De toutes manières, je laisse le bas-peuple se complaire dans son ignorance crasse 
Mes lèvres daignent esquisser un bref sourire lorsque je pose les yeux sur le désolant spectacle qu'offrent les misérables plébéiens, cochons balourds et bruyants, épées cliquetantes à la ceinture et pantalons de bure enfoncés jusqu'aux genoux dans la boue et le purin, tandis que moi, colombe aux ailes légères, je survole, les terres que vous traversez si péniblement, bras croisés et yeux dédaigneusement fermés, avec la grâce d'un souffle de vent et la fierté d'un paon 
Là où vous suez et haletez au milieu du champ de bataille, tels des bœufs labourant un champ, à frapper bêtement et à vous maculer de sang, éliminant difficilement vos ennemis uns à uns au prix de votre chair, moi je les terrasse par paquets, lévitant au-dessus d'eux ou me reposant, allongé confortablement dans l'herbe, à l'abris derrière ma barrière magique. Je les carbonise, je les foudroie et je les transforme en nuage de cendre par de simples incantations qu'il m'ait aisé d'invoquer, là où vous, pauvres non initiés, vous ne voyez que d'obscures paroles incompréhensibles face auxquelles vous vous prosternez de peur d'en être la cible 
Souvenez-vous de Magnayr le Très-Grand qui déplaça une chaîne de montagne sur plusieurs kilomètres, d'un bref mouvement du poignet, car elle gâchait la vue qu'il avait depuis le haut de sa tour de recherche, ou encore de Sylfie la Rougeoyante, qui soulevait le pont-levis de son château d'un haussement de sourcil
(référence au Sorceleur, mais je me souvenais plus des noms des deux magiciens, donc j'en ai sorti au pif)