Auteur
Hisashi Sakaguchi
Année
1993
Genres
Aventure Historique
Nombre de volume
4 tomes par Glenat / 6 tomes (grand format) par Vents d'ouest
Fiche senscritique
https://www.senscritique.que.com/bd/Ikkyu_tome_1/487987
Synopsis
Le manga Ikkyû nous conte - à sa manière - la vie tumultueuse d'un moine bouddhiste du même nom, ayant vécu au quinzième siècle. L'auteur s'attache à dépeindre le parcours de ce bonze facétieux, ayant contribué à l'expansion de son dogme à travers le Japon, depuis ses premiers pas jusque sa mort.
Mon avis :
C'est pas toujours facile à lire (il faut dire que dès le premier tome on est bombardés d'informations dans tous les sens), c'est parfois un peu lourd (Voir Ikkyu faire la morale à tous les passants qu'il croise et les autres derrière qui se réveillent "ahah il a pas tord c'est vrai!" c'est un peu too much des-fois) mais il est indéniable que Hisashi Sakaguchi est un grand auteur.
Au delà de le représentation historique absolument méticuleuse (tellement minutieux qu'il est facile de se perdre pour les non initiés) de la trajectoire d'ikkyu (de sa naissance jusqu'à sa mort, il est fabuleux dans les dernières années de sa vie ) et de son antagoniste (Yoso et sa trajectoire sans écart aux normes bouddhiques des grands temples), des dialogues et des textes, composés de poèmes d'ikkyu ou autres auteurs d'époques plus antérieurs ,cette adaptation de la vie de ce célèbre moine qui vivra sa vie au jour le jour a été une putain de claque esthétique.
Sakaguchi a cette faculté a traiter (comme beaucoup d'auteurs japonais )plusieurs arcs narratifs en même temps mais en adaptant son coup de pinceau en fonction des thèmes traités.
On va passer d'une ambiance bucolique au trait simple, léger et diaphane, à une ambiance théâtrale où les puissants masques expressifs du Nô s'impose face à l'obscurité de la scène, à ces séquences historiques où Sakaguchi maîtrise à la perfection le tumulte des grandes villes (la première vision de Sakai est magnifique) et des affrontements de masse (le style ici est radicalement différent, plusieurs encadrés entoures des textes explicatifs des événements importants politiques en cours, l'image est plus figé, comme pour capter les grands moments qui en découlent ), pour ensuite nous livrer de puissants passages dans les grands monastères aux côtés des puissants bonzes où son style devient beaucoup plus dur, plus appuyé, plus expressif et écrasant (ça me fait penser à du Kobayashi tellement rien ne peut s'échapper de ces toitures hyper millimétrées et pour cette utilisation bien intense du noir).
Une belle claque esthétique, et un gigantesque voyage dans ce japon de Muromachi où les tensions politiques, guerres civiles, catastrophes naturelles...etc étaient d'après ce que je peux voir, à leurs apogées... (Kyoto en prend plein la gueule niveau inondation et maladies (la famine y était importante à plusieurs reprises ) ).
Sakaguchi nous décrit et met en image un japon dans toutes ses facettes, il excelle d'ailleurs quand il s'agit de montrer l'horreur qui découle des différentes guerres, révoltes, ou catastrophes naturelles.
Au delà de tout ça la fin est hyper émouvante, Ikkyu nous apparaît plus humain que jamais et nous offres une belle morale, qui nous fait directement écho une fois le dernier tome refermé.
C'est un très grand manga pour un auteur à la destiné assez injuste (au delà de sa mort on peu regretter les arrêts de traductions en court de route de ses deux autres séries, Fleur Pierre 3 tomes traduits sur 9 et Version 1 tome sur 3...).
En même temps quand Akira sort à la même période on peut se demander comment un manga sur la Yougoslavie durant la seconde guerre mondiale peut s'imposer...
Ikkyu et son ambiance bucolique :

L'art du Nô :

Séquences historiques :

La rigidité des temples :

Kobayashi ça donne ça :


