendra de vos questions. J’admets avoir été réticente à l’idée de vous recevoir. »

« Pourquoi cela si ce n’est pas indiscret ? »

« Je ne sais absolument rien de vous. »

« Considérez-moi comme une citoyenne concernée et investie dans lutte contre la criminalité à Gotham. »

« Permettez-moi de nourrir encore quelques doutes. Vous avez la confiance de Richard. C’est la seule raison pour laquelle vous êtes ici ce soir. J’aurais bien aimé vous poser quelques questions mais considérant la situation d’urgence décrite par Richard je vais me contenter de vous écouter. » M’annonça-t-elle en trempant ses lèvres pour mieux apprécier la température de son décaféiné.

« Euh… Oui… Je… Très bien. J’aimerais savoir quel a été le motif du renvoie de Jeremy Edgerton ? Il est porté disparu et cette information pourrait s’avérer précieuse. Elle pourrait dégager des pistes de recherches non négligeables. » Expliquais-je calmement après avoir lâché un bref bégaiement.

« Je comprends. Jeremy a été soupçonné de détournement de fonds. »

« Seulement soupçonné ? Rien n’a été avéré ? » Demandais-je interloquée.

« Non. Mais je ne peux permettre qu’un membre de mon équipe puisse potentiellement se mettre dans une position qui pourrait risquer la réputation du bureau. »

Je la regardais, étonnée par ses mots. La procureure sirota son breuvage avant de s’embarquer dans une longue justification :

« Vous devez savoir que je me suis battue pour avoir ce poste. Ça m’a pris du temps, beaucoup d’énergie, et je ne vous mentionne pas tous les sacrifices que j’ai dû faire. Construire une équipe solide, un entourage de confiance n’est pas une chose aisée ici à Gotham. L’objectif à terme, est de rétablir un système stable, et une justice impartiale. Alors quand une personne risque le projet d’une vie, des heures de travail acharnées, l’investissement de ses collègues pour son profit personnel, je n’ai pas d’autres choix que de m’en séparer. »

Sacré personnage. Une femme déterminée. Très à cheval sur la maîtrise de son environnement. La procureure avait des objectifs précis à atteindre. D’un autre côté, cette stratégie centré sur la sécurité avait jusqu’ici portée ses fruits.

Sacrifier le travail d’un homme sans réel fondement pour le bien commun. Une philosophie contestable, mais défendable.

« Une affaire pareille aurait été du pain béni pour les médias et, bien que les journaux ne soient pour la plupart que de viles tissus de mensonges, le tribunal médiatique a un une réelle influence sur l’opinion publique. » Continua-t-elle avant de se délecter d’une gorgée de café. « C’est politique. Je n’aime pas ce genre de jeu, mais j’ai dû prendre le train en marche pour mener à bien mon projet. Il y a quelques années, j’aurais regretté mon geste. Peut-être même que je ne l’aurais pas fait. Aujourd’hui j’ai conscience que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. »

Je ne lui fis aucune remarque qui aurait pu la vexer. J’étais là pour créer une sorte « d’alliance », un lien me permettant de bénéficier de ses faveurs tout en évitant que son influence n’entrave mon travail.

Je passais donc simplement à la question suivante de mon interrogatoire :

« Est-ce que Mr. Edgerton avait des ennemis ? C’est grossièrement dit, mais l’idée est de savoir s’il était en conflit avec quelqu’un ou un groupe de personne, que ça soit lié à sa vie personnelle ou professionnelle ? »

« Non. Pas que je sache. » Lâcha-t-elle après un petit temps de réflexion.

« Il n’a jamais eu de dossiers sensibles ? »

« Tous le sont à leur façon. Mais je ne vois rien de particulier. Rien qui ait pu l’exposer à d’éventuelles représailles ou ayant eu un grand impact dans sa vie. »

« Je crois avoir fait le tour. Merci pour vos rép… » Mon signal d’appel se déclencha. « …onses. Je dois répondre, excusez-moi. Allô ? »

« Helena. La reconnaissance faciale a identifié un individu suspect. C’est, d’après ma banque de données, un membre du gang des Rejetons. Un certains Noah Price. Je n’ai rien de plus. N’agis pas dans la précipitation et ne fais pas d’imprudences. Bon courage. » Me dit Bruce dans mon oreillette, raccrochant aussitôt qu’il eût achevé son court discours.

Il aurait quand même pu me laisser lui répondre avant de prendre congé de moi de la sorte. Peu importe, j’allais devoir creuser de ce côté pour avancer.

« Du nouveau ? » Demanda Cynthia.

« Une piste effectivement. Les Rejetons seraient impliqués, il faut que j’aille poursuivre mes recherches. Edgerton avait-il un rapport avec eux ? »

« Pas à ma connaissance. »

« Ok. Si quoi que ce soit vous revenait, n’hésitez pas à m’en faire part. »

J’allais me précipiter à l’extérieur avant de me tourner vers la procureure :

« Sauriez-vous où je peux les trouver ? »

Les Rejetons formaient un groupe connu à Gotham et mon père avait sûrement dû me toucher deux ou trois mots à leur sujet. Cependant, je n’en avais pas réellement de souvenirs. J’avais honte de demander à cette éminente femme une information pareille, je me sentais incompétente. Malgré cela, j’aurais eu plus de honte encore à demander ça à Bruce. J’appréhendais beaucoup plus le jugement de ce dernier que celui de Cynthia Taylor.

« Ces hors-la-loi se terrent dans l’hôpital du Sacré-Cœur. »

Ça me revenait. Je n’étais qu’une enfant à l’époque, voilà pourquoi mes souvenirs étaient flous. Le terrain sur lequel se dressait fièrement l’ancien refuge des malades avait été arraché de force par le gang et transformé en un microcosme où seule leur volonté faisait loi, bien loin de la juridiction de Gotham et ce, sans que qui ce soit n’essayât de les déloger.

« Je vous remercie. »

« Prévenez-moi si vous avez du nouveau. Et faites attention à vous. Les Rejetons ne sont peut-être pas les personnes les plus influentes de Gotham, ils n’en sont pas moins dangereux. Ils ont fortifié la zone et d’après nos derniers rapports, ils auraient volé des armes au Pingouin. » Déclara-t-elle.

« Le Pingouin ? » Demandai-je, plutôt surprise par sa dernière phrase.

« Il possédait un arsenal. Il a réussi à garder sa localisation secrète pendant un temps incroyablement long. Je ne sais pas comment les rejetons ont pu mettre la main dessus. » M’expliqua-t-elle, un brin d’exaspération dans la voix.
Le nabot et moi avions un accord. Je lui faisais confiance malgré toutes les mises en garde du patriarche. Pour le moment, je devais mettre cette histoire en suspens.

« Soyez prudente. » M’encouragea la Procureure.

« Je le serai. » Affirmai-je alors avec aplomb.

Nous nous serrâmes la main avant que je ne m’engouffrasse par la cadre de sa fenêtre.

Je mis alors les voiles. Portée par les vents, j’arpentais les chemins tracés par les imposants gratte-ciels de Gotham.

Je jugeais que mon entretien ne s’était pas trop mal déroulé. Il fut bref, ce qui ne me déplut pas, bien au contraire. Malgré tout, je trouvais tout ceci étrange, comme si les choses avaient été amenées trop rapidement, sans que nous y fussions préparées.
Néanmoins je ne savais alors pas comment la chose aurait pu être plus naturelle.

Enfin… Ce qui était fait n’était plus à faire.

Je regrettais de ne pas avoir pris la moto. Le trajet fut interminable. Les vents furent bien trop capricieux pour que je me contente de me servir d’eux. Je dû utiliser mes jambes et sauter de toit en toit, usant et abusent de mon arbalète qui me servait de grappin pour atteindre des points hors de portée.

Ce fut épuisant. Ma condition physique n’était pas encore tout à fait adaptée à ce type d’effort.
Et pour couronner le tout, un grand nuage gris se mit à pleurer au-dessus de ma tête. Enfin… Que pouvait-il bien m’arriver de pire ?

Quarante-trois minutes s’écoulèrent et je fus arrivée à destination.

C’était l’un des quartiers des plus mal famé de Gotham. La mairie avait pris la décision de couper l’électricité dans ce secteur, justifiant ça par une volonté de ne pas fournir de l’énergie à des criminels. Le problème fut que supprimer le courant aux alentours du Sacré-Cœur impliquait aussi de priver des foyers d’honnêtes habitants de ses bénéfices, forçant la plupart d’entre eux à déménager ou à quitter la ville et condamnant, les moins chanceux d’entre eux, à une vie de survie dans les rues de cette jungle urbaine.

Tout ça parce que les Rejetons avaient un jour décidé de planter leur étendard au Sacré-Cœur.

Noah devait se terrer ici.

Un petit groupe isolé, composé de quatre rejetons, était attroupé sous un préau du vaste espace, fumant sans fin des paquets de cigarettes de mauvaise qualité, noyant chaque mégot consumé dans une flaque d’eau à proximité.

« Eh Keith. T’as entendu la dernière ? » Demanda un premier rejeton aux cheveux longs.

Le dénommé Keith se tourna vers lui, un brin de curiosité dans le regard :

« Accouche. » Dit simplement ce-dernier.

« J’ai entendu dire que le vieux Chapelier avait été tué… » Lâcha-t-il en soufflant une opaque fumée.

Une annonce forte. Sans jingle. Sans que ses camarades et moi-même n’y fussions préparés.

Keith prit la parole, alors que les deux autres écarquillaient encore de grands yeux suite à la nouvelle :

« Ce vieux taré était déjà sur la fin de toute façon. Qui aurait fait le coup ? »

« Je sais pas, ce ne sont que des rumeurs encore. Mais d’après ce qu’on dit, ce serait le père de la dernière « Alice ». Rien d’officiel encore, mais ça ne saurait tarder. »

« A voir. Un vieux salaud ce Chapelier… » Acheva Keith, le regard dans le vide avant de jeter son mégot par terre et de l’écraser avec son talon.

« Heyyy ma jolie ! Qu’est-ce que tu fais si tard dehors ? » Me dit alors le premier à avoir pris la parole en déplaçant une de se mèche de cheveux pour pouvoir me contempler.

Tous se turent et se tournèrent vers moi, sifflant et m’observant comme on observe un steak juteux se prélassant dans une épaisse sauce au poivre.

« Je cherche Noah Price. » Déclarai-je avec confiance.

Les petits bandits s’échangèrent divers regards, feignant maladroitement leur ignorance concernant l’existence de leur collègue.

« Ecoute ma belle. Je connais bien un petit Noah. Il est dans mon fut, et il attend que tu fasses de lui un grand bonhomme… ARGGGGGGGGGGGH ».

Un carreau électrifié sur le petit Noah suffit à calmer ses ardeurs.

« Noah Price. J’attends. » Répétai-je alors, espérant intérieurement qu’ils aient retenus la leçon.

« Ok ma puce, on va jouer. » Annonça alors le dénommé Keith en sortant un couteau de sa botte.

Je rangeais alors délicatement ma petite arbalète avant de prendre une profonde inspiration. La suite n’allait pas être de tout repos.

Xhied-
Xhied-
MP
29 août 2020 à 21:36:48

Chapitre II - Les Nerfs à Vif

« … le budget annoncé par la mairie de Gotham pour la rénovation du Pont des Pionniers est de 23.900.000 dollars et ceci ne comprend pas le prix du diagnostic. De nombr… »

Cynthia Taylor éteignit la télévision d’une simple pression de bouton.

« Cette mairie… Encore un investissement inutile… » Soupira la quinquagénaire avec un certain mépris.

La procureure était encore belle pour son âge, plutôt en forme.

On racontait qu’aucun avant elle n’avait tenu aussi longtemps ce poste.

Son dévouement et son expérience firent d’elle une personnalité des plus respectées dans ce milieu maudit qu’est le droit à Gotham. Sa réputation transcenda les frontières du pays. Des offres plus folles les unes que les autres se succédèrent de la part des différents états pour obtenir ses services.
Il n’en fut rien. Cynthia Taylor resta en vers et contre tout dans sa ville natale.
La procureure y côtoya les pires vermines engendrées par cette ville. J’admirais sa ténacité. Peu de personnes avaient l’endurance nécessaire pour mener à bien cette lourde entreprise.

« Un café, un thé ? » Me proposa-t-elle.

« Non merci, ça ira. » Lui répondis-je en l’observant verser du liquide noir dans un bol.

Cynthia déchira alors un sachet de sucre avant d’en noyer son contenu dans son café.

« Dites-moi, comment connaissez-vous l’officier Grayson ? » M’interrogea la procureure.

« Je lui suis venue en aide sur une affaire. »

« Un bon élément. J’aimerais avoir plus d’hommes comme lui au GCPD. »

« Cela va sans dire. »

« Expliquez-moi la raison de votre venue ? » Poursuivit mon hôte en remuant une cuillère argentée dans son récipient.

« J’aurais quelques questions à vous poser si vous n’y voyez aucun inconvénients. »

« Cela dépendra de vos questions. J’admets avoir été réticente à l’idée de vous recevoir. »

« Pourquoi cela si ce n’est pas indiscret ? »

« Je ne sais absolument rien de vous. »

« Considérez-moi comme une citoyenne concernée et investie dans lutte contre la criminalité à Gotham. »

« Permettez-moi de nourrir encore quelques doutes. Vous avez la confiance de Richard. C’est la seule raison pour laquelle vous êtes ici ce soir. J’aurais bien aimé vous poser quelques questions mais considérant la situation d’urgence décrite par Richard je vais me contenter de vous écouter. » M’annonça-t-elle en trempant ses lèvres pour mieux apprécier la température de son décaféiné.

« Euh… Oui… Je… Très bien. J’aimerais savoir quel a été le motif du renvoie de Jeremy Edgerton ? Il est porté disparu et cette information pourrait s’avérer précieuse. Elle pourrait dégager des pistes de recherches non négligeables. » Expliquais-je calmement après avoir lâché un bref bégaiement.

« Je comprends. Jeremy a été soupçonné de détournement de fonds. »

« Seulement soupçonné ? Rien n’a été avéré ? » Demandais-je interloquée.

« Non. Mais je ne peux permettre qu’un membre de mon équipe puisse potentiellement se mettre dans une position qui pourrait risquer la réputation du bureau. »

Je la regardais, étonnée par ses mots. La procureure sirota son breuvage avant de s’embarquer dans une longue justification :

« Vous devez savoir que je me suis battue pour avoir ce poste. Ça m’a pris du temps, beaucoup d’énergie, et je ne vous mentionne pas tous les sacrifices que j’ai dû faire. Construire une équipe solide, un entourage de confiance n’est pas une chose aisée ici à Gotham. L’objectif à terme, est de rétablir un système stable, et une justice impartiale. Alors quand une personne risque le projet d’une vie, des heures de travail acharnées, l’investissement de ses collègues pour son profit personnel, je n’ai pas d’autres choix que de m’en séparer. »

Sacré personnage. Une femme déterminée. Très à cheval sur la maîtrise de son environnement. La procureure avait des objectifs précis à atteindre. D’un autre côté, cette stratégie centré sur la sécurité avait jusqu’ici portée ses fruits.

Sacrifier le travail d’un homme sans réel fondement pour le bien commun. Une philosophie contestable, mais défendable.

« Une affaire pareille aurait été du pain béni pour les médias et, bien que les journaux ne soient pour la plupart que de viles tissus de mensonges, le tribunal médiatique a un une réelle influence sur l’opinion publique. » Continua-t-elle avant de se délecter d’une gorgée de café. « C’est politique. Je n’aime pas ce genre de jeu, mais j’ai dû prendre le train en marche pour mener à bien mon projet. Il y a quelques années, j’aurais regretté mon geste. Peut-être même que je ne l’aurais pas fait. Aujourd’hui j’ai conscience que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. »

Je ne lui fis aucune remarque qui aurait pu la vexer. J’étais là pour créer une sorte « d’alliance », un lien me permettant de bénéficier de ses faveurs tout en évitant que son influence n’entrave mon travail.

Je passais donc simplement à la question suivante de mon interrogatoire :

« Est-ce que Mr. Edgerton avait des ennemis ? C’est grossièrement dit, mais l’idée est de savoir s’il était en conflit avec quelqu’un ou un groupe de personne, que ça soit lié à sa vie personnelle ou professionnelle ? »

« Non. Pas que je sache. » Lâcha-t-elle après un petit temps de réflexion.

« Il n’a jamais eu de dossiers sensibles ? »

« Tous le sont à leur façon. Mais je ne vois rien de particulier. Rien qui ait pu l’exposer à d’éventuelles représailles ou ayant eu un grand impact dans sa vie. »

« Je crois avoir fait le tour. Merci pour vos rép… » Mon signal d’appel se déclencha. « …onses. Je dois répondre, excusez-moi. Allô ? »

« Helena. La reconnaissance faciale a identifié un individu suspect. C’est, d’après ma banque de données, un membre du gang des Rejetons. Un certains Noah Price. Je n’ai rien de plus. N’agis pas dans la précipitation et ne fais pas d’imprudences. Bon courage. » Me dit Bruce dans mon oreillette, raccrochant aussitôt qu’il eût achevé son court discours.

Il aurait quand même pu me laisser lui répondre avant de prendre congé de moi de la sorte. Peu importe, j’allais devoir creuser de ce côté pour avancer.

« Du nouveau ? » Demanda Cynthia.

« Une piste effectivement. Les Rejetons seraient impliqués, il faut que j’aille poursuivre mes recherches. Edgerton avait-il un rapport avec eux ? »

« Pas à ma connaissance. »

« Ok. Si quoi que ce soit vous revenait, n’hésitez pas à m’en faire part. »

J’allais me précipiter à l’extérieur avant de me tourner vers la procureure :

« Sauriez-vous où je peux les trouver ? »

Les Rejetons formaient un groupe connu à Gotham et mon père avait sûrement dû me toucher deux ou trois mots à leur sujet. Cependant, je n’en avais pas réellement de souvenirs. J’avais honte de demander à cette éminente femme une information pareille, je me sentais incompétente. Malgré cela, j’aurais eu plus de honte encore à demander ça à Bruce. J’appréhendais beaucoup plus le jugement de ce dernier que celui de Cynthia Taylor.

« Ces hors-la-loi se terrent dans l’hôpital du Sacré-Cœur. »

Ça me revenait. Je n’étais qu’une enfant à l’époque, voilà pourquoi mes souvenirs étaient flous. Le terrain sur lequel se dressait fièrement l’ancien refuge des malades avait été arraché de force par le gang et transformé en un microcosme où seule leur volonté faisait loi, bien loin de la juridiction de Gotham et ce, sans que qui ce soit n’essayât de les déloger.

« Je vous remercie. »

« Prévenez-moi si vous avez du nouveau. Et faites attention à vous. Les Rejetons ne sont peut-être pas les personnes les plus influentes de Gotham, ils n’en sont pas moins dangereux. Ils ont fortifié la zone et d’après nos derniers rapports, ils auraient volé des armes au Pingouin. » Déclara-t-elle.

« Le Pingouin ? » Demandai-je, plutôt surprise par sa dernière phrase.

« Il possédait un arsenal. Il a réussi à garder sa localisation secrète pendant un temps incroyablement long. Je ne sais pas comment les rejetons ont pu mettre la main dessus. » M’expliqua-t-elle, un brin d’exaspération dans la voix.
Le nabot et moi avions un accord. Je lui faisais confiance malgré toutes les mises en garde du patriarche. Pour le moment, je devais mettre cette histoire en suspens.

« Soyez prudente. » M’encouragea la Procureure.

« Je le serai. » Affirmai-je alors avec aplomb.

Nous nous serrâmes la main avant que je ne m’engouffrasse par la cadre de sa fenêtre.

Je mis alors les voiles. Portée par les vents, j’arpentais les chemins tracés par les imposants gratte-ciels de Gotham.

Je jugeais que mon entretien ne s’était pas trop mal déroulé. Il fut bref, ce qui ne me déplut pas, bien au contraire. Malgré tout, je trouvais tout ceci étrange, comme si les choses avaient été amenées trop rapidement, sans que nous y fussions préparées.
Néanmoins je ne savais alors pas comment la chose aurait pu être plus naturelle.

Enfin… Ce qui était fait n’était plus à faire.

Je regrettais de ne pas avoir pris la moto. Le trajet fut interminable. Les vents furent bien trop capricieux pour que je me contente de me servir d’eux. Je dû utiliser mes jambes et sauter de toit en toit, usant et abusent de mon arbalète qui me servait de grappin pour atteindre des points hors de portée.

Ce fut épuisant. Ma condition physique n’était pas encore tout à fait adaptée à ce type d’effort.
Et pour couronner le tout, un grand nuage gris se mit à pleurer au-dessus de ma tête. Enfin… Que pouvait-il bien m’arriver de pire ?

Quarante-trois minutes s’écoulèrent et je fus arrivée à destination.

C’était l’un des quartiers des plus mal famé de Gotham. La mairie avait pris la décision de couper l’électricité dans ce secteur, justifiant ça par une volonté de ne pas fournir de l’énergie à des criminels. Le problème fut que supprimer le courant aux alentours du Sacré-Cœur impliquait aussi de priver des foyers d’honnêtes habitants de ses bénéfices, forçant la plupart d’entre eux à déménager ou à quitter la ville et condamnant, les moins chanceux d’entre eux, à une vie de survie dans les rues de cette jungle urbaine.

Tout ça parce que les Rejetons avaient un jour décidé de planter leur étendard au Sacré-Cœur.

Noah devait se terrer ici.

Un petit groupe isolé, composé de quatre rejetons, était attroupé sous un préau du vaste espace, fumant sans fin des paquets de cigarettes de mauvaise qualité, noyant chaque mégot consumé dans une flaque d’eau à proximité.

« Eh Keith. T’as entendu la dernière ? » Demanda un premier rejeton aux cheveux longs.

Le dénommé Keith se tourna vers lui, un brin de curiosité dans le regard :

« Accouche. » Dit simplement ce-dernier.

« J’ai entendu dire que le vieux Chapelier avait été tué… » Lâcha-t-il en soufflant une opaque fumée.

Une annonce forte. Sans jingle. Sans que ses camarades et moi-même n’y fussions préparés.

Keith prit la parole, alors que les deux autres écarquillaient encore de grands yeux suite à la nouvelle :

« Ce vieux taré était déjà sur la fin de toute façon. Qui aurait fait le coup ? »

« Je sais pas, ce ne sont que des rumeurs encore. Mais d’après ce qu’on dit, ce serait le père de la dernière « Alice ». Rien d’officiel encore, mais ça ne saurait tarder. »

« A voir. Un vieux salaud ce Chapelier… » Acheva Keith, le regard dans le vide avant de jeter son mégot par terre et de l’écraser avec son talon.

« Heyyy ma jolie ! Qu’est-ce que tu fais si tard dehors ? » Me dit alors le premier à avoir pris la parole en déplaçant une de se mèche de cheveux pour pouvoir me contempler.

Tous se turent et se tournèrent vers moi, sifflant et m’observant comme on observe un steak juteux se prélassant dans une épaisse sauce au poivre.

« Je cherche Noah Price. » Déclarai-je avec confiance.

Les petits bandits s’échangèrent divers regards, feignant maladroitement leur ignorance concernant l’existence de leur collègue.

« Ecoute ma belle. Je connais bien un petit Noah. Il est dans mon fut, et il attend que tu fasses de lui un grand bonhomme… ARGGGGGGGGGGGH ».

Un carreau électrifié sur le petit Noah suffit à calmer ses ardeurs.

« Noah Price. J’attends. » Répétai-je alors, espérant intérieurement qu’ils aient retenus la leçon.

« Ok ma puce, on va jouer. » Annonça alors le dénommé Keith en sortant un couteau de sa botte.

Je rangeais alors délicatement ma petite arbalète avant de prendre une profonde inspiration. La suite n’allait pas être de tout repos.

Xhied-
Xhied-
MP
29 août 2020 à 21:37:12

(suite)

Les trois hyènes se jetèrent sur moi comme des morts de faim. J’évitais dans un premier temps la lame, mangeant dans la foulée une droite salée de l’un d’eux.

La minute suivante fut du même acabit.

J’étais bien trop concentrée sur le couteau. Les hommes désarmés m’enchaînaient. J’encaissais avec peine leurs violents assauts.

Ça n’était pas comme d’habitude. Avant cette rencontre je n’avais jamais eu l’impression que ma vie était en jeu. Là, la moindre err…

Arrrrghh, putain.

Un des poings me fendit la lèvre inférieure, déclenchant une salve électrique qui parcourut ma mâchoire.

« Attrapez-la ! » Ordonna Keith.

J’eus juste assez d’énergie pour décocher un coup de coude à l’un des deux sous-fifres et me dégager du second.

Je reculais alors pour évaluer les options qui s’offraient à moi.

« C’est tout ? » Questionna le rejeton armé.

Je me rendis à l’évidence et, sans un mot, je battis en retraite.

La situation m’avait échappé.

Je pris position en hauteur, bien à l’abri de leur œil malveillant.

A quoi avais-je joué ?

Ranger mon arbalète pour combattre à la loyale… Il fallait que j’arrête de chercher à prouver au monde entier ma valeur. Ça aurait pu me coûter bien plus qu’une égratignure.

Je devais me contenter de trouver où créchait Noah. C’était l’unique objectif.

J’employais alors mes méthodes de traque habituelles. J’étais beaucoup plus à l’aise avec ces-dernières de par leur caractère moins risqué.
Je me trouvais dans un premier temps un point d’observation d’où je pouvais, de mon œil perçant, observer tranquillement le groupe dans son environnement.
Mon gantelet me permit ensuite de pirater leurs systèmes de communication pour détourner les micros des talkies et des portables afin d’avoir accès à l’ensemble des conversations.

Instinctivement, j’écoutai en priorité les malfrats m’ayant tenu en défaut.

« …arrivé quoi ? » Dit une personne dont je ne reconnus pas la voix.

« Une espèce de folle déguisé en je sais pas quoi lui a tiré une flèche électrique dans les couilles avec son arbalète. » Lui répondit Keith.

« Elle est où maintenant ? »

« Elle s’est barrée. Une petite merde. Elle a voulu jouer aux durs avec nous. »

« Ok. Vous deux, emmenez le à l’infirmerie. »

Un court instant sans mots. Quelques bruits se faisaient entendre en fond, puis une porte claqua.

« Elle voulait quoi ? » Chuchota l’inconnu.

« Elle cherchait Noah. »

« Pourquoi ? »

« Je sais pas. Tu penses que ça a un rapport avec… » Commença Keith.

« Chut ! Pas ici ! » Interrompit l’autre avec inquiétude.

« Il est où là ? »

« Chez lui sûrement. »

« Je vais aller le voir. Lui dire de pas faire trop de vague jusqu’à ce que… enfin… jusqu’à ce qu’on en sache un peu plus sur… cette histoire. »

Je le suivis jusqu’au terrier de ma proie. Keith et Noah eurent une brève conversation bourrée d’avertissements et de sous-entendus dont je ne saisis pas le sens avant que Keith ne s’éclipse.

J’attendis un instant que Noah soit seul et vulnérable avant de pénétrer dans le bâtiment où se trouvait sa chambre.

J’avançais dans la pénombre, guidé par les timides rayons de la lune qui arrivaient à traverser le verre des fenêtres pour se poser avec douceur sur des murs dont la peinture s’écaillait.
Tout était délabré. Du matériel hospitalier jonchait le sol et, d’après la couche de poussière recouvrant toutes ces babioles, cela faisait depuis un bout de temps. J’enjambais un brancard renversé au milieu du couloir et me retrouvais devant la porte de ma proie.

Avant d’être sa chambre, c’était des patients qu’on accueillait entre ces murs. Ces hommes et femmes me dégoûtaient. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi ? Pourquoi priver une population de soins ? Si ça avait été l’un de leur proche ? Mes réflexions n’avaient que peu d’importance. Le mal était déjà fait.

Je frappais.

A peine le jeune homme eut entrouvert que je m’engouffrai dans la pièce et, sans qu’il eut le temps de réaliser ce qui lui arrivait, je lui appliquais un étranglement sanguin qui le plongea dans un profond sommeil.

J’avais réussi à traîner le jeune homme sur un toit de Gotham, bien loin du bastion des Rejetons.

Lui et moi pouvions avoir une petite discussion en tête à tête sans craindre d’être dérangés.

Noah revint à lui, réveillé par l’intense pluie venue nous tenir compagnie.

« Hum… Où est-ce qu…ARGH !! » Articula-il avant que je ne lui fouette la tempe de mon poing.

Je le laissai se remettre un court instant puis je saisis son col fermement :

« Je pose les questions et tu réponds. Compris ? »

Il acquiesça en silence, les yeux marqués par l’inquiétude.

« Où est Edgerton ? »

« Je sais pas ! Je jure ! C’était pas mon idée ! Je voulais pas ! C’était pour… »

Décidément… Je lui remis un coup assez violent, espérant qu’il daigne enfin parler.

« POURQUOI L’AVEZ-VOUS ENLEVER ? OU EST-IL MAINTENANT ? » Hurlais-je alors, ma patience s’amenuisant à mesure que le temps s’écoulait.

J’étais nez-à-nez avec lui.

« Ce n’était pas nous. C’était un accord. Si on le ramenait, on pouvait avoir ses fringues, sa bouffe, ses médocs, enfin tout. Un gars le voulait et on lui a livré. Je sais pas où il est… Je jure… »

« UN ACCORD AVEC QUI ? PARLE ! »

« Je sais pas… Je connais pas le gars en question… Je sais juste qu’on devait livrer lui et Catwoman a une bande de clochards. »

« Quoi ? Répète ça ? »

« Une bande de clochard. Des… Des sans-abris. »

« Qui leur avez-vous livré ? »

« Edgerton et Catwoma… Arrrgh… NON… STO… Urrrrrrrrrrgh… Urgh… »

Je ne pouvais plus m’arrêter de le frapper. Je l’avais jeté au sol et foulé aux pieds.

Ma colère fut inimaginable. Mon courroux mortel.

C’était plus fort que moi. Je ne fus à cet instant rien de plus qu’un animal, guidé par une pulsion de violence.

Son visage avait doublé de volume et prit une teinte pourpre.

Son sang recouvrait mes poings et avait giclé un peu partout.

J’étais à deux doigts de lui prendre sa vie lorsque je ne sus quelle prise de conscience m’interrompit.

Noah gisait là, devant moi.

Immobile.

Inconscient.

J’étais assise près de lui, complètement démunie.

La rage, de sa furie vengeresse, me brûla la rétine, tandis que la peur, de son fouet impitoyable, me foudroya l’échine.

Puis vint alors le regret, qui, en bon camarade, s’installa près de moi.

J’évacuais alors toute cette énergie, toutes ces émotions en poussant un cri de désespoir qui déchira les cieux de Gotham.

J’explosais en sanglots.

Le gamin avait besoin de soins. Et pourtant, je ne fis rien.

Je plongeais ma tête dans mes genoux, niant la réalité, échappant à mon devoir.

Je ne pensais qu’à elle…

Où pouvait-elle bien être ?

Etait-elle… ?

Je ne pus me formuler cette idée…

Mon esprit imprimait ses souffrances dans ma chair. Mon cœur battait la chamade, cherchant désespérément à se frayer un chemin au travers de sa prison osseuse pendant que mes poumons emmagasinaient assez d’air pour tenter de se faire imploser. Mon ventre se noua petit à petit et, lorsque l’étau fut insoutenable, il décida de cracher le peu de bile sécrétée par mon foie. Mon cerveau quant à lui était victime de l’importante hausse de température intracrânienne et de douleurs semblables à des décharges électriques.

La combinaison de ces affections me fit perdre connaissance, permettant à mon enveloppe corporelle de se reposer et à mon esprit d’être sauvegardé.

Je revins à moi doucement, avec de légers maux de tête. J’allais devoir faire avec.

Il me fallait des réponses. Et vite. Et il n’y avait qu’un seul endroit dans cette ville maudite qui les détenait.
________________________________________________________________________

Quelqu’un frappa à ma porte.

Je ne supportais pas d’être réveillé.

« Keith ? Elle est revenus ! » Hurla un rejeton à la voix rauque.

« Qui ça ? » Criais-je depuis mon lit, espérant que ce ne fut pas important.

« La fille qui a cramé les couilles de Evan. » Me répondit-il.

Il fallait qu’elle me fasse chier ce soir.

« J’arrive. » Dis-je en me levant difficilement.

Je fis craquer les articulations de mes doigts une à une.

J’enfilais ensuite un de mes jeans que je n’avais pas lavé depuis je ne saurais dire combien de temps. La vie de rejeton…

Le patron nous avait promis un confort digne des grands seigneurs de l’époque. Le projet était en bonne voie. Cependant, son accident au Pont des Pionniers eut raison de sa motivation et de sa détermination. Pourtant, c’était toujours ce vieillard irritable le grand décisionnaire.

Je quittais donc ma chambre, la 206, situé dans le service du Dr Lopez.

Encore une nuit gâchée…

J’arrivais alors au centre de notre demeure, une grande cour où étaient rameutés les membres de notre clan. La grande majorité savourait le spectacle tandis qu’une partie de braves gaillards tombaient un à un sous les coups de la demoiselle de tout à l’heure.

Le premier que je vis s’approcher d’elle eut le souffle coupé par un coup dans la trachée. Puis elle balaya un second avant de briser le bras d’un troisième qui profita de la distraction de ses camarades pour l’attaquer dans le dos.

Un autre tenta sa chance : un coup de pied au-dessus de la rotule pour le faire plier et un coup de genou dans la mâchoire pour le terminer.

J’observais de loin. Je ne souhaitais pas encore intervenir. C’était très divertissant.

Plus tôt elle avait fuis devant trois d’entre nous et là, elle était prête à en découdre avec la totalité du groupe.

Ouf… Je n’aurais pas aimé être à la place de ce type. La jeune femme frappa ce dernier à une vitesse folle au visage. Je crois avoir réussi à compter quatre coups, mais elle en distribua bien plus que cela.

Deux de ses amis voulurent le venger en mettant à la brunette simultanément un coup de barre de fer chacun. Une esquive rapide, et l’un d’eux assomma l’autre avant d’être fouetté au niveau du foie par le tibia de leur adversaire.

Certains rejetons reculèrent.

D’autres furent plus imprudents.

Avec une vivacité sans nom elle se jeta sur une espèce d’homme maigrelet qu’elle envoya dormir d’une droite bien placée dans sa tempe.
Elle dégaina ensuite son arbalète, feintant de tirer sur deux nouveaux venus qui eurent un mouvement de recul. La combattante saisit l’opportunité et leur offrit un high kick maison pour deux.

Les gardes de la muraille, lourdement armés firent irruption et la mirent en joue, prêt à la cribler de balle.

Il était temps d’intervenir.

Je sifflais de ma position, interdisant toute poursuite des querelles.

« Rangez-moi ça les gars. On n’accueille pas une dame de cette façon… » Annonçai-je, en faisant irruption au milieu de la foule.

Xhied-
Xhied-
MP
29 août 2020 à 21:38:00

(fin)

Je scrutais notre invitée de près.

« T’as foutu un sacré bordel dis-moi ? » Poursuivais-je en essuyant les quelques gouttes de pluie venue se déposer sur mon crâne chauve.

Rien.

Elle restait muette. Un signe bien explicite. Elle n’était pas venue faire la causette.

Ses yeux, scintillant comme deux émeraudes, me dardaient de venin.

« Je ne sais pas ce que tu nous veux et je vais te dire, j’en ai rien à carrer. Tu viens de gâcher ma nuit. Ça peut paraître con comme ça, mais c’est un truc... Tu vois… Je supporte pas… »

Je n’avais pas tout à fait le temps de lui expliquer, mais, la nuit était un moment que je chérissais plus que tout.

Je mis mes mains dans les poches de ma veste en jean et repris :

« Malgré ça, je dois admettre que tu viens de gagner en intérêt en montrant que tu as plus de couilles que tout à l’heure. Tu vas avoir le droit à un traitement de faveur. Je ne vais pas leur demander de t’abattre comme une chienne. Je vais te saigner moi-même. »

Je sortis alors délicatement de ma botte mon arme fétiche et me mis en garde.

Je me rappelais le jour où Marcus Ward, mon patron, m’avait offert cette lame. Il m’avait alors simplement dit : « prends une vie pour moi et j’en sauverai une pour toi. ».

Nous nous tournâmes autour un long moment, nous jaugeant l’un l’autre, essayant de nous mettre en condition, de nous habituer au terrain humide et glissant laissé par la pluie.

Je fis subitement deux pas chassé pour réduire la distance entre nous. D’un ample mouvement je tentai de lui trancher la gorge.

Elle bloqua alors mon élan d’un coup de pied dans mon biceps avant que je ne fasse goûter à sa mâchoire une sauvage droite porté à une vitesse stupéfiante.

Je déroulai alors le fil.

Un énorme coup de pied dans l’abdomen la plia en deux en plus de lui faire cracher un peu de sang.

Je saisis fermement son scalp et la lançai au sol avant de me pavaner devant mon assemblée :

« C’EST TOUT ? » Hurlai-je à son égard.

Ce fut aussi la question que je posais à Marcus Ward avant qu’il ne me réponde : « oui, c’est tout ». J’acceptais alors le marché sans hésiter, un marché pour lequel, malgré tous ses caprices, je lui serai fidèle pour l’éternité.

D’un revers de manche elle essuya sa bouche.

Non ça n’était pas tout visiblement.

La détermination dans son regard me satisfait et nous nous engageâmes alors dans une valse mortelle.

Je menais la danse. Je devais absolument conserver l’ascendant.

Seulement, je l’avais sous-estimé et je lui offris une ouverture, une faille technique qu’elle exploita : elle bloqua à nouveau mon bras tenant le couteau, mais cette fois-ci, elle fut plus vive et elle écrasa la face palmaire de sa main gauche en plein milieu de mon visage, brisant mon nez à l’impact.

Je reculai puis passai mon pouce en-dessous de mes narines. Je perdais de l’hémoglobine.

J’adorais ça.

Un bon combat avait le même effet chez moi qu’une bonne giclée d’endorphine.

Je remis tout seul mon nez en place, m’arrachant un cri de douleur au passage.

Un cri qui ne fut rien en comparaison des cris de ma sœur, se tordant de douleur à cause du poison que ses médecins lui avaient injecté dans les veines lui faisant croire qu’il s’agissait d’un traitement expérimental révolutionnaire.

Je les haïssais de me l’avoir enlevé, tout ça pour tester leur molécule infect.

Je me jetais alors sur l’intrus sans réfléchir.

Nous nous rendîmes coups pour coups sans que l’un ou l’autre ne réussisse à prendre l’ascendant sur la situation.

Ce fut éprouvant. La fatigue mentale et l’épuisement physique commençaient à se faire ressentir.

Nous nous arrêtâmes alors pour reprendre notre souffle.

Elle aussi… Dans son accoutrement ridicule et sous ses airs de justicière elle venait de me priver de ma sœur bien aimée. La seule façon qui était à ma disposition pour avoir une chance de la revoir était qu’elle et moi nous rencontrions dans le pays des songes, un lieu où tout devenait possible. Un lieu qui avait réussi à déjouer les plans de la mort elle-même.

Je désirais en finir.

Mon assurance disparaissait au fur et à mesure que notre affrontement s’éternisait. Je frappais aléatoirement, essayent de placer des combinaisons n’ayant ni queue ni tête.
A un moment donné, nous restâmes nez-à-nez, moi essayant de planter ma lame dans sa boîte crânienne et elle, luttant de toutes ses forces pour que ce scénario ne se réalise pas.

Merde…

Je glissais sur le sol humide…

Des appuis instables et une posture désavantageuse : la paire parfaite pour vaincre l’adversaire.

« ALLÉ KEITH ! FINIS-LA ! » Hurla une voix au beau milieu d’une assemblée de rejetons s’impatientant.

Je ne pouvais pas renverser la vapeur. J’allais être humilié par cette énergumène.

Je tentais de résister, repoussant le moment fatidique au maximum, mais, je ne tins pas…

D’une prise de judo, techniquement impeccable, elle m’envoya au tapis, mettant fin à cet éprouvant affrontement. De son talon, elle brisa mon poignet, me faisant instantanément lâcher mon couteau.

Mes gardes s’empressèrent de la mettre à nouveau en joug. D’un geste, elle me releva et me prit en bouclier humain.

« Si j’en vois un seul approcher… je te tue. » Annonça-elle en plaçant son arbalète sur ma tempe.

« T’auras pas le cran… » Défiai-je, essayant de sauver la face.

« Noah te dirait sûrement de ne pas jouer avec moi si il était là. »

« Comment ça ? Qu’est-ce que tu lui as fait ? » Sifflai-je entre mes dents.

Qu’avait-elle fait à mon protégé ?

« Rien de plus que ce qui m’a semblé nécessaire pour avoir les réponses que j’attendais. Dis à tes toutous de lâcher leurs armes. »

Je fis un simple signe de tête et tous s’exécutèrent.

« Qu’est-ce que tu me veux ? » Demandai-je à mon adversaire.

« Catwoman et Edgerton. A qui les avez-vous livrés ? »

« Un taré avec un masque à gaz et un bâton. »

« Où je le trouve ? »

« Crois-moi poulette, tu veux pas trouver ce type… »

Elle exerça alors une pression importante sur ma trachée de son bras libre :

« Le taré avec le masque à gaz et le bâton : où… je… le… trouve ? »

Ce mec m’avait foutu la chair de poule. Je ne l’avais vu qu’une fois et cela m’avait suffi.

Le moins que l’on puisse dire, ce fut que son aura était sans pareille.

Je le dépassais d’une tête ou deux et pourtant le leader des bouseux m’effrayait.

Tous les rejetons craignaient son courroux. Cet homme, s’il en était un, avait, disait-on, d’étranges pouvoirs dont la source serait, toujours d’après les rumeurs, cet Ocarina pendouillant à sa ceinture.
Personnellement, j’avais l’impression que son simple toucher avait le don de tuer instantanément.

Il était squelettique. Sa teinte grisâtre me rappelait les carcasses de la morgue. Et son masque à gaz, cachant je ne sus quelle abomination, me mettait mal à l’aise. Son odeur, un mélange entre celle d’un corps en décomposition et celle des égouts m’était insupportable.

Le jour de l’échange, il fit un signe de tête.

Deux de ses hommes s’exécutèrent et vinrent récupérer l’avocat qu’il nous avait quémandé.

Un troisième s’approcha de moi et me confia les clés de l’appartement d’Edgerton.

Malgré les apparences, c’était un homme de parole. Mon instinct pour sa part me susurrait à l’oreille de ne pas lui accorder la moindre confiance.

« J’aurais un nouveau service à vous demander… » Annonça-t-il calmement, rompant le sinistre silence de cette nuit sans lune.

« Je vous écoute. » Lui dis-je à contrecœur.

« J’aimerais que vous me trouviez Catwoman et que vous me la livriez. Un de mes amis ici présent restera avec vous et vous indiquera la marche à suivre pour la trouver. »

« Qu’est-ce qu’on y gagne ? » Demandai-je alors fermement.

« Nous pourrions vous fournir des vivres supplémentaires ou vous indiquer où se trouve l’arsenal du Pingouin. A votre convenance. »

Cela faisait des mois que nous essayions de le localiser sans succès. C’était l’un des secrets les mieux gardé de Gotham. Comment avait-il pu le trouver ?

« Qui me dit que vos informations sont fiables ? »

« Eh bien, j’ai conscience du fait qu’il y ait des risques à délivrer une information fausse. Mais surtout, je fais ça pour que notre entente reste cordiale et pour que chacun y trouve son compte. Si vous voyez un inconvénient à cela, sachez, et certains de vos camarades pourront en témoigner, je n’aurais aucun mal à vous montrer que je n’ai pas besoin de votre petit groupe et que je pourrais aisément restituer cet hôpital à Gotham si vous voyez où je veux en venir. » M’expliqua-t-il dans le plus grand des calmes, un calme qui me fit froid dans le dos.

J’éprouvais une sorte de mélange entre la colère et la peur, le second élément prenant le pas sur l’autre. J’avais plusieurs questions à lui poser, notamment l’intérêt de traiter avec nous s’il pouvait se débrouiller seul, mais je souhaitais écourter ce rendez-vous, alors je ne fis rien pouvant potentiellement rallonger sa durée. Je me contentais simplement d’accepter le nouvel accord.

« Et comme vous ne voudriez pas me vexer d’avantage, vous allez me laisser un total accès au laboratoire de votre établissement. Pourriez-vous me l’indiquer je vous prie ? » Reprit-il avec assurance.

Tel un esclave, j’obéis. Il prit alors la direction que je lui indiquais.

« Vous allez chercher quoi dans ce labo ? » Demandai-je, piqué par la curiosité.

L’homme au masque à gaz s’arrêta et, sans se retourner, de sa voix étouffée, articula ces quelques mots qui me donnèrent froid dans le dos :

« Un ingrédient qui va changer Gotham… »

Message édité le 29 août 2020 à 21:38:17 par Xhied-
Xhied-
Xhied-
MP
29 août 2020 à 21:39:06

Et voilà, le Chapitre III est bientôt fini :ok:

Je me remets à l'écriture soon :oui:

_Arthurvador
_Arthurvador
MP
30 août 2020 à 11:04:43

Rien de nouveau par rapport à ce que j'ai déjà lu sur le forum Knight ? :noel:

Xhied-
Xhied-
MP
30 août 2020 à 11:47:33

Le 30 août 2020 à 11:04:43 _Arthurvador a écrit :
Rien de nouveau par rapport à ce que j'ai déjà lu sur le forum Knight ? :noel:

Nope cher ami :hap:

Xhied-
Xhied-
MP
30 août 2020 à 11:54:11

Bientot bientôt la nouveauté

:hap:

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