Bien sur
C'est une contre-vérité qu'on imagine souvent, dans l'espace, quand on est confronté à l'inertie. Pourtant, cette inertie, c'est justement celle qui te fait tenir sur une orbite donnée : tu files en ligne droite, sur un espace courbe, et il en sera ainsi pour la nuit des temps, si aucune force extérieure ne se manifeste ! Sans entrer dans les considérations qui nous dépassent pour la plupart, concernant cet espace courbe, imagine toi l'orbite comme la résultante d'une parabolique tout ce qu'il y a de plus classique, mais avec une parabole tellement large que... Le sol se dérobe sous la courbe. C'est l'expérience de pensée du Canon de Newton, dont rien ne saurait remplacer la représentation suivante :
https://zestedesavoir.com/tutoriels/614/la-physique-au-temps-de-newton/383_la-chute-des-corps/1961_de-la-pomme-a-la-lune/
Plus scientifique, et toujours sans entrer dans le champ de la relativité qui explique pourtant bien des choses, tu peux considérer cette orbite comme l'équilibre entre la vitesse générant l'inertie vers l'extérieure, et la gravité vers l'intérieur : quand tu tournes en voiture, tu l'auras forcément ressenti, tu te trouves plaqué contre la portière (ou ton voisin malheureux), par effet centrifuge. Cet effet, qui n'est pas une force (!), est la résultante de l'inertie qui dit qu'un corps en mouvement, ou immobile, tend à vouloir le rester. Dans le cas présent la masse de ton corps "devait" aller tout droit quand on soudainement le véhicule à pris un virage, de même que le module en orbite. Dans un cas c'est la portière qui te retient et absorbe l'énergie, dans l'autre, c'est la gravité qui retient l'objet, comme par un fil invisible, direction la Terre / Kerbin.
Atmosphère ou non, un tel mouvement inertiel "acquis" et donc sans nouvelle force extérieure, ne peut sortir de son plan d'évolution : lorsque tu appliques une manœuvre d'inclinaison, tu amènes une nouvelle force qui perturbe cela, mais lorsque cette force s'évanouit, le système retrouve instantanément un nouvel état d'équilibre, une nouvelle trajectoire inertielle : elle ne va pas continuer seule, mais elle ne va pas non plus retomber progressivement vers sa trajectoire d'origine en l'absence du force qui devrait la maintenir. C'est un nouvel état, un nouveau vecteur vitesse.
Dans l'espace, tout n'est que vitesse : ton vecteur cinétique (en amplitude (vitesse) et en direction) définit l'ensemble de ta trajectoire ! Juste un couple de valeur, en plus de la position ou l'on regarde ce vecteur vitesse. Quand tu apportes de l'énergie pour générer une inclinaison, tu modifies momentanément ce vecteur, pendant la poussée. Dès que cette dernière s'arrête, hop, nouveau vecteur vitesse, gravée dans le marbre, ou dans le vide de l'espace ^^
A titre de comparaison, si une telle manœuvre devait avoir une sorte de phénomène d'inertie, ce serait aussi le cas des autres manœuvres telle que l'élargissement d'une orbite, en ajoutant de la vitesse dans le sens prograde : eh oui, pourquoi en coupant les moteurs, la trajectoire n'aurait elle pas un "élan" d'élargissement, quitte à ce que celui-ci soit amorti dans le temps ? :p Prograde, Normal, Radial : dans l'espace, les dimensions n'ont pas de saveurs, pas de distinction particulière : ce qui est vraie pour l'une serait vrai pour les autres ;)
A noter que "incliner" une orbite demande beaucoup d'énergie, elle en demande même d'autant plus que la vitesse au moment du changement d'inclinaison est importante.