Dans une maison de campagne, au milieu de nulle part, joue Marie, une streameuse débutante sur Twitch. Elle joue à divers jeux, mais un revient beaucoup plus souvent que les autres. Dead By Daylight. Le personnage qu'elle préfère incarner ? Kate Denson. Cette dernière lui ressemble, et ça amuse Marie, ainsi que ses viewers.
Nous sommes le 5 juillet 2020, et une partie commence. Marie atterrit sur Coldwind Farm. La partie se déroule normalement pendant quelques minutes, puis son stream se coupe. Puis, elle est déconnectée de la partie. Marie pense à un problème lié à sa connexion internet, et décide d'aller redémarrer sa box. Les choses reviennent ensuite à la normale, et pendant plusieurs jours, aucun autre incident ne survient.
Nous sommes le 9 juillet 2020, et une partie commence. Marie atterrit sur The Game. La partie se déroule normalement pendant quelques minutes, puis son stream se coupe. Puis, elle est déconnectée de la partie. Marie pense à un problème lié à sa connexion internet, et décide d'aller redémarrer sa box. Les choses ne reviennent pas à la normale avant le lendemain. Marie décide de contacter son FAI qui lui dit qu'il n'a détecté aucun problème.
Nous sommes le 11 juillet 2020, et une partie commence. Marie atterrit sur Haddonfield. La partie se déroule normalement pendant quelques minutes, puis son jeu freeze. Marie, au bout d'un certain et long moment, décide, agacée, de redémarrer son PC.
Nous sommes le 13 juillet 2020, et la partie ne commence pas. Marie fait face à un chargement qui lui semble infini. Elle tente de redémarrer son PC, mais ce dernier ne répond pas. Son stream a été interrompu. Sa connexion internet n'est plus, ainsi que son réseau. Marie ne comprend pas, et décide d'éteindre sa multiprises. Avant qu'elle ne puisse presser le bouton d'allumage, elle entend un bruit semblant venir de la salle de bain de sa maison. Un bruit, ou plutôt des bruits de pas. Elle commence à être inquiète à l'idée qu'une personne inconnue puisse être chez elle. Alors qu'elle reste à attendre que quelque chose d'autre se produise, sa multiprises s'éteint. Emportant avec elle les derniers restes de lumière dans la pièce. Marie essaie d'allumer la lumière dans sa chambre, mais rien n'y fait. Il semble y avoir une coupure d'électricité. Marie prend son courage à deux mains, et va inspecter son compteur électrique. Elle traverse le long couloir de sa maison plain-pied, en passant devant la porte de sa salle de bain, avec appréhension. Elle sort, quelque part soulagée, et va vérifier son compteur. Il fait noir, c'est la nouvelle lune, et Marie est au milieu de nulle part. Il n'y a personne à des kilomètres à la ronde. À l'aide de sa petite lampe de poche, elle scrute bêtement l'intérieur de la machine, en appuyant sur divers boutons. Rien ne se passe. Soudain, un hurlement rauque surgit. Il semble provenir de l'intérieur de la maison. Marie est prise de panique. Qu'est-ce que c'était ? Les idées les plus irrationnelles lui passent par la tête, et elle tente de trouver une explication un tant soit peu rassurante, ou pas. Un animal ? Quel animal ? Un sanglier ? Un ours ? Non, c'est impossible. Pas ici, ce serait complètement fou.
Nous sommes le 14 juillet 2020, et Marie se dirige vers l'entrée de sa maison. Elle ouvre avec précaution la porte, et pénètre les lieux qui lui semblent affreusement oppressants. Elle se dirige avec une attitude à la fois empreinte de détermination et de terreur, et ouvre en criant la porte de sa salle de bain. Au même moment, le courant revient. Marie ouvre les yeux après plusieurs secondes, et inspecte la pièce à toute vitesse, à l'aide de son regard. C'est vide. C'est bien rangé. Rien n'a bougé. Il n'y a personne. Mais, dans sa vision périphérique, elle croit apercevoir quelque chose. Une silhouette. Une silhouette qui lui ressemble. Elle n'a fait que l'entr'apercevoir. Le courant se coupe de nouveau. Et Marie aperçoit, voit dans le miroir, là où se trouvait la silhouette, deux points blancs. Là où se trouvent ses yeux, sans doute. Le courant revient. Marie recule, transpirant à grosses gouttes. Elle court se réfugier dans sa chambre. Elle ferme la porte, et au moment de tourner le verrou, l'obscurité revient et apporte avec elle un hurlement et un rire sordide, tout deux venant de derrière sa porte.
Il est 00H04. La lumière baigne de nouveau les lieux. Marie est paralysée, incapable d'expliquer ce qui vient de se passer. Son jeu est, inexplicablement toujours allumé, et elle sursaute quand elle entend son personnage se faire accrocher. Une partie semble se dérouler, normalement. Comme si de rien n'était. Au bout de quelques minutes, cette dernière se termine, et Marie demande, non sans mal pour écrire, si ses mates ont remarqué quoi que ce soit. L'un d'entre eux lui dit qu'elle s'est arrêtée inexplicablement pendant plusieurs minutes devant un générateur, mais qu'à part ça, elle avait jouait normalement. D'un coup, le noir total. Marie est assise sur sa chaise, effrayée, n'osant pas bouger. Elle se sent observer, et elle a l'intuition, très forte, que quelqu'un se tient juste derrière elle. Et que ce quelqu'un ne lui veut pas du bien. Elle ferme les yeux, expire, quand elle entend un bruit sourd. Une sorte de craquement. C'est rien, c'est le bois qui travaille, pense-t-elle. Aimerait-elle. Ça se rapproche, dans l'obscurité. Ça se rapproche. Elle le sait. Marie tremble. Marie pleure. La personne, peut-être même la chose, se rapproche. Marie ouvre les yeux. Et c'est une pièce lumineuse qu'elle voit. Aidée par la lumière réconfortante de sa chambre, elle se retourne. Rien. Elle sent un souffle chaud sur elle. Puis, le courant se coupe. Et se tient en face d'elle deux yeux sans pupilles, accompagnant un visage empli de haine, baissé sur la malheureuse. Kate ? Se dit-elle. Puis, la lumière revient.
Il est 00H15. Marie court à l'extérieur de sa maison. Elle claque la porte, et tente de se ressaisir. Elle marche quelques mètres, et constate en se retournant que les lampes à l'intérieur de son habitation s'éteignent, puis s'allument, à allure irrégulière. Son portable à la main, elle tente d'appeler une amie à elle, Sarah. Mais, aucune réponse. Des bruits de pas surgissent de la forêt bordant sa propriété, et Marie voit une personne s'approcher d'elle. Elle tente de fuir, à l'intérieur de chez elle, mais la porte de sa maison ne s'ouvre pas. La personne court avec elle, et cela fait paniquer Marie, qui tente de briser une de ses fenêtres. Alors qu'elle se prépare à le faire, elle remarque une chose qui la perturbe. Sa maison est vide, et seules les ampoules au plafond subsistent. Clignotantes, lancinantes. Une main se pose sur son épaule droite. Marie sursaute, et n'ose pas se retourner. Une voix féminine lui dit alors : "Dis-moi que tu as fini de réparer le générateur." Marie ne se retourne pas pour voir qui est la personne qui a prononcé ces mots, car avant qu'elle n'ait pu le faire, un visage blanc, à une centaine de mètres, dans la forêt, a plongé son regard dans le sien.