Alors, après lecture.
Pour Montaigne, les éléments essentiels sont : - Empathie vis à vis des animaux en postulant qu'ils ont une sensibilité. Il faut savoir que cette idée est relativement récente dans l'histoire des idées parce que les animaux ont souvent été vus comme dépourvus d'âme ou de conscience, ce qui a justifié les innombrables horreurs commises à leur égard. Descartes et son concept d'animal machine a également fait beaucoup de mal à l'éthique animale.
- Interrogation sur le naturel de l'homme au plaisir qu'il prend à la cruauté. Est-ce naturel pour l'homme d'être cruel ou non ?
- Présence d'un argumentaire religieux.
Pour Rousseau : - Postulat optimiste sur la bonté humaine. L'Homme est naturellement bon et ne prend pas un plaisir naturel à faire souffrir autrui. (Ce qui est en totale opposition avec la position de Montaigne). Toutefois, il est partagé entre cette bonté et sa pulsion de conservation de sa propre existence, ce qui le pousse parfois à sacrifier autrui pour sa propre survie.
- L'autre argument important est que naturellement, on a donc tendance à ne vouloir causer aucun mal à un autre être sensible (qu'il soit raisonnable ou non), et partant de là, si on ne veut causer aucun mal à d'autres humains, il est donc cohérent de ne pas vouloir en faire aux animaux également.
Pour Voltaire : - Il fait directement référence à Descartes et son animal machine, et se désole de cette conception. Il me semble obligatoire de parler de Descartes à ce moment-là.
- Réfléchit à la notion d'innée et d'acquis, en réfutant la thèse cartésienne. Selon Voltaire, les animaux sont aussi capables d'apprendre, de faire le tri des connaissances et d'être capables de mémoriser des choses (là où Descartes postulait qu'ils n'avaient que des espèces de pulsions mécaniques les enfermant dans des comportements prédéfinis, un peu comme les rouages d'une machine).
- Avance également l'aspect sensible de l'animal avec le chien, voire va plus loin en lui prêtant des sentiments.
Pour Yourcenar : - S'interroge donc sur la nécessité d'une déclaration des animaux. Fait un parallèle entre cela et celle de l'homme, et la vacuité totale de cette déclaration. Réflexion sur le fait que l'être humain passe son temps à contrevenir à des lois (mention directe à "Tu ne tueras point" extrait de la Bible - argument religieux comme pour Montaigne).
- Argument très fort : la cruauté entre les hommes existe parce qu'elle a été maîtrisée avec celle faite sur les animaux. Pour résoudre la cruauté à l'égard des êtres humains, il faudrait ainsi aussi s'interdire celle sur les animaux.
- Mention évidente à la Seconde Guerre Mondiale qui est perçue comme le summum de l'inhumanité.
Dans le sujet, on a donc plusieurs termes importants : "littérature" "émouvoir le lecteur" "dénoncer".
Ce qui appelle de facto à définir ce qu'est la littérature, à analyser les moyens rhétoriques pour émouvoir et dénoncer, et également la notion de l'engagement de l'auteur vis à vis de certains sujets. Ce qui me semble composer un plan en soi, je dirais.
Message édité le 19 juin 2018 à 16:45:01 par Pastellos