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Sujet : [FIC] Cent Ans

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Darth_Golgoth
Darth_Golgoth
MP
09 mai 2019 à 17:01:41

Quelle tête :rire:

Jadas
Jadas
MP
30 mai 2019 à 11:21:40

Salut salut, juste pour te dire que le chapitre 45 avance bien et devrait être là dimanche soir au plus tard. Je te conseille de relire quelques précédents chapitres pour te remettre dedans (j'ai dû le faire aussi :hap:)

Darth_Golgoth
Darth_Golgoth
MP
31 mai 2019 à 21:55:27

Ok je le fais dès que j'ai le temps ! :oui:

Jadas
Jadas
MP
02 juin 2019 à 20:14:58

https://drive.google.com/file/d/1JQYunukGuMcQp_U2Ga0-oshOOumh785a/view?usp=sharing

Précédemment dans « Cent Ans » : les Assassins - en particulier Gautier - confrontent Isabeau, qui finit par avouer son fait, sans pour autant le caractériser de trahison. Néanmoins, Gautier ne la sent pas vraiment attachée à la cause des Armagnacs, elle qui regrette Louis d'Orléans, dont le meurtre déclencha la guerre civile. Sans prévenir, Bernard VII fait irruption dans la pièce en présentant un document officiel du roi, ordonnant à la reine de partir pour l'Abbaye de Marmoutier. Une fois seul avec les Assassins, Bernard consent à renforcer leur alliance, avant de conseiller à Gautier de se rapprocher du jeune Charles, frère cadet de Jean, actuel dauphin.

 

                                                              • CHAPITRE 45 •
 
 

La reine était partie peu après leur entretien, escortée comme prévu par quelques Armagnacs.
Les Armagnacs. Leurs uniques alliés dans ce conflit à présent.

Durant la soirée qui avait suivi, Gautier n'avait eu de cesse de remettre en question la bonne volonté de Bernard VII, tout comme il n'avait eu de cesse de se rassurer quant aux intentions de celui-ci l’instant d’après. Il ne savait absolument pas sur quel pied danser, contrairement aux deux autres, plutôt confiants.

« Ses choix sont restreints, avait assuré le Maître-Assassin. Il retient le meilleur.
— Et nous sommes les meilleurs, avait plaisanté à demi Alix. Fions-nous à l'instinct de Loup. »

Gautier souffla lentement du nez, pensif, avant de se mettre à faire les cent pas au sein de la chambre qu’il occupait avec Alix. Que penser...

« Nos choix sont tout aussi restreints, conclut finalement Gautier. Nous ne pouvons perdre un autre allié, surtout de cet acabit.
— Exactement, répondit Loup. Je crains ses futures méthodes, au vu de son tempérament, mais peut-être arriverons-nous à le tempérer si besoin est ?
— Certainement, ajouta Alix.
— La décision ne me ravit pas, mais ainsi soit-il, fit le grand châtain. Prolongeons notre merveilleux séjour à la Cour ! »

 

                                                                   ***
 

Cela faisait maintenant trois semaines que Sigismond occupait l’Hôtel Saint-Pol.
Trois semaines également que Gautier se retenait d’assommer la moitié des nobles de la cour, tant leurs attitudes et viles conversations l’insupportaient.
Trois semaines durant lesquelles les Assassins n’avaient pas chômé. Naturellement, ils avaient cru bon d’informer Alexandre de leur décision, Loup ayant assigné cette tâche à un membre parisien. Le message était clair, net et précis, mais aussi codé, à toutes fins utiles. Par ailleurs n’avaient-ils pas mentionné le lieu où vivait désormais la plus-si-reine-que-ça Isabeau, où cas où le transport de la missive s’avérerait contrarié.
Trois semaines sans Isabeau donc et, pour autant, pas trois semaines de bonheur.
Trois semaines étranges, à vrai dire.

D’abord, Sigismond s’était inquiété de l’absence de la reine, ou tout de moins questionné à ce sujet mais, bien vite, une autre figure avait fait son entrée dans la danse : celle du roi. Un roi apparemment dans une bonne passe, bien que tous surent qu’il pouvait en sortir à tout moment. C’est pourquoi Bernard VII d’Armagnac gardait non pas un œil, mais deux yeux rivés sur Sa Majesté. À vrai dire, les réunions du Conseil royal se voulaient brèves, de sorte à ne pas risquer un soudain changement de caractère devant tout un chacun. De plus, Charles VI avait assuré à Sigismond, ainsi qu’à ses sujets, que le chef armagnac avait toute sa confiance et la qualité d’agir en son nom si, d’aventure, il ne le pouvait - ce qui était plus que fréquent. Quant à l’absence d’Isabeau, le roi, dans un moment de lucidité, avait prétexté une affaire urgente plutôt lointaine, ainsi que le besoin de trouver quelque repos avant de revenir à la Cour. L’excuse avait marché à demi, mais la vie avait vite repris son cours, quoi que changée. En effet, la conséquente prise de pouvoir de l’Armagnac avait vite soulevé la méfiance d’un peuple parisien tantôt intéressé par les Armagnacs, tantôt acquis aux positions bourguignonnes. Personne n’y voyait clair dans cette histoire, et le comportement de Bernard avait tôt fait d’inquiéter quelque peu les Assassins. Ayant compris qu’être aimé n’était point son destin - ni même une possibilité à ce stade -, le connétable s’était dès lors attaché à diriger comme il l’avait toujours fait : d’une main de fer, en comptant sur la crainte qu’il inspirait. De ce fait, les Assassins veillaient de près, ne voulant guère un tyran en guise de dirigeant mais, encore une fois, leurs choix étaient restreints. Si ce n’était Bernard VII, alors qui ? Un Jean sans Peur, allié aux Templiers ? Diantre non.

Alors voilà comment se profilait la situation. Quant à Sigismond, eh bien... Le monarque avait lui aussi rapidement compris à qui il avait affaire. Un Armagnac intransigeant qui, à ce point, ne désirait ni la paix civile, ni la paix religieuse. Plus exact, il ne voulait guère faire de concession pour la première, et s’intéressait bien peu à la seconde, accaparé comme il l’était par les différents conflits. Le roi de Hongrie et autres avait pourtant habilement insisté, mais rien n’y faisait. Bernard VII était décidé, et même les Assassins n’avaient rien à y redire.
En vue de calmer ces tensions, plusieurs fêtes furent données en l’honneur de Sigismond et ses troupes. Ces fêtes furent l’occasion de divertir les esprits tout en offrant aux Assassins l’opportunité de ravir de précieuses informations. Néanmoins, le contraire fut de mise, et ils n’apprirent rien de plus que les bas ragots de la Cour. Certes, quelques uns persistaient à s’inquiéter du sort de la reine, d’autres soupçonnaient Bernard, mais la plupart des courtisans étaient vite revenus à leurs inepties d’antan. Toutefois, parmi ces âmes, un homme avait attiré l’attention de Gautier. Paradoxalement, la discrétion de celui-ci était ce qui avait interpellé Gautier et, après lui, Loup et Alix. Cet homme parlait bien, mais peu ; se montrait, mais pas assez ; souriait, mais sans éclater en rire forcé. Les suspicions étaient peu-être maigres, mais quelque chose n’allait pas, les Assassins pouvaient le sentir. Ainsi en avaient-ils informé le connétable qui, ni une ni deux, avait pris sa décision.
Ce soir se tiendrait l’ultime bal avant le départ de Sigismond.
Et ce soir, ils auraient une mission.

 

                                                                   ***
 

« Tout le monde sait ce qu’il a à faire ?
— Tu parles à deux personnes, Loup, l’ennuya Gautier.
— Très bien. L’incroyable Assassine et l’idiot fini qui se trouvent devant moi connaissent-ils leur objectif ?
— Je connais le tien, confirma Alix.
— Et nous avons le même, ajouta Gautier. Voilà qui est résolu. »

Loup soupira, probablement fatigué par leur éternelle manie d’avoir réponse à tout.

« J’ai l’unique clé, alors restons coordonnés. »

Les amants acquiescèrent, puis tous trois quittèrent la pièce avant d’emprunter différents chemins. Gautier longea un couloir, quasiment désert et éclairé à la lueur de torches renvoyant son ombre le long des parois. Les clameurs au sein de l’Hôtel ne faisaient que croître à mesure qu’il avançait, signe qu’il approchait bel et bien du cœur des festivités. Les rires idiots des nobliaux - dont il avait jadis fait partie - pouvaient déjà parvenir à ses oreilles, mais il ne devait en avoir cure. Ce soir, seuls comptaient paroles murmurées et demi-mots.

Une fois dans la salle d’apparat, Gautier huma l’air qui s’en dégageait. Dehors, le peuple mourait de faim mais, ici, tout était différent, à n’en pas douter. Épices, volaille, cervoise et vin de qualité... autant de mets que le commun des mortels connaissait peu.
Mais peu importait ; dans une autre vie, lui aussi se serait délecté des privilèges de la Cour sans le moindre remord. Il n’était pas là pour juger les agissements d’un ordre qu’il ne portait guère dans son cœur.
En sus des longues tables richement décorées et garnies venaient les différents vêtements, tout aussi resplendissants. Les robes raffinées se mêlaient aux ravissantes houppelandes, dont les Assassins s’étaient également parés - avec la gracieuse aide de Bernard VII. Cette tenue était parfaite pour se mêler à la foule de puissants, d’autant plus que les longues manches déstructurées dissimulaient à merveille l’unique lame dont Gautier ne se séparait jamais. Étrangement, toutefois, il espérait ne pas avoir à s’en servir aujourd’hui.

L’Assassin passa une main dans ses cheveux, les replaçant en arrière, avant de s’immerger dans le flot des réjouissances. Souriant faussement à qui le voulait bien, il se laissait lentement porter par le mouvement, ne faisant qu’un avec la petite cohue. Une légère courbette suite aux insistantes œillades d’une dame, un rire après la mauvaise boutade d’un quidam imbu de lui-même... il en fallait peu pour combler la noblesse.

« Qu’en pensez-vous donc ? »

Gautier, presque surpris, pivota pour se retrouver face à celle qui avait effleuré son épaule. Une noble évidemment, superbement habillée ; définitivement pas celui qu’il recherchait.

« Mes excuses, madame. Vous désirez mon avis au sujet de... ?
— La parure de Sigismond n’est-elle pas ravissante ?
— Pas autant que vous, feignit Gautier après avoir miré le souverain. Mais oui, il resplendit. »
Et c’était là pure vérité. Le chef armagnac paraissait bien fade au côté du roi hongrois. Un étranger aurait juré que Sigismond présidait le banquet à venir, et non Bernard VII - qui remplaçait ici Sa Majesté en titre qui, depuis le bal des ardents, était tenu à l’écart des festivités dès que possible - et ce à raison. Sûrement serait-il là lors du départ de Sigismond de Luxembourg, mais pas plus.
« Pardonnez-moi, messire, mais qui êtes-vous donc ? Je ne me souviens guère de votre visage, et Dieu sait que je n’aurais point commis une telle faute en l’ayant vu auparavant. »
Gautier se retint de pouffer face au compliment à peine masqué, avant de répondre : « Quelle importance, alors même que nous sommes en présence de plus grands noms que le mien ? »

L’interlocutrice de Gautier, quelque peu rougissante, allait renchérir lorsque - miracle - l’on sonna du cor, signe que le festin allait véritablement commencer. Rapidement tous les convives furent placés, Assassins y compris, ce qui permit à Gautier d’apercevoir Loup et Alix, installés loin de lui comme convenu. Les tables, positionnées en fer à cheval, accueillaient un nombre incroyable d’invités.
Il n’y avait pas à dire, Gautier préférait largement la Grande Salle de Yèvre-le-Châtel et ses locataires.
En revanche, il ne pouvait dénigrer la qualité des plats qui arrivèrent bientôt sur les multiples tranchoirs trônant devant chaque convive. Au moins n’irait-il pas à la chasse à l’homme le ventre vide. D’ailleurs...
Gautier mira un peu partout à la recherche de sa cible, mais visiblement celle-ci n’était pas présente, fait dont il eut vite confirmation par les discrètes négations de ses compères.

 

                                                                   ***
 

Repu sans pour autant se sentir lourd, Gautier se leva avec joie à l’annonce d’une pause destinée aux différents divertissements. Il était sur le point d’indiquer à Loup et Alix sa volonté de tenter sa chance ailleurs, lorsqu’il distingua deux silhouettes échangeant au détour d’un hall menant à la salle. Il plissa les yeux, intrigué, avant de s’approcher en toute discrétion, répondant çà et là à de frivoles conversations pour ne point attirer l’attention. Il était maintenant assez proche pour nettement voir les traits d’un des interlocuteurs, l’autre lui tournant le dos. Il ne remarqua rien d’intéressant à première vue, mais, soudain - Gautier le vit du coin de l’œil - le second se retourna, après quoi il s’excusa et fila.
Une piste venait de s’ouvrir et, naturellement, Gautier s’y engouffra.

Darth_Golgoth
Darth_Golgoth
MP
06 juin 2019 à 19:36:12

C'est lu !!!

Ça fait plaisir de retrouver notre incroyable trio ! Ils m'avaient manqué !

On sent venir le climax de "l'arc" arriver ! J'ai hâte d'y être car je pense que l'on va avoir pas mal d'info !

Jadas
Jadas
MP
06 juin 2019 à 21:08:14

J'espère bien qu'ils t'avaient manqué, sinon ça voudrait dire que je fais vraiment mal mon "boulot" !
Tu fais bien de parler d'arc, c'est vrai qu'on va bientôt passer à une autre facette de l'histoire dirons nous. Je suis à Paris demain et samedi pour un concert donc j'aurai pas le temps de bosser sur la suite mais je m'y mets dès que possible !
Encore merci de lire encore mon gars :hap:

Darth_Golgoth
Darth_Golgoth
MP
08 juin 2019 à 14:07:27

Pas de problème :oui:

Ta fic est la première que j'ai lu et ça m'a donnée envie d'écrire :)

Bon concert à toi ! ( Tu vas voir qui ? )

Jadas
Jadas
MP
09 juin 2019 à 12:51:37

Yep et c'est super de savoir ça !
BTS, je sais pas si tu connais ?

Darth_Golgoth
Darth_Golgoth
MP
10 juin 2019 à 20:04:05

De nom vite fait mais je n'aime pas la k-pop.
Je suis plus rock / metal

Darth_Golgoth
Darth_Golgoth
MP
10 juin 2019 à 20:05:12

Mais sinon profite bien. C'est un phénomène ce groupe donc ça risque d'être assez spectaculaire :oui:

Jadas
Jadas
MP
10 juin 2019 à 22:36:43

Oui j'avais cru comprendre :hap:
J'y allais le 7 et effectivement c'était énorme mais genre vraiment c'est dur à expliquer comme ça. Et puis y'a un lien émotionnel très fort enfin bon :noel:

Jadas
Jadas
MP
05 juillet 2019 à 18:39:06

Le temps passe décidément toujours aussi vite. J'ai bossé tout le mois de juin donc c'était un peu galère mais ça devrait aller mieux. L'objectif, c'est de finir Cent Ans avant octobre de cette année (on y croit :hap:) donc voilà t'es prévenue et je le suis aussi. Sinon le bac ça a donné quoi ? Les épreuves anticipées c'était aussi aujourd'hui les résultats ou non ? Je sais déjà plus :noel:

Darth_Golgoth
Darth_Golgoth
MP
08 juillet 2019 à 23:10:47

Ok pas de problème !

Hâte de voir la fin :oui:

Et bien je suis carrément dégoûté, je pensais avoir de bonnes notes et je me retrouve avec un 9 à l'écrit et un 13 à l'oral et au TPE.

Sachant que je vise la mention bien au bac... Va falloir trimer.

Jadas
Jadas
MP
10 juillet 2019 à 00:49:49

Ah mince, comme quoi on peut jamais être sûr...
Clair qu'il va falloir donner un coup de collier comme on dit mais ça devrait aller. Profite bien de tes vacances déjà :oui:

Darth_Golgoth
Darth_Golgoth
MP
10 juillet 2019 à 21:21:50

Ouais c'est déjà ça :rire:

Toi tu en as des vacances ?

Jadas
Jadas
MP
12 juillet 2019 à 10:04:39

Yep techniquement je suis en vacances depuis mi mai. J'ai travaillé tout le mois de juin mais là c'est re les vacances jusque septembre :hap:

Darth_Golgoth
Darth_Golgoth
MP
13 juillet 2019 à 15:18:21

Ah bah tranquille alors !

Jadas
Jadas
MP
15 juillet 2019 à 23:26:40

https://drive.google.com/open?id=1rDJ1wxb_m5idn6i4BQMIP1Yg425alTtm

Précédemment dans Cent Ans : Après trois semaines de négociations, la position de Bernard VII demeure la même, celui-ci rejetant chaque proposition de Sigismond. Quelques fêtes sont organisées dans l’espoir de détendre l’atmosphère plus que tendue, mais la vie du peuple n’en change pas pour autant et celui-ci n’apprécie pas vraiment le chef Armagnac, décidé à régner d’une main de fer à la place d’un Charles VI instable. Finalement, un ultime banquet se tient avant le départ de Sigismond, durant lequel les Assassins doivent débusquer un possible espion.
  
 

                                                         • CHAPITRE 46 •
 
 

D’un pas vif et nonchalant à la fois, Gautier entreprit de filer le suspect. Par chance, quelques nobliaux vagabondaient dans les halls, ce qui lui permettait de se couvrir dès que nécessaire. La notion de discrétion était loin d’être la plus parlante à ses débuts mais, de fil en aiguille, Gautier avait appris de ses erreurs et y était maintenant parfaitement rodé. Ainsi, il se faufila telle une ombre le long des différents couloirs, avant de rejoindre la demi obscurité des jardins, que seules quelques torches éclairaient. Comme d’habitude, moult petits groupes s’étaient formés - non plus de courtisans cette fois-ci, mais principalement de soldats hongrois, à la sobriété déjà bien entamée pour la plupart. Certains chantaient à tue-tête d’entraînants airs - Gautier devait l’admettre -, d’autres jouaient aux dès et enfin, quelques-uns semblaient prendre à cœur la surveillance de leurs éméchés camarades. Sans qu’il pût y faire quoi que ce soit, l’ambiance festive aux relents d’alcool immisça Ralph dans la pensée de l’Assassin, qui esquissa un sourire amer au souvenir des soirées passées avec son éternel et défunt compère. Au souvenir d’un temps révolu qu’il n’oublierait jamais. Enfin.

L’heure n’étant pas aux divagations, Gautier, couvert par un pan de mur, reporta son attention sur la fameuse cible. L’homme devait se croire hors d’atteinte, car sa cadence diminuait au fil des secondes. Finalement, il prit abri sous un arbre, examinant les lieux du regard, après quoi il voulut s’accorder une pause. Néanmoins, ce n’était visiblement pas du goût du groupe de soldats à proximité, ces derniers s’étant rapprochés pour tenter d’enivrer l’étranger. Pris au dépourvu, celui-ci prit quelques gorgées de la bouteille tendue, avant de mimer une envie pressante. Non sans mal parvint-il à s’extirper des soûlards, avant de s’éloigner pour se mettre dos aux agitateurs. Peut-être n’avait-il pas tout à fait feint l’envie de se vider.
Sans plus attendre, Gautier en profita pour approcher et se glisser derrière l’espion présumé. Hors de portée d’œillades curieuses, il passa rapidement son bras autour du cou de son adversaire, le comprimant entre biceps et avant-bras. Il relâcha la pression une poignée de secondes plus tard, puis accompagna le corps inconscient jusqu’au sol. Et voi-, argh, non !
Devant lui trônait une désagréable surprise.
L’homme neutralisé, certes... mais la queue à l’air. Fallait que ça tombe sur moi, évidemment !
Il jura en son for intérieur une dernière fois, puis se résolut à rhabiller l’imbécile sans toucher l’instrument du péché, tout en dirigeant son esprit vers une personne précise, sûrement habituée à ce genre de... situation.
N’est-ce- pas, mon cher Scandinave ?
Une fois la besogne accomplie, Gautier tira l’évanoui pour le placer sur ses épaules. Dieu qu’il pèse lourd cet idiot, mais sûrement pas à cause de ses couilles. Il sautilla pour placer la dépouille correctement, avant de lâcher à voix basse : « Vas-y, Loup. Moque-toi autant que tu veux. » L’intéressé, arrivé entre temps, n’y manqua pas, mais cela ne dura qu’un instant ; une affaire plus urgente les attendait.
« Le donjon n’est pas loin, en route. »
Ainsi, tous deux se dirigèrent vers leur destination, abrités par l’obscurité, leur alliée de toujours. Ils rallièrent leur objectif sans mal, aidés par les réjouissances en contrebas et la complicité du seul Armagnac qu’ils croisèrent, mis en poste par son chef.
« Va quérir le connétable, ou du moins l’informer. » Sur ces mots de Loup, le garde acquiesça et disparut.
« Il commence à peser lourd cet imbécile, alors si tu pouvais ouvrir la porte... fit Gautier.
— Toi, si jeune et fort, accablé par si peu de poids ? Allons... » Dans le même temps, l’huis fut déverrouillé, puis refermé derrière les trois hommes.

Un frisson parcourut Gautier lorsqu’il mit un pied à l’intérieur. La pièce était sombre et rustre, froide et humide. Une odeur rance vint titiller les narines de l’Assassin, dont le nez se renfrogna à de multiples reprises.
« Que s’est-il passé ici ? s’interrogea-t-il en parcourant les lieux du regard.
— Tu veux vraiment savoir ? Moi, non ! réagit Loup. Allez, déleste toi. »
Gautier leva la tête pour apercevoir une large poutre ainsi qu’une longue corde épaisse, déjà passée par-dessus.
« Aide moi à l’attacher. »
Loup, en bon coéquipier, sectionna la corde afin de la raccourcir, avant de bloquer les mains de l’espion avec cette dernière, Gautier le tenant toujours sur son épaule.
« Tu peux lâcher. » Sur ces mots, l’Assassin se sépara du fardeau humain, dont les genoux rencontrèrent le sol crasseux.
« Il a le sommeil lourd, ton ami, constata Loup en arpentant la pièce. Hm... ah ! Voilà notre solution. »
Gautier fronça les sourcils, ne distinguant pas nettement le Maître-Assassin à cause de l’obscurité.
« La solution à ? »
La réponse fut simple. Loup revint dans le champ de vision de son compère armé d’un sceau, dont le contenu fut jeté à la figure du prisonnier dans un étonnant fracas. Les yeux du détenu s’ouvrirent presque aussitôt au contact de l’eau croupie, et son regard paniqué rencontra la sereine expression de Gautier.
« Tt-tt-tt, fit-il en plaquant une main contre la bouche de l’homme aux yeux écarquillés. Crie ne serait-ce qu’une seule fois, et je crève tes deux mirettes, compris ? » D’autant plus affolé, le captif hocha vivement la tête. Étrange...
« Vraiment pas courageux leur espion, remarqua-t-il une fois revenu près de Loup.
— Peut-être un trait commun à tous les Bourguignons ?
— Sûrement, ricana un peu Gautier. Sûrement. »
Pourtant, cela ne faisait plus aucun doute ; l’homme était celui que les Assassins suspectaient depuis le début. Un trentenaire aux traits fins, rasé de près, les lèvres quasi inexistantes. De toute façon, Loup et Gautier ne pouvaient plus revenir en arrière et n’avaient plus qu’une chose à faire. L’interroger.
Ainsi, les deux Assassins aux allures de nobles prirent place devant leur otage, Gautier accroupi face à lui, Loup debout quelque peu en retrait.
« Qui t’envoie ?
— P-personne ! Et m’envoyer p-pour quoi ?
— Allons... dit Gautier d’une voix amicale. J’ai pas franchement envie de te torturer, alors parle.
— Me t-torturer ? »
Gautier posa lourdement une main sur l’épaule du captif.
« Tous les espions y sont préparés, ne joue pas l’étonné.
— Espion ? Je ne suis pas un espion ! »
La main de l’Assassin se déplaça jusqu’au cou de l’homme, avant de le serrer graduellement. Ses yeux désormais froids se plantèrent dans le regard toujours aussi effrayé de l’otage.
« Une dernière fois : qui t’envoie ? articula Gautier.
— Mais p-perso-
— QUI ? rugit l’ancien bandit », sa lame secrète rivée en direction de l’œil droit de son ennemi.
Un silence, brisé par le discret bruit de la terreur et son odeur caractéristique.
« Un espion qui se pisse dessus ! brocarda Gautier. On aura tout vu ! Tu t’es pas assez vidé tout à l’heure peut-être ? »
Le misérable, les dents claquant à tout rompre, ne répondit guère. Gautier trouvait la situation de plus en plus étrange. Au dehors, l’homme avait tout l’air d’un espion, mais maintenant... Peut-être jouait-il la carte de l’innocent, mais Gautier n’y croyait pas trop. Sa peur était bien trop réelle, il pouvait la ressentir. Il le savait. L’Assassin connaissait cette sensation de vulnérabilité intense, de crainte. Il ne la connaissait que trop bien, hélas. C’était précisément pour cela qu’il ne désirait pas user de la manière forte. Cet homme était peut-être un espion bourguignon, mais Gautier ne le haïssait pas comme il pouvait haïr Alaric. Cette pourriture là, il n’hésiterait pas à la torturer, oh que non. Il lui infligerait les pires souffrances et s’en délecterait, mais là... c’était différent. Il se voyait à la place de celui qu’il menaçait et, malgré ses railleries, Gautier n’en menait pas large au fond de lui.

« Qu’es-tu alors ? reprit calmement le plus jeune des Assassins.
— Vous me laisserez p-partir si je vous dis ? »
Gautier lisait le désespoir aveugle et brut dans son regard, non la malice et la ruse.
« Peut-être. Dans tous les cas, parler est ta meilleure option. »
Le concerné souffla, balaya la pièce d’un œil craintif, avant de regarder un Gautier impatient et presque soulagé par la tournure des choses.
« Je ne suis pas un espion, vraiment. (Un long silence.) Mais je pense connaître celui que vous cherchez.
— Tu penses ? questionna Loup, dubitatif. Sois-en sûr, l’ami.
— C’est vous qui avez battu le roi, pas vrai ? tenta le seul homme rasé à l’égard de Gautier, qui haussa le sourcil.
— Oui, et ?
— J’étais là.
— Eh bien, je ne pensais pas qu’un espion prendrait le risque de rester si longtemps.
— Je ne suis pas-
— Un espion, on sait, ironisa à moitié Loup, qui devait lui aussi douter.
— Non, j’étais là en tant que courtisan. Voilà ce que je suis, un courtisan du roi que vous avez défait, admit-il d’une voix plus franche, moins trébuchante et apeurée.
— Et donc ?
— Et donc un vieil ami m’a rendu visite peu après.
— L’espion ? anticipa Gautier.
— Je présume. Les conditions sont rudes en ce moment, même pour les nobles, et il payait bien, alors j’ai accepté ce qu’il me proposait. Trois fois rien, juste lui servir de diversion.
— L’autre homme ! se rendit compte Gautier en pivotant vers Loup après s’être levé. J’aurais pu l’avoir ! » Il passa une main dans ses cheveux puis, déterminé, se dirigea vers la porte.
« Il doit être loin, maintenant, précisa le courtisan.
— Reste ici Loup, je reviens vite », affirma Gautier, ignorant l’insupportable remarque.

L’Assassin allait ouvrir la porte, lorsque celle-ci s’ouvrit brusquement, manquant de le percuter.

Message édité le 15 juillet 2019 à 23:27:44 par Jadas
Jadas
Jadas
MP
15 juillet 2019 à 23:26:54

« Vous cherchez quelqu’un, les gars ? » lança Alix, un rictus satisfait au coin des lèvres.
Plus qu’un air suffisant, elle portait surtout un corps inanimé sur ses épaules.
« Tu m’impressionneras toujours ! la gratifia Loup en lui venant en aide après avoir joint ses propres mains dans un clappement admiratif.
— Il fallait bien que quelqu’un corrige les erreurs de Gautier », railla la jeune femme lorsqu’elle dépassa le concerné, qui n’avait toujours pas bougé.
Certes, son ego en avait pris un coup, mais il n’allait pas se rabaisser à le montrer. Ainsi fit-il volte-face, arborant lui aussi un sourire.
« Je voulais te laisser un peu de gloire pour une fois », prétexta le châtain en s’occupant de couper un autre bout de corde, avant d’attacher le nouveau prisonnier - et le bon, cette fois-ci. Alix pouffa à sa remarque, sachant pertinemment qu’elle avait juste été plus maligne, ce que Gautier admettait au fond de lui. Il n’était pas profondément stupide, mais il était conscient de l’avance intellectuelle de son amante, et ce depuis des années.
Ne voulant pas uniquement passer pour l’idiot de service incapable de reconnaître ses faux-pas, Gautier passa un bras autour des épaules d’Alix le temps de lui murmurer un « bien joué » qui valait mille compliments venant de lui.

« Alors, je peux partir ? s’empressa le courtisan, que tous avaient presque oublié.
— Et rater de passionnantes retrouvailles avec ton vieil ami ? ironisa à demi Loup. Certainement pas !
— Mais vous aviez dit-
— Peut-être, corrigea Gautier. J’avais dit peut-être. Voyons ce que ton acolyte pense de tout cela. »

N’ayant plus d’eau à disposition, l’Assassin réveilla le nouveau venu à l’aide d’une claque bien sentie. L’effet ne se fit pas attendre, et le réel espion sortit de sa torpeur, la joue gauche meurtrie, avant de mirer autour de lui et d’éclater dans un rire qui surprit l’assemblée entière.

« Alors toi ! s’exclama l’homme aux cheveux d’ébène en posant les yeux sur son allié. Tu n’avais que quelques minutes de plus à tenir, mais fallait que tu te fasses choper ! Ça m’apprendra à me fier à n’importe qui... Dites, s’adressa-t-il cette fois-ci aux Assassins, qui m’a eu entre vous trois ? »

Ses cheveux sombres tombaient en cascade sur son visage, mais pas assez pour dissimuler sa bouche déformée par un rictus. Gautier n’avait rien remarqué de particulier la première fois mais, à présent qu’il détaillait son visage, quelque chose n’allait pas. Cet homme avait l’air dérangé.

« Nooooon, pour de vrai ? demanda l’espion en interceptant le regard fier d’Alix. Par une femme ? Voilà une anecdote qui en fera rire plus d’un !
— Pour peu que tu puisses la raconter un jour, contra Gautier une fois accroupi devant lui, les yeux rivés dans les pupilles azurées de l’épieur.
— Qui sait, la vie nous réserve bien des surprises. »

Une surprise, voici ce que fut l’arrivée de Bernard VII, que les Assassins n’attendaient pas de sitôt.

« Deux espions ? fut-il désorienté d’emblée. N’était-il pas question d’un ?
— Je vous la fais courte. »
Quelques mots suffirent à Loup afin de résumer les récents événements.
« Un courtisan... allié à un ennemi de la couronne », établit le connétable.
Un cri métallique, l’air fendu.
Une carotide transpercée, la stupeur de tous.
L’Armagnac extirpa sa lame visqueuse, l’essuya sur les vêtements du feu courtisan, avant de rengainer.
Les Assassins échangèrent des regards emplis d’incompréhension ; Gautier fut le premier à contester : « Mais vous- »
Ou du moins essaya-t-il.
« Il ne savait rien de plus, je me trompe ? (Loup fut obligé de l’admettre lorsque le connétable se tourna vers lui.) Bien, affaire réglée. »
Gautier serra les poings instinctivement, se retenant d’injurier l’un des personnages les plus importants du royaume. Il lui aurait bien demandé pour qui il se prenait, mais la réponse était évidente. Bernard VII avait ici plus de droits que la Confrérie. Et puis, dans le fond, il n’avait pas tort : le courtisan, en plus d’avoir trahi, était devenu inutile, mais tout de même ! La sentence aurait pu se traduire par le cachot, un exil de la Cour et moult autres options, mais le meurtre aurait dû se trouver en bas de la liste. Manifestement, il trônait au sommet des intentions du connétable, mais Gautier avait du mal à l’accepter, aussi ironique cela fût qu’un Assassin eût de telles pensées.

« J’aimerais vous être plus utile que lui, ricana l’espion, mais rêvez pas trop non plus. (Il dirigea son visage dérangeant vers Bernard VII.) Les rumeurs ne mentent guère, n’importe qui peut régner désormais !
— Je ne règne pas, nuança le concerné. Je remets de l’ordre.
— De l’ordre ? le présumé Bourguignon lança une œillade au cadavre. Drôle d’ordre que vous remettez là ! (Un silence.) Paris vous hait, la ville nous reviendra bientôt.
— Est-ce là tout ? daigna répondre l’Armagnac.
— Le dauphin lui même est de notre côté, comment voulez-vous gagner ? poursuivit le Bourguignon.
— Nous avons le roi.
— Un roi cinglé et désuet, la belle affaire ! »

Le genou du connétable fracassa la mâchoire du beau parleur.

« Merde alors ! s’exclama l’espion en crachant une dent. Sanguinaire et robuste ! Vous aimez le sang hein ? (Un glaviot nauséabond s’abattit sur le torse de Bernard, qui vit rouge immédiatement.) C’est cad- »

Un coup, puis un autre.
Gautier, ne tenant plus sur place, tira le connétable vers l’arrière avant de lui bloquer l’accès au prisonnier.

« C’est cela que vous appelez un interrogatoire ?! vociféra l’Assassin.
— Eh, z’êtes pas censés vous quereller, eut la force de plaisanter l’espion.
— Mais alors lui... se plaignit Gautier en levant les yeux au ciel, avant de s’accroupir devant le perturbateur. Qui t’envoie ? Jean sans Peur ?
— Tu sais qui m’envoie, Gautier du Lac. (Il se tourna vers les autres.) Toi aussi, Loup de Gardefeu. Sans oublier la grande Alix de Nancy, même si personne ne t’appelle ainsi. Les Héros d’Harfleur, mesdames et messieurs ! »
Gautier laissa échapper un rire impatient et insolent à la fois. Sa patience avait des limites, et la pitié qu’il éprouvait pour le courtisan avait disparu, faisant place à l’envie d’en finir avec le barge.
« Tu connais nos noms et notre réputation, bravo. Je n’en attendais pas moins d’un espion bourguignon. Maintenant, dis-moi... tu comptes nous révéler quoi que ce soit, ou tu vas juste ouvrir ta grande gueule jusqu’à en crever ?
— À ton avis, l’ami ?
— C’est bien ce que je pensais. »

Gautier, résolu, se releva, pivota vers le groupe, puis annonça : « Ce sera donc la manière forte. »

 

 
                                                                   ***
 
 

Cris, sueur, sang - énormément - mais aucune larme.
Aucun aveu. Aucune information.
Rien, à part la certitude que les Bourguignons avaient les faveurs du dauphin Jean.
Des rires aussi. Des ricanements fous, entre deux hurlements. Des beuglements hilares, d’un homme fidèle jusqu’au bout.
Fidèle jusqu’à sa propre fin, jusqu’au grand néant.
Stupidement fidèle au mauvais camp, pensait Gautier. Ou du moins voulait-il s’en convaincre.

Bernard VII avait décapité l’espion sans sommation, comprenant qu’il n’en tirerait rien ce soir. Les Assassins n’avaient rien eu à redire.
Puis il avait rejoint ses invités de marque, comme si de rien n’était, laissant un carnage derrière lui, que ses hommes devaient nettoyer une fois les Assassins partis, chose que ces derniers ne tardèrent pas à faire.

Jadas
Jadas
MP
16 juillet 2019 à 17:56:38

Je mets le bon lien drive, au cas où on aurait un lecteur fantôme... (0,00001% de chance :hap:) https://drive.google.com/open?id=1uI9LAajxd3GN9ni4zbSl2kboA2GqAXbm

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